L’été

l’été c’est fait pour mourir
s’évaporer dans les airs de ‘aimez-vous’
sur le sable, ou en dessous
dans les enfers et parmi nous
encore

et si l’été c’était l’enfer
le feu des âmes qui brûlent les corps
des histoires folles qui prennent nos corps
et la folie qui s’évapore
dans les regards d’Alex
comme sous les rails d’un train qui passe
un mouvement des lèvres
une cigarette, un instant de fumée, un nuage
un baiser
et l’oubli de l’été qui brûle encore et encore
petit à petit les ombres qui font dans nos coeurs
de petits tas de cendres
de si petits tas de cendres
mais qui brûlent encore la mémoire
comment font ils donc ?
si ce n’était que l’été…

P.2005

http://angeline.canalblog.com/archives/2005/07/31/691942.html

Faux

Des faux, comme des calumets, que l’on balance hors de fumée
Des faux qui grimacent sous le linceul bleu nuit de nos envies, mais toujours huées
Des faux courageuses mais solitaires, vaincues même si parfumées

Des faux orages pour faux sourires, fausses souffrances cause faux courages, faux amours voir faux
Soupirs en fausses colères, fausses couches là fausses communes, fausses maladies pour fausses
Considérations.

Tout n’est qu’acier qui fauche nos élans, nos vies
Et tout cela ne fait que transformer en ombres
L’abri de nos baisers

Baisers pour l’ombre
Rivaux de l’occultation
Nouvelle prime pour une mémoire
A défaut de celle du vice, celle des larmes nouvelles en action
Baisers en nombre
Scruter le monde devient si dérisoire

L’amour qui vient n’efface jamais rien
Des douleurs tues
Même s’il a la soie douceur du vrai lien
Celle de nos vies ingénues
Tant et peu.

Pant 2005

PAUPIERES,

« C’est dans l’ombre que l’on cache
les paupières de guerre lasse
en miroirs nuits qui aussi se cassent
aux dents longues de la vie belle garce »

Les paupières encore collées, par le sable, collées, je le répète comme je le pense, histoire de poser les mots, histoire d’en dire encore trop, mais des mots collés comme des paupières, ça reste encore des mots qui tentent de voir, alors je sais parfois, je sais hier, je savais demain, le temps est un miracle, et je pose là des concepts, des idées, qui collent aux mots, qui collent aux paupières, qui collent à nos paumes, et voilà, nos paumes, même que c’est n’est pas un jeu, ni un jeudi, car savez vous pourquoi je dis tout cela ? Rien n’a de sens en effet, je ne fais qu’aligner mes peurs, mes cris, mais comme ces cris sont assez inarticulés, à quoi voulez vous que mes mots ressemblent ? Qui sait le sens de la peur ? Qui sait la couleur de la peur ? Bleue ? Non la peur est noire, la peur est cendres, la peur c’est de s’éteindre, de se perdre, dans les feux qui crissent, qui se griment, qui s’éteignent, dans ma mémoire. Occultation.
Pauvres cons ! Pauvres cons ! Prenez, élisez ! Prenez ! Vous comprendrez jamais mes peurs, vous ne verrez jamais mes cendres, vous ne saurez jamais que mon coeur est une pomme, que le vent me pardonne, mais que la nuit me condamne, vous ne saurez jamais, vous ne savez même pas lire, vous ne savez même pas comprendre, vous ne savez même pas vivre, maison des morts ai je lu quelque part, excusez moi pour la reprise de l’expression, maison des morts, mais oui, et plutôt y a t-il une vie avant la mort ? Pour tant de joies derrière les masques, pour tant de gestes qui crispent nos doigts, pour tant de mains qui se veulent riches et douces, combien de coeurs qui brillent, un pour mille ? ou combien de coeurs qui brûlent ? Ou combien de coeurs qui ont brûlés ? Nos histoires à tous ne sont souvent que des cendres, que des cendres. Nos mémoires ne valent pas mieux, et l’occultation vaut mille inoculations de poisons.

P.2005