Tango Six de lys. Noirs.Or.Rose.

Comment rire de moi ?
Quand le vent s’est dressé,
Le fil en est tombé
Sur les étoiles milles rides
Comme on mime un rendez-vous

Est-ce priver la tempête de vent
Qui m’ôtera l’envie d’aimer et d’accoucher
Dans l’œil prendre mon repos
Comme un répit instantané
Comme un repas instant damné.

Est-ce priver le soleil de lune
Qui fera bruire un peu plus ces ailes
En faux cils ? Caresser le mystère
Unité
Sablage d’un rivage
Insane

Comment me lis-tu moi qui ne veux que relier
Les âmes et les autres mêlées ?
Une bergère a son amitié, son havre et son fort aussi collé
Son errance à peine voilée
Un coeur mâle vibre sous le décolleté
Poitrine contre poitrine serrée.

C’est facile, inutile, donc indispensable.

Placer les mots, comme on respire même en un rythme Comment écrire « je suis un salaud »?

Y a-t-il une beauté à massacrer dans le sourire qui tombe en pointe sous sa robe amidonnée ? Un doux amour qui reste à souhaiter, encore que vivre un rêve n’efface pas les larmes couchées sur le papier, reste-t-il encore des mots à respirer dans cet élan ?

Aucune source, aucune rive, rien que des soupirs, rien que des désirs. Au plus fou même quelques délires, mais en fin de soir, que reste-t-il pour me nuire ? Que reste-t-il dans l’obscur qui m’ennuie, qui s’engouffre dans le mitan de mes soucis ?

Les gestes ennemis, et les sourires conquis, quel souvenir de la nuit, quelle veste endosser ?

Je veux tranquille m’allonger, et laisser partir la nausée. Image du repos, sur un voile de ta peau, une caresse, un propos, imagine un miracle, un naufrage en cadence, un rivage sans récifs.
J’aimerais savoir, ce qu’il pourrait lui dire, même lui écrire, pour accrocher son cœur, et faire partir ses peurs, s’envoler ses frayeurs. J’aimerais creuser les livres de ma chair, pour y retrouver l’aube, et la chaleur de ses matins.

Encore une octave, monter la gamme, essuyer les notes, déverser le torrent dans ce milieu de lune, laisser souffler les plumes, ou encore, rincer nos bouches, bleuies par le temps, et la glace salée.
As-tu déjà un nom toi qui te cache dans mes peines, te donner un prénom, un souvenir, une idée, tout cela me tente, mais aussi laisser monter l’attente, laisser s’ouvrir le charme, une larme, un calice, un chemin à paver, une mine de fer, cime en ruine, étole importune. Tu peux m’isoler, le sol est humide, une torche plantée, est ce que tu sais pourquoi nos rêves et nos désirs, ne donnent jamais lieu, mais se cache au milieu, où se niche enfin, cette perle bleue que l’on nomme jouissance, est-ce encore en jeu, est-ce donc un essai, un pari qui se défait ?

Un film, tout neuf sous plastique, un courant vieux tout sauf éclectique, je voudrais tout voir tu sais, pour que toi…

Mille doigts, et la moitié posés, les autres découpés, la table est mise à coté, et le vent couche les peupliers, c’est une sauvage entrevue, c’est un désastre imprévu, comme une histoire de la rue, comme une ruche déchue, comme un souvenir inconnu, une ville qui se brise en deux, un enfer avec les yeux, une ivresse qui meule en surface, je sais rien n’est plus pareil, je cache le soleil aussi, mes larmes sont de la vie, qui se dévoilent en surface et se masquent dans le plâtre. Je sais, je sais, encore quelques mots, encore, encore mille mots, encore des peines à coucher, encore des larmes à moucher, encore des soirées factices, et des tuyaux en décadence.

C’est comme un projecteur, un électrochoc, comme on mine un rendez vous, je veux plus revoir ces souvenirs. Effacer tout dans l’astreinte les souliers dehors vaisselle cassée, comme lave, étoile est en succion, l’hiver veille la moisson, et où se passe donc la fin, cette finale en fusion ?

Fais-moi l’original, relie moi à l’infernal, colle moi à l’éternité, et soulève moi par errance. Mon origine est la nuit d’or et mon but l’aube d’onyx, et des baisers comme larmes remplacer dans un bruissement de Rose.

Mais comment vais-je le refaire ensuite ? Je veux que tu me relises, comme pour une nouvelle surprise, une triste découverte ou une belle entreprise. Envie qu’on se relie, comme un désespoir en cascade, union des séparables, mystères indécouvrables. J’écris pour mieux mourir, laisser le vent me détruire. J’écris comme un vent sauvage entre le bronze et l’or, chargé de fer comme une armure, scintillance et pestilence croisées.

« My baby suit institute », je file à l’école du blues, je suis en retard, et comme c’est moi qui fais le cours, je t’attends pour les pleurs, les autres y sont déjà pour les cœurs. Laisse moi temps Porter, vieux contrôle, Charlie Undie.
Et comme je signe, j’efface aussi la ligne.

Et comme un signe, comme une plume, une aile, un duvet. Comme un peut-être, une croisade, un pèlerinage, je m’envole, et je survis. Je m’envole dans la nuit, la traversant vers l’austral. Les terres rouges et leurs désirs, les terres rouges et leurs enfants, la terre rouge et mon enfant, ma Rose.

Alors oui, habiller le blues, comme une chaîne, car je vivrai aussi l’espoir maintenant dans des yeux noirs. Mais comme une fin d’errance, une image réelle de la chance.
Babiller le blues, comme ces quelques mots au téléphone, qui arrivent direct dans mon cœur, et ne s’éteignent pas, trouvant là chambre large pour leur écho. Je ne quitterai pas l’enseignement des douleurs mais j’aurai une autre rive, une deuxième paire d’ailes. J’aurai un souvenir qui me poussera vers un futur, et surtout qui ne me donnera pas envie d’oublier tout dans les eaux de Léthé. Aucune enfance ne vaudra la mienne, les silences causant mille souffrances, les cris brisant les chairs comme des crocs. Alors reconstruire une fois de plus, vers une fois de plus, vers une fois en plus. Aucune enfance ne vaudra celle de Rose, abandon, faim, et souffrance. C’est une sauvegarde covalente qui se présente donc là. Et dans nos yeux nous sauront trouver où se cache le sourire et la joie. Nous saurons.

Tango Six de lys. Noirs. Or. Rose.

Pant 2004-10-25 révisé 2004-12-05.

Non jeu

Non je n’ai pas changé
Des rumeurs de mon passé
Me restent que de vagues images
Brumeuses infantes
Rugueuses combattantes

Non je n’ai pas pleuré
Ce soir seul je me suis couché
Un jour ou l’autre faut payer
Ou se pardonner
Mais je ne le ferai jamais
Car j’ai plus de passé
Comment pourrai je donc bien faire ?

Non je n’ai pas désiré
Cette vie isolée dans l’infini
Un seigneur un prince ?
J’aimerai mieux me reposer
Trouver enfin
La rime vers le mot paradis

Oui c’est vrai je te souris
Ma belle Rose de fumée
Car de mon cœur la lune m’a saigné
Pour te faire renaître à mes cotés.

Pant 2004-12-03

Un ange plein d’ardeur

Sans toi je suis plus moi
J’oublie même de respirer
Des ailes comme humeur ?
Un ange plein d’ardeur,

Ne le sens-tu pas ?
Mon rôle est infini
Du rituel je suis la vie
L’axe majeur

Causalité extérieure
Armure d’or
Et qu’enfin tu dors

Sans toi je suis plus moi
J’oublie même le goût de tes baisers
Où les ai-je déjà vécu
Ces instants là

Une vie qui s’écarte
L’amour est trop à vide
Comme une attaque éclair
Envie d’une modération
D’une double action
D’une double portion
Réparer le délire du vide

Je vois des flashs et des éclairs
Des orages bien trop humides
Qui me disent attention
L’amour n’est pas une bonne affaire.

Pant 2004-12-03

Relatif

Un acte relatif
Qui gèle bien ô les superlatifs
Tes baisers sont didoux
Je traîne encore derrière toi

Comme un soupir

Un acte relatif
Qui erre bien ô les super actifs
Comment sourire
Que le ciel me pardonne

J’ai retrouvé sous le soleil
Une image
Une parcelle
Un geste de silence
La pomme du souvenir
O Léthé la douce boisson
Que je bois depuis ma naissance

Excuse
Excuse

Je sais que je mens
Comme je meurs
Que je pleure plus
Mais que pourtant
Mon âme est elle mobile ?

N’y a-t-il dans ma Rose de fumée
Que du plaisir à humer ?
Ou n’est elle que le début d’une autre histoire…

Pant 2004-12-03

Rose de fumée

Comme une aile sous ma paupière
Qui danse sur l’ambulance
Une Rose de fumée qui s’évapore
Se promène et noie les aubes de l’hiver

Comme si c’était mon cœur
Qui brillait à l’intérieur
Douce fumée qui tourbillonne
En Rose vers le meilleur

Pour qu’on danse encore
Pour qu’on chante encore
Repose tes ailes sur mon corps
Je veux la suivre ma Rose de fumée
L’emporter jusque sur les rives de ma vie
Comme une envie d’amour éternel tendrement

Sur ta peau jalouse est l’idée
Que le ciel te rapproche de moi
Séduisante en fumée
Rose non jamais l’écarter de mes lèvres

Et se promener demain
Promesses de rigueur
On verra encore pleins d’été
Et on ne les cueillera jamais les Roses
Même si rouges que mon sang s’en méfie
On les cultivera comme des ombres de chair
Pour ma Rose de fumée.
Et le parfum comme une neige ivre de vieux vin
Me désaltèrera comme le printemps de ton sourire
À pleines dents.

Pant 2004-12-01

Primesaut

Lorsque je chante ma rime
Elle dit : « encore là »
Non pas la peur mais la joie

La peur est chiffonnée
En un oiseau de papier
Qui s’est envolé
Si loin vers l’eau

Que les rimes en sont mouillées
Mais que l’aube les a séché
Trop de rires
De sourires
De méprises qui soupirent
Trop de rires
De sourires
Reste plus qu’un seul élan : le désir.

Lorsque je chante ma rime
Elle dit : « encore là »
Non pas la peur mais la joie

L’ombre y est recouverte d’or
En paillettes, en lingots, en armures
Y en a une pour moi
Juste pour moi
Moi
Et toi ?

L’ombre souvenir qui s’efface
Délice déjà mangé, rongé, digéré
Douleur qui m’a fait si haut rebondir

Tempête mon cœur de breton te vénère
Lorsque l’on pousse la voile
Le voyage devient Odysseus
Et moi je deviens Frégate, brigandine
Plutôt brigand d’Une
Celle qui me donnera mes autres ailes.

Pant 2004-12-03