Jour 20.

Tu vois, si c’était, s’il était une fois. Je dirai, voilà.

J’entends dire souvent :« comment peut-on se regarder dans une glace quand on a les mains couvertes de sang ?»

Alors moi là j’ai envie de vous dire. Regardez mes mains lorsqu’elles seront recouvertes de sang, oui, regardez donc, regardons, comme si là dans ce moment je pourrais me regarder dans la glace pour savoir si, oui savoir si j’ai encore le regard qui est là, qui voit, et pas les yeux sur ces mains, les yeux, collés.

Si ce sang… déjà d’où ? D’une blessure que j’aurais vainement ou réussi qui sait à comprimer, sauver étant tellement mieux vu, encore regard tu vois, encore voilà. Ou d’une plaie, coupure que je me serais faite, comme une défaite inutile bataille contre une boite de conserve ou avec d’ailleurs, on dit toujours contre dans ces batailles alors qu’en fait on se bat avec et pas contre, avec soi toujours et les rôles déchantent et s’échangent. Enfin bref, voilà encore.

Du sang sur les mains comme si aussi j’avais pu, sans savoir comment égorger un humain, je crois pas mais je sais, je sais que tout est possible, que chaque émotion peut être portée, oui portée, et transportée plus haut plus haut et plus loin, que des fois ce loin déteint, et quand les couleurs changent on peut aussi s’attendre au pire, quand les couleurs virent au rouge, souvent ça vire au sang. Tu vois c’est pas le temps de se regarder dans un miroir tu vois, juste par contre le temps de s’écrier, tu voix, jusqu’au point ou, juste au point où plus de voix, et où oui aussi dans ces moments où, les fameux moments où, comme j’aimerais savoir où ces moments nous mènent, et toi aussi je le sais. S’écrier jusqu’à en perdre la voix. Voilà c’est là, drôle de lieu « en perdre la voix » oui c’est un lieu, c’est dans l’espace, c’est là jusqu’à, et ça nous dépasse, ça me dépasse comme si parfois encore… A se fermer les yeux. Oui je sais bien, les yeux se ferment d’eux même, toujours en fait, mais là quand on perd la voix, qu’on y est, ils se ferment encore et ce n’est pas vraiment dans le fait de se fermer que se pose le souci, c’est dans l’ouverture, quand on les ferme en fait c’est parce que là quelque part on veut plus les ouvrir. Quelque part dans ce lieu et dans cet espace je veux plus voir.

Je veux plus. Volonté d’un lieu ou d’un moment ? D’un jeu ou d’un je ?

Voilà. Tu vois en fait, comment se regarder dans une glace lors ? Je te le dirai bien sur, et là si j’étais avec toi comme là, en fait je poserai juste ma main sur ton épaule. Juste. Et lors je la pose et quelques mots. Oui. Comme si.

Un geste c’est comme un lien, c’est me relier, te relier, nous relier. Relier parce que bien sur du lien on en a déjà. Alors relier, oui comme les pages d’un livre, tout à fait. Tu me fais sourire à chaque fois. C’est ça le lien. Nos liens. C’est dans le geste et dans ton sourire qui fait venir le mien. Et même que des fois c’est l’inverse, oui mais des fois aussi c’est l’inverse ou l’envers. Et là c’est plus que du sourire, c’est du rire. Tu vois.

Et puis je sais pas. Je sais pas, et pourtant j’avance. Pas à pas comme plusieurs aussi, plusieurs aussi, ça fait plusieurs pas, plusieurs pas ça mène sur un chemin aussi parfois plus large, comme si, et si oui c’est plus large tu marches maintenant à coté de moi. Et nous sourions. Et nous rions. Et je crois, oui, comme tant d’actes de foi, je crois. Je sais tant que croire souvent limite ; mais là croire ce n’est pas limiter non, c’est aller plus profond. Comme dans une transportée d’âme. Dans un lieu que j’aime à nommer le Noos, où j’y trouve les flux-flots, oui sur la route des vagues oui sur la route des vagues oui sur la route des vagues. Noos et nous. Et juste. Comme un moment de présence et d’être, ou d’être en présence ou, je sais plus je crois. Ou jeu je ou je jeu. Mais maintenant là il est des mots qui coulent, qui découlent, qui se déroulent, qui viennent dans les flots-flux.

Je t’aime. Je t’aime…

 

Jour dix neuf

Jour dix neuf

S’avancer c’est avancer, marcher c’est deux pas, l’un après l’autre. Tu vois D’âme c’est comme l’encre verte, c’est comme la chaise longue, c’est le vent de l’énergie, le temps de la non-phrase qui se présente. Au présent comme un présent. Alors d’heures en nuages, d’heureux nuages, gommés par les cumulus, étonnés par le bruit de chiffons de ces horizons de coton.

Tu avances. Circulaire façon de marcher, s’enrouler, se dérouler, bondir ou rebondir. Face au soleil pour l’éclat de tes yeux sans trop sans trop.

Alors se parer, noir, blanc, face à face ou d’ensemble. Ying ou yang. Sans façon.

Luna. Sola.

Nuitée contre jour, en contre jour, dans le contre se fait jour. Tu avances toujours, tu cales les pas, tu ne cales pas, tu t’avances comme tu avances, d’un pas qui chasse le pas. Sans doute par doute, sans doute par passion, sans doute sans doute aucun ou d’eux. Fin de nuances.

Chaise longue et encre verte. Tu laisses se tracer la trame. Comme tissée envers et contre. Tout s’enroule sur ce fil sur cette bobine sur ce tronc au cœur des roches.

Six aspects à développer comme une luge qui se glissera entre les couches, filant sous les neiges. D’antan se faisant présent. Ton présent.

 

Jour jour qui sont Dits et huit.

« Dans le véritable amour, c’est l’âme qui enveloppe le corps » Nietzsche.

Dans l’âme qui s’enroule autour d’un doigt c’est l’estime et l’intention qui commencent à remonter vers le poignet, le coude, le cou et les lèvres. C’est le regard qui creuse, se creuse pour être rempli par l’autre. C’est le crépuscule qui s’en laisse à la nuit, mystérieux dans le sombre silence. En Attente d’Intention. Des nuits sauvages et douces. Jusqu’à l’aube, avant matin, avant matinée, avant début c’était déjà par ailleurs et là aussi.

Alors délivre moi, si tu crois un peu en moi, alors délivre moi, si tu y as déjà cru au moins une fois…

Sénèque écrivit à Lucilius : « Ton temps, jusqu’à présent, on te le prenait, on te le dérobait, il t’échappait. Récupère-le, et prends en soin. La vérité, crois-moi, la voici : notre temps, on nous en arrache une partie, on nous en détourne une autre, et le reste nous coule entre les doigts. » Et il ajoute : « […] saisis-toi de chaque heure. Tu seras moins dépendant de demain si tu t’empares d’aujourd’hui. »

On nous montre une autoroute, vitesse rapide imposée, pleine de monde, aucun temps de regarder, ressentir, attention prise, surprise même. Impossible de prendre son temps !

Donc. Changer de route, trouver un chemin, laisser toute mécanique artificielle, être nature et vrai. S’avancer où dans le sable ou sur un terreau léger ou gravillonné ou une terre battue rougie. S’avancer pas à pas, à son rythme et se pauser, se reposer, attendre son tour, attendre son temps d’être pris en charge ou noyé sous les baisers. Partir seul c’est pas un plaisir tout le temps, si ça dure. Prendre le temps de se poser sur une aire, sur un coin ombré. Prendre son rythme, ne pas se le laisser imposer. Décider de son rythme. Se retrouver c’est prendre le temps de soi, se retrouver suppose de s’être trouvé, et pour se trouver rien de mieux que le temps de faire les choses à sa propre vitesse.

Et avancer, pas à pas, ou par grands pas si tu as trouvé les bottes de sept lieues. Ou celles de cent lieux. Se permettre le voyage, se permettre l’ailleurs. Car là « tu » est chez toi quand « tu » est toi. Et je pourrai placer encore d’autres choses moi, maintenant que je suis dans le flux flots, la résonance c’est aussi trouver la route dans les vagues, la vague au cœur des routes, au cœur des vies, autour de tout et au cœur de tout. S’auto-riser la lumière comme vue, s’autoriser d’être une porte lumière, et éclairer au sein de la tempête comme au cœur de la vague de nuit. C’est aussi sur la thin red line que cette lampe tempête que toi tu es peut briller comme vie commence et continue. Témoignage du témoin présent. De la présence pour être présent dans la lumière comme dans son temps. Briller en soi comme pour soi, éclairer l’intérieur comme l’extérieur, rien ne nuit. Sauf l’ombre sans partage. Rien de nuit quand la porte lumière s’entrouvre toujours plus grand, jusqu’au deux vantaux.

Je te montre une route, un chemin, le temps pour le saisir. Et te délivrer je voudrais. Alors si tu es lumière porte emporte tout vers moi et moi envers toi comme en vie. Voilà.

Jour jour 1:7

(librement inspiré par Da Silva)

J’essaie pourtant de l’expliquer mais en vain. Je vais tenter de l’écrire dans les chroniques mais sous cette forme ça ne sera pas clair non plus. pas sombre non plus je n’exagère pas je n’exagère plus je ne suis plus là, mais je reste encore pourtant.

Comment alors oui comment le dire si c’est pour rire pour sourire, je respire comme si c’était la fin comme si c’était le début si demain on commençait si ce soir c’est la première ou hier la dernière je n’existe plus… Pas plus que le temps. Je me glisse à la bonne heure et je ne reviens plus.

Tu ne comprends pas je ne suis plus là tout en l’étant je suis si loin et si près. Je deviens danse, je deviens, fluide, je deviens ballon, chat, et enfant.

Je marche sur la plante des pieds je ne suis plus celui d’hier ni du week end tout en étant lui moi toi eux. Je tombe en avent, c’est ici mon dernier jour, comme mon premier, la naissance c’en est un autre, comme je te l’ai déjà dis : je temps n’existe plus, n’existe pas, ne m’excite même plus.

Tu vas me croire de plus en plus fou.

Et même si ça me rend triste, ça me fait encore autant rire.

Je ne rentrerai pas tu sais je suis parti je suis loin de tout, tout de loin je souris je glisse même sur la neige.

Ne m’attendez pas, ne m’attendez plus, je ne rentrerai pas.

Tu m’as confondu avec un autre, un de mes autres, un de moi, un d’ailleurs, un d’ici, un sans âme, un sans ride, un sans, tout sans rien sans lui sans elle sans toi. Tu penses que je suis étanche mais tu penses mal. Je tangue et je glisse comme ce soir je glisse sur le flux flots, je suis Noûs je suis toi je suis moi je suis sans le savoir je sais sans l’être.

Je tombe à la renverse, et je retourne à l’heure d’été sans aller ailleurs que dans le passé, sans imaginer l’espace comme un autre temps, tu penses je ne connais pas les airs, ces mauvais airs, les bons comme les autres, je ne suis plus, je ne suis plus, je suis là mais plus encore, tout à la fois me glissant dans la neige, tout à la fois me chassant sans cesse je suis fumée et je me fonds dans le bitume, même à des heures indues, même au fin fond de l’inconnu.

Je suis loin et je pars encore je suis dense comme je suis danse et le flux flots c’est aussi moi et le Noûs grandit vers l’infini et pourtant il y a aussi toi et moi de relié mais tout est dans tout et bientôt je suis serai tout. Je me noie dans les flux flots à en respirer encore plus fort, plus profond. Tout me traverse tout me transperce.

Ne m’attendez pas, ne m’attendez plus, je ne rentrerai pas.

Je ne suis que cet inconnu qui s’ouvre porte après porte comme toi même l’a été ma Porte-Clé, toi qui m’a ouvert à tout comme à rien en même temps tu m’as confondu avec un autre, moi je tire des traits, et je cours devant les courbes, je suis le cercle au fond du trou comme le trou autour du monde.

Tu dois me croire de plus en plus fou.

Et même si ça me rend triste, ça me fait encore plus rire.

Je ne rentrerai pas tu sais je suis parti je suis loin de tout, tout de loin je souris je glisse même sur la neige.

Ne m’attendez pas, ne m’attendez plus, je ne rentrerai pas.

 

Jour Seize

« Je sais ce qu’est le passage des jours, je sais sans le voir car je ne masque pas, non.
Devant les yeux ou sur le coeur, une main n’est qu’une main, elle ne peut pas être un masque.
Elle ne peut être que cette main qui te touche aussi, qui s’envole vers toi, qui devient toile avant l’étoile, qui parle haut comme je passe bas, si si m’engouffrer sous tes jupes toi fleur et pétales moi ruse et silence ayant toutes ses mains et plus aucun masque.
L’amour se joue au présent, jamais dépassé ni trop là, plutôt ici en fête. »

Amadeo Venturi.

Et s’il parle lui moi j’ai l’émotion, j’ai le calme humour qui se voile qui se hausse en misaine avant de déferler lentement lentement et plus profondément encore plus. Inonder c’est prendre l’eau, prendre l’eau c’est couler et c’est boire, prendre l’eau c’est un mensonge qui assoiffe une vérité avec sévérité. J’ai de l’humour quand je parle trop de la tendresse et qu’elle s’entame par le début avant de commencer, avant le début c’est déjà commencer, comme après la fin ça continue toujours. Les étoiles l’ont dit quelque part, je brille tu brilles il brille je ne m’éteins pas tu ne m’éteins pas nous brillons vous brillons ils brillons. Et elle aussi elle aussi comme un phare qui s’avance dans son intense stabilité.
Au bord de la route dans les vagues qu’il y ait un phare spécial n’est pas autre chose que surprenant, c’est mon cadeau, mon don, ce talent offert qui place les mots autour des vagues pour construire je ne sais des histoires comme autant de flots flux qui me traversent pour aller vers…
Aller vers… encore une histoire de valeur, ou de croyances, ou de foi, ou d’histoire, croire ce qu’on raconte pour le raconter c’est le moindre. raconter ce qu’on croit pour le raconter ailleurs c’est le moindre. Je nais du moindre je sors du peu je vais vers ce qui est large vers ce qui immense est vague autour de la roue vers ce qui intense part tout autour tout autour en bandeaux d’ombre et de vents comme si je tisse comme si je tisse si je trame une maîtrise encore une maîtrise d’art. Et si de l’abeille je maîtrise dard j’étincelle j’éteins cèle en brillant je ferme je clôture j’encadre pour déterminer, déterminer pour empêcher que ça se termine.

Je détermine tant. Voilà, temps à déterminer, donc je détermine.

Et je vais imaginer la suite pour qu’elle advienne, tout ce qui est bien rêvé ne peut qu’exister quelque part comme ici ou là ou encore ou encore.

Voilà je détermine voilà. Bien encadré.

Jour 15 en quinte flush.

A vouloir avoir on passe à l’autre on se coupe d’un au revoir, d’un heureux voir.
Tu t’envoles dans un plein de charmes, de l’autre coté du miroir là où se teint, montre son attrait des différences, l’amour.

Et dans les pleins et les déliés, les pertes de chaines et les nouvelles attaches, les jeunesses soulevées et les vieillesses tranquillisées, là il y a émergement encore. Les flots flux au moindre détour, au moindre coin de l’œil, au moindre soubresaut de l’onde. Ensuite ça coule vif, dans cette vague vivace et vivante, ça coule partout, ça se répand comme l’air dans un vaste volume, un air un peu troublé par des particules de lumière, un air un peu chargé de sentiments valorisés.
Et quand c’est là, ça peut devenir plus intense, plus vif en couleurs, en mouvements, en âme comme en cœur il n’y a aucune limite que notre volonté.

Et dans l’oubli les roses, dans le souvenir les pétales qui s’envolent dans un air léger, où qui s’envolent légèrement dans l’air, c’est selon et c’est aussi léger. Toujours plus d’ailleurs comme ici et là.

Les roses rouges ou blanches et saumons qu’elles pourront remonter les flots flux, pour essaimer, se multiplier dans tous les espaces et les vagues autour de la roue dans les vagues. Et là pour l’écureuil un vaste espace pour la ballade, se promener dans les senteurs et les couleurs. Un pas à pas, pour avancer, s’avancer, un pas à pas avec les bottes de sept lieues aussi, un pas très large.

Un pas immense car vaste comme l’univers soi, comme l’univers l’autre.

Marcher sur cette longue route, ce chemin qui traverses tous les obstacles et les joies, toutes les beautés et les peines, qui traverses en traversant, marcher ou courir parfois, ralentir et prendre le temps ou courir avec tout son temps, marcher dans un espace vie dans un temps vie, tissé d’en vie, tramé par envie.

Kaizen, prendre le temps d’ajuster, d’embellir, de poser la beauté comme terme, la majesté comme univers comme passion, être royal dans une royalité magique, tout ce qui se germe de nous parmi les fleurs roses tout ce qui pousse hors de nous et de nous constitue règne et détermine la royalité de l’instant couronné d’or et de précieuses pierres.

Ô temps de diamants pour toi, ô tant de rubis pour toi, ô temps d’émeraudes. Te laissant le gout de la couleur et de ses sens intimes, tout pour te permettre d’être dans la royalité de l’instant.

Voilà.

sur la Royalité, un petit texte de 2004 :

Réalité.Oralité.Royalité

Réalité. Lorsqu’on avance sur une avenue, lentement, laissant la musique pénétrer doucement le corps, laissant les os résonner aux rythmes languissants des tressautements de la chair. Quelle est donc l’apparence de l’être, est il plus vrai quand il brille dans la lumière, ou est il encore quelque chose quand il est perdu dans l’ombre de la nuit obscure. En fait on retombe sur la question classique : « un bruit dans la forêt, s’il n’y a personne pour l’entendre, est ce encore un bruit ? » l’être par là même dans la pénombre est il encore quand rien ne l’éclaire, quand personne n’est là pour le ressentir ? En l’état Descartes dirait oui, car un être se pense et par là même se crée et est. La création se redéfinit à chaque instant et se perpétue elle-même dans cette action. Est-ce que cela veut dire qu’elle se suffit à elle-même ? Qu’elle récuse l’existence d’un esprit créateur ?

Oralité. Comme un cauchemar séduisant qui accorde sa primeur efficace à l’apparition de cette dangereuse lunaison. Et ce tango qui s’efface, qui nous délaisse, mais jamais complètement, non, il n’abandonne pas, il délaisse, et revient, pénétrant séducteur, accaparant l’être, ne laissant que le paraître sans intérêt. Oralité qui se perpétue dans le cri, tel celui de Munch, cri qui exorcise justement cette causalité d’être.

« Royalité ». Justement, cette musique, légendant les rivières sur mes os, marquant sa cadence sur les rives de ma chair, cette musique, abrite dans ma « royalité » une autre atmosphère. Sur cette avenue là, je cabriole, je roule, je saute en rythme, je suis une roue mystique, qui chante, qui se laisse jouir de l’instant. Et ce qualificatif normatif et néologisme de « royalité » d’où germe-t-il ? Dans l’espace de l’En Sof, il est une ombre royale. Dans cette ombre où la lumière danse depuis les origines, dans cette ombre, la musique y fait corps, et j’en suis sûrement un des instruments de jouissance. Dans cette ombre se cache peut être l’essence d’une autre réalité, une réalisation plus proche de l’être, plus proche du sens premier, une ombre où la lumière se cache en mon linceul, et danse sur ma tombe opaline. Une ombre où mes os sont sucre et miel, et où l’acacia m’est connu, et présenté, à une fête, et où l’acacia y est une dame fabuleuse qui porte en germe le parfum enivrant des plaisirs de l’être réalisé, « royalisé ».

Jour 14et.

Se rencontrer. Captiver par le regard ou ouvrir les espaces entre L’autre et Soi ?

D’une lune est l’Autre. D’un soleil mène à l’Un. S’ériger c’est se dresser se montrer prendre racine dans le haut, s’ériger c’est aller vers le G finir en haut ciel, commencer en ciel haut. Bleu.

Captiver le regard comme si prendre tout comme fascina * comme érigé, dressé, capture l’instant ou capturer l’essence de… Ouvrir les espaces dans un Noos intensifié, ouvrir car c’est lien dans l’Espace qui Lie. Et si l’Amour c’était juste un lien, juste. Encadré par le juste, entouré par le juste. Et si la Rencontre c’était encore un lien, un fil d’or ou d’argent, un fil libre qui s’attache.

Encore une histoire de flots flux ; une eau qui perle sur la peau, qui coule vers… une onde miracle et mirage pleine d’images de rêves et de créations, encore une histoire de flux flots où tu t’emportes quand tu parviens. Parvenir, venir par… l’onde et les flots se chevauchent sur d’autres liens, tressés, tramés, tissés. Nos vies ne sont que tissages, explorant les horizons qui des fils portent vers… notre horizon personnel, là où chez moi la roue dans les vagues cède sa place à la route dans les vagues, là où, montagnes surgissent s’érigeants en capitales sur un terrain neuf.

Rien d’autre qu’une histoire de monde, là où sauvage je cours, là où tranquille je rêve, là où fort je m’esquive, là où rusé je cherche le tiers chemin. À la coupe du plaisir je préfère à toute faim celle de l’Amour, à la poursuite du bonheur je savoure encore mieux et pleinement la fleur cueillie, à la Justice je ne sacrifie aucune vie sauf celle que je veux offrir.

Je ne porte rien d’autre que ce qui ouvre, je ne suis rien d’autre que celui qui est, je ne veux rien d’autre que ceci ou cela. Et à la toute fin si je signe c’est d’une étincelle, si je met un point c’est finalement et non pas final. Si je ferme le livre c’est dans le rêve que s’ouvre la suite. Et quand le rêve m’apporte à toi c’est autre chose qu’une réussite, c’est autre chose qu’une suite.

Autres choses et rêves portés.

Voilà.

* Voir le sexe et l’effroi de Pascal Quignard.