2008-Ylia
c’est une histoire de courbes
C’est une histoire de courbes comme quand le train déboule, s’déroule, sidérant de vitesse les mômes au bord du quai
on s’invite, on s’évoque, on s’invoque, et v’là les vieux singes qui se débarbouillent
pour deux fois trop rien
mais c’est une histoire de courbes et dans ce train là y a plusieurs paires d’yeux, de divines pensées qui cotoient d’amères lumières, d’abord au prime les miennes qui se font sales même quand le grelot s’ouvre au tiers, même quand les yeux virent pas complètement au vert
là on s’évite, on se frôle pas, on se touche pas, on s’évoque peu dans ce monde là, on se cherche à peine, on avance un pied âpre et l’autre fait de même, on s’oublie, on vit un peu sans y toucher vraiment mais voilà
c’est une histoire de courbes et c’est pas sans conséquence, c’est pas des droites, c’est pas de celles qui se rencontrent jamais, c’est sécant une courbe, courbe mais sécant, ça se touche un jour, d’une main, d’un regard, d’une idée, à rebours ou dans le sens horaire, en tout cas ça touche souvent avant minuit
car Ylia une histoire de courbes c’est l’invocation, ce qui advient par le mot, la bouche bée, le regard est éloquent on se touche pas mais on est déjà de l’autre coté, le miroir voilà l’autre, celui qui est traversé c’est soi dans le miroir
et oui c’est jamais sans conséquence, et … par là qui sait où on prend vie
Elle écoute de la musique et si je devinais son dedans mais maintenant l’envie d’une courbe pointe
envie de moi de quoi et si elle mouille les lèvres ce ne sera jamais pour mon baiser car Ylia c’est une histoire de courbes et ce film ne sera jamais tourné la faute de la lune qui pose ses mauvaises mains sur l’instant
si je me déteste me détesterait elle aussi, si je me déserte, déserterait elle de moi aussi car c’est aussi simple qu’une flamme
Elle brule ou plus, et ce film ne tourne pas rond si c’est la pellicule qui s’enfume et moi qui m’enfuie, elle brule pour moi et moi je coule dans des eaux fortes
Elle écoute de la musique et c’est jamais le bon refrain c’est la cause du rythme qui colle pas qui reste pesant sur le papier tout ces mots que je colle entre eux espérant communiquer si le rythme est beau
Elle écoute de la musique et moi je parle d’une histoire de courbes, j’en bois jour et nuit, j’en dors même plus, j’essaie d’être là, je demeure je reste je réside ne serait ce qu’un instant je reste
Et toi qui écoute tu es dans le dysphonique tu t’écoules dans l’entre deux, tu perds la courbe et tu n’entends pas la musique, mais comme toi tu as le refrain tu joues les sirènes de confiance, tu poses une main sur la mienne, une autre sur la sienne
Mais non ce n’est pas une histoire pour toi, pas une histoire pour moi, non Ylia ce n’est pas une histoire d’ailleurs ou d’autres lieux
Et si je t’appelles Eli c’est qu’il faut un moment où abandonner à s’abandonner…
si t’explosais tes courbes si tu croisais l’autre si tu volais haut si haut

photo credit: * michel clair *
j’y serai demain peut être si t’explorais tes courbes si tu dansais sur ces nids d’alcool si tu volais encore plus haut j’y serai encore au matin nu sous la bâche comme le bossu à la tâche battu comme une enclume
Si ce n’est que l’ombre de tes draps, si ce n’est que de l’ombre, que n’aurai je la place de m’y cacher placer poster comme une idée sur un mur un murmure à disposer
J’y serai dans ma partie l’ombre c’est l’entre songe et le lieu est plus près de toi, plus près des étoiles de mes nuits j’y serai dans ma partie étant chacun des joueurs après jours étant chacun des jours après jouer de ma part d’ombre une buée de poussière qui fleurira rien que pour toi deux fleurs nés de mes folies de mes phobies comme de mes envies mais ne tenant que par l’ombre et la poussière comme si c’était des cendres
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L’ombre aux doigts de roses
L’ombre aux doigts de roses
une nuit enfilait son coeur sur un réverbère
Quand ma main surgit
j’imagine les bourgeons de tes seins
où parfois naissaient de longues tiges
entêtantes rivières qui me font tomber
chuter
L’ombre aux doigts de roses
une nuit enfuyait son coeur comme d’ un réverbère
La lumière fuguait de mon coeur
jaillissait de tes lèvres
se courbait en mille pointes
décubitus des lunes des seins des jambes
nous nous emmêlions c’était la nuée avant la buée
quand la touffeur succède à la moiteur
l’émotion à la passion
et la paix jaillissait d’un ultime coup de rein.
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En trempant de paix les nuées de la passion
De même que j’irai danser sur ton petit cahier blanc
de même que j’irai pleurer sur la case la plus à droite
Ylia
Mon sang ne fait qu’un tour
il s’abreuve dans ma tête
et refuge dans ton pied gauche
Tout le monde sait que toi ma main
est dans la courbe
et s’affronte à toucher le bas de tes reins
Tout le monde lit sur ces belles courbes
une aube
qui se réveille entre tes seins
D’où s’abiment tous les chemins
du même lieu ils se reconstruisent
D’ailleurs Ylia
En trempant de paix les nuées de la passion
les larmes coulent remontant vers la lumière
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Rebatir une île
Plus tard l’été se souviendra
l’aube presque détendue
le rouge à la rapace
courrait encore plus vite
Plus nus encore
Ils se souviendront
Que vouloir soulever la jupe
que le douloir ne pose plus le pas
je devrai rougir de faire et puis m’enfuir
mais je devine mal mon ombre je suis seul à ne plus voir
sous le soleil je suis vagabond
et j’ai faim de toi
de tulle
et de bois
rebâtir une ile au coeur de la cité
Ylia c’est un doux parfum
ici où fini
la page se vide
se vide
vide
ide
de…
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Tout ça n’est qu’un rêve
Tu me cueilles de nuit
me désertifie de jour
même si ton jardin se secrète
où se perdent tes lèvres ?
Tu me recueilles une nuit
me perd en si
même si en sol je t’aime d’un coté secret
où trouver l’autre morceau de ton baiser ?
Ilya tout ça n’est qu’un rêve
” Va plus loin, le passé est passé ; va, écoute cette brise légère, ce souffle puissant, cette parole née de ton plus intime désir; va, ta foi, ta confiance, ton fol amour, ma bien aimée, t’ont mise au large, tends tes voiles et que vive le vent…” Leloup, une femme innombrable
Tout ça n’est qu’un rêve mon fol amour, mon bien aimé, t’ont muse au large, les mots tombants drus comme pluie, et âpres sont les vagues tempêtes où se cachent toutes les lettres de feu, tout ça n’est qu’un rêve Ylia
Tu me voulais dans le noir
me touchais d’un vent plein d’espoir
me couchant comme le soleil au même moment du soir
J’abrite autre chose chéri je me défend attention mon coeur
Je te suis de toute façon, va, ma foi est en toi, tu t’espar
contre mes coupes mes tailles mes lames mes éclats
mes tailles mes étoupes mes larmes mes rires
Je te suis ou je suis
Tout ça n’est qu’un rêve, écoute cette brise légère, dit-il, ça va mal, elle me soigne mais la douleur ressurgit, guérir ça fait mal tu le savais ?
Le visage passe parce
que
Je suis né d’autre chose d’un grand frein sur la lune et me sourire avant l’aube oui que dis tu sous
je suis nu partout
je reviens je reviens je
pour ne pas luire pour ne plus mourir pour vivre et s’enfuir reste à dire
je suis malheureux disposé sur un coin de mur
à quoi je sers encore
je suis nu et je vais
oui va dans l’inconnu pousse le trépas pour le très bas oui va
comme ça
s’il te revoit
là
c’est son choix
presque sa croix
je suis nu mais mon corps bat encore
je suis vu c’est trop fort
met ma lune dans ton coeur habille moi
de toi
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Ylia
Il y a un amour, il y a
Et tous les mots n’allongent que le pas vers demain
Ylia oui c’est de l’amour qui fait le besoin de guérir
ça vaut la peine Ylia, tout partage toute vision toute larme tout rire toute pensée
Ylia tout de toi fait naître un trait d’espoir
surtout pas des espérés, non
surtout pas
Mais tous des rois, des reines, qui portent couronne par leur coeur flamboyant.

photo credit: Pierre Éthier
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