Catégorie : Chroniques du Poisson Silencieux

Des-dits-cassés

Des Dits Cassés

 

Dédiée et peut être dédi-cassée, car il y a des heures cassées aussi, cassées en 130 morceaux et en tant d’étoiles encore vives, il y a des mots qui s’ouvrent d’espace entre teintes, éteintes et déteintes alors dédiée et là oui dédi-cassée intensément et totalement :

à l’époque qui s’agite entre molle et feule; aux musiciens qui brûlent et se percent au travers des sons et des larmes, je m’en souviens, je m’en souviens;

aux étoiles et aux caractères bien trempés, bien trempés de larmes et de sang, je m’en souviens, je m’en souviens;

aux langues étrangères et qui tordues parfois se laissent tomber, briser, abîmer sous le joug de croyances lourdes et explosives, je m’en souviens, je m’en souviens;

aux soldats et policiers qui arpentent et sauvent, arpentent un horizon loin de frontières et des limiers qui courent au Diésel, au feu, au feu, rouge et vert et orange et bleu et caressé par les mains tendues, je m’en souviens, je m’en souviens;

aux jeunes et hauts vieux aux hardes déchirées et aux longues robes, aux cotons imprimés et aux soies riantes et rouges et passions, à tous les corps de flammes, je m’en souviens, je m’en souviens;

« Les vitres sont givrées
Pas de nature ! »

aux bougies qui se fondent dans la nuit, aux drapeaux bien drapés, aux montagnes qui sont tombées, aux plaines qui se haussent, et au fond de tes yeux, au fond de tes yeux, là où il est d’où ce feu, je m’en souviens, je m’en souviens.

Patrick Duquoc

Broken et Entier

Puzzle

 

Plié, replié,
fermé, renfermé,
mis à bas, brisé et recollé,

La raison elle s’en est allée, la raison elle s’est étalée

Plié en plein recueillement, ne sais ce que trouver, ne sais ce que chercher
gris et lumière, ombres et blancheur, et des morceaux qui se tiennent ne se lâchent plus se rejoignent se reviennent

Drôle de posture que se revenir et rejoindre comme si tomber et ne pas se relever, comme si tomber et se relever, comme si tomber et toujours pleurer, comme si tomber et encore saigner, comme si… nager était courant dans ces océans de larmes.

Prise de force, assailli, brusqué et pourtant ne tremble plus
demain soir c’est le réveil c’est le tigre en ce moment que raconter et rencontrer, c’est sa fourrure qui assure et rassure, ce sont ses dents qui seront mains, ce sont ses pattes qui diront mots.

C’est son partage entre tous ses bonds qui fera jaillir au coeur, car oui c’est de force que sera paré le coeur, de puissance dorée, de visages recueillis

Et courir, courir au devant du soleil, et demain soir…

Un café à la Belle Equipe, avec toi, elle et eux, toutes celles et ceux, tout ces corps et ces coeurs, tout ce qui touche, entre noir et blanc, entre noir ou blanc, touchant et troublant, trou blanc jaillissant

Car oui ainsi est le refus, le rejet de ce grand trou noir, au néant qu’il retourne
a jamais
parmi toutes les autres ombres
et nous laisse à la lumière.

Patrick Duquoc

Même si cela ne finit pas un rêve pourtant là c’est comme la fin du rêve vois-tu

Même si cela ne finit pas un rêve pourtant là c’est comme la fin du rêve vois-tu

Je ne sais pas aller jusqu’au bout oui Blaise ce sont tes mots qui s’avancent vers les miens et c’est un mythe c’est comme à la fin du rêve vois-tu c’est un mythe comme lorsqu’elle y a enterré son puits et qu’alors tous les temps sont morts aux racines du monde du fond de mon cœur j’y avais parfois été un enfant et toi aussi peut être et toi aussi aux cheveux longs et cette longue natte brune que tu faisais danser dans le moindre de tes pas sur les pavés dorés si dans le moindre je m’y étais reposé avant que tu ne le fasses car cela ne finit pas un rêve même si pourtant c’est tout comme à la fin du rêve et que le temps est un concept qui va souvent très bien avec les belles mécaniques et toi non toi non tu n’es pas une mécanique lorsque tu es si belle

Même si cela ne finit pas un rêve pourtant c’est comme à la fin du rêve vois-tu alors j’avance quand tu cours et je cours quand tu t’arrêtes et même à la fin du rêve ce n’en est jamais la fin tu es là mes yeux dans les tiens mes yeux comme un frein oui là quand tout s’arrête dans tes yeux ou dans les miens et que les larmes reviennent quand elles quittent ton cœur qu’elles reviennent à moi car rien ne se perd quand les larmes reviennent quand elles quittent ton coeur

Même si cela ne finit pas un rêve pourtant là c’est comme la fin du rêve vois-tu j’ai les mots pour ces caresses sur ta peau j’ai les mots et ces lueurs électriques un tonnerre d’éclairs sur l’eau forte du Mékong un étonnement d’air et d’autres tambours d’une phrase éparse d’à peine les mots et où les cris d’amours se lovent oui tout autour c’est là mes yeux se voulaient des proies anciennes ces licornes chassées pour leur cœur plus que pour leur corne et tout à coup sur ton souffle j’ai senti une larme une larme d’or ou de feu celle d’Alexandrie ou de Nagasaki c’est pourtant si loin et si semblable car le ciel use des mêmes nuages des mêmes courants aériens et parfois même le sang qui y coule a la même couleur et la même odeur celle du fer qui rouille aux regrets des mécaniques célestes alors j’y ai traîné mes pas là bas sous le sable car j’avais vu tes seins se dresser hauts dans le désert alors je courais sur les sables tambours j’avais le sang le rythme dans l’appeau à cet instant à ce chant tortueux ou torride car j’avais le cœur en chasse dans cet horizon carné comme aux temps sombres des ordres noirs j’avais le cœur en chasse et je courrais vers tes seins j’avais le cœur en chasse et où était ce je tapis que la caverne d’Ali Baba puisse apparaître au coin d’une dune mais c’est madame la fée qui maquille les sables quand je cours c’est madame la fée qui maquille les larmes quand je me pause qui trempe le sol pour le faire durcir quand je n’ai plus de souffle et laisse traîner partout de grands panneaux où le mot « Attention » est écrit en douze langues pourtant aucune que je ne puisse comprendre mais je le sais avant oui avant tout je le sais surtout quand le sable tremble

 Même si cela ne finit pas un rêve pourtant là c’est comme la fin du rêve vois-tu c’est dans l’attente que j’ai l’attention et je te l’apporte en courant en courant pour te faire arrêter pour que tes yeux et mes yeux nous fassent le grand STOP et finir au galop oui finir même si c’est jamais la fin pourtant ça recommence sans arrêt et c’est pour cela que je cours pour que tu t’arrêtes et j’ai les larmes qui peinent qui coulent qui arrivent avant la fin même si c’est jamais la fin et que tout commence et recommence

Même si cela ne finit pas un rêve pourtant là c’est comme la fin du rêve vois-tu oui c’est là Coventry quand les bombes sont tombées quand le silence forcé à fait tant de morts pour sauver le secret pour sauver le secret tout se meurt dans la nuit même si ça ne meurt jamais d’ailleurs ou d’ici et que ce ne sont jamais que des mots et c’est quoi dis moi ce « jamais que des mots » combien ça en comporte combien il en faut pour taire le secret pour qu’il vive dans ce torrent de feu souterrain

 Même si cela ne finit pas un rêve pourtant là c’est comme la fin du rêve vois-tu un jour prochain sera la trêve et même là ça me rappelle mes seize ans sur la place des étoiles à Baïkonour avant que ce rêve ne deviennes un satellite de rouages et de rouille et j’avais si soif alors que la neige prenait vie elle rampait vers moi sans forme ni souvenir mais avec tant d’espoir et de promesses et là Carl qui tirait sur le Don en me criant que j’étais un si mauvais poète oui il le disait en tirant sur le Don et ça me faisait mal moi qui n’ai que cela en moi même si cela ne finit pas un rêve là pourtant c’était comme la fin du rêve du mien ou du tien avant qu’on se rencontre il existait encore ce rêve sans fin qui sans fin se nourrit de mes souvenirs des temps oui des temps où se calfeutrer se cacher nourrissaient nos âmes qui déferlaient dans la mer d’Azov dans ce tonneau sans fond des danaïdes autre époque autre errance autre béance qui se faufile dans les abysses et les doutes

 Même si cela ne finit pas un rêve pourtant là c’est comme la fin du rêve vois-tu je me méfie des détails qui se tirent de ces canons lourds de papier je me défie des détails et là tu défailles tu te retournes tu dérailles dans un nuage de tempête qui s’envisage dans le cœur de personne là où le son passe comme tu le sais c’est par qui le son passe et là au coeur du givre ce ne sont plus que ruines sur le transsibérien ou peut être veux tu m’entendre rire et dire Транссибирская магистраль quand dans l’Orient tu t’expresses à me fuir tu t’empresses je m’expresse et voilà ça fuit c’est çà l’amour quand le vent de nuit s’engouffre dans ses tuyaux mais dis moi dans quel sens ça fuit ça rentre ou ça sort ça entre dans le décor ou ça s’étage sur la fusée Saturne avant les bruits du lancement même même oui si je les cache ces mots au travers d’autres car voilà quand il faut dire le secret tout doit rester en code tout doit devenir chiffre et se nicher ailleurs un qui part au sommet de la tête deux qui se referme sur les mains trois qui tombe entre les jambes et j’ai peur j’ai peur je ne sais pas aller jusqu’au bout et ces autres chiffres je ne peux les dire je ne peux rien en raconter car le trait trace le calame et c’est dans les trous que les chiffres tombent perdus à jamais

Même si cela ne finit pas un rêve pourtant là c’est comme la fin du rêve vois-tu comme à la fin et que ça commence tout de même parce que le rêve c’est en moi ou c’est en toi et que le commencement c’est en toi comme en moi et pourtant je suis triste quand enfant du haut de mes quatre ans j’ai dénudé le fil de la lampe avant de le plonger dans la prise électrique à pleine mains et là tu vois d’où ça vient l’électricité sur ta peau quand je la touche c’est du rêve qui ne sait pas qu’il est sans fin car oui

Même si cela ne finit pas un rêve pourtant là c’est comme la fin du rêve vois-tu…

Jour 23 – Esquisses d’un quotidien

Exprimer en quelques mots ce qui fait les bons de ma journée. Les bons échos, les bons moments qui sont l’aube de ce qui se passe ensuite. Et restent toujours là en moi, s’intensifiant, s’inscrivant dans mes heures gènes. Là où temps éclair.

Franchir la porte.

Trouver la musique, y poser mon coeur, mes mains, mes ombres et mes lumières. Regarder, ressentir, comme s’inscrire, comme être écriture sur soi. Noter chaque sursaut, chaque rebondissement lors que le ballon, la balle, est là en moi, ou là moi.

Tu ne comprends pas je ne suis plus là tout en l’étant je suis si loin et si près. Je deviens danse, je deviens, fluide, je deviens ballon, chat, et enfant.

être dans la marche, dans l’avancement, dans l’avancée, emportée par les pieds, pose dynamique de l’avant du pied, comme une chute un entrainement une dynamique, une presque danse où chaque pas est un emportement. Et l’aube, la lumière, la mienne apparaît aussi dans le souffle privilège de l’asthmatique. Qui m’a appris à lire à comprendre ce geste des poumons et sa liaison au monde intérieur et extérieur.

Je marche sur la plante des pieds je ne suis plus celui d’hier ni du week end tout en étant lui moi toi eux. Je tombe en avent, c’est ici mon dernier jour, comme mon premier, la naissance c’en est un autre, comme je te l’ai déjà dis : je temps n’existe plus, n’existe pas, ne m’excite même plus.

Comment alors oui comment le dire si c’est pour rire pour sourire, je respire comme si c’était la fin comme si c’était le début si demain on commençait si ce soir c’est la première ou hier la dernière je n’existe plus… Pas plus que le temps. Je me glisse à la bonne heure et je ne reviens plus.

Arrivée à la gare. Écouter le croisement des lignes dans le paysage. Synesthésie entre la musique le paysage et moi. S’inscrire plus large et plus grand, agrandir le cadre et se lancer à l’écoute de la résonance, de l’écho.

Prendre le train, se laisser prendre. Toujours accompagné dans l’accompagnement. Seul et multiple.

Se laisser couler dans l’esprit, dans le corps, se laisser couler et mieux nager, apprendre, se tendre vers les profondeurs, y trouver les échos lumineux les brins d’énergie qui dorment encore dans cette telle intensité de vie. Le sommeil du rêve là où tout s’est mit Vie. Là où quand là et quand Vie tourne cadencé.

Et toujours le rythme interne et externe toujours trouver l’écho du grand cadre. La vie est une pièce de théâtre disait Will, la vie est une pièce de Vie, unique et majestueuse dans une Royalité intense. Tout se lie, tout est lié par le cœur de nos regards.

Les ombres positives, les flash de lumière, leurs échos dans ma chair qui se met vibration, éclair harmonique entre le passage les bruits du métro, superposition synesthésique entre les ombres, les bruits cadencés de la ligne 2, la musique dans mes oreilles, les échos en ma chair cœur esprit. Expérience sprirituelle ? Je ne me la cache pas, ni à moi ni à vous. Religieuse ? Certainement là ou religion est relier. Relier alors relions. Relire ce qui relie en laissant tout se qui délie. Il y a tant de cœur à trouver partout dans toutes les sagesses écrites et vécues. Que je ne marquerai jamais ces mots sous le sceau unique d’une église, mais tout au contraire d’une ecclesia majestueuse englobant tout le vivant.

Voilà quelques uns des moments vécus au quotidien et leur emplacement dans ma journée, dans ma semaine, dans ma vie. Apporté par mon expérience de l’auto hypnose, apporté par mes formations, mes rencontres avec Kevin Finel, enclenché par mes belles rencontres avec Nathalie Roudil Paolucci, Pierre Alain Pérez. Et l’homme qui fut au début de ma boucle au juste bon moment Frédéric Vincent et l’autre bout de la boucle sa formation PNL-H où depuis je creuse encore plus loin grace aussi à ses techniques de zéro mental que j’ai agrémenté de mes ombres lumières personnelles. Mes échos encore une fois se nourrissent si bien de ce qu’il m’a apporté. Et je vous oublie bien sur pas toutes mes amies et mes amis croisés lors des beaux moments.

Je vous laisse lire cette suite qui est une de mes chroniques du Poisson Silencieux. Qui est écrite sur les échos d’un quotidien que j’ai tenté d’exprimer sur ces quelques mots de façon plus claire.

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(librement inspiré par Da Silva)

J’essaie pourtant de l’expliquer mais en vain. Je vais tenter de l’écrire dans les chroniques mais sous cette forme ça ne sera pas clair non plus. pas sombre non plus je n’exagère pas je n’exagère plus je ne suis plus là, mais je reste encore pourtant.

Comment alors oui comment le dire si c’est pour rire pour sourire, je respire comme si c’était la fin comme si c’était le début si demain on commençait si ce soir c’est la première ou hier la dernière je n’existe plus… Pas plus que le temps. Je me glisse à la bonne heure et je ne reviens plus.

Tu ne comprends pas je ne suis plus là tout en l’étant je suis si loin et si près. Je deviens danse, je deviens, fluide, je deviens ballon, chat, et enfant.

Je marche sur la plante des pieds je ne suis plus celui d’hier ni du week end tout en étant lui moi toi eux. Je tombe en avent, c’est ici mon dernier jour, comme mon premier, la naissance c’en est un autre, comme je te l’ai déjà dis : je temps n’existe plus, n’existe pas, ne m’excite même plus.

Tu vas me croire de plus en plus fou.

Et même si ça me rend triste, ça me fait encore autant rire.

Je ne rentrerai pas tu sais je suis parti je suis loin de tout, tout de loin je souris je glisse même sur la neige.

Ne m’attendez pas, ne m’attendez plus, je ne rentrerai pas.

Tu m’as confondu avec un autre, un de mes autres, un de moi, un d’ailleurs, un d’ici, un sans âme, un sans ride, un sans, tout sans rien sans lui sans elle sans toi. Tu penses que je suis étanche mais tu penses mal. Je tangue et je glisse comme ce soir je glisse sur le flux flots, je suis Noûs je suis toi je suis moi je suis sans le savoir je sais sans l’être.

Je tombe à la renverse, et je retourne à l’heure d’été sans aller ailleurs que dans le passé, sans imaginer l’espace comme un autre temps, tu penses je ne connais pas les airs, ces mauvais airs, les bons comme les autres, je ne suis plus, je ne suis plus, je suis là mais plus encore, tout à la fois me glissant dans la neige, tout à la fois me chassant sans cesse je suis fumée et je me fonds dans le bitume, même à des heures indues, même au fin fond de l’inconnu.

Je suis loin et je pars encore je suis dense comme je suis danse et le flux flots c’est aussi moi et le Noûs grandit vers l’infini et pourtant il y a aussi toi et moi de relié mais tout est dans tout et bientôt je suis serai tout. Je me noie dans les flux flots à en respirer encore plus fort, plus profond. Tout me traverse tout me transperce.

Ne m’attendez pas, ne m’attendez plus, je ne rentrerai pas.

Je ne suis que cet inconnu qui s’ouvre porte après porte comme toi même l’a été ma Porte-Clé, toi qui m’a ouvert à tout comme à rien en même temps tu m’as confondu avec un autre, moi je tire des traits, et je cours devant les courbes, je suis le cercle au fond du trou comme le trou autour du monde.

Tu dois me croire de plus en plus fou.

Et même si ça me rend triste, ça me fait encore plus rire.

Je ne rentrerai pas tu sais je suis parti je suis loin de tout, tout de loin je souris je glisse même sur la neige.

Ne m’attendez pas, ne m’attendez plus, je ne rentrerai pas.

Patrick DUQUOC….*

Jour 22. sous les auspices de l’opus 35.

« Jouer de ce violon plein de cendres, jouer avec les oiseaux sur la crête, jouer avec Sara comme avec toi Carl, jouer pour ne pas rêver, oui jouer, ne pas rêver pour ne pas aimer, oui jouer, ne pas aimer pour ne pas souffrir, oui jouer, et se perdre, encore »

Je ne vis que d’écho, en écho, ces échos. Et je ne suis qu’écho d’ailleurs là ou souvent, je m’envole avec mes mots, et je reviens avec les tiens Anatoly . Je m’approche de nos limites, oui. Je m’approche car c’est proxémie, c’est là c’est ici c’était toi, c’était moi, et là c’est Jeu, un Je pluriel, voilà Jeu c’est Je pluriel, c’est le jet du dé, c’est le lancer, c’est le retomber, le mouvement. C’est le rebond. Et qui colle là qui colle aux doigts, au  je dois ou je choisis, je dois ou je dois ou… Mais alors choisis le choisis !

« Et si tu vois bien, mes bouts de doigts sont bleus alors où s’abreuvent comme tu le dis nos limites, qui tiendra le col et moi la corde et qui restera alors pour chanter l’ode si trop s’en va d’ancien et qu’alors rien de neuf ne se pose sur le violon de mon coeur. »

Si tu laisses aller ce violon, jusqu’au bout de la tension sur une fin de note bleue , un scherzo, juste. Si tu t’abreuves comme tu le dis de tes limites en bleu, celle du Jeu, comme si énergie est dans ces limites, comme si plonger, transforme tout, transporte tout, transfère les émotions au dedans comme au dehors ou si l’inverse n’est pas encore plus intensément bleu, si l’inverse intensifie encore cette harmonique. si d’avancer sur la note que tu poses, l’ode à la fin, l’ode a faim et se rapproche. Mais jusqu’où aller, jusqu’où ?

« Et sous la nouvelle étoile que fait le bruit du violon quand on s’en pince des cordes raidies sous le froid du désert ? »

J’entends moi le bruit du violon tu vois, le concerto pour violon en D majeur, l’opus 35 de Tchaikovsky. Comme des ailes ouvertes dans le désert, comme si chaque note laissait planer quelques grains de sables dans une lumière saturée. Comme si sous cette nouvelle étoile la nuit prenait feu, si la lune jaillissait de toutes les ombres, si elle oui elle nous approchait de  ses lèvres. Comme si. Et si je suis avec toi, là t’ouvrant quelques portes, laissant entrebâiller les possibles, dans un antre sommeil qui n’est pas lui, mais qui peut être là sous cette nouvelle étoile comme tu la vois, juste comme.

« La mort est rose et la vie est douceâtre/ les violons sur la paume plutôt les cordes et le vin plutôt que les palmes seules/ la vie dans l’eau et le combat de trop/ un/ deux / trois/ c’est ça ferme les yeux je n’y crois pas/ non ne plus croître après tout on ne croit plus rien »

Et toutes ces croyances qui éclatent quand tu parles de la mort rose, car tu laisses le vin mouiller les cordes et cela gâche un peu ton jeu. Laisse le vin à sa place, dans la coupe à tes lèvres, laisse le vin se faire partage comme la musique. Partage de l’eau, de la vie, partage de l’intention qui mène plus loin toujours, un, deux, trois, plus loin encore.

« Je ne sais plus dormir mais plus calmer mes peines non plus ni savourer l’amertume du chêne ni prendre en bouchon le liège pour fermer la bouche et ne plus affronter les mots ni laisser le violon prendre son temps ni ne plus arrêter mes doigts je ne sais plus mais je le rêve »

Tu ne sais plus dormir Anatoly, mais tu dors, tu dors et tu rêve, quand tu fermes les yeux, que ta respiration se calme, se fait plus profonde, c’est calmer tes peines, c’est savourer ce qui est bon. tu vois le rêve déjà, tu es dedans, comme dans un salon immense où chacun peut avoir sa place, son espace, intime dans un extime. Un temps présent, cadeau, espacé par ce qu’il veut pour s’espacer.

« quand le soleil te fait plisser les yeux c’est l’ombre qui se cache devant tes pupilles, quand le soleil au goût de la lune s’enflamme c’est pour brûler les traces de nos mausolées »

Et tu reprend ce voyage avec mes mots, oui se laisser plisser les yeux, déjà les fermer, les ouvrir à la danse sur la face interne des paupières. laisser aussi le goût changer, comme si une impression neuve peut tout changer et que là tu peux avoir le goût de la lune dans ta bouche ou dans ton coeur.

Je te laisse terminer Anatoly. Car tout dans tes mots, tes impressions, tes regards, tout est voyage. tout s’écarte pour te laisser passer. Et se resserre pour te garder.

« J’ai fait un voyage au long pays de brume, seul au matin les couleurs de la fortune, aux gris de graisses cuites à coté des cuisines et le chant des oiseaux joyeux au matin. J’ai fait un voyage sans mon violon. Dans les bras de ma mère comme dans le silence, les chemins de terre à la calme confiance. C’est ici notre Mère. « 

Dans les bras, de ta mère, c’est ainsi. vis le encore plus intensément, autant que tu le veux. Et qui sait peut être plus encore.

« Fuis au fond des sources, fuir au fond des terres pour éviter la ville, pour éviter la ville et ses décombres, et ses morts innocents, fuir au fond des forêts où je pourrai composer et comprendre, ou comprendre et composer, et laisser le violon jaillir comme l’aube »

« Jouer de ce violon plein de cendres, jouer avec les oiseaux sur la crête, jouer avec Sara comme avec toi Carl, jouer pour ne pas rêver, oui jouer, ne pas rêver pour ne pas aimer, oui jouer, ne pas aimer pour ne pas souffrir, oui jouer, et se perdre, encore »

Jouer c’est ainsi que tout commence là où aussi ça finit.

Et je vais laisser Anatoly avoir le dernier mot. C’est avec les mots suivants qu’il est parti.

 

“Il est encore venu mettre ses pas au fond du silence accompagner la danse regardez mieux le ciel s’affranchir des rumeurs comme des humeurs peut être finir en transe

Elle est encore aimée elle ne sait pas qu’au fond de la science se torturer tue la cadence pour encore suivre l’étape de la chair en principal elle ne laissera aucune issue le sexe n’est qu’un hommage à la chair si l’amour est un nom mage contre la perte

J’ai tenu des violons sur Vérone sur Prague et j’ai balancé des crédences dans la Volga mais ce n’est plus un jeu c’est le vent qui pousse le temps vers la tempête orage sur le fleuve avant le grand incendie tu parlais d’une petite fille à la robe de sang tu en parlais mais je la connais elle est gravée sur mes mains qui glissent sur les cordes un document aux réfugiés qui continuent le chemin sans le connaître et sans le voir oui tant que le vent qui nous pousse est dans nos têtes il n’y a plus de place pour la raison

J’ai tenu des violons en pure perte mes mains étaient trop contractées pour en jouer voilà tu le sais Carl mon jeu n’est qu’une parade à la fragilité qu’une parade à la mauvaiseté du monde et de l’homme son chien”

 

Anatoly Tchervenko

B-rève de 21.

Faut il aller où coeur nous attire ? Ou plutôt se laisser pousser vers… par celui ci.

Où là enfin comme là ?

Je me penche sur les flux flots a les toucher de la langue. Là je tremble larmes au bord comme au nord. Le génie du chaos aux limites déambule. Se frotte contre ma langue. Alors je me couche sur le flux flots.

Tentant. Entêtant. Entêtement.

Irriguer de ma sève. Nourrir. Laisser fuir le chaos. Chose. Tu vois. Ou tu ressens.

Toi Fleur. Toi Rose. Toi Pétales tournés vers le soleil. Aimant l’amant. Aussi voyant venir nuage avec joie. Désir. Envie.

Amour aussi dans nuage. Unité d’un rôle non défini mais si tant décidé. Alors voilà. Ce qui est. Sera.

Et à têté, sur ma tête comme sur un épi, traces de soleil. Fumée du lointain. Se collant bras contre bras au nuage. Si tu envoles si tu. Oui. Situe l’envol près de toi pour partir au plus loin et au plus sur. La route des vagues comme chez toi.

Vivre le lien comme il est tissé. D’or et de soleils en vagues. Dans les clameurs calmes. Tout s’évase, se dilate pour occuper la Vie. Ta vie. La Mienne. Et la meilleure. Celle qui porte vers… porte ouverte.