Vide

Dites moi un autre mot ,que le vide n’est pas d’en haut, dites moi que le souvenir est un piège. Peut-être. Que le vent souffle vers toi comme vers moi, que tu n’es pas autre chose qu’une marchande de mort, oui toi ! Cette putain ! cette vie ! qui bouffe la joie comme si c’était de la viande, et qu’elle n’était qu’une avaleuse.

Dites moi que tout ces humains valent le peu de vie qu’il leur reste, que chacun pense encore à faire quelque chose, à agir pour l’autre, à penser. Mais je n’y crois pas, plus, guère. J’ai le sang cendrifigé, punaisé sur le coeur, j’ai le coeur carboniqué, brisé, brimé, criminé, rouge de peur, de honte, de colère, de fin.

 

Si le souvenir est un piège, toi tu es ma cage. Ô barreaux.

 

Cendrifigé.

 

Abandon. Mentir, m’enfuir, mentir, m’en tire. Tout ces cris en –ir  tout s’écrire pour bannir la foutaise, la grande Foutaise, l’humanité.

Un hommage au talent d’Isa-B

Je pose ici ce texte que j’avais gardé, elle vient d’effacer son blog, et je vous le dit, c’est bien dommage, tout s’enfuit, tout s’enfuit

mais le talent reste, alors je partage avec vous ces quelques mots d’elle, et mes amis, une pensée pour cette artiste , elle a besoin du soutien de tout ses amis !

Je rajoute au fur et à mesure, les commentaires de Isa-B à la suite de ce post.



NUIT EBENACEE

190420094624

J’ai besoin de murmures

Ceux qui appellent

En dedans

Des outrages dermiques

Un château de sable

Dans les chimères d’une aurore

Bercée d’auréoles

Me rapprochant de tes ciels.

Cette géographie de mon corps

Périple qui se tord

Cette arcade de quiétude

Le baldaquin de mes silences

Le drap tiédi d’indécences

Parcourant la bâtisse

Celle de ta matière

Fusionnant notre élixir

Fondus de nos soupirs.

Pénètre dans cette nuit ébénacée

Archer de pluriels

Course chevaleresque

De Braises et de tendresse.

Ton passé et tes morts

N’effleuraient même pas

Ta grammaire en ces jours…

Aujourd’hui mon Amour

Exhalant

Une bagatelle

Exultée

D’évasions libérées.

écrit le 12/03/09- IsaBersée.

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Pour la vie au Proche Orient

Comme beaucoup je suis sidéré, cette guerre comme toutes les guerres d’ailleurs tue plus de civils que de militaires, les gens sont pris entre deux feux et c’est intolérable de voir ces femmes, ces enfants, ces hommes, tous en sang, horrifiés, que pouvons nous faire ? Déjà ouvrir les yeux, et pousser à la paix avec nos maigres moyens

Sur le site d’Avaaz, signons tous la pétition

Sur le site de Viviane, un texte émouvant à lire de Hope Man et Peace Man, un juif de Sderot et un palestinien de Gaza.

Une belle chronique sur Arte aussi, Gaza/Sderot, à voir, le point de vue/vie des deux cotés, ça a commencé le 26 octobre, il y a deux petits reportages par jour, c’est vivant, c’est émouvant, ça montre surtout que chaque citoyen ne demande rien de plus que la paix et la possibilité de vivre. Quand les états et les groupes d’intérêts écouteront vraiment les gens ?

Je haie tous les faucons des deux camps ! ces groupes aux intérêts fluctuant, pouvoir, pouvoir, tout pour le pouvoir, et on se moque de la vie des autres !

Un art de l’attention

Ce que nous appelons « terre d’exil »
est souvent « terre promise »
à laquelle manque notre attention.
S’il faut revenir quelque part,
revenir à ce qui est,
il n’y a pas d’autre chemin
que l’attention,
que celle-ci soit sensible,Un art de l’attention
affective, intellectuelle ou spirituelle…

« Les biens les plus précieux
ne doivent pas être cherchés mais attendus » :
c’est de la qualité de notre attente
ou encore de notre désir
que naît la qualité de notre attention.

L’attention est alors
un autre nom pour l’Amour,
quand celui-ci ne se contente pas
d’émotions ou de bonnes volontés
mais devient l’exercice quotidien
d’une rencontre avec ce qui est,
avec ce que nous sommes.

A travers les labyrinthes de nos préoccupations,
Il faudra garder un fil d’heureuse vigilance.
Sans cette vigilance
comment pourrions-nous reconnaître
la présence Une
sous ses formes multiples
et goûter la Saveur (Sapienza) ?
Comment pourrions-nous
« prendre soin de l’Être » ?

Jean-Yves Leloup in « Un art de l’attention »

(extrait du livre)

Refaites vos choix

Moon Kissed — Endymion by Arthur Wardle RBI RBA, 1864-1949.

 

 

Ce n’est pas facile de raconter de telles choses. De partager les moments les plus intimes, les plus sacrés. Mettre cela en mots ressemble à une espèce de viol. Ne pas le faire, c’est un mensonge.

Voir et sentir sa bien aimée nue pour la première fois, c’est l’une des épiphanies pures et irréductibles de la vie. S’il existe une véritable religion dans l’univers, elle doit englober ce contact vrai, ou rester vaine à jamais.

Faire l’amour avec l’être qui mérite cet amour est une des rares récompenses absolues de la condition humaine, qui compensent la douleur, les pertes, la balourdise, la solitude, la bêtise, les compromis, la lourdeur qui accompagne cette condition. Faire l’amour avec la bonne personne supplée à pas mal d’erreurs.

Dan SIMMONS, L’éveil d’Endymion.

Une femme innombrable.

Le Titien

Sarah avais des paroles étranges qui s’inscrivaient doucement dans le corps et le coeur de Myriam. S’il y a des guerres : c’est que les hommes et les femmes ne s’aiment pas. Nous les femmes, notre mission c’est de faire des hommes des dieux, sinon ils redeviennent des bêtes et se retournent contre nous, il nous faut donner de l’âme à leurs sens, de l’esprit à leur corps, sinon leur vie sera celle des brutes qui cherchent à dominer, se jalousent et se déchirent. […]

« C’est avec des cris que les hommes commandent aux vaches et aux chevaux, c’est avec des caresses que les femmes commandent aux hommes, mais avant les caresses il y a l’huile et les parfums :

Tu dois envelopper l’homme de l’odeur de ton propre corps, qu’il te respire avant de te toucher, comme un vent tiède chargé de garrigues, sois comme une colline qui s’approche, comme un été … Qu’il ait le pressentiment de ton immensité; ce qu’il pourra connaitre de toi sera si peu de toi et pourtant il y trouvera une terre ferme entourée d’abîmes.

Puis s’il vient vers toi, déjà pressé de désir, tiens-le à distance, propose-lui l’onction par laquelle l’homme devient roi avant de se reconnaitre dieu. C’est ainsi que la grande prêtresse consacrait le prince qui devait prendre en charge la nation.

Qu’il s’allonge sur ton lit bordé d’aromates; avec la paume de ta main étends l’huile sur ton son corps et du bout de tes doigts cherche les lieux de tensions qui empêcheraient la libre circulation de la vie, ne touche pas son corps, touche son âme, peut-être captive, ou encombrée dans le réseau trop serré de ses muscles et ses nerfs.

N’entre pas dans son corps comme dans un moulin lourd de mémoires ou d’autres farines, entres-y comme dans un temple, avec ses différents seuils, ses différentes portes, ses chambres secrètes, ses autels sacrés.

Le corps est un mystère et tu es la gardienne et la révélation de ce mystère. Chaque être humain a plusieurs corps mais la plupart du temps nous ne fréquentons que les plus épais, nous ignorons l’étreinte de nos corps subtils, de nos corps de diamant…Tandis que tes doigts éveillent des zones plus sensibles, n’oublie pas de chanter ou plutôt de murmurer, chaque organe répond à un chant, à un son.

Le corps est une partition à déchiffrer, une musique à entendre et tu l’entends si tu l’appelles, chaque partie du corps à une intelligence et un nom propres qu’il faut harmoniser avec le tout : n’oublie pas les océans qui t’entourent, les étoiles qui te regardent, les animaux qui t’adorent. Ce ne sont pas seulement un homme et une femme qui vont se rencontrer, mais deux univers. »

Jean-Yves LELOUP, Une femme innombrable.