My love is ghost, my love is soul

My love est soul et ma dame s’ennivre je sais par l’aube qui me l’a dit

que sa paume s’est endormie que ses lèvres enfin ont bleuies

j’ai encore d’autres doutes c’est la nuit après tout

my mind comme elle sombre lui aussi j’en deviens flou

j’irai dormir dans les fleurs dans les glycines si je les fond encore plus bleus

j’irai sombrer sous la lune en attendant ton joli cri freu

comme une shining place un lit de fougères lui bien heureux

chargé charmé bien entouré dans toute sa verdeur

plus que moi il passera bien ces heures

My love est soul et ma dame appauvrie s’est enfuie

sa paume s’est réveillée ses dents réchauffées

moi qui n’attendais que l’ouverture de son cuir le voilà bien refermé

ma main se fait braise

mon sang lui naguère punaise

se tait planté sur le mur à ses cotés se teint le fer ça carbure ça brouille nos flous

nos flous comme nos baisers.

 

 

ps: pour toutes mes commentatrices de mon précédent texte “Vide”

avec tout mes baisers d’ami.

Vide

Dites moi un autre mot ,que le vide n’est pas d’en haut, dites moi que le souvenir est un piège. Peut-être. Que le vent souffle vers toi comme vers moi, que tu n’es pas autre chose qu’une marchande de mort, oui toi ! Cette putain ! cette vie ! qui bouffe la joie comme si c’était de la viande, et qu’elle n’était qu’une avaleuse.

Dites moi que tout ces humains valent le peu de vie qu’il leur reste, que chacun pense encore à faire quelque chose, à agir pour l’autre, à penser. Mais je n’y crois pas, plus, guère. J’ai le sang cendrifigé, punaisé sur le coeur, j’ai le coeur carboniqué, brisé, brimé, criminé, rouge de peur, de honte, de colère, de fin.

 

Si le souvenir est un piège, toi tu es ma cage. Ô barreaux.

 

Cendrifigé.

 

Abandon. Mentir, m’enfuir, mentir, m’en tire. Tout ces cris en –ir  tout s’écrire pour bannir la foutaise, la grande Foutaise, l’humanité.

L’écrivain vu par Calaferte.

L’écrivain vu par Calaferte , dans Septentrion :  » Il a écrit pour vous. Pour vous tous. Parce qu’il est venu au monde avec ce besoin de vider son sac qui le reprend périodiquement. Parce qu’il a vécu ce que nous vivons tous, qu’il a fait dans ses langes et bu au sein, il y a cela trente ou cinquante ans, a épousé et trompé sa femme, a eu son compte d’emmerdements, a peiné et rigolé de bons coups dans sa vie, parce qu’il a eu faim de corps jeunes et de plats savoureux, et aussi de Dieu de temps à autre et qu’il n’a pas su concilier le tout de manière à être en règle avec lui-même. Il s’est mis à sa machine à écrire le jour où il était malheureux comme les pierres à cause d’un incident ridicule ou d’une vraie tragédie qu’il ne révèlera jamais sous son aspect authentique parce que celui lui est impossible. Mais il ne tient qu’à vous de reconstituer le drame à la lumière de votre propre expérience et tant pis si vous vous trompez du tout au tout sur cet homme qui n’est peut-être en fin de compte qu’un joyeux luron mythomane ou un saligaud de la pire espèce toujours prêt à baiser en douce la femme de son voisin. »