N’oublie pas.


 

tu me suces, tu me croques, n’oublie pas je ne suis pas un bonbon

tu me mords, tu me saignes, n’oublie pas ma chair est sans pareille

tu m’assommes, tu me tues, n’oublie pas je ne suis pas ton gibier

tu me souris, tu me pleures, n’oublie pas ce n’est surtout pas de l’amour

tu me traines, tu m’étrennes, n’oublie pas ça fait parfois mal

tu me fleur, tu m’effleures, n’oublie pas je ne sais pas crier

tu me retournes, tu me refermes, tu ne m’as pas oublié.


À ir…

Un jour trahir. Un jour mourir. À …ir, à …ir.

Et si j’ai les lèvres en couteaux, je ne tremblerai plus.

Et si j’ai mes larmes en faisceaux, j’espère que le froid leur fera découper quelques chairs.

Un jour trahir. Un jour s’enfuir. Un jour mourir. S’il n’en reste que trois.

S’il n’y en a plus que deux. Raccourcir.

Et un seul ? Finir.

Un gout amer…

Photo d’ Hilal Fatma Solak

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rien ne sert de courir il faut juste se retourner, fermer les poings, hausser le ton.

 

Premier poing, tout au fond de la main, cette gamelle que tu tends, est-elle pour moi le chien ? remplie d’eau croupie, envahie de ce qui me tuera. Ou est ce toi la victime derrière les barreaux, quettant d’aventure une obole à ta misère ? Ou encore, reine du couteau, salope de guerre, tu excites la pitié derrière ces murs alors que du bourreau tu as tous les noms tatoués sur la peau.

 

Deuxième poing, tous à se croire victimes pensez aussi au rôle du bourreau, dans la glace regardez vous, et si Janus perverti était le dieu de nos nations ? Depuis les nazis, les lames ont été purifiées, insérées dans tous les processus de la cité. Et l’on tue maintenant sans trop de découpe, non la chair s’enfouit sans état d’âme, si tu as foi en l’homme oui je te vois tu dévores son foie, tu es l’aigle prométhéen, et tous les jours les corps tombent, les mains saignent, et moi j’ai froid en l’homme et je ne crois pas. Je ne te crois pas, je me gausse de tout ceux qui prient devant un crucifié, un homme torturé, comme si c’était ça en fait, oui, la foi en la torture, voilà la nouvelle religion, celle du bourreau. Car voyez vous le XXIème siècle oppresse et perverti tout. Spectacle de la mort, de l’horreur. Et comme disait Aristote à la toute fin il  ne reste que ça: horreur et spectacle.

 

Et c’est les poings levés que je vais frapper sans fin sur ce mur, meurtrir mes chairs, déchirer tout au sang, à en  rougir le béton, que ça réveille certains cœurs de l’intérieur. Si ce n’est que moi, bourreau comme victime, en me regardant bien les amis, voyez que toute innocence est morte. Et qu’ainsi cela fait de nous avant tout et contre tout : des coupables.

 

 

 

1182

Si j’avais inventé la lune soleil tu te marierais et mes paupières définitives

fermées se couleraient de suint

Si j’avais parlé l’aube Aurore tu m’aurais pardonné mes tristesses comme mes faiblesses

coulées dans d’étroits défilés

Mais je ne suis que fumée et toi de ta lame délicate tu écartes tu m’écartes tu me sépares

sans fin sans frein

Et pourtant je ne trouve même pas mes larmes

Et pourtant moi je ne voulais que ta paix et calmer le vent du dedans

Alors oui forcé je me tais je me couche je ne me soulèverai plus que de peu

à peine de quelques doigts

Je me couche là où il ne me reste aucun mot.

Au quart de l’aube qui vient 1.2

Il n’a pas de mots il n’a que des reflets dans l’ombre des soliloques solides loques qui abritaient un coeur

Tranche acérée un cœur arraché un cœur qui sèche en dehors un cœur qui momie s’enfuie sans un cri ôtant la bandelette dans sa course haute des reins

Il n’a pas d’autres

ni places ni audaces

ni espoirs solidaires en tout à ses doigts qui le broient qui l’éteignent sans douceur et au loin elle de ses regards bleus saisie autre chose elle voit diffracte l’odeur de sa sève passe par un prisme et le cristal ment il n’accuse pas non il récuse les doutes vus au travers de cette mauvaise lumière il récuse tout ce qui l’a abimé poussé dans l’abime plongé dans les abysses où l’eau ne sourit jamais

Tranche acérée un coeur peut-être il était il était oui lui aussi je parfois jeu jamais

Il n’a plus de mots il n’a que des reflets dans l’ombre élastique du troc des hauts plateaux qui habitent si loin que le train n’y passe pas ni rails ni jetée ni bateaux sans port

il n’a plus que des attaches et des rives

Dérive oui

D’un coup entrer la tête au fond de la bouteille entrer les mains plonger à se cogner le nez trop au fond trop se briser comme miettes que voilà miettes mon nouveau surnom miettes qui se voile d’un grain quand approche la mouette that’s not the shape of my heart et il s’engouffre s’entrouvre se poursuit lui même dans le gouffre comme si c’était le goulot du mépris et qu’il se succède en plusieurs nids

Alors tu ris d’un acide mauvais tu ris et ça crisse sur le sable l’effet du vent qui enlève toutes les dents toutes les chairs tous les os remparant tout avec le sable noir grain par grain

le vent ? où ça ? il ne souffle pas dans l’oeil du cyclone rien ne souffle mais à la fin je finira en morceaux comme miettes morceaux petits débris arbrisseaux arrachés miettes de peu

Outrepart comme ailleurs en un temps de mensonge comme à coté du cristal tout au travers même la lumière ment

Je ne jette rien encore que oui j’ai jeté mon coeur j’ai lacéré mes tissus

j’ai endeuillé mon sang et dans mes rêves je tisse plus d’un linceul

j’ai découvert entre mes os la parenthèse du désert l’assèchement des sens.

Dans les mi-nuits de l’école des fous

Deux ans pour le finir, mais le voilà, à l’aube et au soir il a la teinte de mon coeur.
**

Orage automatique, une salle fugace, plus près du terminal là où on s’enferme, une vie, un lieu qui sans porte s’emporte dans deux coeurs ou deux mémoires ou deux os soudés entre eux, puis faire les proches du condamné, la même pièce, avec un goût amer, une immense baignoire, un tub, antique ou ancien, qui fier au milieu de la pièce chasse le lit contre le mur humide où sont tant collées les larmes sur les capitons que leurs dessins destinent plus que l’aube qui elle n »arrive pas là…

Lit, lis, lit, qui ne fait que tourner ne sert pas non ne serre pas lie pas lié, et dormir si ce n’est pas mieux non ce n’est guère si ce n’est guerre non ce n’est pas lié à cette lie…

Et j’espère en corps qu’il est des lieux comme Fort Sommeil, même si métal y couve le sang de ma douleur…

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Niche au coeur

Tout ce que je regarde à un drôle de gout like a miracle tudieu voilà le bleu le bleu ici dans tes yeux tout ce que je remarque c’est l’attache qui rompt qui fout le camp et mes images fuient toutes au fond de mon drôle de coeur

fin de rêve pour un drôle de crime

 

niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur

aimer c’est souvent aller vers l’amer. là filent et folles les vagues oui les vagues matraquent nos âmes

matraques de quelques doigts sur l’ombre niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur niche au coeur

 

ces trois mots matraquent mes ondes.