écho d’un asthme mélangé.

 

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Ah que mon ventre te connait

Si j’y pensais deux fois j’en mourrais bien demain
la douleur la souffrance tout ce qui ne se respire pas tout ce qui se refuse tout ce qui s’ote, se retire en chancelant bas …

À toi le refuge
tout ce qui te condamne par l’éternel procès tout
cela je le connais

Oh que trembler est lourd au repas,
bientôt tu le sens le trépas,
tu le veux,
tu l’envie ce moment où tu ne seras plus

Et pourtant sourire
avant avant oui avant
bravant l’instant peu à peu bavant se noyant broyé dans le miroir
à dépérir la trame se détourant du dessin
chassant l’ombre et la lumière du visage
mésestimant les yeux
creusant les orbites avant d’y chuter

Respire encore respire avant de pourrir
respire tu le sens ce moment qui se retient en toi
c’est la vie qui se revient qui se rejoint et ne se reconnait pas
Alors elle fait du surplace et moi aussi
parfois je stop je

Stop mais je ne le crois pas
non je le crois plus et je ne le sais guerre
et ça fait mal trop en trop là comme ce galop que mon coeur lui

Ordonne…et je m’arrête là, oui là, trop las.
écho d’un asthme mélangé…

 

(écrit sur mes souvenirs de crise, là ça fait longtemps que je n’en ai pas fait de cette ampleur, mais ça reste dans les chairs de la mémoire, à vif, j’y ai rajouté mes tremblements récents et maintenant disparus enfin plutôt très atténués…)

La vie doit-elle être une colère ?

On se regarde si peu en fait, on ferme les yeux, on les oublie presque, volontairement, on ferme, on se referme, on s’enferme, tous prisonniers, tous coupables, tous attendant la vie sans vouloir la fréquenter, tous en pleurant une liberté qu’on imagine, on l’a jamais cherché mais on aimerait tant l’avoir trouvé, on s’enferme, et un mien ami disait  » y a-t-il une vie avant la mort ? »

On est tant mort en marche, tant mort, on cet indéfini qui est l’ensemble, le peuple, la masse, et si cette masse, notre société ne vit pas, comment la vie alors peut-elle y fleurir ?

la vie elle est dans les quelques instants de l’un et de l’autre, dans ces brillances qui font qu’une étoile nait et meurt parfois en une seconde. mais ensuite au regard de tous, on s’enferme, on se referme, on s’oublie la joie la lumière, on se chasse, on s’ignore, et on croit qu’on avance, alors qu’on file sur les chemins de l’enfer, pas après pas, et que le monde se teinte de cendres, partout.

On expulse, expectoration d’un corps étranger, on tousse, la société à des maux, mais son cancer ne vient il pas d’abord de la peur, de la crise ignorante, on a tant peur de soi, on a autant peur de l’autre, peur entretenue par des princes aux petites épées.

Je m’agite, tu t’agites, mais comme agitateur la vie fait mieux, le cycle des saisons même si bouleversé entraine la terre avec lui, la flore magique et majestueuse, la faune restreinte que l’on tue consciemment nous regarde encore avec innocence mais la méfiance apparait. L’homme est un mauvais ami pour le monde, mais est-il meilleur pour lui même ?

Dans les vents nauséabonds de cette histoire, on peut rêver à un déluge mythique, une fin de cycle, certains l’appellent révolution, mais déluge est le mythe parfait, ou penser encore à la femme de Lot, ou penser encore à ces villes toltèques qui se sont mystérieusement vidées, penser que l’homme parfois à tant de talents qu’il peut comprendre qu’il est néfaste, nuisible ? Devons nous avoir le coeur aborigène, amérindien, pour regarder enfin la vie, et avoir envie, besoin de vivre en harmonie ?

mais tu es là, je suis là, et parfois le regard réchauffe nos coeurs, mais c’est un pas de deux, un tango, un flamenco, la danse du feu et des yeux, du coeur et du sang. Et faut vite en profiter avant qu’on se referme, qu’on s’enferme encore, encore. La danse des corps et des coeurs, celle des mots, le tango des regards, la chaleur des rencontres, la magie de l’instant, de l’enfance, d’un sourire de femme, tout cela est si fort que l’on se doit d’en prendre soin, sinon la vie s’enfuit vers la mort, la mort apparait si fort dans ces moments là, mort d’un peuple, d’une civilisation, d’une ère…

en écho à Viviane Lamarlère

Luna, Loubnatique

Lune qui efface
s’efface dernière de mes lèvres
closes fermées
ou si la derrière des ouvertures
crême sur le drap posé
tes baisers sous l’ombre des étoiles
des nuits où se découpe la cendre aux visions
fermées tu ressors hors la dune
marchant marchant nue toute sur le sable
tu es le grain
tu es
où se pose-t-il le regard de dieu, où ?

Dans quel état se cache ton regard toi ?
où se niche l’aube sinon dans ton coeur
quand tu fermes les yeux

Tu les fermes
tu les
tu je te le dis
tu

la redite je la dois au doux et magique Lutin qui lutine.

Sous la dune

 

Sous la lune

comme sous la dune

les monts du mot la merveille

le miel aussi sucre sucre

au feu du vent

le pâle grain qui vient

 

Sous la lune

encore une autre lune se reflète

et là

si j’y pleure je me casserai mon coeur à la porcelaine enneigé

et toi mon baiser amour pourtant

toi dont je tremble

peut être que j’en meurs

si tu fuis la fleur de mes os

que feras tu de la poudre ensuite oui ensuite la poudre

 

Sous la dune

une infortune

une caresse oubliée oublieuse et l’abandon l’abandon

pourquoi dis moi si ce n’est pas

si ce n’est pas

ce que je crois

d’une neige à l’aube j’y tracerai ma peine

elle coulera s’engloutira du fond de mes veines

et voilà

et voilà

 

Sous la dune

sous la dune

et voilà

sous la lune

Deux couleurs des océans

 

 

Deux couleurs

des océans

d’une lune trois mots pour souligner

l’instant au creux des vagues

qui s’ensommeille qui sans soleil

ruine le bruit le mouvement

ou enfin le geste

bleu ouvert ou vert ou

je traîne mes pas encore dessous

je passe d’un mot sur un autre chemin

j’y croise mes souvenirs à demi effacés

deux couleurs des océans des mots dans les vagues où se niche le bruit du vent s’enferre dans le coeur d’un enfant sans fers libéré libre et à vif

A toutes voiles et sans vapeur

Photographie de Ernesto Timor

 

 

Je t’ai vu cuivrée mon amour, seule au monde à toiser, le quart du temps qui se montrait là, et ton sourire derrière le voile, tu te cachais, tu me cherchais, tu m’envoyais des nuances de baisers, des zestes de soupirs, ta bouche masquée derrière le voile, tu paraissais, tu m’envolais, tu reculais, tu soufflais même par moment, et à d’autres faims me voilà pantelant, le désir montant, je ferme les yeux, soleil couchant, je ferme les yeux, pour mieux te voir, je ferme les yeux, et voilà en plein dans l’histoire, on tombe l’un sur l’autre. […]

 

suite ici

 

à lire le magazine impudique, fortement conseillé pour réveiller les sens…

 

Merci à Cali Rise d’avoir apprécié mon texte.