2007-Carnet d'un Automne qui perdure
Des aiguilles
Le jour demeure crème, tout s’assemble dans une sorte de brume les lunes les illusions les vies, tout se ressemble et tout est si près de la différence, tout est moi et tout porte vers toi, tel un balancier d’horloge mais cette horloge est ici un coeur, un coeur autre ou un coeur soi, qui s’effeuille et se parle peu, qui se ment dans chaque regard porté, comme une autre main que soi posée sur une autre main que soi, je ne suis plus nul part là.
Assis contre soi les mains saccageant chaque geste, où tout se bloque, où tout se gène, se gèle si c’est de saison, un temps pour un lieu, pour d’autres lieux, et je pose peu, j’ai peur en fait, oui peur en cette période de fêtes, ces mains qui m’abandonnent comme ma vie change, comme mes sentiments divergent, se chassent ils d’un corps ce coeur et ces mots ? Se hantent-ils ailleurs, dans un fantôme d’âme, une étoile noire qui brille au fond de mon coeur en compagnie de mon propre fantôme d’or terni ?
Je viens de finir la relecture de Vie secrète de Quignard et tout depuis que je le lis me porte ailleurs, me transporte dans un monde je qui est si loin du monde moi, et que je désire ce Sire de Se pour être ou pour avoir, et que je devienne enfin ce que je dois en perdant tout de moi, et tout autour.
Il faut se parler mais faut-il communiquer à tout prix, alors que quelque part on a toujours fait chemin sur un équilibre quasi parfait de nos incapacités, peut-on se construire comme on se donne, à petit peu, en avançant en douceur ?
Et comment lors que la violence s’encre dans mon corps, maculant les nerfs d’une écriture runique qui vainc chaque de mes espoirs, comment lors qu’une âme autre s’est permis la naissance à mes yeux, comment continuer sans se mentir ? Continuer sans fuir, conti-muer sang fuir ?
Oui comment sur les aiguilles plantées dans ma moelle épinière voir autre chose qu’un signe pointu du destin, qui force le changement dans la pensée autant qu’il frappe le corps, c’est fuir le mal qu’y faire face, repenser chaque minute, chaque seconde d’une mémoire en fuite comme une rivière fuyante dans une grotte souterraine, mais j’épluche tout ce que j’y trouve et si un bout de ce Sire de Se y figure sur une page j’arracherai moi-même l’os sur lequel il est gravé.
J’ai un devoir d’être, j’ai un devoir d’amour pour me pousser à tout cela.
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Dans les mi-nuits de l’école des fous-1.5
Orage automatique, une salle fugace, plus près du terminal là que l’on s’enferme, une vie, un lieu qui sans porte s’emporte dans deux coeurs ou deux mémoires ou deux os soudés entre eux, puis faire les proches du condamné, la même pièce, avec un goût amer, une immense baignoire, un tub, antique ou ancien, qui milieu de la pièce chasse le lit contre le mur humide où sont tant collées de larmes sur les capitons, que leurs dessins destinent plus que l’aube qui elle n”arrive pas là… Lit, lis, lit, qui ne fait que tourner ne sert pas non ne serre pas lie pas lié, et dormir si ce n’est pas mieux là…
Et s’il est des lieux comme Fort Sommeil, même si métal y couve le sang et ma douleur…

-Putain de cauchemar
-tu dis ?
-Rêvé que j’étais plus là, et comme j’étais plus là, j’entendais même plus les cris de jouissance de la nana derrière le mur
-mort ?
-Non, y avait plus d’eau et j’étais sorti de la baignoire
-hola, rude rêve, mais remarque tu n’es pas dans une baignoire là, mais sur un lit, et même pas sur un matelas à eau…
-ah!
-oui, et puis chacun son trip man, moi c’est Eros, toi c’est Thanatos
-punaise, comment t’arrives à mener une conversation en te triturant la queue, érotomane je crois ça plus grave que mon voyage dans une baignoire, y a rien de sain à se masturber tout le temps
-plus grave ? Eh, je crache pas la purée sur toi, man, suis respectueux de mes potes moi, et toi avec ta baignoire sur lit, ton eau qui peine à ressembler à un vrai liquide, tes airs de je sais pas quoi, après oui, plus grave que toi qui a découpé ta femme en morceaux ?
-Pas découpée, lavée !! et dans une baignoire
-ouais, si tu veux… mais lavée avec un couteau de découpe, tu y vas fort pour enlever la saleté toi ! puis tu deviens lourd avec ta baignoire
-ben une baignoire à l’ancienne, un tub, ça pèse tu sais… et j’ai peut être mal jugé la profondeur de nettoyage, en tout cas l’eau prend une jolie couleur, plus suave, plus sensuelle que celle de la crasse classique. Elle vieillissait mal, elle avait de plus en plus mal, fallait laver toute cette saleté de vieillesse, de maladie, fallait que je répare ce que la vie avait fait, c’est ça aussi l’amour, c’est ça d’abord même, nettoyer ce qui est sale en amour pour faire moins mal, plus mal.
-C’est peut être la même qui jouit derrière ce mur alors ? celle qui crie pour que je jouisse avec elle, celle qui se caresse devant son mur, pinçant mes lèvres entre les siennes pour que je ne crie pas, alors je fais, je prends ma bite raide, je continue, je recommence, et je l’entends toujours, moi ça ne me lave pas, ça fait mal et ça fait bien, c’est un peu comme quand je me tape la tête contre le mur, mais le sang en moins, les bosses en moins, oui tout comme, sauf que ça donne de putains de crampes, et c’est pour ça que je fais des pauses, comme elle remarque…
-ouais, les crampes je connais itou, moi c’est plutôt dans la main droite, dans l’avant bras, une ankylose, une subtile dolore, tiens j’espère que la main, le bras vont tomber, autrement je crois que j’ai gardé mon couteau, je laverai…ou je perds la tête, sans la tête je serai surement mieux, ou juste avec la tête remarque, je pense qu’elle flotterait pas mal dans la baignoire, je voyagerai d’un bout du monde à l’autre
-Moi c’est la boite à souvenir que j’aimerai laver, elle fabrique plus de trous que de souvenirs cette boite, on a du me bercer trop près du mur de Berlin, ou de la Grande Muraille, ça donne des moments qui ne se savent plus, faudrait voir, tiens des fois, ton couteau tu me le prêterais ?
et d’un coté lyrique ?
Et un coeur rouge et le peindre sur le sol pour aller jusqu’aux murmures derrière lesquels cette femme jouis, si je frappe la tête tout contre tout contre je sais que rougir j’aurai aussi la force de teinter sans une lame mes joues mon front mes os
J’écris toujours que l’âme menace que tout se glace et tant que mes doigts sont encore purs de sang mais tout est pur pleur de sang sur ma peau
Si rien n’est rouge quand tu reviendras l’arbre sera lui bien tombé et quand les samouraïs me casseront leurs sabres sur la peau il y a des chances que seul ton amour m’épuise au lieu de me tuer
Mais sur une histoire de fous où poser les baisers si on n’a plus de lèvres ?
Je vais briser ce mur avec mes dents mes ongles mes sentiments si la folie me dirige y a des chances que les murs se resserrent tout porte à la mort dans ce texte de fou tout porte à la fin quand toutes les portes ont été enlevé
Et
Puis si son doigt décris des éclairs des signes méconnus de nous comment savoir où trouver la clé si le silence en est la serrure quand dans les mots les mots toujours dans la tête la mienne et la tienne les cris les et moi et toi les émois étoiles défilent comme des coups portés vers le ciel
Saurons nous danser courir dans les vagues et voir naître Aphrodite ?
Frêne au long fil courbé que n’ai je entendu les nornes qui prolongent là le puits d’Urd au fond de ma baignoire, frêne que je vois pousser brisant les remparts d’os qui restaient là au fond comme le sang froid caillé, je suis qu’un primitif, qu’un plumitif, et face à l’entendu, est ce Yggdrasil qui pousse se carapaçonnant d’os pour refaire l’axis mundi
Puisque tout fût le temps, qu’il se lève comme le vent de la fournaise le piton rocheux qui brisera mon coeur coupant loin le fil et si je ferme les yeux je reste négatif, et si je les ouvre le soleil devient noir comme une perle dans ma main
Je veux m’assoir sur une chaise, pointant le regard sur cet arbre qui remplace rempare ma vie comme il est droit comme il est digne comme il est large comme ses racines plongent dans la bonde du puits d’Urd que le flot contrarié pousse même quelques petits rires de contentement ? de plaisir ? ou est ce en corps la jouissance de la dame de l’autre coté, la ferai je naître comme si je lui apportais des fleurs à travers ce mur, derrière, comme si cela pourrait faire naître un peu un peu plus, et si le Frêne me parle que vais je lui dire ? que je ne suis même plus une feuille, que ma tête est folle, que mon axe est malade que je ne suis plus droit que je pleure parce que j’aime malgré tout ça que je pleure de joie comme de douleurs ou de douleurs comme de joie on sait juste qu’on pleure, faut aussi oui de mes larmes nourrir le puits, et nourrir le flot car voilà qu’elle chante de l’autre coté, chant du désir de naître chant qui désire l’eau, mais où est l’eau plongée dans tout ce sang ?

à ne pas suivre
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Sincérité
“Vis comme si c’était le dernier jour…” voilà donc ce que je prévois de prendre comme devise, je sais, je sais, c’ est pas très nouveau, mais cela semble s’ imposer au regard du temps vivant, encore un peu vivant.
J’ai réussi à poser les mots, à les dire même, trouver un regard qui serait aimant, acceptant, un regard qui serait pas seulement dans l’amour, mais dans l’ être, ce genre d’amour que les anciens parait du nom de philae et agapè, je sais c’est un peu galvaudé, et même j’en connais une qui va encore se marrer en me lisant, qu’elle se rassure je me marre aussi en la lisant, au moins quelques moments d’ humour dans un monde en moi qui se délite.
Certes je ne suis qu’un homme, ni pire, ni meilleur que les autres, habité par des démons que je promène souvent, dernièrement dans mes mi-nuits à l’ école des fous je les ai même laissé sortir, sortir loin, tant que j’ ai eu la tête pleine d’eux après et que ça m’a gâché une nuit. Pas grave, pas grave, je reste un adepte de la chair même quand je suis le pourvoyeur des cendres, oui où trouve-t-on les cendres croyez vous ? Dans le silence peut-être, car à les laisser monter en moi j’ ai presque étouffé.
Et puis tant que je peux taper sur ce clavier, j’ ajoute que cette école des fous était un texte tout extrait de moi, tout, avec bien sur les excès de la langue, mais tout extrait que c’ est pour ça qu’il a fait tant mal.
De quoi sera fait demain ? quand je parlais du couteau pour laver je le pensais, fort. Couper la main qui gène, couper l’autre, car ça fait mal aussi par là, tout couper, ne rien laisser, tout mettre à nu de chair dans la baignoire, et ensuite la laisser rentrer qu’elle s’écrie: “Ô, Moignons, trop moignons ! “, cruel, oui cruel, pour moi qui serait encore là alors que je ne voudrais plus l’ être, et je prie mes lecteurs habituels de relire un texte de moi ancien “Fermer les yeux”, cendres à verser dans une mer bretonne, oui, voilà ce que je veux, et c’ est en écoutant Les Innocents “L’autre Finistère” que je me suis pris à déverser, retour à une celtitude que je voudrai voir perdurer pour mes cendres futures. Est ce un testament ? est ce autre chose qu’un délire ? et pourquoi ? il y en a peu qui le savent, même pas moi, car l’ avenir est indécis autant qu’ il est imprécis, mais voilà je pose tout en sincérité, tout en vrai, tout est le parent de si peu d’ art. Une volonté en mots. Une voix pas si triste que ça d’ailleurs, une voix nécessaire à un moment lui aussi nécessaire, nécessité fait voix, non ?
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