Joe bousquet
Je remercie Franck, qui dans un de ses textes, m’a poussé vers cet auteur que je ne connaissais pas.
A PRIX D’OMBRE
Loin des autres, il se trouble. La solitude l’effraie,
elle lui apprend qu’un homme n’est jamais seul.
Il se salit dans un duel sans adversaire dont la
fatigue corrompt les traits qu’on lui voit. Sueur
et souillures, il a le goût du mal qu’il fait et n’a
même pas le mal dans le sang.
On l’a rencontré nu-tête, couvert de sciures et
de salives, il courait en hésitant, les yeux vides.
Personne ne reconnaît les chemins où il s’est
perdu. Il veut être partout à la fois comme pour
y devancer quelque espérance. Vêtu à tâtons dans
sa hâte de gagner la rue avant l’aube ; il ne voit
pas plus le jour que s’il en était la chute. Avec la
fureur d’exister, il ne craint rien autant que d’apparaître.
Il fuit la lumière parce que la lumière lui ressemble ;
et, lui-même, il est né de cette ressemblance.
Pourquoi se masquerait-il, à tout ce qui s’enfonce,
ce lutteur est lié par la haine de ce qui grandit. A
peine seul, il sent une menace ; il se cherche, ne
se trouve personne. Il retrouve sa vie et elle se
passe de lui. S’il veut courir son existence lui fait
obstacle.
Marche, on dirait qu’il va faire beau. Rivage ou
rocher, lave du flot ou la pierre à ton cou, même
un baiser des mers, tout ce qui prend une forme
se pénètre d’un devoir.
Tu as craint l’eau dont on n’apercevait pas le fond
et les endroits où le jour s’était noyé pour te donner tes jours.
Pleure,pleure ta nuit blanche de larmes, tu portes ton
mal sur le visage et le matin que tu déchires est
entré dans ton coeur.
Pleure, forme qui brille sur l’ombre humaine
que tu es, tes yeux pleurent une autre clarté de
qui ton visage et ton corps promènent l’ombre
tremblante.
Joe Bousquet
http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/bousquetjoe.html
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Commentaires
Moi aussi, c’est une des plus belles histoires d’amour que j’ai lues… C’était il y a longtemps, il faudrait que je relise.
Salut Pant et Franck, merci à vous deux !
Merci Pant, d’avoir repris ce texte Joé Bousquet…. A vingt ans, il fut atteint d’un balle qui le laissa paralysé…. c’est de là qu’il a chercher la littérature et l’écriture…
Il a aimé, écrit, de cette impossibilité… Sa liaison avec “Poisson d’or” est une des plus belle hstoire d’amour que j’ai pu lire… quant il faut tout inventer, même le bonheur..
A bientôt
Franck
Qu’y a t’il de laid dans l’émulation lorsqu’elle est saine et dépourvue d’arrière-pensées? :)) Moi je ne sais RIEN alors j’aime bien qu’on me guide un peu, où est le mal? Franck et Pant sont des “indicateurs” tout à fait valables en ce qui me concerne.
Chris
Beurk l’émulation ! Ne peut-on pas simplement remercier ? Merci Pant ,d’avoir recopié ce beau poème .
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Merci à toi Franck, et dans mes recherches quand j’ai lu ce texte, j’ai craqué, m’y suis senti déshabillé pour un instant de vie, et cela a fait briller l’aube qui dort en moi.