Mauve

Brown comme alliée et nos murmures
juste cassés
sur l’ombre de ce mur
mon coeur et ses remords
j’ai perdu le dernier point de mon triangle
vérité d’un tissu à jamais enfoui

Marc Amsallem

j’y ai même perdu
l’ombre jamais venue
de tes lèvres
à ce ventre inconnu
rien non rien ne saurait tout cacher
les chairs plaqués entre les cendres et les plâtres
jamais ma peau pour te recolorier
mais j’ai cette ombre à mes côtés

marqué des violons et des tempêtes
sous mon crane
l’idée de tes cheveux qui s’effacent
feuille romantique déjà marquée elle
et je ne saurai l’humidifier
non sans ailes mon ange rien à pacifier
ni les charmes ni les odalisques

ocre et « Judy ocean » juste apparaître
à part être comme naître après un appel
ne chante plus
ne respire plus
laisse moi le hâle de tes seins sur les paumes
les ocres sauront y remarquer ma chair
et l’image de ta peau sur mes fers

C’était une jolie masure l’ombre l’impose
bien à l’abri anonymat épithème d’un temps maussade
je sais pourtant je l’avais acheté cette ruine et ces murs peints je le sais maintenant qu’elle peuple mes rêves

Mauve est plusieurs à chaque endroit ses mots qu’elle « décombre » dans mes pas à chaque pierre sans effacer le mystère elle m’apparaît
je le sais maintenant c’est son coeur qui est gravé dans le mien
on le dit on le dit en chacun de nous se cache une histoire d’amour
amour on le dit même ici s’il est peint laisse ses marques dans mon coeur voisin
il imagine les larmes de joie et je ferme les yeux de peur de tout diluer
je ne vis que de pigments et de ta peau dans ma chair
je ne vide que ce tourment de ne pas savoir te repeindre à ma vie entière
mais j’ai saisi les mots
et en quelques phrases tenter de te dépeindre
accrocher les ombres vierges de mon coeur à tes côtés
à tes ocres mes mots prisonniers…

n’allez surtout pas regretter j’ai succombé
et que j’ouvre les mains je tombe de cette branche
j’ai respiré sans m’habituer tu tendais le bras vers moi
et s’il était d’arbre ton charme l’écho était aussi un parfum
celui de ces cheveux qui coulent au long de tes reins

Pant 05/07

La salle des Ombres

les photos sont de mon ami Marc Amsallem

sdo_general

Des murs noirs au fond
Des volutes de fumée passant dessus, se contournant les uns les autres
Peuplants les ombres, dessinant le ciel sur la tombe, et le cœur sur l’ombre.

Une pluie de pétales de roses, rouge, si rouge, le sang en perle et le parfum qui s’en exhale est un heureux mélange de fleurs et de saveur. Et aussi sur le sol, des monceaux de roses rouges incarnats, des hauteurs célestes, comme d’un épais tapis.

Comment brosser les lieux de mon pinceau
Alors que mes doigts mouillés
Se sont couchés sur ta peau ?

Alors que le ciel de mes ongles recouvre ainsi le clavier de mes pensées.

Cette salle est immense, les lumières s’y cachent et pourtant
Elles ressurgissent en flammes, en flashs, parfois comme des projecteurs photographiques, comme des espaces de studios, chaque espace séparé par un modèle de lumière différente mais sans que cela soit figé quelque part, la lumière, les espaces, les êtres tout cela bouge.

Une musique métallique, industrielle doué de sens
Une voix éternelle de femme qui telle the gathering
Tisse les entrelacs de l’océan dans le même temps

Des femmes enchaînées, des cages, des mats de fer noir qui tombent du ciel.

 

-CHANT 1 –

sdo_chant1

Lisa un pagne de cuir si noir que sa toison s’y mêle
Dance lascive sur “ even the spirits are afraid

Ann Liz 1

ta main posée
comme unique voile
sixteen
corolle obscure
tu voiles mes rêves
de tant de façons
sixteen
et ce baiser sur tes lèvres
presque prêt à m’atteindre
ose, je t’en prie, le lancer
sixteen
tu restes conquérante
regard si froid
mais mon armure est si rouillée
que mon vit l’a déchirée
sixteen
je vais tomber
sur toi m’étaler
couvrir de mon haleine de mes baisers
cette main d’abord
ensuite tout oter
et venir tout prendre moi même
pour te le redonner.

Pant.2004

Ann Liz 2

So vei viver no samba
c’est toi l’hiver
c’est toi ma nuit
dressée là comme une rose
le voile t’enchaine
comme l’ombre colle la lumière au sol
So vei viver no samba
et le sang sur la frange
qui gomme le ciel
et donne saveur à ces tétons
dardés sur ces monts
qu’aiment mes lèvres
à la passion
prise sans gène toute émotion
brise à peine ma raison
et fait fi de toutes mes raideurs articulaires
avec toi s’envoler vers les autres mystères
est ma plus belle cession
tous mes x-amens tout les cycle-hymen
je les passerai sans tarder
pour encore recroiser ton regard

Pant.2004

Ann Liz 4

ferme les yeux
sur ta bouche je veux poser
les derniers de mes baisers
ferme les yeux
de mes doigts mélanger
cette frange ensanglantée
ferme les yeux
mille baisers sur ton sein droit
et finir
par dévoiler ce qui m’ensorcelle
casser le miroir de l’ombre
caresser ta toison
de mes lèvres
plonger ensuite
dans ce coeur qui intime
à nos passions
s’ouvre sur des moiteurs opportunes
au gout de sable et de sel
au gout de parme et de miel iodé.

Pant.2004.

Ann Liz 5

tout mon coeur sonne pour toi
comme le bourdon toute la nuit
tout sonne dans ma tête
mes rêves, ma passion
et le casque de tes cheveux
en pointes effilées
fait feu de toutes mes audaces.
pourquoi sourire est une torture ?
pourquoi revivre tout tes baisers
me donne envie de recommencer ?

je sais qu’un soir tout s’arretera
pourtant mon coeur ne peut
plus se passer de ces baisers
tes lèvres si belles si rouges
ont capturé toute ma raison
je laisse filer toutes mes idées
quand se perdent mes mains
autour de tes seins
caresser ce n’est pas tuer
pourtant je meurs à chaque fois
que je plonge mon vit en toi

Pant.2004.