2005-Ruines

Guerre atteinte

Les mots la mort la boue et les rumeurs qui creusent le trou
désoccupant toutes les rivières veines acculées
mais je sais que tu perds tes larmes qu’il y a le plein dans les limbes
« kill » te plaît de survivre à toute attente et de venir toucher mes patentes
tu n’auras rien tu ne sais plus que le souvenir de toi m’a déçu
rien non plus rien ne te correspond sauf l’infime ou l’infirme lueur du reste de mes soucis
non ne pleure pas c’est bien inusuel
tu n’y arriveras pas nue tu ne te sais aviser que les mots sur ta chair à viande
des calamités sûr que tu trembles c’est le cancer pas les poissons c’est le taureau bientôt coupé
qui perd là lui aussi son venin comme toi le scorpion dans mes veines

Les mots la viande debout toi qui bascule à genoux
et tes larmes neuves à peine apprivoisés j’aimerai bien savoir où ça se vend tout
sur une montagne au bord d’un col au prix de quelques verres d’alcool
les mots les larmes tu crois connaître mais la croix de ton mépris ne coche que la case de l’incendie
les pleins de coton et de laine n’étoufferont rien des flammes que tu m’a lancées
guère atteinte
à peine reteinte
toi mes genoux une pale histoire de culs mêlés qui rivés entre deux clous ne t’ont jamais déshabillée mais les cauchemars ont mauvais goût de ton coté tu laisses l’haleine se charger elle même de mauvais colliers de perles bien inhabituelles qui coupent avant de se dissoudre dans ce vinaigre plein le verre à coudre toi pliée sur les coudes te voulant attachée plus qu’attachante attends t’es vraiment chiante et ton humeur thuriféraire me laisse des nausées légendaires façon proche de Noël oui tout ça approche comme le moment qui s’apprivoise non

Guerre éteinte
les mots la morts les boues les sanies que tu sors des rivières des veines des artères ce sang que tu ne vois que vert pourri sans tendresse sans rougeur presque saumâtre tu perds ton talent tu as la vision morte tu ne vois pas la rougeur de ma passion de mes alluvions en l’espèce du Nil sans la tentation non sans la teinte action guerre éteinte

« Kill » te plaît de me buter comme assoiffé je sais tu pleures au moins en mots tu crois éprouver les maux mais tu es morte cancer tu es morte vers solitaire tu es ivre vers légendaire tu files vers les enfers et s’il te plaît reviens le coeur repeint reviens le corps sali reviens l’âme en désordre tout au coin de la folie et en hiver encore atteinte que je te plaise à te mourir comme à te nourrir de foies macérés de bile
guerre atteinte,

Pant 2005

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Je joins ci-dessous une sublime réponse de Sara H. à ce texte, elle seule peut combiner la pensée pantienne et l’élégance du trait dans la chair du texte !
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guère à teinte de pas sans retour
ne
noeud coulant
coule en traîne
dans les flaques de boue
blanc maculé
debout

je perds bien plus que des larmes
mais tu essuies que mes joues
alors que l’humide s’écoule
au-delà des cuisses
à l’intérieur intestinal
un destin te pleure

je suinte d’attente
mais tu es plus près de moi
que tu ne le
croix de mon fardeau
je te porte au ventre
dans ma nudité viscérale
alors non
je n’aurai rien de toi
je l’ai déjà eu
et je le porte au creux de moi
ce toi que tu ne m’arracheras pas
ce reste de racine qui bourgeonne
dans les ténèbres de nos
graines félines
c-h-a-g-r-i-n STOP.

ma chair à viande
tu l’as aimée
l’as charcutée
à vide
puisque les bombes avaient déjà
tout dépecé
mes entrailles
comme pour guirlander la nuit
un plein délié de vents froids
pour réécrire nos erreurs
et ces lézardes que tu déchiquetais
de tes dents carnassières
pour fissurer ce que tu n’as jamais
atteint

éteins
cette guerre
que j’ai allumé
d’un regard khôlé
pour le feu aux poudrières
d’une bouche à canon
j’avais espéré
ton obus, tes boulets
pour en finir
mais c’est la baïonnette
qui m’a happée
alors oui
j’ai joué les dragons
mais c’était toi
qui était en eau

du mépris?
non
je t’ai pris
au collet
et tu ne l’acceptes pas
alors tu bouchonnes
des chiffons en compresse
pour étouffer mes mots
pour que les maux
restent
attachés à la chaise
comme tu m’as ficelée
jambes écartées
pour voir ces lèvres muettes
que tu crois se taire

mais tu ne sais pas l(’)ire
car j’ai crié
hurlé
griffé
plante carnivore
elle t’a mordu
et le poison
se noie dans ton bocal
sans se souvenir

morte quand sert le poing
veine enflée
et seringue plantée
ton élastique claque
mais le crabe pince
même décapité
comme court le canard

je ne reviendrai pas
un coeur dissolvant
(se) décompose
qu’heures de pourriture
Tür*
je passerai une autre porte
entre mousse et humus
et j’emporterai
ton ârme*
circonflexe des ailes repliées
pour guillotiner ta plume

car qui de nous deux
était le ver de terre
amoureux d’une étoile*
si le ver luisait
l’étoile séchait comme
tesson écrasé

interstice cicatrisé
signaTür
et la porte claque
en joue

Féludorée via Sara H., live original du texte ici

* Tür = porte en allemand
* arm = pauvre en allemand
* souvenir de Ruy Blas de Hugo


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Je 2

Je tremble pas
Je chêne pas
Je hêtre pas
Je bois pas
A pas la rivière fluide qui dérange
Et qui voile comme tes mots lents sur le Gange

Je dors pas
Je mort pas
Je sors pas
A pas et
Je rentre de guingois
Dans l’envers de ce monde qui demeure le choix

Putain d’endroit

P.2005


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Scat

Une
Rue droite à peine
Porter loin sable et deviser
Opening the door again
and the alien get love after
play comme tu rimes

Deux
Artères comme éther
As the sky is blue
Je traine mes faiblesses
Dangereuses saisons
je perds l’aube et l’amitié
et je prie encore que tu me blesses
Valise
Avaleur
Avec
Libre
Acces

Trois
without the sky and you
Futur d’étoiles
Ecole des cendres comme décembre
Porte là idiotie
Voisine de la calomnie
Etranger qui s’incrimine
De sa première beauté
W
Gomme
Wagon
V
Plume
Foison
Frein de la rumeur
Crie donc comme une pute
Alliée
Alliénée
Alien est libre d’ivresse
Dans la mort
Danser
Sur nos corps
Retournés
Marcher sur les culs
Pour gagner le Gange
Empailler le courage
In the USSR like the Great USA
Bel Etienne est usé
Alors
Rugosité pilosité frilosité
Citez
Les ruines de m’a cité
Gomme colère
Peut plus se mouiller
Finir crever
Peau brune blonde à peine
Lavé lune délavée
Take your promise
Garde alarme
Dizième zone
Pruneau lavande Grand Control
Alpha Hotel Tango
Nuit d’inuit aux glaces
Nos coeurs souillés
souillés.

P.2005


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Colle

un masque bleu rouge ou vert
image
face à face coloré
un peigne une broche
un temple en ruines
et des doigts pour décorer
un crayon rouge
une craie blanche
un voilier qui s’en va dimanche
une peur bleue
matin
souffrance
cahier plombier courage peur
naufrage rocher
plus rien
coeur en sursis
coeur en sursaut
un chien géant
singe à peine parler
frimas que ce soleil est froid
teinte colline Malachie
prophéties, problêmes
peaux blêmes
mon chausson
seul
et l’ennui

pas chassé
pas rire
finir aussi
pas finir heureux
mille
senteurs rubicondes
tant de soupirs
à chercher dans le noir
l’arrivée d’O
sans chaine
sans collier
ivresse paupière décollée
khol
rouge
lèvres ici
saveurs de la vie
rivages gris vers l’infini
ici
ici
jalousie oeillet d’Inde
asie maussade
bridés
comme montagnes et rocs
photographe clownerie
infernal sonorité to the hype
pour toi tout paresser
un pneu de pudeur
pull bleu marine et là
un caftan une étoile rouge cil
quand on doigt sursauter les artistes
pas de nid
pas de nid
pas de dépit délire
serre serres
etrangler étranger loving the alien
avec nous la part du lion
vers Grenoble
et Voilà vers Valence
phénomène de covalence
fin de cession
cécité assumée assurée
indemnisée sur fractures
cadre unanime
riposte riposte
o pornocrate experte
filet sur les bas
feux rouges loin là bas
courrir courrir
et puis voilà
plus là
plus là

P.2005


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Solitude

Comme a brother you like
et les ombres
comme manteau de mensonge
comme a brother you like

La city porte nos pas
comme l’aube refuse nos bras
no nowhere pour en rire encore une fois

Do anything and don’t drink poison
les errances portent aussi souvent
le nom de renoncules
et le ton du renoncement
lorsque love or blood
tracent sur nos bras le chemin le plus court
au rasoir
d’une brutale hébétude
la finale qui se porte de son nom

Solitude.

P. 2005


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A l’intérieur.

À l’intérieur
je ne suis qu’ébarbures de fer
fichues coulures dans ma chair
déchirée longues lanières ô sang

A l’intérieur
je déverse un mélange de chansons
eh oh chantons
comment t’expliquer
que j’aime un peu saigner
un peu

mouiller le carrelage et les montants de carbone
du bord de la table voire aussi les pieds de chaises
comme tu les peints toi-même en noir et nuit

la seule errance de mes doigts vers toi
s’est ornée d’ocre
et de l’envie de dessiner ô chair
sur l’eau qui pointe nommée sueur

un peu
que j’aime un peu saigner
comment t’expliquer
eh oh chantons
je déverse, je déverse
mais le mélange ne sent pas bon
il y a les fumées
il y a les vapeurs
il y a les erreurs
il y a les noires idées.

Un peu
que j’aime un peu saigner
car je préfère ça à pleurer.

P.

2005 03 27


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Et puis ?

Et puis après
sur le silence teinté de boue
se réveiller tout seul ici
plus de rivières rien que des cailloux
chaos nature qui s’est tout de même brisée

Et puis après
les yeux ouverts sur l’infini
les larmes seules pour mouiller les doigts
le ciel ne crie plus il s’est enfui
plus que les mains pour marcher
tout est la tête en bas il est vrai

Et puis après
elle qui se réveille comme elle se révèle
trempée, sans elle, sans elle,
j’ai cru que tout était fini

Lors je tremble l’enfer c’est le passé
lorsqu’il est devenu tempête
je veux plus rester las.

Et puis ensuite
nous marchons tout deux ici là bas
y a-t-il encore quelque part où aller
jamais plus d’oiseaux jamais ni leurs chants
jamais plus de vent dans les roseaux
il n’y a plus de roseaux
que nous reste-t-il pour penser

Et puis ensuite ?

P.
2005 03 27


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Crever.

Et de l’enfer le feu qui s’abandonne
nous offre aussi le chemin de Vérone
n’oublie pas

c’est sur le sol de carbone
que naissait mon coeur
bête de somme

dans l’iris sur l’oeil
accroché
sur le seuil
j’me mets pas en colère
rassure toi
mais je visite encore un peu
j’ai des idées noires à brûler dans le feu
quelques flammes incandescence à disputer

alors que l’amour
on ne peut le donner
que je ne sais que fréquenter
et même plus frétiller
ça veut dire quoi toutes ces larmes là
juste un rire ensemble et même du bout des doigts
que je me calme enfin

je ne peux pleurer
j’ai laissé les larmes
au coeur de l’épouvantail
qui traîne derrière toi
mais où va-t-on ?
Me laisseras-tu crever
sur le seuil
pour quelques principes de cette société de merde
tu me laisserais brûler ?
Alors peut être en effet mieux vaut crever
dégonfler le pneu de mon âme assoiffée
la laisser se vider lasse par terre
de fleurs aussi en fer
de fleurs aussi aux fers
enfin crever.

P.

2005 03 26


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Iridium

Allez s’il te plaît encore un mot de plus de ta bouche
Des maux pour verser l’envers des eaux de ces fleurs Madrilènes
Et comme tes bras sur le bord bleui de la couche
Ne sois pas apeurée, laissons nous voguer

Que vous dire, l’amour ne me convient pas
A peine l’ai je aimé qu’il m’a trahi
Parure ou proie pour un oeil féroce
Une chaleur et un tas de chair pour son envie
Son désir et ses mots lourds qui tombent de sa bouche

Allez ne les crois plus, je sais moi que je t’aime
Et même si c’est désolant au regard de ton histoire
Si c’est compliqué, où sont-ils les vrais hommes qui t’ont aimés ?
Les mots comme des vocalises très peu pour moi
Le désir comme le cuir d’une valise usé et reporté à l’ennui et à l’envers
Non je ne peux qu’en mourir de chagrin

Allez ne les crois plus et enfin crois en l’amour
On ne sait jamais d’où il vient
Mais quand il existe c’est un trésor
Et mieux encore qu’être aimé pour moi c’est t’aimer

Que vous dire, l’amour ne m’a laissé que du chagrin
du malaise des coups non réclamés
Jusqu’à ce que l’orage me saigne
L’amour ne m’a apporté que des laideurs
Et m’a fait si peu aimer les hommes

Qui perd au travers de la chair son âme
Sinon le lion qui ne sait que boire et déchirer la douceur ?
Moi je ne sais pas ce qu’est aimer
Mais aimer je le sens quand il est là le moment
Et cela me suffit…

Que reste-t-il à dire ?

Pant 2005 03 16


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