Vos gestes me blessent—ReMIX.

Comme réponse au magnifique texte de Lisa Anna, du même titre, mais vu du coté masculin. Mais pour une fois, je reste dépassé par la qualité de son texte, et mes mots sont bien en dessous, mais bon, j’arrive plus à améliorer. Ferai je mieux la prochaine fois ? là, las, la fatigue actuelle ne me permet guère plus.

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Les draps sont noirs comme la souffrance du monde, et les rumeurs qui sourdent de nos cœurs ne sont que pâles au rapport de cet éternel paradoxe. Harassé, je me dévore dans vos soupçons, me caressant de vos humeurs.
Votre corps est blanc, il est sultan, émir qui se voile comme une fille, non, une sultane, une sati, qui brûle vivante pour son amour. Un seigneur de fer blanc qui brille au levant, qui se pare de rose dans le soleil de l’aube, illustration d’un sommeil lumineux, d’une aura surprise, comme un de ces pochettes d’antan, ces délicieux cornets, de décors et de rubans habillés, et d’un trésor simple dans le cœur. Un anneau, une croix, un cercle d’amie, donnez moi ce cadeau là, ce havre gris pour un cœur gras.
Vos doigts sont gris, presque noirs, teintés d’obscur, ils ont erré sur ma peau lisse, sur ma peau salie de mes tracas, tous noirs charbon, tous sombres et miséreux, tous en attente, pas en détente. Noir de soupirs, oui cela salit, c’est indécent, tous les soupirs se déposent en couches multiples, j’attends de votre bouche et de vos mains, une douceur émerveillante et nettoyante, purifiant l’organe impur de vos talents, de votre amour.
S’il est un cri qui me supporte, c’est un gémissement qui vient soudain, quand je frôle indélicat mais si doucement, cette aine en attente, au havre voisin. Je vous regarde, je vous sustente, je suis une outre d’où coulera le vin, tout renouveau à chaque fois pour notre folle ivresse.
Approche infante, c’est l’innocence que je veux faire disparaître dans ces yeux là, c’est l’arrogance de ces seins dressés, que je veux faire ployer sous mes mains dévoreuses, qui telles les ogres de barbarie, souffrent de si foisonnante faim, qu’elle est sans fin. Folle et folie cette musique qui se précipite dans les flots de mon sang. Que soulèvement d’envie après une autre, je reviens encore et encore, puiser la sève de mon festin.
Approche distante, mathématique, équationnelle, sensationnelle, approche distincte, non à propos, multipliée, non divisée. Logarithmique comme matricielle, ainsi j’approche, c’est un calcul, c’est un segment, un vecteur, une cadence. Vous êtes douceur, non sans douleur, c’est aussi mon désir, qui vous déflore, non sans calcul, je le devine à votre sourire, jamais contraint, jamais atteint, le flot de désir, n’est jamais à subir, « hasta siempre », fier compadre, qui se soumet ? Encore et jamais, encore et à jamais.
Pas un Tango, pas une samba, non, un trémolo dans la voix, un flamenco, whisky soda, cuba libre, combat libre à livrer, pour un coup d’alcool, pour une sueur indécise/imprécise…alors je recommence, au garde à vous petit soldat d’amour, au garde à nous charmante soldate de ces beaux jours…
Ce n’est que vous, pas une autre, même quand je ferme les yeux, dans ma nuit vous êtes là, est ce une présence ? Est-ce une rémanence ? Je ne sais, j’ai tout oublié, enfin je ne sais plus, ai-je oublié mon nom, mes souvenirs ? Non je n’ai plus de non, plus que des acquiescements, des cris subits, altérés, poussés vers l’altérité de mes mains ; ai-je encore perdu mon identité ? Ne sais je plus où poser mes doigts, laissez moi faire, je veux bien faire, je veux surtout recommencer, mais ai-je déjà commencé ? Je ne sais plus, c’est un tourment, c’est ma mémoire qui se fait lasse, c’est mon corps qui prend toute l’énergie de ces instants, non, je ne sais plus, ce n’est pas mon corps, c’est le votre, qui prend mon souffle et me donne soif, si soif, que mon souffle s’enflamme, je le vois bien. Votre peau est sèche sous ma langue, elle me donne encore plus soif, cette chaleur me réconforte mais laissez moi plonger enfin dans l’ivresse de vos liqueurs. Ce souffle de feu, laisse la flamme sur cette femme, laisse le feu dans les recoins, dans les plis et replis. Havre de paix transformé en volcan, le feu, la lave, tout est soudain, mais je les sens vous arriver.
Trop de chaleur, éloigne moi, repousse toi, repousse en moi ce cancrelat, qui avide à l’infini, recherche toute humidité pour en refaire une source où nidifier. Racines, entre tes jambes, je veux semer une autre moitié de nos souvenirs, y renfermer, un peu de nos trésors, un rêve de silence or et noir, une caresse d’ivresse, une délicate et féline envie. Racines, lasse des tiges, tu te fais lianes, te voilà autour de moi, tout autour. Je ne vois plus où sont vos mains, vos dents, vos bouches, non je délire, encore que dans la folie de ces instants, vos bouches sont multiples, car il n’y a pas/plus de temps, pas/plus de tempo, on le recherche, on le reconstruit, on se dévore, on se sustente, on se décorpore, on s’incorpore, nouvelle armée, des « faites l’amour jamais la guerre », faites l’amour c’est une guerre, mais de guerre lasse tout le monde gagne, jamais de vaincus, jamais de vains culs.
Mais vous à l’inverse mon envie ne fait que s’enfler, elle est sortie de moi, elle s’engouffre dans vos Abymes, dans vos limbes, et le vent s’amplifie, c’est la tourmente pas les tourments, pas les affres, pas les détails, encore que le souffle est ce « ruah » qui créateur génère les désirs à chaque instant.
Votre peau est de pêche, de pêche comme le fruit, douceur si enivrante, qui légère à ma main, titille sans fin, ces quelques nerveuses terminaisons, mais, que nenni, je ne veux pas de terminaisons quand il s’agit de vous, je ne veux que des commencements, des temps gelés que l’on se vautrerait à réchauffer, des hivers secs allongés sur le sable, sous la peau de cette lionne que j’ai abattue, avant que vous ne m’abattiez avec ce sourire, ce soupir, cet ennivrement foulé dans les poignets de l’indécence. Délit de plaisir, aucun ne dénie ce désir, nue sur le sable, je vous dévore, mes dents sont longues et acérées, elles aiment vos chairs, vos monts et décors, vos rives, et vos rivières, vos torrents et vos fleuves, et dans votre jungle, l’humide saveur se délivre en moiteur, la rive y est douce aussi, mais les parfums ne valent pas la saveur, ils sont au-delà du désirable, du souhaitable, ils sont fleurs bleues, roses et mauves, ils sont porteurs de chaleur et de vanille, de fraîcheur et d’ananas, de feu et d’orange, de glace et de passion…
De pêche comme maritime, vous êtes le cotre, la felouque, et moi allongé sur le pont, je regarde le mat qui se dresse fort et cette voile qui porte le vent et l’indolence, et la violence de la tempête, et cette brise qui se fait mistral, qui se fait tourmente ne m’enlève pas mes sourires, même s’ils se figent, c’est par l’effort. Ce doux effort qui se fait violence pour avancer dans la tempête, qui se fait souffrance et ne pense qu’à cette jouissance à venir. Je vois le but, c’est dans le noir, mais je vois les îles de Lérins, c’est en tendresse, déchirées les cotes se donnent enfin à mes rega rds, c’est délivrance, c’est perte de cadence.
De pêche comme le pêché, pénitente et soumise je vous vois avancer le regard, pénitente et soumise je vous vois baisser les yeux, mais, assez ! Ne regardez pas dans ces lieux là ! Point n’est besoin, fermez les yeux, folle ! laissez vos mains c’est une instance, laissez vos mains faire le silence,et casser le rythme de mon sang, ce sang qui frappe mon instrument, fait s’abattre entre nous, une symphonie en espoir, une ode à l’espoir, une chanson pour recommencer.

Pant 2004-08-28

Vos gestes me blessent

Vos gestes me blessent, vos mains me parcourent et s’emportent je vous sens m’envahir, et graver sur le bord de mes lèvres vos messages insolents, confidences omniprésentes.
Notre bal mortel a commencé…
L’indécence de votre désir : goutte à goutte lent et froid, rythme des aveux singuliers, mes veines lâchent, vos espoirs me plaquent au murs, je sens mon corps s’effondrer sous la force de vos caresses.
Vous êtes glacé mon amour ! venez chauffer le bout de vos doigts, coussins de chat! je vous confie ma tiédeur, aussitôt votre petit cœur de caméléon se glisse comme un hussard au plus loin de ma chaleur, de mes couleurs.
Je vous attends, vous interroge, ce soir, ni verbe ni mot, croiser votre regard ardent et lumineux, étreindre la nuit qui portera votre voix. Vous êtes mon aube rare, mon jeu de miroir.
Vous espérez des cris, et des sursauts, ce soir, je vous offre mes plus grands silences, à vous mon plaisir muet.
Vous m’étoufferez pour me faire crier, la glace et le sel pour m’obliger à hurler, j’avalerai mon extase pour en inonder votre bouche et vos mains cette nuit n’aura qu’un cri: le votre; supplique magnifique! souffrance aiguë, incommensurable jouissance du plaisir annoncé, consommé, certitude déclarée fondue dans les nimbes de mon «absence». Votre rage, hôte de ma de jouissance, vacillera contre mes jambes que vous aimez si blanches, lianes sinueuses dans le terreau de votre corps.
Vos draps noirs, sont comme le sang qui me parcourt et me pare, l’orchidée sombre, s’attarde mi ouverte, demi éclose dans l’écueil de vos mains de centaure, vous aimez en froisser chaque pétale, vous assurer de mon obéissance, vous pourriez en presser l’infini breuvage maintenant, mais vous choisissez l’attente, vrai plaisir, ultime grâce des corps qui se sculptent l’un l’autre dans le manque.
Dans l’ombre : vos yeux, gouffres de fantasmes ! pillent chacun de mes délires … sous les grammes de mes soies votre souffle, me coupe de la nuit. Propulsé vers d’autres lumières, plurielles et cadencées, mon corps sans parole cherche un enchevêtrement définitif, une apnée magique.
Vous investissez mes reins comme le banc d’une église repos d’un ange avant l’attaque du guerrier!
Nous nous attendons, nous détachons, Rodin, Henner, Fromentin, nous guettent, les murs résonnent de l’improbable mélange des pastels, des sanguines, et de vos bras, passagers clandestins de mon corps nacré. Coquillage pour collectionneur d’algues et d’étoiles abandonnées, cadeaux d’un corps à cœur aux moissonneurs des grandes marées.
Qui connaît mieux qu’un pêcheur de hasard, la couleur des yeux des femmes coquillages ? couleur du néant, couleur de celles qui le regarde.
Le temps emprisonne les nuits d’amour, comme les larmes grenat de ceux qui préfèrent les ponts ou les rames glacées d’un quelconque métro…
Vos mains me touchent, vos mains me baignent et me douchent au milieu du plus désastreux vacarme organisé sur la planète, l’espoir de notre nuit se joue dans un écrin de douceur et de douleur, prenez moi dans vos bras c’est là que j’ai envie de voyager!
Votre peau sent le vent et l’orage, faites de la mienne, l’empreinte sombre de votre linceul, puisque mon amour nous partageons la même peur : la puanteur de la mort!
Plantés dans le corps l’un de l’autre, votre iris catalan, uni au de sang de ma vie qui fut bleu en son temps! se fige, vers l’obsédante image du dernier voyage, danse ultime, assaut final incontrôlable, le vent et le feu à en crever.
Vos mains se font plus rudes, violentes et fortes, m’arracher de votre corps me tuerait , je me laisse porter par votre peur et son étreinte, seul espoir d’une éternité contrainte.
Etendus, dans le silence d’une fusion insolite, vous me déchirez pour que le temps n’existe plus, pourquoi me rappeler à l’ordre ? votre désir m’inonde, la charge glacée de votre effort me propulse, à en perdre l’esprit, mon maître m’emporte vers la mort, loin dans le tourbillon de ses yeux de jais.
Souvenez-vous de « la tentation de St Antoine » de Gérôme Bosch,
envolons nous, loin de la vie sur le poisson géant de ce triptyque de perfection et d’hérésie.
La mort n’a plus d’odeur mon cœur, mon amour, ma douceur, vous aimez mon parfum depuis si longtemps, aujourd’hui voulez-vous vraiment en connaître le nom ?
Serrez-vous contre moi, et parcourons enfin sur notre animal ce monde qui nous exaspère.

LISA_ANNA