Affaire de retour

Ylia

Il y a un amour, il y a

Et tous les mots n’allongent que le pas vers demain

Ylia oui c’est de l’amour qui fait le besoin de guérir
ça vaut la peine Ylia, tout partage toute vision toute larme tout rire toute pensée

Ylia tout de toi fait naître un trait d’espoir
surtout pas des espérés, non
surtout pas

Mais tous des rois, des reines, qui portent couronne par leur coeur flamboyant.

Désir charnel
Creative Commons License photo credit: Pierre Éthier

ce texte est une reponse à celui ci


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Le coeur transfiguré de Désirée Thomé, remix.

eglantine vieillie

“Si je t’aime ?

Je t’ai toujours aimé.”

Je nierai pas plus loin aux dires du capitaine, et ma langue linceul s’emporte dans tes murs perturbant l’horizon, quand je rentres au port je l’infiltre dès le bord, dès le bas de tes lèvres, il est temps de sertir les diamants, peaux de nos amours, je nierai pas plus loin me dit le capitaine me serrant trop fort contre lui, et je maudis dernière cette fosse lumière.

Mais un jour

Au silence qui hurle la faim au bas de tes contours

Je l’entends de loin chanter celle qui tient ma main par delà les fontaines, les rivières, les torrents, les mers qui s’en souvient, les fleuves bleus, et voilà ta chance me dit-elle en souriant, si tu écoutes bien le vent, je deviens le coeur de ton enfance, parle et ne recule plus, je ne veux que le ciel bleu de tes ecchymoses qui lunes à lunes pleurent de rives, rives, rives, et voilà que tu lis si fort ces mots comme là tendresse :

“Je t’aime d’un ailleurs dont nous n’avons plus qu’un vague souvenir. Un souvenir ténu, fil d’Ariane qui nous relie par ce coin de mémoire inaccessible, qui sait tout mais qui se tait. Et dont on ne capte les yeux ouverts, que de vagues reflets comme l’onde mobile trahit l’éclat furtif de la truite. Un éclat argenté, rien de plus. Le reste, c’est le cercle dans l’eau qui nous le dit.”

Nil entendu des voix, nil entendu deux fois, quelques matins dont les dieux où soufflés douces les braises, je m’érige dans le cercle, tango sans fin mais pas sans lame, ô larmes deux couteaux qui se retiennent et matin, plumes, plumes, que retailleras tu si ce n’est nos corps, si ce n’est nos amours ?

Adieu Lola, l’île est fausse quand se ride nos peines, je ne veux que toi comme lune chandelle qu’elle m’éclaire, en chantant, qu’on me regarde dans ta chaleur, je suis là, et comme toi, je ne pleure pas, mais mon coeur, mais ton coeur, suis la trace, suis la place, comme une fleur qui se lie de joie, maintenant je ne tiens plus droit, je tomberai sous le sol, mes épaules raides, mes souvenirs, mes souvenirs, comme des clowneries sans fin comme te dire que tu es loin, mais sourire, mais soupirs

“Je ne sais pas, même encore aujourd’hui, ce qui nous rapproche, aimante nos pôles antagonistes. Je ne sais pas mettre un nom sur cette chose, ce nœud, ces barbelés, cette cellule ouverte, ces menottes mentales. C’est comme un appel, un effluve, une trace, c’est indistinct, incertain, et potentiellement indestructible. C’est comme une soif qu’aucune source ne peut étancher, une faim que même la mort ne rassasiera pas. Je le subodore. “

Je ne sais, mêle plus, lire, en moins de pas, en moins de pas, non plus, écrire, mes lèvres comme mes doigts se sont claqués, et j’en ai retrouvé les clés, c’est comme si, ton rêve ne sait plus, ce qui nous approche c’est l’enfer, la chaleur, le frémir, je le sais, tu as fais de moi ce corps, et la fièvre comme une porte que je ne fais qu’ouvrir, et loin de là le tourment, que je connais bien, tu es là près de moi, et je ne peux te toucher, jusqu’ici je ne peux que t’attendre, jusque là je suis pour t’apprendre, d’un appel un soir peut-être viendras tu m’ouvrir, je m’éteins, c’est la nuit qui s’accroche à mes poings, qui détache ma force, ma faim, c’est la mort, le parfum, la soif incolore, la dolore, c’est la fin, mais loin ce qui se passe quand tu t’endors, loin ce qui me glace au sein.

Les courbes se défont comme s’effleurent nos barbelés, nos cellules ouvertes à la fin des vents, grises de poussières, sables de souvenirs que l’on ne maintient plus, je n’ai plus de trop, je n’ai que des pas, qui me ralentissent mais me mènent toujours là où je ne brille pas, là où c’est toi qui règne…

“Peut-être que c’est beau.
Peut-être que c’est moche.
Peut-être que c’est faux.
Peut-être que c’est un songe. Ou un cauchemar.

Que faire ? Qu’enfer ? “

Et ma plume toi, si elle ne te brule pas

Et me plume moi pour finir en toi

Que faire ma mie de cet univers

Qu’enfer,

qu’en fer un cercle lourd de nos poèmes, de nos soucis, et qu’à la fin tout m’entraine, te laissant ici libre de chanter pour mon coeur, ma fierté, ce qui valait de moi avant les cendres, avant que la peau quitte la chair, que la chair quitte les os, que je ne fasses plus les cent pas, je sais tu pleureras, mais en mots, mais en mots, l’encrier se remplira de moi, deux fois par mois, tu ne dois rien manquer, tu dois tout raconter, tu dois toi raconter maintenant que je finis maintenant que je finis là…

“Mon cœur, ma fierté, mon soleil, me porte naturellement vers le haut. Où tu n’es pas. Pas encore. Sans doute jamais. Je suis déjà trop loin, si proche, irréversiblement proche, et pourtant déjà trop loin. On s’est croisé, manqué. Le témoin est au sol, dans la poussière. Je ne l’ai pas ramassé. Une autre l’a fait. Le cordon demeure, inaltérable même souillé. Il luit de son or magique.

Quand tu viendras lire mes mots, comme à l’eau de la source claire tu ne pourras que boire, te baigner le visage, te laver les mains, mais tu ne pourras rien emporter. Tu ne pourras qu’un instant, rien qu’un instant, apaiser ta soif. Goûter à cette fraîcheur vulnéraire. Seulement cela.

C’est peu, mais c’est tout. Et c’est déjà miraculeux.

Je ne sais pas ce qui nous lie, et il y a tant de miradors…”

Mais je ne le peux même plus, pourquoi le crois-tu encore, pourquoi ?

Désirée Thome remixé par Pant

le texte original ici


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Vide

Yves Klein

je ne suis pas seul je suis l’autre l’isolé loin perdu

sa cause une nuit une nuit sans nuire pas plus qu’un jour luit

une nuit un lui

je pleure où se cache le noeud de mon problème

au coeur de mon cerveau tout finit là tout finira las

en décombres désencombrées en lune désolée en amour à peine oeuvré

je ne suis pas seul je suis loin perdu face à une île sans aile qui s’est écrasée sur une plage nue

quelle conséquence d’être un pauvre type sans avenir tout s’enfuit quand on a le regard seul jusqu’au bas de la falaise

et pourtant à quoi tout cela sert quelques mots pour d’autres des fadaises mais mes doigts se mourront sans amour sans rien sans mains sans corps sans…


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Erratum

    Merci à la délicate écrivante  dont l’estaffette “belge” ?  google reader (surement rachetée à bas prix en tonnes de frites) m’a rapporté que mes liens n’étaient pas à jour, mea culpa, la mise à jour de sécurité que j’ai fait il y a peu à encore fait sauter des liens, et des textes d’ailleurs, et ce n’est hélas pas la première fois. J’ai donc remis Monsieur Franck Nicolas dans mes liens, juste réciprocité de la chose.

Je me fous des hypocrites qui déblatèrent derrière mon dos, ou posent un texte qu’ils laissent deux heures. J’ai effectivement autre chose à faire, une santé pas vaillante, un boulot épuisant, et pas le temps de lire tout ce que m’envoie mon agrégateur de news et je m’en plains d’ailleurs pas toujours.


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D’eau espacée

 

Il pleut                                       Deux lunes
            des étrangères
Et                                                                    Qui s’exaspèrent
       Montent                      Montent et
                                                               À la part                          fin
            De l’eau
         Des grelots
                                                                                      Qui retombent

 

 

Parts-semées recomposés

Viviane:

Il pleut deux lunes qui s’exaspèrent
et montent
de l’eau
des étrangères
à la part des grelots
montent et retombent
fin

 

Pascale:

Il pleut fin
Deux lunes,des étrangères
montent
de l’eau et des grelots
qui s’exaspèrent, montent et à la part
qui retombent

Re Viviane:

Fin
à la part il pleut
deux lunes

De l’eau des étrangères
montent et montent
des grelots
qui s’exaspèrent
et
qui retombent


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L’enfer ou l’envers

Les mots comme une chair morte
à amortir
dans un espoir d’être
lu
vu

Peut-être l’enfer
ou l’envers
ce tant de ruines qui n’est pas qu’espace
qui se cache dans le silence
happé car jamais trop de chair pour ce tout jours
qui désespère
en fuites en duels
en murailles ou enceintes
oui parfois de toi j’aimerai être l’enceinte
d’où pourrait n’être la Dame.

P.07

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Au delà de toute détresse

Que faut il encore avaler
ment songe au coeur creux
comme ment l’horreur de tes mots
oui là tout tremble en stances tectoniques

 

Qu’y a-y-il après toute détresse ? au delà au delà ?
le repos du coeur isolé ? le silence des âpres volontés brisées ?
la peur du retour ?

 

“Après toute détresse”, est-ce un lieu un chemin
une auberge pour demain
là une main
tend ce qui doit sustenter
mais est-ce un lieu pour deux mains,

 

Ou plus tôt seul y courir
avant de tout y souffrir
trop
et là maintenant avant
oui avant tout qui se barre
se referme sans retard
d’autres mains que mes lèvres pour y poser…

 

La formule me trottait dans la tête depuis hier soi, “au delà de toute détresse”, ça dérivait mal dans un cerveau plus proche de cerbère quand la nuit point n’arrive dans mon corps et que je me traine en sommeil en attente plutôt. Alors me suis-je dis, est ce un lieu ? un état ? une nation ? un endroit où se camoufle un peuple ? non, non, arrete de ruminer ce mauvais shit virtuel, être encore un état d’être, donc pas un lieu ? l’être n’est pas en soi ? en ? c’est un lieu pourtant, un lieu et un temps, un espace qui se meurt ou se mure. Voilà donc…


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À Dame—mille échos

 écho originel de Viviane:

l’enfant à tes côtés
et la foule nacrée
sous la pluie qui ruisselle

Tu ne ressembles pas à ces vierges anciennes
qui offrent aux passants la vertu de leur gosse
assis dans les plis bleus de leur jupe figée
tu n’offres pas ton pied mignon sous la falaise
des pans tombant si droit qu’on dirait que la mer
n’en lèche plus le sel

Il y a dans tes yeux
cette étoile des bois étincelants et frais
que porte sur son front le chevreuil ébloui
d’un désir de soleil et de cendre
quand il court
éperdu
dans l’herbe à peur blanchie
entre amour et battue

Tu ne dis rien
mais ta patte un peu folle a prononcé la rue d’un accent étranger
son ergot qui renaît
sur les pavés glissant l’autre calligraphie
le sang coule déjà aux pensées du petit

Tu ne dis rien mais je devine
à ce frisson qui court le long de ton échine
lorsqu’un homme te frôle ou simplement caresse
insolent ta crinière
les cris d’oiseaux blessés qui t’ont tenue si droite
quand ton flanc était près
d’abandonner ta rage aux griffes de la bise

tu ne dis rien mais je devine
le rendez-vous manqué par-delà les collines
ton loup qui s’en venait
naïf
caresser ton museau de chienne boiteuse et noire

vos hurlements
l’espace déchiré
cette nuit-là ne voulait pas d’entorses
cette nuit-là voulait arracher sa fourrure à quelqu’un

Alors tu as couru
pour retrouver ceux qui
courir, aimer, mourir
dans l’indifférence des cycles
courir aimer mourir
les gestes étriqués comme entravés de peau
et l’incarné trop franc trop pur des cicatrices
courir aimer mourir
aider l’effort du vent épouillant ta pelisse
séchant tes muscles nus redressant ton galop

belle qu’attends-tu
dans la foule nacrée
sous la pluie qui ruisselle ?

 écho second :

À Dame

Tu rivages amoureux
langoureux
tremble aussi avançant
esseulée

Des remarques des idées, des pensées
accompagnantes mais si
méfiantes

Tu marches seule dans la rue au bord de nombreuses
falaises
tu pleures de tomber comme tes larmes dans les égouts
tu frissonnes parfois
la peur la honte ou le dégout

Tu ne ris rien ne dis plus
jamais
ça m’étouffe car je relie sur ta peau
mes calendes aux matins grecs
mes orages un soir de mai

Tu pluie de tout rivières ondes ou mirages
l’oasis affleure mais n’est pas/plus
des mains tombants ivres dans la mer
serrant trop de poings dans l’amère
et la mère
la mère

Si je ne voulais pas de torsion dis
le chemin est tendu
tu ne ris de rien mais dis moi
tu es de retour
tes combats tes courages
pourtant tout jour encagée
laisse à peine la lumière y passer…

P.07

écho tiers :

Tu
Dame
fais face me fais
fassent odeur d’oiseaux les ombres
creusent
mes à mer

Tu
Dame
ne peux plus voler ta différence
sur ton visage un peu sale
et
je lis les quais laquais
leur échine plongeant dans les ports où tu vagues

Tu
Dame
ne me laisse plus entendre mon visage
une petite ruine
qui va des pensées à cet
” Assieds toi là que je t’écoute
assieds-toi”
ouvre moi ton regard
que je m’appuie un peu

Mais
tu
toi

Viviane

 

écho quarte : 

Le Caniveau

Gamine que fais-tu dans ce caniveau
tes pieds à califourchon entre le trottoir et les flaques d’eau qui dévalent
que fais-tu les pieds trempés sur ce bas côté le cheveu dégoulinant ?
gamine tu es si laide ainsi.

Je sais Monsieur il me l’a dit.

Les caniveaux me font rêver
si vous regardez bien ils sont un miroir
la couleur en est changeante comme l’humeur de l’homme
l’on peut y voir le reflet de ses rêves envolés
ceux du géant ou du lilliputien selon l’heure
quelquefois ils prennent une couleur dorée quand un rayon de soleil plonge sur le macadam.

Les caniveaux sont ma longue histoire
une glace
mon corps s’y tord d’Est en Ouest
Monsieur j’aimerais m’y noyer
laisser ma plume sur ce caillou
disparaitre dans cette bouche qui avale l’eau.

J’attends cette aspiration du corps dans ce puits
je suis si laide Monsieur il me l’a dit
ma bouche n’est plus un soleil
son humidité le fait fuir comme les passants frileux
courent sur ce trottoir pour se mettre à l’abri des intempéries.

Moi je ne vois que le bout de mes pieds
ce trou béant
cette bouche qui m’attire

Lutin


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Viens

Viens là où l’impensable est jeu avec mots
là où le rêve croise la chair
là où les maux rivages d’une multiple rivière croisent tant de navires qu’ils chantent
là où parler ne fait que fermer les yeux des autres
là où un coeur sait que les cendres, la brume, ça rime aussi avec le désir et l’amour, oui

Viens

Et dans le feu les larmes aussi pour à la fin
en rire ou presque espérer

Comme si tout errait dans un film muet et que l’on soit la presque musique qui avance, le mouvement de la lumière vers les ombres et la chanson des ténèbres vers d’autres coeurs qui sombrent.

P.07

ps: ce texte comme humble suite à celui de Cat
site à suivre de près.


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