Un gout amer…

Photo d’ Hilal Fatma Solak

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rien ne sert de courir il faut juste se retourner, fermer les poings, hausser le ton.

 

Premier poing, tout au fond de la main, cette gamelle que tu tends, est-elle pour moi le chien ? remplie d’eau croupie, envahie de ce qui me tuera. Ou est ce toi la victime derrière les barreaux, quettant d’aventure une obole à ta misère ? Ou encore, reine du couteau, salope de guerre, tu excites la pitié derrière ces murs alors que du bourreau tu as tous les noms tatoués sur la peau.

 

Deuxième poing, tous à se croire victimes pensez aussi au rôle du bourreau, dans la glace regardez vous, et si Janus perverti était le dieu de nos nations ? Depuis les nazis, les lames ont été purifiées, insérées dans tous les processus de la cité. Et l’on tue maintenant sans trop de découpe, non la chair s’enfouit sans état d’âme, si tu as foi en l’homme oui je te vois tu dévores son foie, tu es l’aigle prométhéen, et tous les jours les corps tombent, les mains saignent, et moi j’ai froid en l’homme et je ne crois pas. Je ne te crois pas, je me gausse de tout ceux qui prient devant un crucifié, un homme torturé, comme si c’était ça en fait, oui, la foi en la torture, voilà la nouvelle religion, celle du bourreau. Car voyez vous le XXIème siècle oppresse et perverti tout. Spectacle de la mort, de l’horreur. Et comme disait Aristote à la toute fin il  ne reste que ça: horreur et spectacle.

 

Et c’est les poings levés que je vais frapper sans fin sur ce mur, meurtrir mes chairs, déchirer tout au sang, à en  rougir le béton, que ça réveille certains cœurs de l’intérieur. Si ce n’est que moi, bourreau comme victime, en me regardant bien les amis, voyez que toute innocence est morte. Et qu’ainsi cela fait de nous avant tout et contre tout : des coupables.