ELSA – CHANSON DES SACRIFIES

pleurez nos ames à demi consumées
nos attaches encores se sont trop habituées
et à nos coeurs restent liées

pleurez nos coeurs de trop de larmes débordés
c’est de dommages que ces griffes du temps m’ont fait saigner

et malgré tout sauvage à l’amour attaché
c’est des fleurs rouges que je fais pousser sur cette terre gachée
où ces corps sont tombés

et mes roses de sang resplendissantes
transforment le cauchemar en un souvenir déchirant
mais pas de confusion dans vos coeurs
ces roses c’est de mon coeur qu’elles tirent leur substance
et c’est mes larmes ainsi que celles de tous les justes et franc-amoureux de la vie
qui feront de ce jardin un cauchemar pour les démons qui prennent toute vie.

Et c’est donc par un chant de souvenirs , que je finirais cette oeuvre. Il faut savoir terminer les choses, et la Mémoire est le meilleur moyen de continuer , et de chanter la VIE.

SOLEIL.

J’ai un soleil qui fugace
S’est enfui vers l’infini
Ne me laissant pas de traces
Sauf des empreintes de nuit

A l’Automne c’est bien dommage
Mes Roses se sont éteintes d’ennui
A l’encontre de mes Hommages
Distingués de tant d’Envie

Alors j’ai repris en otage
Mon pinceau teinté de bruit
De ces ombres je deviens le Mage
Qui allumera ces lieux de Vie…

C’est un couloir habillé de nuages
Qui s’étend loin dans la Nuit
J’y porte un parapluie nommé Ouvrage
Et j’y ballade mes cercles de pluie.

ECLAIRAGE DE NUIT

Y a un soleil dans ma nuit
Qui éclaire mon infini
Un excès d’inconscience
Dans ces couloirs pleins de bruit

J’aimerais combler la distance
Qui me sépare de mes amis
Et ce malgré les circonstances
Qui m’ont égaré dans l’ennui

C’est dans ces voitures sauvages
Qui franchissent tant de Nuit
Que j’ai trouvé ton image
Qui peuplera mon Ciel de Lit

Alors j’ai attaché dans ces couloirs des nuages
Peints même pas en gris
Et j’ai planté dans mon cœur sage
Une esquisse de celle qui Vit.

JULIETTE

Hivers qui tremble au coeur du printemps

Odieux mensonge du vent qui part devant

C’est un non-songe ces moeurs d’auparavant

C’est un clair signe du ciel d’autant

Ivresse maccabre du vieux paysan

Qui traine son âme depuis vingt ans

Tendresse insigne de ce triste Jean

Qui peine au ciel si noir souvent

Alors c’est vrai c’est un mensonge, tout ces mots qu’on aligne, pourtant je sais qu’il y a dedans des sourires tendres, je sais que ces mensonges sont des presques songes, des petites âmes qui vont au devant. La maîtrise du langage passe par la maîtrise du temps, le rythme y est natif, la mélodie y est sous jacente. La ligne d’origine c’est le peut être, la séparation c’est lautre versant de la montagne, d’un coté le vent qui arase le doux granit, de l’autre le soleil qui baigne la souriante verdure de la foret. J’écris pour que le vent soit mon compagnon, et que le soleil soit un autre de mes parents. Pour que tous ensemble dans mon âme réunis, nous composions cette manne divine qui soulagera nos coeurs du mensonge de nos corps lourds. Que l’ivresse de l’instant habile à définir le moment agrandisse et fasse croître cet univers en expansion.

Juliette est seule devant son miroir

Habillée de soie rouge et de lin blanc

Son sourire est ivre de ce miel tout blanc

Qui sourd en hâte de son coeur d’autant

Juliette est double dans son corps ardent

Elle brille des cent mille feux des armes d’argent

Ses cheveux sont longs et libres et courrent au long

Vers ses chevilles, tiges très fines

Ciselures intimes d’un beau bracelet damasquiné.

Juliette est l’ombre qui colle au coeur de mes espoirs

Sympathisante de mes passions , de mes devoirs

Elle est toujours reine du même instant

Celui qui règne dans mon coeur bordé de noir.

Alors je le dis haut si haut dans le vent du soir

Je t’aime à m’arracher mes vers si chers d’espoir.

A toi la seule…

TROP

Sous ma peau des perles d’eau
Des éclairs, des groupes de mots
Trop de Toi

Dans mon cœur des étoiles
Des masques, du feu, des voiles

Trop de Peur
Parfums de Scandales

C’est l’envers qui nous désole
C’est « l’Apers » qui fait de nous des fantômes

Alizés élisez mes mains
Pour qu’enfin il y ait un Destin

Trop peu de Foi
Trop peu de Toi

C’est l’hiver qui nous nuit
Et nous enterre à la Vie

DES-ERRANCES.

j’ai laissé là sous ma peau
quelques épines acérées
qui valent bien l’amertume cruelle
de tes mots j’ai laissé sur le tas mes aventures, mes désirs
quelques idées que j’avais de trop
pour partir loin où le vent nous rend tous idiots j’ai marché au devant de mes histoires
afin qu’ici bas ma vie ne soit
qu’un geste transitoire
pour les gens et leur quant à soi j’ai laché ma vie et de toute part
j’ai laissé le vent faire sa part
et effacer mes griffes de ce papier couché
qui symbolise mes états d’âmes atrophiés

Poète

 » Un prêtre du songe qui rêve dans un entre songe
Un silence entier qui tremble dans ses mains nouées
Comme nos illusions sont belles
Un prince vêtu de soie grège
Qui court enflammé sous la lune
Et dès que le soleil paraît
Soie n’est plus que linceul sombre d’éternité
Ainsi vont nos mains
Ainsi se passent les mondes
Tu es riche le matin
Les silences sont pleins de ta musique
Nos roses resplendissent
Pleines de sang vermeil et de vie éternelle
Tu es pauvre enfin
Quand la blancheur est ton ennemi
Et que trop de lumière te fait trembler « 

La poésie est un vaste monde et se crée dans les multiples des multiples
Cent et mille c’est vaste pour nos pauvres cœurs
Mais au regard de l’infini que représente-t-elle ?
Cherchons ensemble la parole perdue
Cette part seule de divinité qui s’enraye
Dans nos raisons qui s’ennuient.
Et moi je pars alors en Queste de Monde
En recherche en moi-même
En fuite en delà
Voulant voir jusqu’à l’en deçà
Prendre la plume quand tu pleures
Afin que tes larmes ne soient pas inutiles
Prendre l’espoir en grippe
Quand je te vois en  » des-errances  »
Tout ça c’est vain si je laissais seulement ces mots là
Il faut entendre au-delà
Le son des maux dits mots

Malenconfort est le maître mot
Ici mon rasoir d’Occam
Mon épée de Dramocles
Au regard des âmes qui s’en décomposent
Au retour du monde en delà
Seules les épines de ma vie ont de la valeur
Seuls les interminables tarissements du réel me parlent
En quelques vains mots ces  » écrits-vains  » ne feront régner au large
Que paresse désèchée
L’intarissable saucissonnage du réel me conduit parfois dans des audaces rêvées
Les roses de mes jardins ne sont que de pâles reflets de mes souffrances-errances
Et ces épines ne font pas que me déchirer les chairs
L’esprit aussi est en jeu
Le perdre est l’inconséquence, le garder est l’autre versant d’un même masque
Nos devenirs peuvent se trahir et chacun ne rêvera alors plus qu’à de pauvres non-songes
Nos roses peuvent se flétrir et nos cœurs ne plus rien ressentir
C’est un risque mais le chevalier qui sommeille dans nos mots et qui parfois en émerge
Est un homme solide
Et il peut supporter beaucoup, s’il reste convaincu que le combat reste à nous
Et que la Parole enfin un jour sera retrouvée
Et que les mots seront alors enfin la création ultime, le Verbe, le souffle, et que ces mots feront s’envoler dans le néant les maux, et qu’enfin régnera lumière, enfance, et douceur, et que nature ne soit plus alors que roses rouges du désir unique de vie.

Voilà comment je vois ma mission. Mais quelle prétention au fond !

Mes mots ne servent qu’à faire rêver les cœurs, et à faire pâlir les larmes et les méchants

Et c’est déjà beaucoup.