Fille-serpent

Marlen Guérin

À portée de vue comme sur dix doigts
je sais que toi là sur ma paume acculée lentement
tu rodes
et dans l’isolation funeste c’est indécent le reste
oui c’est bien c’est indécis que ça frôle l’insolation

Go dance please ta
dernière chance

Go

À portée de courage je t’ai vu remonter le long de mes dits doigts
toi ma fille-serpent
c’est quand tu arrivant sur l’épaule te serres non ce n’est pas morose
dans quelques anneaux pour dire quelques années
ta salive à la pointe bifide

Et tout ce que je souviens du rouge sur tes mains ou mes yeux souterrains
c’est deux muscles que la solution s’arrime

Toi ma fille-serpent

Sur le fil de nos retrouvailles tout est encore question d’âme dans le vent
dans le vent et nobody else
ne saura être une star dans nos amour-railles pour de nouveaux trains-trains et d’autres lendemains
se relire se relire et ne plus se dédire quand toute la mémoire s’inscrit sur tes écailles

Go dance please ta
dernière chance

Go

À portée de nous veuve de la tempête oui prend en encore un nouveau cliché regarde ce ciel new life pour une neuve décision mais sont-ils là tous les soldats comme la dernière chance derrière de nouvelles apparences
Jeune mademoiselle il y a un autre temps pour se relire Ô que ce calme laisse loin le présage il y a trop de force quand tu me serres on top

Oui je me souviens si c’était hier jour de lumière
je suis lâche tout est larme quand je me retourne elle frappe mes paupières

et quand je derviche en tournant jusqu’à Milan
je suis lâche et tu me freines
jusqu’à l’arrêt
juste ça
l’arrêta

P.06

Mots fantômes 2

De Cat/

4h 40 – qu’est-ce qui lui prend de regarder l’heure tout le temps, elle qui vit sans, décidément rien n’est plus comme avant … faire avancer, souffler dessus pour que ça aille plus vite … Une femme à la terrasse du café parle d’incantation à la Nive ? Qui pourrait-elle donc incanter elle qui a paumé son cœur quelque part et ne se souvient pas où …


15h 49 – faim, rentrer, re douche, un peu de musique et parler un peu à l’homme là perdu à ses errances … lui dire : tout va bien, ce n’est rien, la fatigue, les règles … enfin tout ça quoi …


15h 50 – Où est-il ? Que fait-il ? Un vent léger soulève ses jupes, une bouffée de sérénité là soudaine, la mémoire qui somnole … et puis elle pense « plus que 14 jours … oui ! mais au fait pour faire quoi ? » Elle écrit, elle jette les mots comme des vomissures, pour exorciser … s’expliquer à elle-même les choses encombrées de son cerveau …


19h 48 – pas de message … tout est trop silencieux et la béance là … elle sait bien sûr que ce n’est pas si simple … les jours à venir vont s’habituer à l’absence, vont faire autrement, faire sans … et puis le temps efface, affaiblit, atténue toujours … là elle attend, encore … mais peut être demain …

De P/

00h 00 On avait bondi ensemble, apparition oui, cause que naissance c’est souvent qu’une illusion, mais oui, encore, alors deux corps veut il dire deux coeurs ? on finit par avoir raison, ou par ravoir une oraison, rasoir contre le torrent de sang qui coule de la gorge ciselée ? arrête de bouger on en finit pas, et nos souvenirs sont ils virtuels, encrés dans un coin du net, entre deux bits, entre deux idées purement intellectuelles où se nichent le vent de notre sang, oui c’est l’heure, celle du début comme des déboires, alors je fais quoi quand je ne fais que me retourner dans mon lit, oui, je sais, je ne sais que le dire au réveil à celle qui partage ma couche  » j’ai joué au poulet rôti » toute la nuit, oui toute, la nuit toute, rissolé dans des avants sommeils qui se répètent, se racontent, se mêlent ou se même enfin non sans fin en fait, mais sans fête, on tente de monter d’atteindre le faîte mais sans cesse. Avec ma gueule de poète où quoiqu’on cherche personne n’a jamais rien me donner sauf du rêve et des souvenirs mais les miens out…

06h 12 en d’autres jours loin, la vie qui se porte loin des yeux aussi, alors parfois je sais que les fermer m’ouvre sur l’ailleurs qui aimente oui qui amante se pose les ailes de plumes dorées. Je sais là des étincellles qui surgissent du néant de mon coeur, je sais là des étoiles qui se teintent dans l’outrance, et soudain que voilà ? mes mots qui me reviennent car je m’étais quitté, et toi, et les autres, rien non, saudade.

18h 24 J’ai les mains qui tremblent, au moins une, qui se lache comme elle teinte mal, s’engourdit, se dit mal alors que je lui dis bien bene calme sois toi même sans cadence excessive. On se cache les mots, on les perd, et on finit par se parler an solitaire comme an nouveau. Lors je brode dans l’espoir d’un sourire, dans l’espérance de renaissance du souvenir, quand le futur se fuit incertain, requiquont le passé, oui bien con peut être je suis, et dans mes étants de suie tendu sur lin et pas sur l’autre qu’on me dit maltraiter. Fi du respect que je n’ai pas souvent pour moi même, fi du soupir des coeurs qui se salvent regina en cadences mitraillantes. Pansez à soi, se penser soi, s’épancher soi, tout d’abord, et propre ensuite de tout en soi peut être monter l’échelle de Jacob, et puis dans les atteintes du haut ciel, crier fort fort  » mon dû mon ciel!  » si haut que tu sois j’ai le regard qui monte vers…

Se transformant l’ameute…

Non c’est entre nous que se parlent les fous

De leurs sangs jaillissent des mirages ou des classes de reines et lorsque tu le crois tu y rentres chez toi et mon songe est couvert de poux

Et un soir c’est dimanche quand j’aurai 11 ans juste après demain il sera midi et le matin déjà coulera encore son désir dans le creux de mes reins et c’est la grande échelle qui se cause à mes oreilles et celle ci dérape et crisse au ton des graviers

Alors quand tu te pointes aux allures de la mitraille me voilà gris et je me fuis loin de ça tu défailles comme des yeux qui se décollent de nos vieux rêves d’amour

Et comment de l’ancêtre tu y entres de ma vie elle est là liseron…

Tu as pris ma vie tu as pris mes morts ceux qui creusent bas dans le creux de mon corps tu le sais la voilà la vie qui se veut devant moi et pourtant se regarde par là mais les maris jaloux qui me surveillent ne sont que mon père qui joue avec mes bretelles non je ne suis pas le cil sur ta joue je crains que de mon cheval tu parles d’audace au trop de peut-être et que dans le temps se glisse comme des fontaines oui à demi-fou je marche sur mes veines et dans la rivière je trouve des bleus d’océan et des nuits de ruisseaux

Dans mon sang Epona se rive au fer de nos caresses j’y suis soudain pontifex caressant le mystère qui s’ouvre que ta peau est douce et finalement nous nous entendons c’est l’enthousiasme et peut être aussi le vin de mes cercueils qui se vieillit si loin

Alep est au quart temps mais tu me dis fou fou je rêverai

Ô douces nuits de mensonges qui se tissent jamais et se finissent en daim grand arrive le matin

Ta vie sourde et je luis sourd après quand le désir qu’il nous faut jaillit du vent nouveau bientôt je serai tout sans forme ni contrainte je pourrai ours dériver sur le ciel cinq ans quand le temps sera passé ta vie est essoufflée je vais bientôt sur ta main tomber comme un sourcier se rapproche de l’eau moi se sera de l’autre qui se retourne elle quand enfin je redoute tous ces murs qui nous enceintes se creusent aussi de murs où se déroule un long chemin de fer et ses mille et mille wagons c’est un lieu qu’il le faut je le sais maintenant si je suis devant toi un jour

Dans un instant je meurs mon coeur l’a déclaré il songe et c’est si lent presque à le stopper soudain tout de miettes m’est assigné dans tous les tons de tristesse le froid gagne de la nuit au matin

Mais la voilà parfois la belle intruse qui roule jusqu’à moi c’est le monde qui la porte jusqu’à moi et donc encore une fois je m’en sors bien

oui

je m’en saur

et je me reviens…

Merci

Et à demain…

P.06

Un des sens

Si je veux encore poser quelques toi d’images
j’y vais j’y cours
plus
sur que mon coeur est en panne d’essence

Comme d’autres rêves vêtus comme des tapis de soirée
je suis en manque des sens
pourtant si j’en avais encore je brûle rai

Si tu l-m-e veux encore dessines moi toi nous sur des r-images
des mots que l’on trace du bout des doigts
que des quelques perles plus que d’une funeste bombe
pour faire explorer les coeurs au néant des restes de pleurs j’abonde

Qu’on soie aussi des mâles haut lieu d’être des fleurs
des histoires du mâle brûleuse de mémoires
qu’on soit des lendemains de lune putain de soleil
pourquoi des larmes sur ma peau de Rimmel c’est ivoire

On a besoin de la chair comme mélange pour s’incruster
ou si tu veux préfères inchrister de beaux mensonges tout ça tout ça
c’est aussi un si beau terreau d’où la puissance des mots qui se vident
s’arrachant à des coeurs livides aux besoins de lumière
se hausse se tisse en Ispahan pour des palais de Roses

Tout est si gris au point des défauts de l’histoire
mais dans le gris se tisse quelques fois des marques de fêtes
si cela n’est pas le chemin c’en est une grande trace et pas l’injuste place
que tu veux Yvoire et là je suis c-Léman

Putain ça finit encore par une histoire d’Ô
ma princesse va prendre ses griffes pour me pousser
je sais ça fait mal mais elle le fée si bien
que j’avance encore pour Elle j’irai plus loin.

P.06

Don et perles.

Don

Marlen Guérin pour la sublime illustration, merci à elle.

Et des rives du Don hivers celles de l’Amour
à l’est Asie comme l’émotion se mêle d’encres
et de pigments crus

De celles de l’âme à celle d’Our oui ce qui est faîte de l’amour
lieu où l’on se vide à se remplir de joie où l’on se vide
à l’acide des mots que l’on pose sur nos lèvres

Lieu de la traque et que nos peaux aiment
et craquent à se coller l’une à l’une
dévastant le ciel pour se poser entre les étoiles

Oui car nos peaux aiment les mots qui se brillent dans nos coeurs
qui se vrillent dans nos vies
emmêlant l’aube à la nuit dans ses pointes de lumière

Et quand je te vois/verrai de la péninsule du soir
à la haute teneur de nos lumières du jour
et quand… Je le sais déjà mon corps se tendre et se mélanger avec mes mots comme dans le sang l’oxyde gène je le sens ainsi que demain mon corps éclatera à tes pieds en millions de perles pour te parer de toutes les irisations de la lumière oui je le sais que demain moi mon âme ou mon coeur à défaut oui mon corps nous saluerons ta beauté en amour de nos missions en odes et en colliers.

P.06

J’essaie

Est ce que je reviendrai
de l’aube même en portrait
de l’eau pure contre un pauvre balai
je sais

est ce que je reviendrai
sur le sol juste imparfait
quelques mots presque vrais
des ruines d’un temps défait

Est ce que ça vous a plu
C’est larme ou l’art de trop parler de laisser les armes aux bordures d’encre
laisser les morts se retourner faut bien un peu se consumer jusqu’à avoir trop la nausée

Est ce que ça vous a plu
de l’autre coté on se mouche trop sur des miroirs à carreaux
ah si j’étais né en Russie j’aurai le nez sur une tour et je te regagnerai cavalière
mais d’ici rien d’autre à faire que pousser les lettres l’une avec l’autre

Tu as mis une tenue de soirée une robe de mariée
un noeud pap’ un foulard de soie
mais tu auras trop chaud sous la lune grège et les montagnes en morceaux

Tu auras trop froid ici derrière les sommets des glaces de mes himala-hyènes où les cris se targuent d’isoler l’os du front d’un mage non pas d’un sage il n’y en a pas là que parfois des impalas qui courent au trot lointaines pour les poursuivre d’un flambeau

Et quand tu te crois sur Trafalgar square c’est que le jazz de là-bas s’écrase sur le Hoggar
alors comment veux-tu trouver l’espoir ce dernier train dans cette putain d’aérogare
tu te croiras libre d’y chercher l’amour d’un bleu grand ou d’un petit beige tu te sentiras ivre
au terme d’un labour tu te verras seule car je sais que tu es une femme et pas ma moitié dune se sable en mille portraits tu me fracasses nuit et jour toi qui te fais pas l’amour d’un triste troubadour

Est-ce que tu reviendras ?

À des années lumière de ce qu’on voulait dire tue le courrier que tu m’as assommé
drôle de drame pour se mettre à parler même pas sur ta tombe même pas sûr que ça tombe
juste

P.06

Mots fantômes

De Cat/

12h 57 – elle colle, elle s’englue toujours de sel, le soleil la lèche, les bruits se font silence, n’entend pas, l’océan lui suce les orteils. Elle s’endort

13h18 – Rentrés à l’appart … douche glacée, persiennes fermées, trop chaud … une goutte de sang en estafilade sur la cuisse comme pour laver le choc de l’intérieur … presqu’une libération ces règles devenues si rares … Et puis là encore, en perception chair de poule, les coups de poignard qu’il ressent, lui loin, trop loin, lui enserrant le cœur en miroir réfléchissant … ou alors c’est elle qui croit que … Contraction, le vagin s’étire, s’écarte, elle accouche quand ? Fuir vite cet appartement, l’homme est de plus en plus inquiet … appartement vide de celui qui n’y est pas et n’y a jamais été et pourtant tout plein à craquer, une mémoire inconnue … même la musique … Elle sent chacun de ses essoufflements là, l’étouffant à vomir …

De P/

et par ailleurs dans un autre
lieu où être ?

12h 00 – aller manger oui l’heure et c’est le temps qui commande plus que le lieu, plus que le lieu de son coeur aussi rien ne reste que décombres en pénombres et le souffle qui s’évapore dans la touffeur si sèche et si maladive du moment, ah oui des sourires, oui de face ou de profil, cerné, et lui alors ose aussi des mots qui vont avec et un verre de Gaillac, et un deuxième, et retourner après sur le lit avec un livre qui se lie a lui et qui se lit aussi et emporte le moi vers le soi ou l’étant, non je veux pas aller à la piscine, non, l’eau, c’est trop près des larmes, trop prêt. Et que j’engouffre les pages, et que soudain je guette mon téléphone, tout neuf, sony l’a fait, oui le soleil le fait, le fait se chaud qui répand son coeur comme ses poumons sans un air non sans un air qui se chante car il a oublié la radio, il a oublié son baladeur, il n’a que les livres et ses souvenirs, des souvenirs de quoi, de qui, de rires oui de rires, et cela n’étouffe pas le rire, ah si, aussi, tout estafilade du souffle cause dégâts avant débris au coeur comme tout à l’intérieur nuit.

18h 00 – prendre des photos, oui le vis qui tourne de l’objectif vers le vice qu’il porte en lui, en lui, comme un ver luit, un envers qui se veut coeur, et qui se dit vers et oui trois mois âpres et se posera en mots, car de tout, de toutes, de manières en façons, rien n’est pareil sans cet appareil ou cet emportement, il y a des restes, des photos, des restes de vacances, vacances de coeur mais pas vacantes de peurs, vacantes de souffle, oui car l’air n’avait pas de chanson, et alors tout s’enfuit en elle, tout s’envole car il faut une aile ou deux pour que les choses s’entraînent vers les cieux, pourtant, rien, non rien, peut être , ne change, car il n’y avait pas de temps, juste de l’improbable qui a vêtu le beau songe d’une réalité sans missa est mais peut on aimer un fantôme ? Non son lin seul mais son coeur même en brumes limpides même.