Eva

Je vais poser mes doigts tout la haut rêver que tu es l’onde fluide comme l’eau Je vais soupirer souffler sur tes seins pour te faire perdre la verticale poser la langue sur les monts et joyaux creuser un peu les champs d’ombre avec le bout d’un doigt

Je vais respirer tout tes parfums promener ma bouche par besoin pour y récolter le sel et l’eau J’ai l’habitude tu vois je suis le porteur d’eau je récolte sur ta peau le miracle de la vie

Je veux aussi te faire lumière te caresser jusqu’au bout de la loi là bas si bas où tout écho se fait hors du tout moral Je serai loin si loin mais tout après encore plus près Tu seras mon voeu liquide voeu d’une naissance à la vie qui se fait résultante à peine apparente et pourtant si forte

Mais tu es si fragile que de mes baisers je veux doucement t’enflammer d’où que tu partes que je sois juste ton étincelle et toi la Belle flamme qui court sur le maquis de mon coeur

Et si moi qui ne suis pas peintre je dépose mon pinceau le prendras tu entre tes mains le porteras tu à la bouche où prendras tu les couleurs si ce n’est tout au fond tout au fond qu’ensuite de ces gommes pastelles je puisse t’aimer sur le long cours

J’ai fleur de mes baisers ton coeur émerveilleux tes lèvres vermeilles qui s’ouvrent comme tout de toi je terrasse tes épines et là je plonge au mitan de toi moi ça y est c’est fait je suis le trait qui remonte tout droit vers ton coeur et j’y fais fondre la glace entre mes doigts il y a là cette ligne de partage des eaux qui te concerne toi

Ne jamais mourir pendant le Grand Cinéma quand dans ce film la mendiante se fait princesse mille fois que l’ogresse mange tout de moi encore et en corps d’autres et d’autres fois que la courtisane se plie entre mes doigts à chaque émotion à chaque mouvement de plaisir ravie que la danseuse devienne ma captive et pose le pas du cygne

“pas encore pas encore non pas encore fini reviens moi reste en moi toi c’est moi au moins pour une fois moi je suis toi jusqu’au bout de ce coeur que je tisse entre mes lèvres”.


Sur une peau d’ombre

J’ai des souvenirs gris d’une lumière qui se passait entre nous, entre deux ombres ou deux corps comme le délice qui revient par l’encore J’ai le souvenir lui d’un désir flamboyant pour son sourire d’elle J’ai le coeur à l’ombre tu le sais elle aussi pourtant dans cette proche nuit j’étais là, loin d’être, mais c’était fini d’être seul, loin d’être mais plus seul, un être comme l’horizon des montagnes, qui tranche sur l’oeil, qui ne flanche pas, pas si lointain que le plat, pas aussi hautes que les vraies montagnes du monde, non celles de mon coeur ou d’entre nous étaient des monts d’or et de cendres, pas de charbon par là bas non non, des cendres c’est autre chose Ce sont des restes de lumières, récents, très récents, à l’échelle d’une vie, toujours, une si courte échelle amène pourtant des vrais monts de cendres, de cette poussière qui ne se souvient plus mais bon j’erre un peu je digresse

J’ai des souvenirs gris d’une lumière qui était là entre nous et qui passait aussi en nous, échangeant les mondes de lumières contre le dehors gris J’ai des souvenirs de toi oui qui finiront en cendres car c’est le destin d’un jour qui viendra mais là

J’ai des souvenirs gris qui se posent comme mes mains

 

Sur une peau d’ombre.