J’me fais saigner

je me fait saigner si y a longtemps que là

je vis sans lendemain je vais saigner pour m’renseigner

et toi qui vomit sur les mauvaises heures que veux tu m’enseigner

 

Tu me fais saigner non jamais je ne signerai ni ne singerai

tu me fais pas rêver mais je veux pas non plus crever

je m’fais saigner pour marquer les murs d’autres choses que des murmures

pour des milliards d’enfants qui ont démissionnés qui sont souvent même morts

pour des centaines de terroristes qui maintenant pleurent

j’me fais saigner avant d’aller défiler

Y a pas de mauvaise prose les jours de combats !

Il y a de l’eau

Mariam Maury Jocktane

Il y a de l’eau

de l’eau de nuit sur celle qui m’apportera

la lumière ou le sommeil

De l’eau pour rire oui de l’eau pour séduire oui de l’eau pour sourire et encore de l’eau pour fuir

une goutte sur ta peau qui dévalera de tes lèvres à tes doigts qui s’emballera la nuit est presque là qui dansera sur le haut de tes seins…

une goutte de ma peau qui coulera sur la tienne une eau qui saura d’où vient le soleil

une goutte d’eau pour revenir à mes lèvres et peut-être demain

peut-être voir le noir de tes yeux se poser sur moi enfin

Aeon ma douceur vers l’infini tu imagines l’aube se lève et j’en suis là il y a tant de nuages tant de parfums où tu te caches dans ces draps de soie tu me resistes encore ma douceur tu serres si fort ma main pourtant oui pourtant ma foi mon désir mon amour ma chance tu le sais je dois partir je dois partir

Aeon ma douceur la nuit s’enfuit l’aube vers l’infini ressurgit comme la colombe que j’entend venir

La voilà elle se pose sens-tu que dans son regard il y a la tendresse mais aussi la paix plus que de l’eau plus que des mots elle se pose là voilà sur tes doigts là voilà tu as froid j’en suis là moi qui pars j’en suis là et je m’enfuis de tes doigts parce que je le dois partir c’est mourir loin de toi mourir sans toi partir c’est te dire que le pire c’est pour toi partir c’est finir par être la moitié de ce rêve la moitié qui se célèbre dans les cendres la moitié de moi qui pars là

Voilà…

L’amour ?

Moi je voulais te téléphoner

Poser quelques mots tout contre tes lèvres

Mais je me suis dit l’amour le dire l’écrire où est l’essentiel ?

Le dire le faire

Où se cache le mystère ?

Est-il toujours dans nos coeurs ? ce lien qui les réunit qui les unit qui les sanctifie, de mon coeur à ton coeur

De mes mots à tes lèvres

De tes mains sur mon coeur

De tes douceurs dans mes sourires

De tes yeux dans l’humidité de mes larmes de mes peines

De ces yeux qui sèchent qui voient tant en moi

Pour la vie au Proche Orient

Comme beaucoup je suis sidéré, cette guerre comme toutes les guerres d’ailleurs tue plus de civils que de militaires, les gens sont pris entre deux feux et c’est intolérable de voir ces femmes, ces enfants, ces hommes, tous en sang, horrifiés, que pouvons nous faire ? Déjà ouvrir les yeux, et pousser à la paix avec nos maigres moyens

Sur le site d’Avaaz, signons tous la pétition

Sur le site de Viviane, un texte émouvant à lire de Hope Man et Peace Man, un juif de Sderot et un palestinien de Gaza.

Une belle chronique sur Arte aussi, Gaza/Sderot, à voir, le point de vue/vie des deux cotés, ça a commencé le 26 octobre, il y a deux petits reportages par jour, c’est vivant, c’est émouvant, ça montre surtout que chaque citoyen ne demande rien de plus que la paix et la possibilité de vivre. Quand les états et les groupes d’intérêts écouteront vraiment les gens ?

Je haie tous les faucons des deux camps ! ces groupes aux intérêts fluctuant, pouvoir, pouvoir, tout pour le pouvoir, et on se moque de la vie des autres !

Les tâches de Rousseau

James Bort

-Mademoiselle, mademoiselle, que penseriez vous d’un peu d’or dans ces cheveux, cela mériterait un sourire n’est ce pas ?

Le regard tout est là, se moquer, se rire, sans sourire, se délasser, sans se délacer, face à un croquant, garder son estime, sa moquerie, son ingénuité, mais pas trop…

-Damoiselle, damoiselle, accepteriez vous une coupe de champagne ? tout pour un sourire damoiselle…

Paraitre extérieurement, être intérieurement, par être c’est surtout lui faire face, sans candeur, mais avec une chaleur certaine, femme oui femme contre tout sauf tout contre lui !

Je m’assois aussi, c’est mal dit, c’est mal sorti, comme si mon cœur qui voulait lui seulement faire naître un sourire, comme si, si seulement il n’avait pas bégayé, je m’affale, je m’étonne, je sombre, et elle qui me regarde encore, qui doute, qui ne se doute pas, qui bâtit sur cette ombre de moi un portrait infidèle, quelque chose de faussé, un vent de cendres, de toutes les cendres, pourquoi en cet instant ne pas tout risquer,  après tout, âpre est tout…

Si je me relève, si je relève tout ce qui est non dit, si j’enlève, j’efface tout ce que j’ai dit, si je relance les dés, si pour une fois le coup du destin n’était pas seulement le coup du lapin, allez go !

-Permettez moi, permettez quelques mots, dire autrement que dans le tressaillement, laissez moi deux minutes, et ne laissez pas disparaître toute espérance

Elle relève les yeux, aucune esquisse mais, mais pas de refus non plus, c’est un peu comme la vague, un coup de flux un coup de reflux, foi de breton je vais garder l’œil ouvert…

-Vous ne savez pas ce que font les cendres en mon cœur, mais en toute évidence moi je sens une parenté entre les miennes et les vôtres, je sens que derrière la tenue digne se cache, se drape un cœur fier et pur, je sens que parfois un mal, un de ces maux qui blesse, un mal donc brise, secoue, agite les tessons d’un sentiment et que ça saigne. Vous savez mon vœu, faire naitre un sourire, et vous considérez sans doute que c’est pure séduction, alors que :

Sous la banquise un cœur tremble

sous le froid là où l’eau sourde s’agite à peine

sur la banquise nichée entre mes doigts

ta main

Un peu de chaleur, un temps de douceur

ton cœur

Sous la banquise on ne sent pas le vent qui déchire

c’est le temps du cœur qui amortit par besoin

par désir il cherche au dessus

là dans sa main

là dans la mienne

où se finit le sable qui vole qui file en grain dessine par tourbillon le flot de tes émotions où se termine le chemin derrière quelle porte où ne passerait plus le vent

C’est là dans nos mains sais tu

cette chaleur où se niche l’espoir

c’est le moment là au cœur de nos mains là où tu peux croire que c’est du vide là où tu te serres que tu t’enfouis vers moi

Oui c’est là dans nos mains et tu le sais

La banquise

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Creative Commons License photo credit: Benoît Dandonneau

On s’endormait sur la banquise

C’était fumeux

Tant mieux

On parlait d’automne et de celle qui suivrait qui ferait tinter la grosse cloche on savait comme l’aube précède le noir que le vent t’emporte avant d’aller mieux

On s’endormait sur la banquise

C’était heureux

Mon voeu c’est de prendre ta main pour celle qu’elle est de recouvrir tes doigts mais pas de neige non d’or pour celle qui inspire qui convoque la légèreté la brise amuse l’instant

On s’endormait sur la banquise

On était deux

On est toujours deux