À Dame—mille échos
écho originel de Viviane:
l’enfant à tes côtés
et la foule nacrée
sous la pluie qui ruisselle
Tu ne ressembles pas à ces vierges anciennes
qui offrent aux passants la vertu de leur gosse
assis dans les plis bleus de leur jupe figée
tu n’offres pas ton pied mignon sous la falaise
des pans tombant si droit qu’on dirait que la mer
n’en lèche plus le sel
Il y a dans tes yeux
cette étoile des bois étincelants et frais
que porte sur son front le chevreuil ébloui
d’un désir de soleil et de cendre
quand il court
éperdu
dans l’herbe à peur blanchie
entre amour et battue
Tu ne dis rien
mais ta patte un peu folle a prononcé la rue d’un accent étranger
son ergot qui renaît
sur les pavés glissant l’autre calligraphie
le sang coule déjà aux pensées du petit
Tu ne dis rien mais je devine
à ce frisson qui court le long de ton échine
lorsqu’un homme te frôle ou simplement caresse
insolent ta crinière
les cris d’oiseaux blessés qui t’ont tenue si droite
quand ton flanc était près
d’abandonner ta rage aux griffes de la bise
tu ne dis rien mais je devine
le rendez-vous manqué par-delà les collines
ton loup qui s’en venait
naïf
caresser ton museau de chienne boiteuse et noire
vos hurlements
l’espace déchiré
cette nuit-là ne voulait pas d’entorses
cette nuit-là voulait arracher sa fourrure à quelqu’un
Alors tu as couru
pour retrouver ceux qui
courir, aimer, mourir
dans l’indifférence des cycles
courir aimer mourir
les gestes étriqués comme entravés de peau
et l’incarné trop franc trop pur des cicatrices
courir aimer mourir
aider l’effort du vent épouillant ta pelisse
séchant tes muscles nus redressant ton galop
belle qu’attends-tu
dans la foule nacrée
sous la pluie qui ruisselle ?
écho second :
À Dame
Tu rivages amoureux
langoureux
tremble aussi avançant
esseulée
Des remarques des idées, des pensées
accompagnantes mais si
méfiantes
Tu marches seule dans la rue au bord de nombreuses
falaises
tu pleures de tomber comme tes larmes dans les égouts
tu frissonnes parfois
la peur la honte ou le dégout
Tu ne ris rien ne dis plus
jamais
ça m’étouffe car je relie sur ta peau
mes calendes aux matins grecs
mes orages un soir de mai
Tu pluie de tout rivières ondes ou mirages
l’oasis affleure mais n’est pas/plus
des mains tombants ivres dans la mer
serrant trop de poings dans l’amère
et la mère
la mère
Si je ne voulais pas de torsion dis
le chemin est tendu
tu ne ris de rien mais dis moi
tu es de retour
tes combats tes courages
pourtant tout jour encagée
laisse à peine la lumière y passer…
P.07
écho tiers :
Tu
Dame
fais face me fais
fassent odeur d’oiseaux les ombres
creusent
mes à mer
Tu
Dame
ne peux plus voler ta différence
sur ton visage un peu sale
et
je lis les quais laquais
leur échine plongeant dans les ports où tu vagues
Tu
Dame
ne me laisse plus entendre mon visage
une petite ruine
qui va des pensées à cet
” Assieds toi là que je t’écoute
assieds-toi”
ouvre moi ton regard
que je m’appuie un peu
Mais
tu
toi
Viviane
écho quarte :
Le Caniveau
Gamine que fais-tu dans ce caniveau
tes pieds à califourchon entre le trottoir et les flaques d’eau qui dévalent
que fais-tu les pieds trempés sur ce bas côté le cheveu dégoulinant ?
gamine tu es si laide ainsi.
Je sais Monsieur il me l’a dit.
Les caniveaux me font rêver
si vous regardez bien ils sont un miroir
la couleur en est changeante comme l’humeur de l’homme
l’on peut y voir le reflet de ses rêves envolés
ceux du géant ou du lilliputien selon l’heure
quelquefois ils prennent une couleur dorée quand un rayon de soleil plonge sur le macadam.
Les caniveaux sont ma longue histoire
une glace
mon corps s’y tord d’Est en Ouest
Monsieur j’aimerais m’y noyer
laisser ma plume sur ce caillou
disparaitre dans cette bouche qui avale l’eau.
J’attends cette aspiration du corps dans ce puits
je suis si laide Monsieur il me l’a dit
ma bouche n’est plus un soleil
son humidité le fait fuir comme les passants frileux
courent sur ce trottoir pour se mettre à l’abri des intempéries.
Moi je ne vois que le bout de mes pieds
ce trou béant
cette bouche qui m’attire
Lutin
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Commentaires
Ce que j’aime en ta poésie …
C’est cette capacité de mener le lecteur dans diverses dimensions. Des regards et odeurs qui font voyager le Mot … la pensée.
Un écrit au double visage ![]()
Joli écho que celui de Viviane.
Amitiés
Cat
Le Caniveau
Gamine que fais-tu dans ce caniveau
tes pieds à califourchon entre le trottoir et les flaques d’eau qui dévalent
que fais-tu les pieds trempés sur ce bas côté le cheveu dégoulinant ?
gamine tu es si laide ainsi.
Je sais Monsieur il me l’a dit.
Les caniveaux me font rêver
si vous regardez bien ils sont un miroir
la couleur en est changeante comme l’humeur de l’homme
l’on peut y voir le reflet de ses rêves envolés
ceux du géant ou du lilliputien selon l’heure
quelquefois ils prennent une couleur dorée quand un rayon de soleil plonge sur le macadam.
Les caniveaux sont ma longue histoire
une glace
mon corps s’y tord d’Est en Ouest
Monsieur j’aimerais m’y noyer
laisser ma plume sur ce caillou
disparaître dans cette bouche qui avale l’eau.
J’attends cette aspiration du corps dans ce puits
je suis si laide Monsieur il me l’a dit
ma bouche n’est plus un soleil
son humidité le fait fuir comme les passants frileux
courent sur ce trottoir pour se mettre à l’abri des intempéries.
Moi je ne vois que le bout de mes pieds
ce trou béant
cette bouche qui m’attire
Lutin
Merci pour cet autre aspect réponse gentil Lutin. le mien était pour un texte de Vviane, texte qui m’a beaucoup touché et qui a disparu, et c’est bien dommage, très.
Le voici, Pant
je le retravaille doucement
il ne me satisfait pas complètement
cadeau…
Merci
…
l’enfant à tes côtés
et la foule nacrée
sous la pluie qui ruisselle
Tu ne ressembles pas à ces vierges anciennes
qui offrent aux passants la vertu de leur gosse
assis dans les plis bleus de leur jupe figée
tu n’offres pas ton pied mignon sous la falaise
des pans tombant si droit qu’on dirait que la mer
n’en lèche plus le sel
Il y a dans tes yeux
cette étoile des bois étincelants et frais
que porte sur son front le chevreuil ébloui
d’un désir de soleil et de cendre
quand il court
éperdu
dans l’herbe à peur blanchie
entre amour et battue
Tu ne dis rien
mais ta patte un peu folle a prononcé la rue d’un accent étranger
son ergot qui renaît
sur les pavés glissant l’autre calligraphie
le sang coule déjà aux pensées du petit
Tu ne dis rien mais je devine
à ce frisson qui court le long de ton échine
lorsqu’un homme te frôle ou simplement caresse
insolent ta crinière
les cris d’oiseaux blessés qui t’ont tenue si droite
quand ton flanc était près
d’abandonner ta rage aux griffes de la bise
tu ne dis rien mais je devine
le rendez-vous manqué par-delà les collines
ton loup qui s’en venait
naïf
caresser ton museau de chienne boiteuse et noire
vos hurlements
l’espace déchiré
cette nuit-là ne voulait pas d’entorses
cette nuit-là voulait arracher sa fourrure à quelqu’un
Alors tu as couru
pour retrouver ceux qui
courir, aimer, mourir
dans l’indifférence des cycles
courir aimer mourir
les gestes étriqués comme entravés de peau
et l’incarné trop franc trop pur des cicatrices
courir aimer mourir
aider l’effort du vent épouillant ta pelisse
séchant tes muscles nus redressant ton galop
belle qu’attends-tu
dans la foule nacrée
sous la pluie qui ruisselle ?
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Oh c’est un régal ces échos… Quel improvisateur vous êtes.
un modeste petit écho improvisé aussi en me laissant flotter entre vos lignes
Tu
Dame
fais face me fais
fassent odeur d’oiseaux les ombres
creusent
mes à mer
Tu
Dame
ne peux plus voler ta différence
sur ton visage un peu sale
et
je lis les quais laquais
leur échine plongeant dans les ports où tu vagues
Tu
Dame
ne me laisse plus entendre mon visage
une petite ruine
qui va des pensées à cet
” Assieds toi là que je t’écoute
assieds-toi”
ouvre moi ton regard
que je m’appuie un peu
Mais
tu
toi