L’écrivain vu par Calaferte.

L’écrivain vu par Calaferte , dans Septentrion :  » Il a écrit pour vous. Pour vous tous. Parce qu’il est venu au monde avec ce besoin de vider son sac qui le reprend périodiquement. Parce qu’il a vécu ce que nous vivons tous, qu’il a fait dans ses langes et bu au sein, il y a cela trente ou cinquante ans, a épousé et trompé sa femme, a eu son compte d’emmerdements, a peiné et rigolé de bons coups dans sa vie, parce qu’il a eu faim de corps jeunes et de plats savoureux, et aussi de Dieu de temps à autre et qu’il n’a pas su concilier le tout de manière à être en règle avec lui-même. Il s’est mis à sa machine à écrire le jour où il était malheureux comme les pierres à cause d’un incident ridicule ou d’une vraie tragédie qu’il ne révèlera jamais sous son aspect authentique parce que celui lui est impossible. Mais il ne tient qu’à vous de reconstituer le drame à la lumière de votre propre expérience et tant pis si vous vous trompez du tout au tout sur cet homme qui n’est peut-être en fin de compte qu’un joyeux luron mythomane ou un saligaud de la pire espèce toujours prêt à baiser en douce la femme de son voisin. »

9 pensées sur “L’écrivain vu par Calaferte.”

  1. J aime bien sa description de l écrivain … en résumé donc il est un homme comme tous et chacun … mais avec un plus … le besoin de dire et de poser afin de mieux vivre … enfin que m on humble avis (là (sourire)… !!!
    Quelle chance il a d avoir ce don de pouvoir faire … tant de gens ne savent pas comment vider leur sac … !!!

    Merci de cette lecture et bonne soirée Poète

    baiser

    1. oui, ce qui fait l’auteur, c’est cette douleur muette qu’il transforme en mots, en histoires. En dehors de ça, il est humain, peut être un peu plus polymorphe que le vulgus, mais humain.

      1. Sans hésiter mon choix se tourne vers le * un peu plus polymorphe * ce qui fait que les lectures ne sont pas ternes comme le sont la plupart des textes des ( écrivains oridinaires ) parenthèses voulues ici (sourire)
        Re baiser Pant

  2. J’ajouterais ceci : dans sa réflexion, Calaferte semble être bien misogyne et phallocrate ! Oublierait-il volontairement qu’il existe aussi des femmes de Lettres ?…
    Non mais !

    1. Non je ne pense pas, il parle d’abord de lui, Septentrion est un étrange roman, censuré pendant 20 ans, mais d’une belle force intérieure. La transposition reste valable à mon avis, sur les actions humaines c’est aussi cohérent dans l’autre sens. Merci de ton passage, non mais !

  3. Cette écrivain est un génie , un maitre absolu de son style & Art, que ce soit dans la « Mécanique des femmes » ou « Septentrion » , personne n’a su parler de cette authentique façon dans les termes sexuels, érotiques, impudiques…La femme…écrire comme lui …si fortement, violemment,crument est ce qui il y a de plus moral et vrai …
    Ne pas le lire est ce qu’il y a de plus absurde

    Calaferte, on en veux encore , c’est trop bon!
    Merci Pat

    1. oui très intéressant, un peu long à lire parfois, cru, mais puissant, vif, évident en fait, et un style qui mérite de s’y pencher.

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