Au

On a plongé vers le lit

de la liberté

sur l’ile sauvage nos cheveux emmêlés

pour te revoir encore une fois j’irai mourir

devant l’autre qui lui porte ta main

Si j’ai changé ?

non et pourtant ce n’est que moi qui peine là

l’autre idée de l’amour que tu ne connaitras jamais

je me rappelle de ton soleil maintenant que ses rayons portent seulement la mort

tout est déguisé en toi peut-être par souffrance mais rien n’est plus vrai

On a planché sur toutes les aubes et les chemins qui menaient à la liberté

on a pleuré on a vomi comme cette nuit

et on ne dansera que demain que demain mais non pas dans la nuit

espérant sourire au moins un instant et d’autres choses que d’envie.

bola d'aigua
Creative Commons License photo credit: desdibuix – miquel

J’apprend

Je prends les arbres, mes mains d’automne s’envolent, la peur s’étiole, mes bras lourds soudain s’endorment, fin de saison.

Mes lunettes à l’aube, les dents qui rougissent, les lèvres qui grincent, je me souviens de tout, fin de soirée.

J’y parle, je regarde, j’y parle, je regarde, c’est la nuit là, c’est la nuit, j’y parle et je deviens pourtant muet, le jour se lève dis-moi ?

Sous les étoiles, un bleu d’arc en ciel, lourd comme mes yeux, je sens l’hiver qui gèle au fond de moi, le jour, le jour finira-t-il derrière l’été ?

J’apprend les armes comme mes doigts saouls, mes ongles longs qui se brisent, le froid ou la peur, la peur ou le froid

Crois-tu que je sois la fin des friandises ? et que par suite tu gardes serrées à jamais tes lèvres ?