Tu les ombres


Tu les ombres tes dentelles tu les montres toutes les heures
au silence les éternelles les fumées qui tombent des seins avides
les longueurs les jambes les os qui font saillies qui ressortent en mille esprits de fractures

tout ce qui se casse n’est pas d’or tout ce qui se brise n’est pas semé par le vent
ça manque de folie en fait on thème on sème on pèse l’ivraie comme le bon grain
et le bon gars dans cette histoire oui le bon gars danse cette histoire sans savoir il n’est plus le tendre bébé qui tétait le sein des seins celui de la Mère sans bavoir le bec comme la langue acéré car les mots n’y sont pas non les mots n’y sont jamais dans ce peu de mémoire

acquise ou à prendre tout est ce chemin de vie dans l’espoir du regard dans le mot qui s’ingère qui coule dans la gorge comme le lait maternel comme un lai martelé un lai des laids oui enfin si tout ça plait c’est tant mieux tant mieux et ma vie c’est poétique c’est politique c’est pas éthique non c’est pas moral car j’ai pas le moral j’ai pas de morale j’ai pas ces deux morales j’ai que ces deux oreilles

et pourtant même je n’y entend rien antan rien et pourtant si je n’y entend rien si je n’y voit rien si je n’y sens rien si je n’existe pas si je m’exile pas si je ne sors pas si je ne tombe pas si je rêve si je rêve que je rêve et qu’à la fin je meurs je tombe en poussière à la fin tout à la fin tout à une fin une seule pas deux pas trois ni quatre une fin ça se multiplie pas ça s’additionne pas jamais d’audition non plus une fin c’est un subi subit

je te l’écrirai fini en mail en lettres tout écrit sur un mur je te l’écrirai comme si j’étais sauvage et toi la civilisation comme si j’étais le page et toi la halle à coton en être tout tes cris tout écrit tout écrire tes cris de mes écrits d’écrits oui j’y retombe sur la page sur la danse de la coupe celle qui se renverse quand tu la remplis celle qui se remplit quand tu me déverses renversant renversement tout est pris de l’esprit du maintenant de celui du moment qui vient qui succède qui arrive juste après juste après le baiser le reposoir de mes lèvres qui possède qui accède et à la toute fin se reprend.

L’enfant des mers

Il y a une fontaine et son oeil au fond proche et meurtri

il y a un soleil un grimoire où j’inscris toutes les traces du vent qui passe

il y a un chercheur un esprit qui suit les flammes

je voudrais être avec eux en d’autres termes n’importe où

que le vent fragile m’emporte avec lui

là où j’étais l’enfant des mers là je ne suis plus rien

il y a un seuil que jamais je n’ai franchi

et pourtant tout s’en vient fondre de l’inconnu s’envole contre moi les feuilles qui tombent les arbres me regardent comme si j’étais nu

au fond du lac de Lyr je l’ai attendu Viv’ et j’imaginais son sourire

il y avait une fontaine et un oeil au proche comme au figuré et il faisait soleil le plus clair du temps c’était un de ces endroits sans rien qui nuit

le puits de lumière c’était ton regard

le souffle chaud venait de ton coeur

là il y avait de la vie au meilleur de l’esprit

 

Fontaine de Barenton.