Un gout amer…

Rien ne sert de courir il faut juste se retourner, fermer les poings, hausser le ton.

Premier poing, tout au fond de la main, cette gamelle que tu tends, est-elle pour moi le chien ? remplie d’eau croupie, envahie de ce qui me tuera. Ou est ce toi la victime derrière les barreaux, quettant d’aventure une obole à ta misère ? Ou encore, reine du couteau, salope de guerre, tu excites la pitié derrière ces murs alors que du bourreau tu as tous les noms tatoués sur la peau.

Deuxième poing, tous à se croire victimes pensez aussi au rôle du bourreau, dans la glace regardez vous, et si Janus perverti était le dieu de nos nations ? Depuis les nazis, les lames ont été purifiées, insérées dans tous les processus de la cité. Et l’on tue maintenant sans trop de découpe, non la chair s’enfouit sans état d’âme, si tu as foi en l’homme oui je te vois tu dévores son foie, tu es l’aigle prométhéen, et tous les jours les corps tombent, les mains saignent, et moi j’ai froid en l’homme et je ne crois pas. Je ne te crois pas, je me gausse de tout ceux qui prient devant un crucifié, un homme torturé, comme si c’était ça en fait, oui, la foi en la torture, voilà la nouvelle religion, celle du bourreau. Car voyez vous le XXIème siècle oppresse et perverti tout. Spectacle de la mort, de l’horreur. Et comme disait Aristote à la toute fin il  ne reste que ça: horreur et spectacle.

Et c’est les poings levés que je vais frapper sans fin sur ce mur, meurtrir mes chairs, déchirer tout au sang, à en  rougir le béton, que ça réveille certains cœurs de l’intérieur. Si ce n’est que moi, bourreau comme victime, en me regardant bien les amis, voyez que toute innocence est morte. Et qu’ainsi cela fait de nous avant tout et contre tout : des coupables.

Ego te absolvo

Jackson Pollock, number 7

J’écris en solitaire, seul, un solitaire seul, comme un envers solitaire, comme cet animalcule qui invertèbre mes propos, m’avale les mots, s’engouffre au fond tout au fond, j’écris et c’est mal si ça fait mal, où se touche le bien dans ce seul solitaire exil ?

J’écris seul seul ou j’écris, je crie, et le solitaire de mes cris, crie des écrits, crie et griffe ses feux dans mon extomac s’écrie-t-il, et de larmes, deux larmes, deux solitaires, moi et je en lui, moi j’écris, et je larme là là sans flamme ma vie sans flamme mon lit de vains propos

J’écris gomme ma chair latte soutien rappel j’écris et comme j’arme tout est égo tout est

Ego te absolvo, te absolvo, solution limpide, te absolvo pour absorber, le temps dans la vulve, le temps, pilier du réel, réellement pilier, axe, axis mundi, et de tes larmes, naissance

Ego te absolvo, lune j’écris en solitaire, mode on, mode off, mode d’écrire, mode de fuir, mode d’elle, son corps et l’enfouissement, son coeur tendrement, son sexe ruissellement, j’écris te absolvo, tu écartes les cuisses, tu écartes, faut-il que j’advienne ? le penses-tu, là dans le hall de cette gare, nous tout contre-collés faut-il que j’advienne, et si je gris si je gris nous deux seulement nous deux seuls, nous, et si je gris je m’attise dans ton sexe, je m’attise comme la matière attirée, je matisse peignant par flash de mes mains la passion sur cette vulve intense, intense, intense et vif, et ego, ego, ego, je m’enlise, j’épuise, j’émise, et gémir, et ego te absolvons, nos manteaux ouverts, nos manteaux fermés, nos manteaux de coeurs, nos manteaux d’âme, nos mensonges, nos mensonges et nos vérités, nos vérités, là dans mes mains, là dans mes yeux, là entre deux manteaux, rien ne peut mentir,

mentir

Et tu tombes, tu es, tu es, mon mien four nait, mon déluge, mon vent de coeur, mon orage sans raison

J’épris ma chair matte en soutien par rappel et gomme j’arme tout est ego égal tout est égal tout ça ne finira que quand ça finira, dans les ego où tout s’absout, mes mensonges mes mensonges mes songes, mes épuisements, mes flashs, là dans le hall si je m’égare, mégarde, mégarde là où on se regarde, tout seuls les yeux tous les yeux et nos abattements, nos battements là  se quitter, là, là, toujours, toujours trop dur, je m’enlise, je m’enlise dans ta

Dans ta je m’attise, je t’attire, tout est moi, tout est moi, tout est seul quand j’écrirai toi quand j’apprendrai toi quand je saurai toi

Dans ta je suis attiré, attisé tout est toi tout émoi tout est seul quand j’écrirai seul le voeu solitaire le vieux solitaire envoeux envoeux d’envie envoeux d’envies envieux d’en vie d’être d’être seul à écrire ce qui nait de là solitaire mon coeur tendrement ton sexe ruissellement pas seulement pas feulement rugissement ton sexe je matisse à le peindre seul je matisse avant de pourrir seul quand j’écris en solitaire que seul le solitaire écrit

tu tombes, tu es, tu es, mon mien four nait, mon déluge, mon vent de coeur, mon orage sans raison

Chanson pour Alex

Luc Tuymans _ Idź i patrz _ Come and See _Zachęta _ Warszawa 061

Creative Commons License photo credit: jakub.szestowicki

 

J’ai compté une par une toutes les gouttes et ça retombe

je sais c’est terminé je les ai laissées toutes chuter

on dit que ça marque la fin

un gout de violette

l’espoir peut même s’arrêter

pourquoi rester là

 

 

À compter un par un tout nos baisers

je les vois passer

chaque soir on y pense

demain sera un jour meilleur

mais je les vois passer

et je les compte plus les gouttes je laisse tomber

y aura peut être même pas besoin d’eau tu sais

envie de partir pour visiter là bas là bas

 

 

J’ai compté avant pour toi

je sais je les vois passer un par un tout nos baisers

dans cette lumière à peine parlée

voilà qu’on se cause bébé

avant que je boive la voie lactée

vrai qu’faut se dire au revoir adieu à tchao

 

Des aiguilles

Le jour demeure crème, tout s’assemble dans une sorte de brume les lunes les illusions les vies, tout se ressemble et tout est si près de la différence, tout est moi et tout porte vers toi, tel un balancier d’horloge mais cette horloge est ici un coeur, un coeur autre ou un coeur soi, qui s’effeuille et se parle peu, qui se ment dans chaque regard porté, comme une autre main que soi posée sur une autre main que soi, je ne suis plus nul part là.

Assis contre soi les mains saccageant chaque geste, où tout se bloque, où tout se gène, se gèle si c’est de saison, un temps pour un lieu, pour d’autres lieux, et je pose peu, j’ai peur en fait, oui peur en cette période de fêtes, ces mains qui m’abandonnent comme ma vie change, comme mes sentiments divergent, se chassent ils d’un corps ce coeur et ces mots ? Se hantent-ils ailleurs, dans un fantôme d’âme, une étoile noire qui brille au fond de mon coeur en compagnie de mon propre fantôme d’or terni ?

Je viens de finir la relecture de Vie secrète de Quignard et tout depuis que je le lis me porte ailleurs, me transporte dans un monde je qui est si loin du monde moi, et que je désire ce Sire de Se pour être ou pour avoir, et que je devienne enfin ce que je dois en perdant tout de moi, et tout autour.

Il faut se parler mais faut-il communiquer à tout prix, alors que quelque part on a toujours fait chemin sur un équilibre quasi parfait de nos incapacités, peut-on se construire comme on se donne, à petit peu, en avançant en douceur ?

Et comment lors que la violence s’encre dans mon corps, maculant les nerfs d’une écriture runique qui vainc chaque de mes espoirs, comment lors qu’une âme autre s’est permis la naissance à mes yeux, comment continuer sans se mentir ? Continuer sans fuir, conti-muer sang fuir ?

Oui comment sur les aiguilles plantées dans ma moelle épinière voir autre chose qu’un signe pointu du destin, qui force le changement dans la pensée autant qu’il frappe le corps, c’est fuir le mal qu’y faire face, repenser chaque minute, chaque seconde d’une mémoire en fuite comme une rivière fuyante dans une grotte souterraine, mais j’épluche tout ce que j’y trouve et si un bout de ce Sire de Se y figure sur une page j’arracherai moi-même l’os sur lequel il est gravé.

J’ai un devoir d’être, j’ai un devoir d’amour pour me pousser à tout cela.

Sincérité

« Vis comme si c’était le dernier jour… » voilà donc ce que je prévois de prendre comme devise, je sais, je sais, c’ est pas très nouveau, mais cela semble s’ imposer au regard du temps vivant, encore un peu vivant.

J’ai réussi à poser les mots, à les dire même, trouver un regard qui serait aimant, acceptant, un regard qui serait pas seulement dans l’amour, mais dans l’ être, ce genre d’amour que les anciens parait du nom de philae et agapè, je sais c’est un peu galvaudé, et même j’en connais une qui va encore se marrer en me lisant, qu’elle se rassure je me marre aussi en la lisant, au moins quelques moments d’ humour dans un monde en moi qui se délite.

Certes je ne suis qu’un homme, ni pire, ni meilleur que les autres, habité par des démons que je promène souvent, dernièrement dans mes mi-nuits à l’ école des fous je les ai même laissé sortir, sortir loin, tant que j’ ai eu la tête pleine d’eux après et que ça m’a gâché une nuit. Pas grave, pas grave, je reste un adepte de la chair même quand je suis le pourvoyeur des cendres, oui où trouve-t-on les cendres croyez vous ? Dans le silence peut-être, car à les laisser monter en moi j’ ai presque étouffé.

Et puis tant que je peux taper sur ce clavier, j’ ajoute que cette école des fous était un texte tout extrait de moi, tout, avec bien sur les excès de la langue, mais tout extrait que c’ est pour ça qu’il a fait tant mal.

De quoi sera fait demain ? quand je parlais du couteau pour laver je le pensais, fort. Couper la main qui gène, couper l’autre, car ça fait mal aussi par là, tout couper, ne rien laisser, tout mettre à nu de chair dans la baignoire, et ensuite la laisser rentrer qu’elle s’écrie: « Ô, Moignons, trop moignons ! « , cruel, oui cruel, pour moi qui serait encore là alors que je ne voudrais plus l’ être, et je prie mes lecteurs habituels de relire un texte de moi ancien « Fermer les yeux », cendres à verser dans une mer bretonne, oui, voilà ce que je veux, et c’ est en écoutant Les Innocents « L’autre Finistère » que je me suis pris à déverser, retour à une celtitude que je voudrai voir perdurer pour mes cendres futures. Est ce un testament ? est ce autre chose qu’un délire ? et pourquoi ? il y en a peu qui le savent, même pas moi, car l’ avenir est indécis autant qu’ il est imprécis, mais voilà je pose tout en sincérité, tout en vrai, tout est le parent de si peu d’ art. Une volonté en mots. Une voix pas si triste que ça d’ailleurs, une voix nécessaire à un moment lui aussi nécessaire, nécessité fait voix, non ?

Oeil

Ce matin oeil sec fermé presque à la fin de la vie je sais tout est noir quand on se voit mal quand on prend le flou autour de soi comme une obscurité intérieure qui sort qui s’ingère, et qui se digère mal, car le mal de ventre est las bien là ici apportant la nausée elle vagabonde sur mes lèvres sans aucune place restante pour le désir juste tenter de retrouver la détente celle qui permettra l’évacuation du dégoût qui s’inscrit en lutte sur ma peau voulant forcer sans lune ma chair à cette nouvelle infortune.

On se demande alors quel serait le dernier mot à poser sur une page oui le dernier celui qui clôt le chapitre de l’éternité qui ouvre le chemin lui de l’évacuation du solide vers le glaireux et enfin vers le liquide oui ce chemin qui ouvre la porte de la liquidation fermeture âpre et licenciement usinage qui se termine dans les flots des pleurs autant que dans les fosses des peurs.

Karma qui s’engouffre dans la vision d’une lune insane oui quand il y a la santé qui chancelle on se porte pâle et on entend rire les obus tombant ivres sur sa propre tête aux éclats gris.

Karma qui se supporte comme les mots refusent de se poser alors comment trouver le dernier en fait car je le voyais un temps en fête et là c’est plutôt la défaite qui s’empale sur l’instant identique on se respire mal on se prend en odeur avant peut-être de prendre en horreur et les chemins de rondes restent pour temps vide à toutes espérances

Vous qui entrez ici.

C’est le chien qui gronde pas la main c’est le matin qui pleure pas la pluie c’est l’empilage correctif de la situation sur l’autre ivresse qui crame le sol de mes innocence à défaut de mes insolences oui en hiver c’est pas le soleil qui s’emporte c’est moi qui préfère le faire et le battre tant que je n’ai pas chaud au coeur.

Vous qui errez ici.

J’ai plus l’esprit de la rue j’ai prisonnier à la nuée encadrés enfin mes sauvetages n’ayant plus d’esprit pour une ultime sauvegarde.

Ce matin oeil sec en gommage qui se graisse et qui ne se fraise guerre en grosseur petite pas tumorale mais tout à fait tue moral(e) graisseuse.

Pant 2006

Lettre à Alex-8-Lettre à Grégoire

Je doute, Grégoire, que tu attendes encore réponse de ma part, d’ailleurs il est si tard…

D’autant que tes mots ne m’étaient pas adressé. Je ne suis pas Alex, ni ton ex, ni ton futur non plus d’ailleurs. Je ne suis qu’une infinie parcelle de ton présent, instant fugace qui deviendra passé à peine prononcé, prêt à être décomposé à coup d’imaginaire qui recompose sans fin les souvenirs à venir…

Oui, je te répond, bien que je ne sois ni A, ni Lex, d’ailleurs qui suis-je… Sex et Omega ? je ne sais pas… mais qu’il soit bien clair que je ne t’offrirai pas la corde pour te pendre, je préfère et de loin te proposer le rire pour me prendre.

Prendre le dernier train, ou le premier d’ailleurs qu’importe. Cela dépendra probablement de l’en-train mis à entamer le dernier acte… Prendre le train donc, tel lapin blanc se laisser hypnotiser par ses grands phares éblouissants, et ne pas le prendre finalement, s’écraser sur la voie, pour enfin sortir du rang, ne plus suivre les rails surtout, s’écraser tel fruit mûr d’api et finir en claffouti… oui l’image est belle, pour qui n’aime pas les pommes…

dis-moi, crois-tu que celle de la connaissance se dévoilera après le compo(s)tage final?

Je ne te ferai pas l’affront de te citer ici les cent et une mille bonnes raisons de poursuivre la route. Les mots trop communs, tels qu’amis, amants, le sourire d’un enfant… quoi que….

Quoi que, la douceur d’une caresse, un éclair dans un regard, le charme d’une larme, la beauté d’un geste, un frôlement d’ame, tous ces instants fugaces qui, si la solitude ils n’éffacent, la rendent plus aigue, plus « vivante »… plus douce aussi à qui n’a plus peur de tomber dans l’escalier, parce qu’une main tendue lui a rendu un peu de sérénité.

Oui, je sais, Grégoire… les mains tendues sont rares, si rares… Et parfois, souvent, comme toi j’ai envie de… mais…

Est-ce ma condition de femme qui me propose un autre décor ? aux quais de gare, je préfèrerais l’intimité de l’alcove, à la bouillie finale, une plaie plus subtile, et prendre le temps de regarder la vie me quitter goutte à goutte, perles rouges et écarlates telles les fruits mûrs de l’été, Faire l’amour avec l’a-mort, avec l’amor… pour mieux oublier l’automne et d’un soupir d’extase, d’une jouissance finale tuer l’hiver a-venir.

« La caresse de l’arme blanche
rouge cascade
sentiment d’avalanche
pensée cavalcade
il n’est pas de neige éternelle
ultime soumission
être celle, rien que celle
qui murmure ton nom »

Pourtant… pourtant… quelle serait la beauté du geste ? Aucune noblesse dans la défaite. Car le suicide, oui, osons poser le mot, le suicide n’est-il pas, paradoxalement une façon de refuser l’innéluctable ? Devancer l’échéance, refuser le destin… rompre le combat et jeter le gant… Ah, le geste serait sublime si nous étions éternels…

Tes regards se posent sur le néant, peut-être… les miens se posent sur toi, sur cette densité que tu dis perdre, ce changement de consistance. Je te regarde… et je Te vois, oui je vois, un homme en constante évolution, tel un univers en expension…

Caly