Proses en direct

Des aiguilles

Le jour demeure crème, tout s’assemble dans une sorte de brume les lunes les illusions les vies, tout se ressemble et tout est si près de la différence, tout est moi et tout porte vers toi, tel un balancier d’horloge mais cette horloge est ici un coeur, un coeur autre ou un coeur soi, qui s’effeuille et se parle peu, qui se ment dans chaque regard porté, comme une autre main que soi posée sur une autre main que soi, je ne suis plus nul part là.

Assis contre soi les mains saccageant chaque geste, où tout se bloque, où tout se gène, se gèle si c’est de saison, un temps pour un lieu, pour d’autres lieux, et je pose peu, j’ai peur en fait, oui peur en cette période de fêtes, ces mains qui m’abandonnent comme ma vie change, comme mes sentiments divergent, se chassent ils d’un corps ce coeur et ces mots ? Se hantent-ils ailleurs, dans un fantôme d’âme, une étoile noire qui brille au fond de mon coeur en compagnie de mon propre fantôme d’or terni ?

Je viens de finir la relecture de Vie secrète de Quignard et tout depuis que je le lis me porte ailleurs, me transporte dans un monde je qui est si loin du monde moi, et que je désire ce Sire de Se pour être ou pour avoir, et que je devienne enfin ce que je dois en perdant tout de moi, et tout autour.

Il faut se parler mais faut-il communiquer à tout prix, alors que quelque part on a toujours fait chemin sur un équilibre quasi parfait de nos incapacités, peut-on se construire comme on se donne, à petit peu, en avançant en douceur ?

Et comment lors que la violence s’encre dans mon corps, maculant les nerfs d’une écriture runique qui vainc chaque de mes espoirs, comment lors qu’une âme autre s’est permis la naissance à mes yeux, comment continuer sans se mentir ? Continuer sans fuir, conti-muer sang fuir ?

Oui comment sur les aiguilles plantées dans ma moelle épinière voir autre chose qu’un signe pointu du destin, qui force le changement dans la pensée autant qu’il frappe le corps, c’est fuir le mal qu’y faire face, repenser chaque minute, chaque seconde d’une mémoire en fuite comme une rivière fuyante dans une grotte souterraine, mais j’épluche tout ce que j’y trouve et si un bout de ce Sire de Se y figure sur une page j’arracherai moi-même l’os sur lequel il est gravé.

J’ai un devoir d’être, j’ai un devoir d’amour pour me pousser à tout cela.


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Dans les mi-nuits de l’école des fous-1.5

Orage automatique, une salle fugace, plus près du terminal là que l’on s’enferme, une vie, un lieu qui sans porte s’emporte dans deux coeurs ou deux mémoires ou deux os soudés entre eux, puis faire les proches du condamné, la même pièce, avec un goût amer, une immense baignoire, un tub, antique ou ancien, qui milieu de la pièce chasse le lit contre le mur humide où sont tant collées de larmes sur les capitons, que leurs dessins destinent plus que l’aube qui elle n”arrive pas là… Lit, lis, lit, qui ne fait que tourner ne sert pas non ne serre pas lie pas lié, et dormir si ce n’est pas mieux là…

Et s’il est des lieux comme Fort Sommeil, même si métal y couve le sang et ma douleur…

 

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-Putain de cauchemar

-tu dis ?

-Rêvé que j’étais plus là, et comme j’étais plus là, j’entendais même plus les cris de jouissance de la nana derrière le mur

-mort ?

-Non, y avait plus d’eau et j’étais sorti de la baignoire

-hola, rude rêve, mais remarque tu n’es pas dans une baignoire là, mais sur un lit, et même pas sur un matelas à eau…

-ah!

-oui, et puis chacun son trip man, moi c’est Eros, toi c’est Thanatos

-punaise, comment t’arrives à mener une conversation en te triturant la queue, érotomane je crois ça plus grave que mon voyage dans une baignoire, y a rien de sain à se masturber tout le temps

-plus grave ? Eh, je crache pas la purée sur toi, man, suis respectueux de mes potes moi, et toi avec ta baignoire sur lit, ton eau qui peine à ressembler à un vrai liquide, tes airs de je sais pas quoi, après oui, plus grave que toi qui a découpé ta femme en morceaux ?

-Pas découpée, lavée !! et dans une baignoire

-ouais, si tu veux… mais lavée avec un couteau de découpe, tu y vas fort pour enlever la saleté toi ! puis tu deviens lourd avec ta baignoire

-ben une baignoire à l’ancienne, un tub, ça pèse tu sais… et j’ai peut être mal jugé la profondeur de nettoyage, en tout cas l’eau prend une jolie couleur, plus suave, plus sensuelle que celle de la crasse classique. Elle vieillissait mal, elle avait de plus en plus mal, fallait laver toute cette saleté de vieillesse, de maladie, fallait que je répare ce que la vie avait fait, c’est ça aussi l’amour, c’est ça d’abord même, nettoyer ce qui est sale en amour pour faire moins mal, plus mal.

-C’est peut être la même qui jouit derrière ce mur alors ? celle qui crie pour que je jouisse avec elle, celle qui se caresse devant son mur, pinçant mes lèvres entre les siennes pour que je ne crie pas, alors je fais, je prends ma bite raide, je continue, je recommence, et je l’entends toujours, moi ça ne me lave pas, ça fait mal et ça fait bien, c’est un peu comme quand je me tape la tête contre le mur, mais le sang en moins, les bosses en moins, oui tout comme, sauf que ça donne de putains de crampes, et c’est pour ça que je fais des pauses, comme elle remarque…

-ouais, les crampes je connais itou, moi c’est plutôt dans la main droite, dans l’avant bras, une ankylose, une subtile dolore, tiens j’espère que la main, le bras vont tomber, autrement je crois que j’ai gardé mon couteau, je laverai…ou je perds la tête, sans la tête je serai surement mieux, ou juste avec la tête remarque, je pense qu’elle flotterait pas mal dans la baignoire, je voyagerai d’un bout du monde à l’autre

-Moi c’est la boite à souvenir que j’aimerai laver, elle fabrique plus de trous que de souvenirs cette boite, on a du me bercer trop près du mur de Berlin, ou de la Grande Muraille, ça donne des moments qui ne se savent plus, faudrait voir, tiens des fois, ton couteau tu me le prêterais ?

et d’un coté lyrique ?

Et un coeur rouge et le peindre sur le sol pour aller jusqu’aux murmures derrière lesquels cette femme jouis, si je frappe la tête tout contre tout contre je sais que rougir j’aurai aussi la force de teinter sans une lame mes joues mon front mes os

J’écris toujours que l’âme menace que tout se glace et tant que mes doigts sont encore purs de sang mais tout est pur pleur de sang sur ma peau

Si rien n’est rouge quand tu reviendras l’arbre sera lui bien tombé et quand les samouraïs me casseront leurs sabres sur la peau il y a des chances que seul ton amour m’épuise au lieu de me tuer

Mais sur une histoire de fous où poser les baisers si on n’a plus de lèvres ?

Je vais briser ce mur avec mes dents mes ongles mes sentiments si la folie me dirige y a des chances que les murs se resserrent tout porte à la mort dans ce texte de fou tout porte à la fin quand toutes les portes ont été enlevé

Et

Puis si son doigt décris des éclairs des signes méconnus de nous comment savoir où trouver la clé si le silence en est la serrure quand dans les mots les mots toujours dans la tête la mienne et la tienne les cris les et moi et toi les émois étoiles défilent comme des coups portés vers le ciel

Saurons nous danser courir dans les vagues et voir naître Aphrodite ?

Frêne au long fil courbé que n’ai je entendu les nornes qui prolongent là le puits d’Urd au fond de ma baignoire, frêne que je vois pousser brisant les remparts d’os qui restaient là au fond comme le sang froid caillé, je suis qu’un primitif, qu’un plumitif, et face à l’entendu, est ce Yggdrasil qui pousse se carapaçonnant d’os pour refaire l’axis mundi

Puisque tout fût le temps, qu’il se lève comme le vent de la fournaise le piton rocheux qui brisera mon coeur coupant loin le fil et si je ferme les yeux je reste négatif, et si je les ouvre le soleil devient noir comme une perle dans ma main

Je veux m’assoir sur une chaise, pointant le regard sur cet arbre qui remplace rempare ma vie comme il est droit comme il est digne comme il est large comme ses racines plongent dans la bonde du puits d’Urd que le flot contrarié pousse même quelques petits rires de contentement ? de plaisir ? ou est ce en corps la jouissance de la dame de l’autre coté, la ferai je naître comme si je lui apportais des fleurs à travers ce mur, derrière, comme si cela pourrait faire naître un peu un peu plus, et si le Frêne me parle que vais je lui dire ? que je ne suis même plus une feuille, que ma tête est folle, que mon axe est malade que je ne suis plus droit que je pleure parce que j’aime malgré tout ça que je pleure de joie comme de douleurs ou de douleurs comme de joie on sait juste qu’on pleure, faut aussi oui de mes larmes nourrir le puits, et nourrir le flot car voilà qu’elle chante de l’autre coté, chant du désir de naître chant qui désire l’eau, mais où est l’eau plongée dans tout ce sang ?

 

 

à ne pas suivre


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Sincérité

“Vis comme si c’était le dernier jour…” voilà donc ce que je prévois de prendre comme devise, je sais, je sais, c’ est pas très nouveau, mais cela semble s’ imposer au regard du temps vivant, encore un peu vivant.

J’ai réussi à poser les mots, à les dire même, trouver un regard qui serait aimant, acceptant, un regard qui serait pas seulement dans l’amour, mais dans l’ être, ce genre d’amour que les anciens parait du nom de philae et agapè, je sais c’est un peu galvaudé, et même j’en connais une qui va encore se marrer en me lisant, qu’elle se rassure je me marre aussi en la lisant, au moins quelques moments d’ humour dans un monde en moi qui se délite.

Certes je ne suis qu’un homme, ni pire, ni meilleur que les autres, habité par des démons que je promène souvent, dernièrement dans mes mi-nuits à l’ école des fous je les ai même laissé sortir, sortir loin, tant que j’ ai eu la tête pleine d’eux après et que ça m’a gâché une nuit. Pas grave, pas grave, je reste un adepte de la chair même quand je suis le pourvoyeur des cendres, oui où trouve-t-on les cendres croyez vous ? Dans le silence peut-être, car à les laisser monter en moi j’ ai presque étouffé.

Et puis tant que je peux taper sur ce clavier, j’ ajoute que cette école des fous était un texte tout extrait de moi, tout, avec bien sur les excès de la langue, mais tout extrait que c’ est pour ça qu’il a fait tant mal.

De quoi sera fait demain ? quand je parlais du couteau pour laver je le pensais, fort. Couper la main qui gène, couper l’autre, car ça fait mal aussi par là, tout couper, ne rien laisser, tout mettre à nu de chair dans la baignoire, et ensuite la laisser rentrer qu’elle s’écrie: “Ô, Moignons, trop moignons ! “, cruel, oui cruel, pour moi qui serait encore là alors que je ne voudrais plus l’ être, et je prie mes lecteurs habituels de relire un texte de moi ancien “Fermer les yeux”, cendres à verser dans une mer bretonne, oui, voilà ce que je veux, et c’ est en écoutant Les Innocents “L’autre Finistère” que je me suis pris à déverser, retour à une celtitude que je voudrai voir perdurer pour mes cendres futures. Est ce un testament ? est ce autre chose qu’un délire ? et pourquoi ? il y en a peu qui le savent, même pas moi, car l’ avenir est indécis autant qu’ il est imprécis, mais voilà je pose tout en sincérité, tout en vrai, tout est le parent de si peu d’ art. Une volonté en mots. Une voix pas si triste que ça d’ailleurs, une voix nécessaire à un moment lui aussi nécessaire, nécessité fait voix, non ?


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Oeil

Ce matin oeil sec fermé presque à la fin de la vie je sais tout est noir quand on se voit mal quand on prend le flou autour de soi comme une obscurité intérieure qui sort qui s’ingère, et qui se digère mal, car le mal de ventre est las bien là ici apportant la nausée elle vagabonde sur mes lèvres sans aucune place restante pour le désir juste tenter de retrouver la détente celle qui permettra l’évacuation du dégoût qui s’inscrit en lutte sur ma peau voulant forcer sans lune ma chair à cette nouvelle infortune.

On se demande alors quel serait le dernier mot à poser sur une page oui le dernier celui qui clôt le chapitre de l’éternité qui ouvre le chemin lui de l’évacuation du solide vers le glaireux et enfin vers le liquide oui ce chemin qui ouvre la porte de la liquidation fermeture âpre et licenciement usinage qui se termine dans les flots des pleurs autant que dans les fosses des peurs.

Karma qui s’engouffre dans la vision d’une lune insane oui quand il y a la santé qui chancelle on se porte pâle et on entend rire les obus tombant ivres sur sa propre tête aux éclats gris.

Karma qui se supporte comme les mots refusent de se poser alors comment trouver le dernier en fait car je le voyais un temps en fête et là c’est plutôt la défaite qui s’empale sur l’instant identique on se respire mal on se prend en odeur avant peut-être de prendre en horreur et les chemins de rondes restent pour temps vide à toutes espérances

Vous qui entrez ici.

C’est le chien qui gronde pas la main c’est le matin qui pleure pas la pluie c’est l’empilage correctif de la situation sur l’autre ivresse qui crame le sol de mes innocence à défaut de mes insolences oui en hiver c’est pas le soleil qui s’emporte c’est moi qui préfère le faire et le battre tant que je n’ai pas chaud au coeur.

Vous qui errez ici.

J’ai plus l’esprit de la rue j’ai prisonnier à la nuée encadrés enfin mes sauvetages n’ayant plus d’esprit pour une ultime sauvegarde.

Ce matin oeil sec en gommage qui se graisse et qui ne se fraise guerre en grosseur petite pas tumorale mais tout à fait tue moral(e) graisseuse.

Pant 2006


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Lettre à Alex-8-Lettre à Grégoire

Je doute, Grégoire, que tu attendes encore réponse de ma part, d’ailleurs il est si tard…

D’autant que tes mots ne m’étaient pas adressé. Je ne suis pas Alex, ni ton ex, ni ton futur non plus d’ailleurs. Je ne suis qu’une infinie parcelle de ton présent, instant fugace qui deviendra passé à peine prononcé, prêt à être décomposé à coup d’imaginaire qui recompose sans fin les souvenirs à venir…

Oui, je te répond, bien que je ne sois ni A, ni Lex, d’ailleurs qui suis-je… Sex et Omega ? je ne sais pas… mais qu’il soit bien clair que je ne t’offrirai pas la corde pour te pendre, je préfère et de loin te proposer le rire pour me prendre.

Prendre le dernier train, ou le premier d’ailleurs qu’importe. Cela dépendra probablement de l’en-train mis à entamer le dernier acte… Prendre le train donc, tel lapin blanc se laisser hypnotiser par ses grands phares éblouissants, et ne pas le prendre finalement, s’écraser sur la voie, pour enfin sortir du rang, ne plus suivre les rails surtout, s’écraser tel fruit mûr d’api et finir en claffouti… oui l’image est belle, pour qui n’aime pas les pommes…

dis-moi, crois-tu que celle de la connaissance se dévoilera après le compo(s)tage final?

Je ne te ferai pas l’affront de te citer ici les cent et une mille bonnes raisons de poursuivre la route. Les mots trop communs, tels qu’amis, amants, le sourire d’un enfant… quoi que….

Quoi que, la douceur d’une caresse, un éclair dans un regard, le charme d’une larme, la beauté d’un geste, un frôlement d’ame, tous ces instants fugaces qui, si la solitude ils n’éffacent, la rendent plus aigue, plus “vivante”… plus douce aussi à qui n’a plus peur de tomber dans l’escalier, parce qu’une main tendue lui a rendu un peu de sérénité.

Oui, je sais, Grégoire… les mains tendues sont rares, si rares… Et parfois, souvent, comme toi j’ai envie de… mais…

Est-ce ma condition de femme qui me propose un autre décor ? aux quais de gare, je préfèrerais l’intimité de l’alcove, à la bouillie finale, une plaie plus subtile, et prendre le temps de regarder la vie me quitter goutte à goutte, perles rouges et écarlates telles les fruits mûrs de l’été, Faire l’amour avec l’a-mort, avec l’amor… pour mieux oublier l’automne et d’un soupir d’extase, d’une jouissance finale tuer l’hiver a-venir.

“La caresse de l’arme blanche
rouge cascade
sentiment d’avalanche
pensée cavalcade
il n’est pas de neige éternelle
ultime soumission
être celle, rien que celle
qui murmure ton nom”

Pourtant… pourtant… quelle serait la beauté du geste ? Aucune noblesse dans la défaite. Car le suicide, oui, osons poser le mot, le suicide n’est-il pas, paradoxalement une façon de refuser l’innéluctable ? Devancer l’échéance, refuser le destin… rompre le combat et jeter le gant… Ah, le geste serait sublime si nous étions éternels…

Tes regards se posent sur le néant, peut-être… les miens se posent sur toi, sur cette densité que tu dis perdre, ce changement de consistance. Je te regarde… et je Te vois, oui je vois, un homme en constante évolution, tel un univers en expension…

Caly


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Lettre à Alex-7-Peine à comprendre

Pauvre Alex, tu peines à comprendre, encore que, tu rimes à surprendre, tous les écarts de langue age, comme une maison qui découvre le tangage. Mon coeur certes ne te chéris plus, car je n’ai plus rien à chérir, tout a brûlé, et des cendres, même celles de décembre, rien ne peut renaître, même l’envie de ton corps sain, qui me donne seulement envie de vomir après avoir lu tes mots.
Comme si je voulais m’aimer quand je regarde une femme, pauvre toi, pauvre Jeannette si je suis un Janus.
Dans la chambre au fond de ton lit parfois à l’aube, souterraine tu rêvais que je restais, à l’époque, mais rien n’éclaire les draps de satin où se brisait nos silences, aux couleurs des raisons tu perlais de jouissance, mais tout est déjà loin à la femme que l’on menace, tout est trop loin quand elle croit encore avoir un coeur, et pourtant, la pourriture ne naît pas que du délire, parfois aussi du désir.
Comment pourrais je m’aimer alors que ton coeur flamboyait fugitif dans nos baisers, et que plumitif je gravais avec ma plume tout nos plaisirs sur un papier doux comme vélin.

Écorché, déchiré, comme la menace que tu brandis, comme une bombe inhumaine, qui me valide avec code la séquence de l’auto mutilation, à défaut de celle de l’auto destruction. Mes anges de mes nuits, que j’ai aimés, plusieurs fois plutôt qu’une, je ne me suis jamais trompé, avant, je ne me suis jamais autant investi, et voilà.

Tu ne me chasses pas, tu chasses comme Diane sans coeur, n’apaisant pas la douleur mais la voulant naître, pour en rester maîtresse, mais sauf, mon coeur s’échappe, comme mon corps, quand il s’allume encore c’est un feu froid plus que sec, qui se meurt de voir ma plume dans ton bec ainsi que ma voix dans tes serres.

Tu sais bien toi, que l’ivresse vaut la paresse et la chair, et l’envie de se perdre, dans la nuit comme limite, peut être que c’est malvenu, mais c’est encore mouvement, c’est une pauvre dynamique, mais c’est une action, qui se construit même si elle ne se racontera jamais, parce qu’on est égoïste, et que si je savais aimer mieux je n’aurai pas à m’enfuir, et que si toi tu savais autant construire que détruire, je n’aurai pas envie de te battre, envie de cogner, tout en sachant que mon coeur à l’honneur détournerait les coups sur ma chair, y a la chevalerie comme chevalière au bout de mes mains, et ça fait mal quand je te bats. Le bonheur des familles c’est la fragilité et le coeur des faucilles comme celui de toutes les Cécile, est ivre d’une peur imbécile. Mais toi c’est Alex qui fauche ma vie surexposé une fois de trop.

Tu y croyais toi à mon coeur la première fois, tu y croyais encore assez pour les laisser rangées tes rumeurs de ma honte, tu sais bien toi, la tendresse au moins une fois ce fut pour toi. Et l’envie de se perdre dans les bras l’un de l’autre, comme un chemin qui écartait la honte. Mais là tu me lasses en brandissant tes mots comme définitifs, et tu crois me bâillonner, alors que je ne sais que crier, et que je crierai encore plus fort, dans les contreforts de la mort.

Et rien n’est jamais si définitif que tes mots sur ma chair, car ils ne touchent plus un coeur que tu as déjà fait brûler.

Grégoire.

Pant2005


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Lettre à Alex-6-D’Alex à Grégoire.

Enfin libérer ma voix, dégager mes mots de leur gangue basaltique, les rouler dans ma bouche jusqu’au sang. Je n’ai jamais cru en toi. Il ne suffit pas de tendre la main pour toucher, pour saisir celui à qui l’on pense.
En moi, le sec. En moi, le désert sans ombre. En moi ta folie à porter, transporter ailleurs. Pour recommencer ou pour en finir.

Je me lève, absente, parmi les débris, les restes sordides de ce qui fut une illusion partagée. Les roses que tu voulais faire naître n’étaient qu’épines traîtresses, elles me torturent encore, m’écorchent. Elles ont déchiré les ailes que je me créais en secret.
Qui ose encore parler de source jaillissante, de résurgence vive ?

Je me lève, absente, pour venir à toi. Non pas en amante mais en aimante.
Je sais ton refus déjà. Je n’ai à t’apprendre, à te prendre. Tu ne veux plus rien de moi, je n’ai jamais rien voulu de toi. J’ai refusé toute allégeance, les mains-mises, les passe-droits, les priorités. J’ai refusé le servage, l’esclave et pourtant, passive, je m’abandonnais. J’étais ailleurs passive, indifférente presque, me laissant immoler, sacrifier. Muette, tout en attente de ces rêves qui voile la réalité et que, par amour, on aurait pu déchirer peut-être.

Vois ces lignes brunies, traces du lien que tu voulais m’imposer. Ici, profonde, creusée, l’ultime qui ne s’effacera qu’avec la mort. Tu voulais voir naître des roses, tu n’as semé que des épines stériles. Rien ne s’établit sans souffrance, disais-tu. Mais rien ne se crée par la violence…

Je n’ai pas compris ton harmonique, mécanique abstraite, eurythmie instable. Je ne veux pas t’accompagner. Tu crois voler, planer, tu rampes hésitant, écrasé, asphyxié, torturé par ce mal qui est en toi comme en cage et qui tourne, tourne. Tu tournes sur toi-même, sur tes questions vaines, tu es comme un oiseau qui craint la cage ouverte et se terre en un coin, et qui lui tourne le dos.

Tu te croyais accroché à mes rêves, rivé à mes lèvres, épanoui dans mon regard. Tu plongeais tes yeux dans les miens et je savais que c’est toi que tu regardais, Grégoire. Tu liais tes mots aux miens et je savais que c’était toi que tu écoutais, je savais que c’était toi que tu aimais. Toi, prolongé par la multitude des rencontres, des amours de passage.

Janus, Janus éternel.
Une part de toi n’était que désir d’anéantissement, retour à la pourriture universelle et tu m’entraînais, tu m’emportais, tirant à hue et à dia sur mon âme et me parlant d’amour fou, de fusion absolue. L’autre part à laquelle tu donnais un nom, des noms de femmes, t’abusait.
C’était toi encore, une autre face moins lunaire, moins lunatique, moins instable, moins chargée d’ombres indéfinies. Tu ne la reconnaissais pas.

C’est toi que tu aimais en l’autre, cette part de toi que tu n’identifiais pas. C’est ton égarement que tu adorais, ton corps que tu faisais jouir. Je n’étais qu’un catalyseur, nous n’étions que des catalyseurs pour toi. Nous n’étions là que pour permettre l’union de tes deux souffles.

J’ai voulu briser le miroir pour que tu voies enfin une des vérités de ce monde complexe. Mais derrière le miroir, il y avait d’autres miroirs semés là pour nous égarer. J’ai desserré les liens que tu avais noués, je les ai usés.

Je te refuse l’apaisement. Me voici en mouvement infini telle l’eau vagabonde que rien ne peut corrompre sinon la haine. Me voici en attente, en désir, en révolte.
Je te refuse l’apaisement. Me voici en mouvance telle la mer qui s’abandonne patiente et se donne à ses creux, à ses vides, à la turbulence de ses vagues.
Je te refuse le dernier assaut, la dernière ardeur de ce qui va s’éteindre, de ce qui ranime sans cesse ses incertitudes et voudrait se dresser malgré la colonne brisée, pulvérisée, rafistolée.

A présent, je porte le noir au dehors, il a été -de ton temps- serré, caché en moi comme un secret. Je le tenais au plus loin pour le préserver, pour ne pas le souiller. Je vivais un rêve à d’autres volé. Le noir est la couleur du deuil et mon deuil de toi est affiché. Je ne m’enfuis pas, je ne me mens pas, je me dévoile, je me découvre cendre, désert, sable où tu te noieras.

Mes mots sont en danger. Je le pressens. Plus que langage, ce sont des frontières chargées de souffrance, de solitude. Ce sont des frontières étanches car la seule parole-sésame est encore à trouver. L’écorce est fragile maintenant. Tout n’était qu’illusion.

Parler, être, parler pour être, parlêtre par l’être, par-delà…

Alex

juin 2005 Marjas


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Lettre à Alex-5- Belle Infortune et si noire ode

Alex, il est beau de juger, même s’il est trop tard, il est beau de se mentir, plutôt que de s’enfuir. Je tenais à la vie, elle me tient encore, alors dis lui merci. Je tenais à la vie, et là c’est elle qui me retient, comme un soleil s’ouvre en rayons, comme une feuille porte ton nom sur l’érable de la maison. A l’apex, on s’habitue à tout, la carte sauverait ici bas le territoire, sacrifiant sauvage le mystère des ténèbres comme ordures

Sur le chargeur placide de mon automatique, je glisse quelques idées pare-balles, sacrifiant l’avaleur de la fonction silence. Je ne sais plus quoi faire pour te rendre noire, sacrifier sur ta peau l’équilibre du soir.

Puisqu’il faut se détruire pour pouvoir vivre enfin, je m’applique en décor sur ce mur de détresse, comme je ne tiens plus à rien, je ne tiens plus à toi, qu’est ce donc qui me retiens, lâchez donc la meute de vos baisers, rien ne pourra me sauver, lors l’arbre de mon coeur est si sec qu’il brûle déjà. Comment retrouver les cendres, et d’ailleurs qu’enfer ?

Sur le chargeur placide de mon automatique, je glisse quelques idées pare-balles, sacrifiant l’avaleur de la fonction silence. Je ne sais plus quoi faire pour te rendre noire, sacrifier sur ta peau l’équilibre du soir.

Des tristesses comme paradis et las j’en ai assez, comme souvenirs d’ici bas, je déteste aussi, ces si belles histoires que rien jamais ne se dit, je déteste ces coeurs qui ne se rencontrent jamais, et se consolent avec l’espoir, cet antidote au désir et à l’amour. Des tristesses comme jamais ne s’effacent sous les rigueurs du noir, la fumeuse horizon de ton corps vêtu de crêpe noir. Tu vois tout me pousse au noir, les rigueurs de l’instant comme l’envie de te voir. Sous la terreur des mots, voilà que s’espace « l’atterreur » de mes maux, de crises en délirium, franchissant multiples les cols de bouteilles insanes et scots. Fier de leur malt qui me fait jouir comme un revenu de nulle part qui déboule devant la porte d’un Eden remis à neuf.

Sur le chargeur placide de mon automatique, je glisse quelques idées pare-balles, sacrifiant l’avaleur de la fonction silence. Je ne sais plus quoi faire pour te rendre noire, sacrifier sur ta peau l’équilibre du soir.

Grégoire

Pant2005


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Lettre à Alex-4-Le désert d’Alex

Tu sais, je ne me sens affecté, infecté. Il ne suffit pas de savoir nager sur le sable pour ne pas craindre d’avaler l’ombre comme dessert. Il ne suffit pas de nageoires au coté pour pouvoir voler dans l’onde comme désert. Et je regarde pousser les ailes, noires, si noires. Quel sera donc cet oiseau ? Une bulle de noirceur qui traînera ses guêtres au sol ?

Et une bulle sait elle voler, ou seulement se laisser emporter, ou encore seulement tomber ? Les étoiles n’ont pas besoin de faire d’ukase dans ces cas là. Les lois du social n’enduisent que le vent.

Et les conséquences alors ? Alex, tu ne me laisses guère le choix. Les conséquences, comme des séquences, des sécantes, des paliers sur un hallier de mensonges. J’ai trop pleuré sur ton corps, même si je savais quelque fois le porter au rouge comme l’acier que l’on bat, je n’ai jamais voulu que faire naître des roses là où le sang a perlé.

Les conséquences ? Je crois que depuis lors c’est moi in facto qui porte les chaînes. Pourtant, pourtant. C’est toi qui a les seins percés, c’est toi qui aimes porter ces bijoux, et les agrémenter d’une chaînette, mais c’est mon cœur qui brille d’acier et aussi brûle de froid.

Une expression comme larme
L’ultime caresse blanche
Comme sur un sexy beluga
Une impression comme l’arme
Ultima vaticana légende

Et les rides de sel sur la table lignes souriantes, harmonie, qu’un ange noir a laissé couler sur le sable. Une espérance de pornographie, pour nous graphie, écriture sur le corps d’une souffrance d’amour, d’un besoin de charme. « Pornocratie », car il y a ici un maître et sa princesse, un corps de lutte comme un corps de garde, un espoir de charme comme un désir de larme. Se retourner pour mieux changer, et sur le sexe comme un chantier, comme un mystère, olisbos du néant qui s’enfonce au long tourment, au loin tournant.

Tu sais, je ne me sens affecté, infecté. Il ne suffit pas de savoir nager sur le sable pour ne pas craindre d’avaler l’ombre comme dessert. Il ne suffit pas de nageoires au coté pour pouvoir voler dans l’onde comme désert. Et je regarde pousser les ailes, quelques plumes grises naissent sur le col, et ton souffle chaud les fait tressauter, les fait trembloter.

C’est lune rousse ici ce soir, et les parfums qui en découlent. Le musc et l’ivresse qui sale mon cœur pour sécher les pans recouverts d’amertume. Les dégager d’un ciel tournant, les éloigner du fer pour un instant.

Tu sais, je ne me sens désaffecté, désinfecté. Il ne suffit pas de savoir nager sur le sable pour ne pas craindre d’avaler la lumière comme dessert. Il ne suffit pas de nageoires au coté pour pouvoir s’envoler dans l’ombre et belle nuit du désert.

D’ailleurs je veux continuer d’y errer dans ce désert car il y a l’humidité des termes. Il y a la clarté de l’élément, et ainsi faute comme une sécheresse qui s’ennuie, et qu’il me reste au choix de recouvrir d’une caresse ou d’un frelon. Mon désert est un corps sec, où se cache l’ombre. Et son nom est Alex.

Grégoire


Pant


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