2008-De l'un vers l'autre
La vie en gris

La vie
en gris
sur les mots
des envies
trop
s’oublie
La nuit
en gris
sous la pluie
tout luit
Parce qu’on connait pas la taille
on jaillit dans le jour par le petit trou de la futaille
mais nos mains resterons sales
et parfois oui parfois même on se fera du mal
La vie
en gris
sous les mots
trop
de soucis
La nuit
en gris
sous la pluie…
Quelques fleurs ?
Tu sais ? J’ai cru voir l’amer
C’est une fleur qui se fane tout doucement mais
bling gling
la télé n’en parlera jamais
tes yeux et mon coeur pourtant pourtant
mais ne pense pas trop non
au sexe qui s’insère
ou sincère se mêle
au même s’emmêle
C’est un oiseau presque enfermé
j’ai songé même doucement le libérer
dans l’espace
mais menace
un regard un éclat de rire voilà
qu’ça me flingue d’ichor en mots las
Tu sais je doute demain
on n’y verra plus rien
une éclipse une cométaire ?
on n’ose plus non jouer avec la pesanteur on y atteint trop la lumière
Je crois plus au rien
pas plus qu’au bien
tu le sens bien si bien
on vit séparément
on lit chacun dans le sien
une chouette histoire mais qui ment

photo credit: Marmotte73
C’est une fleur qui se fane tout rarement mai
n’est plus juin juillet aout tout enflait
c’est la fin de l’été
et la venue du soir par les nuages de Léthé
La pluie descend comme toi
au parking
à tes pieds des chaussures chics
la pluie descend pas comme moi
je remonte du parking
atterrissage désespéré des yeux dans des yeux
que des mecs qui se voient tellement vieux vieux
et moi je remonte la rue Royale King

photo credit: Peter Guthrie
Tu sais j’en doute demain
de rien de rien
on s’éclipse sur la cométaire ?
on ose on ose jouer avec cet air ?
Même si t’es en panne
j’en ai assez de cette fleur qui se fane
On est libre de se lire
de s’enfermer pour ne plus jamais le dire
sur les chansons de Mademoiselle K, smoking, maman xy et quelques autres
“c’est la marche des esclaves tard dans la nuit…”
Qui sait encore
Si je te disais que mes paumes parlaient
que mon coeur tremblait
toi tu dirais que mon rêve s’éteint
et que mon coeur lui, va très bien
Parfois Yves c’est de la fenêtre dont je rêve
même si elle se situe loin de toi plus près d’un orage ossiate sous la Néve
je parle d’un amour que j’ai troublé autrefois
un psaume qui se vêt de confiance aux mains de tendresse pour loi
-Il t’a marqué ce texte P., ce Leloup laisse plus que des traces dans tes pas, il a sacrément changé l’aube, la lumière que tu sembles voir au quotidien
-Oui, Yves, elle me ferait danser si elle le voulait comme Carmen, mais elle me fait bruler, l’amour comme tisonnier est une drôle de chose, l’amour va-t-il avec la confiance pour toi ?
-J’aurai tendance à dire oui, mais tu vas me trouver encore une exception, je te connais…
-L’exception qui confirme la règle, l’inscription qui flingue le valet comme un larbin, l’examen tentateur, même si ce n’es pas clair, tu vois, oui tu vois toi Yves, la mort c’est un instrument de musique qui finit son concerto, et je l’entends souvent, la mort physique, la mort d’un coté de moi, la mort d’un pan de ma vie, la mort quoi, celle qui tue, qui terrasse, qui termine et pour lequel l’après n’est jamais plus semblable. La mort mon ami, ça va avec l’amour mais ça va encore plus vite avec le manque de confiance…
“Seule la nuit ne peut pas te lacher” Dominique A
-Regarde ma main Yves ! regarde ma paume, regarde ce trouble brouillard et attend qu’elle apparaisse
Dans cette lune, derrière ce pas, Eli se dévoile, presque douce en sourire dans ce miroir de paume, elle saisit un mot au loin, après tout oui elle est loin, elle avance, éclate de rire, c’est la beauté du mot que l’on pose, l’attachement est là, ensuite je croise son regard et tout disparait à nouveau dans une brume étrangère.
-Je ne peux t’aider P. comment fais tu déjà ça ?
-Elle est tout en moi, pourquoi crois tu que ça brule autant, elle est tout en moi, et moi je pars, je dépars en fumée pour la laisser venir, tu as vu, tu l’as vue ?
-Oui, heureuse mais loin, et toi tu n’y était pas…
-Peut-être, l’attache est solide, longue mais solide, et tu sais, je sens que ça brule chez elle aussi, ne pas apparaitre à travers elle, non, ne pas lui faire ça, de ma tête, de mon corps sali, de mes aubaines perdues, rien de ça ne doit la toucher, la traverser, encore moins mes douleurs…
Répons à Sarah/Leloup—1.2
Voilà donc un texte que je viens de finir, mais avec mes “problèmes” de la semaine, je me suis retrouvé coincé mentalement dans un pathos très nauséeux, et j’ai eu du mal à trouver cette lumière murmurante, du mal à l’entendre luire. Je vous dépose donc ça, c’est ma “réponse” bien personnelle au texte de Leloup, oui bien personnelle, et avec une approche un peu moins spirituelle, encore que… elle est bien à plusieurs niveaux. Si j’osais je l’enverrai bien à Leloup…mais dois-je oser cela ?
En tout état de chose, merci à Jean-Yves Leloup, et à ses livres, dont particulièrement celui ci “La Femme innombrable” qui dans mon attachement au personnage et au coeur féminin paradoxalement me permet de me poser beaucoup de questions et d’en trouver de bien belles.
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J’étais debout, j’errais seul avec ma peine, mes questions, dans ce grand salon. Yves était assis sur le fauteuil, un verre de vin à la main, me regardant tourner, avec à peine un sourire.
-Tu penses encore à ce texte de Leloup ? me demanda-t-il ?
J’errais seul, relevant la tête à peine, oui ses mots me touchaient tant et tant.
“C’est avec des cris que les hommes commandent aux vaches et aux chevaux, c’est avec des caresses que les femmes commandent aux hommes, mais avant les caresses il y a l’huile et les parfums “
-C’est avec des cris que nous, les hommes, pleurons dans nos cœurs, car je ne frappe plus autre que moi, je ne viole que ma parole, parfois, mais c’est dans des moments où elle n’a plus de valeur, dans ces moments où je ne suis plus que l’animal, cette vache, ce cheval que personne ne commande, et la nuit je hais les oiseaux, qui frappent à la vitre, qui demandent le secret de mon cœur, qui demandent ce que je veux, le temps, l’usure loin.
“il nous faut donner de l’âme à leurs sens, de l’esprit à leur corps, sinon leur vie sera celle des brutes qui cherchent à dominer, se jalousent et se déchirent. “
-Je n’ai plus d’âme, je n’ai qu’un cœur multiplié, multi-plié, oui, un cauchemar pour syndicaliste nippon, un origami de soucis calés entre des plis de joie, des pliures qui valent bien des soudures, qui valent bien la cage où je suis enfermé. Alors oui du sens, de l’esprit à mon corps abandonnant oui, de l’esprit à ce corps qui refuse, qui nie, qui ne m’aime pas/plus, qui ne me laissera même pas me conduire vers toi, qui ne me permettra au mieux qu’une avalanche à tes pieds/mont.
-Tu le crois, toi, que je suis une brute, une brute tellement immonde qu’elle ne trouve que son corps à déchirer ? dis-je rageusement
-Ah mon pauvre, si tu étais cette bête immonde ce n’est pas contre toi que tu retournerais les coups… Parle moi plutôt de la suite du texte, parle moi de l’amour, parle moi des cieux dans les yeux, des mystères derrière chaque cœur à corps, cela c’est vraiment la question que tu dois te poser ,et le domaine où tu excelles, le sens/sentiment/mot sur/ex/posé, dit-il regardant le fond de son verre.
J’avançais tout contre la porte fenêtre, collé oui, collé contre l’intérieur, et tout contre l’extérieur nuit, aux lumières attentives, reprendre les mots, oui, les caler en moi, les remonter pour toi Eli, celle qui n’abandonne pas, à moins que la croix, à moins que la croix, je la vois…Mais je préfère encore plus ta douceur et tes lèvres, ainsi donc…
-ça commencerait par il était une fois, ça commence toujours par il était une fois quand tu racontes, une fois unique, une rencontre, une pause entre deux mondes, un temps ignoré du reste du monde, non ce n’est pas ça, pardon, cette pause entre deux mondes, c’est un spectacle magique que l’univers entier regarde retenant l’instant dans chacun de ses atomes, de ses grains de lumière. C’est comme ça des yeux dans ces yeux, mes yeux dans les siens, les siens retrouvant les miens, plus qu’un moment, plus qu’une rencontre, plus que nous deux, plus que et pourtant pas plus.
L’Espace qui Lie en action, l’amour de l’univers, la dynamique des ombres et des lumières, le chant des tigres, des aigles, des orques et des dragons.
Tu dois juste poser le regard, passer à coté, comme un pas de danse, un tango, tout s’illumine dans l’absence de contact physique, tout prend de la force, c’est un chant qui prend son souffle avant l’aria. Ou comme un flamenco d’Antonio Gades, tu vois dans le Carmen de Saura, tout s’enroule, s’engouffre entre deux, avant, oui avant tout, il y a Le Déjà. Le Déjà là qui est tempête, qui est feu, qui est le pas de coté, toi qui danses, tu vois ce que je veux dire, le pas de coté qui anticipe oui mais pas seulement, qui comprends, qui accompagne, qui désire, le pas de coté et mon coeur, le pas de coté et ton coeur, le pas de coté et peut être nous, un nous antique et dual, profond et léger, un pas de coté… mais ne laissant rien de coté, pas de coté pour toi, pas de coté pour moi…
“Tu dois envelopper l’homme de l’odeur de ton propre corps, qu’il te respire avant de te toucher, comme un vent tiède chargé de garrigues, sois comme une colline qui s’approche, comme un été … Qu’il ait le pressentiment de ton immensité; ce qu’il pourra connaitre de toi sera si peu de toi et pourtant il y trouvera une terre ferme entourée d’abîmes. “
-Te respirer comme respirer la vie, ton parfum de douceur, l’odeur de ton propre corps oui comme un vent venant de la mer, comme un chant sorcier cheminant sur l’onde. Te voir immense, te voir grande, et te connaitre si peu, poudrer tes yeux de mes doigts, atteindre ainsi les océans, approcher ma main de tes cheveux pour rechercher ce parfum de sel et d’iode, tu n’es pas une île, non, tu es un récif, tu vois, il y a l’océan immense et furieux, et calme aussi, et une révélation apparait, le récif corallien, de toutes les couleurs, peuplé d’une infinité, il est la mère dans la mer, et pourtant je sais oui, et j”hésite, il y a des abîmes à refleurir en toi, et je ne m’en veux jamais autant de vivre que quand je vois que je te fais pleurer…Je ne mérite pas tes larmes, j’ai juste le gout de ton amour en moi, ce gout vivifiant qui me porte vers l’avant.
“N’entre pas dans son corps comme dans un moulin lourd de mémoires ou d’autres farines, entres-y comme dans un temple, avec ses différents seuils, ses différentes portes, ses chambres secrètes, ses autels sacrés. “
-Moulin lourd de mémoires…voilà qui me frappe, qui suis je ici, qui vais je laisser passer pour poser le doigt là où ça fait mal, ou la main, ou la jambe, ou les deux, il n’y a que le choix de l’embarras, et le moulin lourd de mémoires, tu vois, tu entres en moi, tu es en moi, et je ne sais pas si ces mémoires te paraissent autres que je/moi, tu es la première à voir lui, l’être qui brille au fond du couloir, derrière la porte du moulin, et c’est ça je pense la force de l’amour, ne pas s’effarer de l’autre, mais l’aimer lui, le brillant au loin que l’on veut tant approcher, connaitre.
“Chaque être humain a plusieurs corps mais la plupart du temps nous ne fréquentons que les plus épais, nous ignorons l’étreinte de nos corps subtils, de nos corps de diamant…Tandis que tes doigts éveillent des zones plus sensibles, n’oublie pas de chanter ou plutôt de murmurer, chaque organe répond à un chant, à un son. “
Mon corps est épais comme un diamant raté, noirci par les peines et les douleurs, J’ai de ton amour tant besoin comme horizon subtil, tu es une porte, une porte lumière, la lumière de ton amour comme un étendard forçant les différentes d’étreintes, de teintes, de misères au pied du nid de mystère, causons dans tes murmures, causons lorsque j’approche mes lèvres de ton cou, tu me caches ta bouche, tu ne m’ouvres pas la porte, et tes doigts saluent quand je poses ces baisers dans ton cou, un silence de tes doigts, un mot de cette bouche qui se referme, et tes yeux se refermant, loin est le tout de nos caresses, loin est le sommet de nos entailles, loin est l’aube jamais vécue, ce sommeil jamais partagé car tu le sais chacun dors seul, chacun s’endort et parfois ne s’éveille même pas au rêve, à quel accord ce diamant pulsera-t-il, dans nos horizons si subits, que la montagne s’approche de la mer, que le vent ne connaisse guère de frontière, mais un coeur un coeur et encore un coeur cela fera toujours un coeur seul ou unifié, unifié et seul, dans la proximité le cadre l’endroit le tapissage, sans la dangerosité comme l’épars de ce pas de coté, comme l’éparpillement des mots dans une buée faite de face à face, les yeux pénétrants dans le fond du couloir, les yeux ouvrants toutes les portes, les yeux se révélant comme des miroirs où à la parfin se revoileront les mouroirs, ces mouchoirs noirs que l’on pose sur les miroirs dans l’ombre de la mort du soir pour pas qu’elle emporte tout.
“Le corps est une partition à déchiffrer, une musique à entendre et tu l’entends si tu l’appelles, chaque partie du corps à une intelligence et un nom propres qu’il faut harmoniser avec le tout : n’oublie pas les océans qui t’entourent, les étoiles qui te regardent, les animaux qui t’adorent. Ce ne sont pas seulement un homme et une femme qui vont se rencontrer, mais deux univers.”
Déchiffrer, déchirer, sur quelle onde le murmure, sur quel onde le temps nous assure-t-il le droit de continuer, chacun chacune, posons l’aube contre le soir, en espérant un peu d’espoir, guère original mais toujours pourtant ramenant à l’origine, c’est dans le début que nait la fin, et la faim aussi d’ailleurs, dans chaque âme de mémoire j’y vois un choeur qui chante, étonnant non, cette similitude chorale, imitant la pose des multiples uns pour poser le chant, ces nombres premiers qui ont tous chacun une identité propre, se décalant, s’incrémentant, pas dans le temps, pas dans la vie, mais dans le vouloir connaitre, dans l’accomplissement de la note, concertino assourdi ou se mêlant au sang, et tout retient, revient sans écarter les fausses notes dans un chant universel, où toute vie se voit, se dévoile.
Tu vois cette fleur, tu la vois, tu aimes cette proximité, tu pulses avec cette vie intensément proche, pour moi vois-tu ce n’est pas seulement une fleur, c’est une femme, c’est La Femme, celle que dévoile l’instant de vie quant tu approches, c’est au coeur, tout au coeur de l’Espace Qui Lie.
Mais comprends-tu cette femme que je vois je ne pourrai jamais la prendre en photo, le monde ne le permet pas, ce monde où tout se cache sous le voile, sous plusieurs couches de tulles même, tout s’enveloppe tellement que l’on croit seulement voir. Ces perles d’eau ce sont peut-être des larmes, de la sueur, de ces perles d’après l’amour qui voile ta peau d’une lumière nacrée. L’amour c’est aussi cette fleur, l’amour et Toi, et je ne pourrai jamais vous prendre en photo comme ça. Je rêve encore sais-tu, j’espère au dehors de la nuit, j’espère en un monde où mon oeil et ma main se rejoindront, où je pourrai prendre cette photo d’une femme, d’un amour, d’une fleur, allons jusqu’au néologisme agglutiné, une femme-fleur-amour, une flammour, là où finalement se fixe le feu, l’âme, et l’amour. Alors trouver le chemin de ce monde ce sera peut-être trouver la liberté avec toi, trouver un monde aimant avec toi, un monde d’étants où tu seras, mais là tout se mélange dans mon coeur, tout se mélange et tout se ressemble, et tout te ressemble, ou tout se rassemble et moi…
Faut-il aller plus loin ? oui
Mais quand j’aurai trouvé le monde où prendre cette photo pourrai-je encore le dire ici ?
Antonio Gades. Flamenco Carmen
L’intensité, être c’est l’intense, la tension dans le geste, dans le pas, dans le regard, l’intention dans l’attention, l’écoute en soi, le regard intentionnel, le geste se posant là dans le mouvement de l’infini
et l’amour, l’Espace qui Lie, le moteur unique de nos moments.
Il y a des douleurs, des colères, des incertitudes, des regrets, des erreurs, des volte-faces, mais l’amour réside dans l’intense de l’être, et flamboie. L’on dit parfois, l’étincelle de vie, oui, on le dit, mais la flamme de vie, l’incendie de vie, le soleil de vie, oui lui, réside en toi, dans l’intense de l’Espace qui Lie, dans l’intense de toutes lumières aux moeurs d’ombre comme d’âmes.
Light in night

D’autres lunes d’autres histoires
D’autres brumes d’autres espoirs
D’autres nuits pour se dire au revoir
De vilains temps pour un vilain temple mon corps
De mauvais coups de mains pour de meilleurs coups pour mes pieds
D’autres lunes pour d’autres brumes d’autres nuits sans infortune
D’une ombre la lumière
_______________________Le frein aux perles du chagrin
L’enfermement rage comme ce bel oiseau
__________Ma cage encagée
comme une aube plein cadre dans ma fenêtre aux volets bleutés
Comme un ciel peint et plaint
Digne d’un rite d’ouverture aux doigts de peinture tachés
Je boite je pleure je rampe je m’enfonce si c’est de l’eau là
Ma tendre Lola si c’est de l’eau là
c’est qu’ici je me ‘noya’
Eh, ce sourire éventré ce soupir inventorié
au coté du mien au près du sien au loin au loin éventé
D’autres lunes d’autres histoires
D’autres brumes d’autres espoirs
D’autres nuits pour se chanter nos mésespoirs.
huit cent quarante sept
Je me sentais nu je me sentais peau
courant sur le sable je m’adossai enfin
et les yeux fermés les deux mains posés sur une étagère
je me retrouvais seul
Je me sentais nu je me sentais peau
je cherchais vos coeurs à afficher comme des étoiles
et vous êtes venus sortant du fond de la rue
une deux trois quatre voilà le compte y est
Pourtant d’autres lueurs posaient leurs doigts sur ma toile
d’autres coeurs naissaient des bleus des rouges des orangés
L’espace Qui Lie s’était glissé derrière mes paupières
et je suçais ainsi la lumière de toute l’humanité
doux bonbon aux humeurs parfois acides
Je me sentais nu je me sentais peau
je savais que mon sang courait avec moi
et que toi l’ancien _ nu sur la croix _ aux audaces tu saignais
Oyez les ouragans oyez les fleurs sauvages
Je ne cours plus je rampe ainsi après la chute j’avance toujours
Oyez les matins bleus oyez les montagnes nuageuses
Je ne pleure plus je suinte
Masquant ainsi les larmes derrière oui derrière
Je rampe jusqu’à vous qui êtes au loin posant mes lèvres au bout
d’une rune déchaussée
Je rampe enfin debout pour atteindre vos mains les saisir de mes mots
de mon coeur de ma passion
Je rampe et me roule derrière vos pupilles habiter votre regard la nuit
comme un voeu songe
Oui un veut songe qui porte en attirail des espoirs sur la voix
des idées qui parlent bas mais
des idées qui parlent de toi
Comme donner un sens à la lumière qu’elle chasse l’ombre comme moi
comme passer la main avec fierté sur la nuit et l’encourager
“Allez, Allez, on se lève…l’espoir te rend marteau.”
Dès
Dès le début jusqu’au matin une maltinée suave en apparence mais un jeune bébé nait seul et même si tombe comme la pluie pleure aussi comme la vie commence en apparence
Dès le matin une envie d’amour qui dure qui dure en ne s’adoucissant jamais une envie d’amour qui nait du vide d’un vide qui se plaint qui se veut exister autrement une envie d’amour pour pouvoir en donner un peu un peu ou plus encore une vie d’amour pour pouvoir donner toute une vie
D’amour
J’aurai aimé, j’aurai voulu aimer autant et
J’aurai aimé en écrire des fleuves, des torrents, des rivières en ces temps où l’eau commence à manquer et quand elle reste elle est empoisonnée par la mort et par les hommes
Dès le début j’ai su que la lumière c’était un feu qui devait se trouver en moi autant que dans ses yeux dans ces yeux qu’il me faudrait trouver, dans ce corps de douceur que je voudrai apprendre à adorer un peu plus encore
Dès le début j’ai vu que la fin c’était un autre début mais pourtant
La lune abrite bien plus d’âmes que de cendres et ton coeur Eli ton ombre abandonnée ton coeur ne mourra pas dans ma main je saurai te le redonner vite ou s’il le faut te donner le mien
Dès le début j’ai su que la fin… C’était peut être moi.
Que
Que pourrais tu écrire avec les cendres d’un poète ? un lai d’amour ou un calembour ? un refrain voire même une chanson ? un autre un autre qui sait même oui même qui sait un triste ou un gai mais un poème ? qui sait avec les cendres s’il y en a assez pourrait on écrire un autre monde, du moins ses quelques règles celles qui brisent le notre, conseillent le vent et les éclairs.
Que décrire en quelques cendres pour que cela n’ait pas le gout des larmes, non, pour que l’instant s’évade délibérément, pas dans un mensonge mais dans un monde de songes à réaffirmer, que puis je dire quand je ne serai plus là pour que les rires soient d’un brin fusants, d’une timide tempête bruissants.
Tout ce que je demande, hors la vie, oui hors, exorcisme à faire pour extraire le mal qui fait vie ou cette vie qui fait le mal, je ne sais, mais mes tempes grisonnent, mes mains frissonnent, et mes nuits tremblent de rêves maudits, mes mots désertent, mes tempes sans mots même grisâtres, alors oui alors je ne voudrais plus que de la neige, m’enfouir, m’enfouir puisque que fuir je ne peux hors de moi, que la nuit me refuse, que l’amour ne peut rien non plus sauf à être ce roc qui me retient, alors pourquoi l’amour ? si on finit, oui une fin, seul, seul, solitarisé alors là on peut partir, un départ malsain vers un ailleurs rien, mais un rien qui ne peut que clore un cycle vain, si vain que même boire ne m’apporte rien, pas plus d’envie d’alcool que de vie, pas plus envie de lui ou d’elle, pas plus envie de moi qui ne me supporte plus, ce moi infernal qui dose le mal pour ne pas briser le coeur tout de suite, salaud !
Pourtant le cerveau resiste, la raison du coeur aussi, et je lis, je lis, je relis, cette envie là est, de relire pour relier, de lire pour lier, rattacher la vie des mots, extraire d’une certaine histoire, cette pulsation de vie qui m’a poussé jusqu’au présent…
Quelques mots alors,
Extrait de Hypérion, de Dan Simmons, p254
“Elle seule [Béatrice] avait encore une réalité pour lui; elle seule donnait encore un sens au monde, et de la beauté. Sa nature devint un phare pour lui, ce que Melville devait appeler plus tard, avec plus de sobriété que nous ne pouvons le faire aujourd’hui, son “méridien de Greenwich”… [...] La plupart d’entre nous, je l’espère, ont une Béatrice dans leur vie, épouse, enfant ou amie, quelqu’un qui, par sa nature même, sa divinité innée ou son intelligence, nous rend inconfortablement conscient de nos mensonges lorsqu’il nous arrive d’en faire.”
La divinité n’est pour moi que dans le coeur de la femme, d’une femme, et son corps parle douceur…
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