Les tâches de Rousseau

James Bort

-Mademoiselle, mademoiselle, que penseriez vous d’un peu d’or dans ces cheveux, cela mériterait un sourire n’est ce pas ?

Le regard tout est là, se moquer, se rire, sans sourire, se délasser, sans se délacer, face à un croquant, garder son estime, sa moquerie, son ingénuité, mais pas trop…

-Damoiselle, damoiselle, accepteriez vous une coupe de champagne ? tout pour un sourire damoiselle…

Paraitre extérieurement, être intérieurement, par être c’est surtout lui faire face, sans candeur, mais avec une chaleur certaine, femme oui femme contre tout sauf tout contre lui !

Je m’assois aussi, c’est mal dit, c’est mal sorti, comme si mon cœur qui voulait lui seulement faire naître un sourire, comme si, si seulement il n’avait pas bégayé, je m’affale, je m’étonne, je sombre, et elle qui me regarde encore, qui doute, qui ne se doute pas, qui bâtit sur cette ombre de moi un portrait infidèle, quelque chose de faussé, un vent de cendres, de toutes les cendres, pourquoi en cet instant ne pas tout risquer,  après tout, âpre est tout…

Si je me relève, si je relève tout ce qui est non dit, si j’enlève, j’efface tout ce que j’ai dit, si je relance les dés, si pour une fois le coup du destin n’était pas seulement le coup du lapin, allez go !

-Permettez moi, permettez quelques mots, dire autrement que dans le tressaillement, laissez moi deux minutes, et ne laissez pas disparaître toute espérance

Elle relève les yeux, aucune esquisse mais, mais pas de refus non plus, c’est un peu comme la vague, un coup de flux un coup de reflux, foi de breton je vais garder l’œil ouvert…

-Vous ne savez pas ce que font les cendres en mon cœur, mais en toute évidence moi je sens une parenté entre les miennes et les vôtres, je sens que derrière la tenue digne se cache, se drape un cœur fier et pur, je sens que parfois un mal, un de ces maux qui blesse, un mal donc brise, secoue, agite les tessons d’un sentiment et que ça saigne. Vous savez mon vœu, faire naitre un sourire, et vous considérez sans doute que c’est pure séduction, alors que :

Sous la banquise un cœur tremble

sous le froid là où l’eau sourde s’agite à peine

sur la banquise nichée entre mes doigts

ta main

Un peu de chaleur, un temps de douceur

ton cœur

Sous la banquise on ne sent pas le vent qui déchire

c’est le temps du cœur qui amortit par besoin

par désir il cherche au dessus

là dans sa main

là dans la mienne

où se finit le sable qui vole qui file en grain dessine par tourbillon le flot de tes émotions où se termine le chemin derrière quelle porte où ne passerait plus le vent

C’est là dans nos mains sais tu

cette chaleur où se niche l’espoir

c’est le moment là au cœur de nos mains là où tu peux croire que c’est du vide là où tu te serres que tu t’enfouis vers moi

Oui c’est là dans nos mains et tu le sais

4 pensées sur “Les tâches de Rousseau”

  1. Moi qui ai l habitude de dire et même trop par temps … !!!
    Ici je ne peux faire Pant … et suis assurée que je ne suis pas la seule … lorque les mots prennent toute la place … pourquoi en ajouter … !!!

    C est * Beau * tout simplement … !!!

    Bon week-end à toi
    baiser

  2. Me voilà encore Pant à rôder chez toi pendant ta nuit ( sourire )

    Je serai un peu plus jasante qu à ma première lecture de ce texte … ahh il est toujours beau mais là à le re lire … je dirais qu il est calmant … comme une Ô douce sans vague … !!!
    Couleurs tendres sur tes prochains jours ami et Poète

    baiser

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