C’est une histoire de courbes comme quand le train déboule, s’déroule, sidérant de vitesse les mômes au bord du quai

on s’invite, on s’évoque, on s’invoque, et v’là les vieux singes qui se débarbouillent

pour deux fois trop rien

mais c’est une histoire de courbes et dans ce train là y a plusieurs paires d’yeux, de divines pensées qui cotoient d’amères lumières, d’abord au prime les miennes qui se font sales même quand le grelot s’ouvre au tiers, même quand les yeux virent pas complètement au vert

là on s’évite, on se frôle pas, on se touche pas, on s’évoque peu dans ce monde là, on se cherche à peine, on avance un pied âpre et l’autre fait de même, on s’oublie, on vit un peu sans y toucher vraiment mais voilà

c’est une histoire de courbes et c’est pas sans conséquence, c’est pas des droites, c’est pas de celles qui se rencontrent jamais, c’est sécant une courbe, courbe mais sécant, ça se touche un jour, d’une main, d’un regard, d’une idée, à rebours ou dans le sens horaire, en tout cas ça touche souvent avant minuit

car Ylia une histoire de courbes c’est l’invocation, ce qui advient par le mot, la bouche bée, le regard est éloquent on se touche pas mais on est déjà de l’autre coté, le miroir voilà l’autre, celui qui est traversé c’est soi dans le miroir

et oui c’est jamais sans conséquence, et … par là qui sait où on prend vie

Elle écoute de la musique et si je devinais son dedans mais maintenant l’envie d’une courbe pointe

envie de moi de quoi et si elle mouille les lèvres ce ne sera jamais pour mon baiser car Ylia c’est une histoire de courbes et ce film ne sera jamais tourné la faute de la lune qui pose ses mauvaises mains sur l’instant

si je me déteste me détesterait elle aussi, si je me déserte, déserterait elle de moi aussi car c’est aussi simple qu’une flamme

Elle brule ou plus, et ce film ne tourne pas rond si c’est la pellicule qui s’enfume et moi qui m’enfuie, elle brule pour moi et moi je coule dans des eaux fortes

Elle écoute de la musique et c’est jamais le bon refrain c’est la cause du rythme qui colle pas qui reste pesant sur le papier tout ces mots que je colle entre eux espérant communiquer si le rythme est beau

Elle écoute de la musique et moi je parle d’une histoire de courbes, j’en bois jour et nuit, j’en dors même plus, j’essaie d’être là, je demeure je reste je réside ne serait ce qu’un instant je reste

Et toi qui écoute tu es dans le dysphonique tu t’écoules dans l’entre deux, tu perds la courbe et tu n’entends pas la musique, mais comme toi tu as le refrain tu joues les sirènes de confiance, tu poses une main sur la mienne, une autre sur la sienne

Mais non ce n’est pas une histoire pour toi, pas une histoire pour moi, non Ylia ce n’est pas une histoire d’ailleurs ou d’autres lieux

Et si je t’appelles Eli c’est qu’il faut un moment où abandonner à s’abandonner…

si t’explosais tes courbes si tu croisais l’autre si tu volais haut si haut

j’y serai demain peut être si t’explorais tes courbes si tu dansais sur ces nids d’alcool si tu volais encore plus haut j’y serai encore au matin nu sous la bâche comme le bossu à la tâche battu comme une enclume

Si ce n’est que l’ombre de tes draps, si ce n’est que de l’ombre, que n’aurai je la place de m’y cacher placer poster comme une idée sur un mur un murmure à disposer

J’y serai dans ma partie l’ombre c’est l’entre songe et le lieu est plus près de toi, plus près des étoiles de mes nuits j’y serai dans ma partie étant chacun des joueurs après jours étant chacun des jours après jouer de ma part d’ombre une buée de poussière qui fleurira rien que pour toi deux fleurs nés de mes folies de mes phobies comme de mes envies mais ne tenant que par l’ombre et la poussière comme si c’était des cendres

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Cet article a 26 commentaires

  1. De cet entre d eux de vacances Pant … j aime bien tes derniers textes … sensuels à souhait … tant par  » En trempant de paix les nuées de la passions  » …  » la paix jaillissait d’un ultime coup de rein » que par le ressenti de cette courbe qui certes n est pas des droites qui jamais ne se toucheront mais combien ternent elles resteront … et peut-être avec conséquence aussi … !!!

    Peu importe où l on prend vie … sur une courbe ou droites qui s entrecroisent … vivre vivant c est le plus important non (sourire) que mon humble avis …

    Un merci pour ces belles lectures

    baiser

  2. Merci, j’essaie oui, de border la ligne des sens, mais je manque de pratique, va falloir encore creuser, et depasser la mesure.

  3. Tu sais Pant … quand de mon soir j ai écrit mon comm je savais … mais là à te relire … je reste sur cette question  » par là qui sait où on prend vie  » … !!!

    Pas facile de border … broder tout juste comme une dentelle la ligne des sens … Sur la courbe … en mots tu as tres bien su le faire … !!!

    Couleur d Ô sur ton jour

    baiser

  4. La courbe, c’est un sens inné, autant dans le dessin que dans l’écriture. Ce n’est pas juste poser le mot « courbe » tu vois, c’est aussi dans l’oeil, dans la bouche, sur la langue. Quand tu prononces le mot, ça évoque tout ce qui est rond, le miel, le soleil, la pomme, un vin liquoreux. C’est voluptueux. Une chaleur doit t’envahir comme à siroter un bon sky. Une douce et longue chaleur. Ce qui te manque c’est la rondeur et de là, la volupté. Tu écris « courbes » mais il y a beaucoup de droites et d’angles dans ce texte. Tu sais ce qu’on dit ? c’est en forgeant qu’on devient joaillier.

    On va jouer: tu chauffes. Continues à travailler.

    Ah oui sur ton texte précédent, le dernier vers, pfff! Là tu le tiens, ouaaaah et c’est moi la licencieuse. C’est ce que tu dois sortir tout le temps.

    Et puis pendant que tu seras absent, m’en vais jouer à faire l’écho, la courbe m’inspire…

  5. oui bien sur, la courbe c’est tout ce que tu dis, mais là c’est un autre mot pour la vie, la vie est courbe, les fleurs, la terre elle même, chaque soleil, alors cette histoire de courbe c’est pas vraiment un poeme non plus, c’est le déroulement d’un muscle, l’étirement d’un sentiment, pour en débarasser la peine, la poussière ici est une bonne image de la douleur que je trimbale, qu’il reste des angles dans ce texte c’est évident, car cet étirement, ce combat, se déroule bien sur contre, et contre la courbe il n’y a que l’anguleux, la droite, celle qui poursuit seule son chemin, celle qui n’est pas vivante, ni humaine. Ce texte n’est pas du tout comme le précédent où tu précises que là j’ai eu licence de plaisir, et oui c’est vrai, il était dans une légèreté naïve, celui ci est né d’autres lieux où la naïveté n’est plus, l’espoir y guette seulement, dans les ombres, seulement dans les ombres. Merci de ta vision, tu vois même si on n’est pas d’accord sur la forme utilisée, notre but c’est de nous poser entre les mots, d’y mettre l’essence, ou les sens.

  6. Un bon moment passé ici … !!! La rondeur … la volupté se retrouve à la lecture de tout le texte et non en ne lisant qu un mot à la fois qu il soit d angle aigu … droit … obtus … !!!

    Est-ce vrai Pant que chez toi ont dit c’est en forgeant qu’on devient joaillier ? Car chez moi on dit c est en forgeant qu on devient forgeron et je crois que les mots comme les joyaux sont si précieux qu ils ne doivent pas être travaillés comme le fer … forgés … mais bien déposés en douceur comme le ferais un vrai joaillier … !!!

    De mon soir … des étoiles sur ta nuit

    Désolée si il y a quelques fautes …

    baiser

  7. Personnellement je ne suis l’inconditionnelle de personne. Avoir un regard critique et droit, c’est une chose que bien des gens complaisants croyant prouver leur amour ne sont pas capables de faire. Quand à l’expression « C’est en forgeant qu’on devient joailler » c’est une image personnelle. C’est en travaillant qu’un écrivain le devient. Nous ne sommes pas des grands, rien que des petits qui nous essayons. Humblement. Pas de Baudelaire, ni de Char, ici, je crois.

    Quand à la joaillerie, c’est ignorer la dureté des pierres les plus précieuses que croire qu’on les caresse…

    Bien le bonjour.

  8. Bien sur que l’écriture c’est un travail, constant, sur chaque texte, et pour moi depuis des années…rien n’arrive tout cuit dans son assiette comme on dit chez moi, pour rester dans les proverbes et autres petites phrases 😉 Baudelaire est un maitre que je respecte, admire, mais je me compare jamais à lui, humilité nécessaire quand on sent la distance entre deux personnes, et insatisfaction constante qui me fait continuer, reprendre parfois un texte, relire à voix haute, rien n’est jamais donné.
    Je ne sais pas si la volupté passe dans mon texte, ce n’était de toute façon pas le but initial, c’est un déroulement cette histoire je le répète, le train c’est l’image que j’aime utiliser pour ma vie de banlieue, populeuse et serrée, presque peu humaine, et pourtant filant aussi dans la courbe parfois, les lignes droites ferroviaires ne sont pas constantes, mais je vais pas faire une analyse du texte 😉 ce que j’ai voulu dire je l’ai écris, le texte est posé aux yeux de tout lecteur qui se l’appropriera comme il l’entendra, c’est ça d’abord la liberté de l’auteur comme celle du lecteur, et même moi je dirai jamais qu’il n’y a qu’une seule interprétation possible.

  9. Je ne pose aucun jugement sur mes lecteurs, ils sont libres, et admettre leur liberté c’est admettre leurs mots. C’est la beauté de la vie, s’il y a des mots plus lourds que d’autres c’est la vie, j’apprécie tout autant les commentaires de Sun que les tiens Marlen, que ceux de Lutin, ou de qui d’autre passe ici et que je respecte en plus en tant qu’artiste.

    Et merci pour les vacances 🙂 demain demain 🙂

  10. Et puis s’il fait couler un peu d’encre c’est qu’au final ce texte n’a pas laissé insensible. Et Si je vous dis que cela m’importe plus que les grands trônes ?

  11. Ho la laaaa … suis je de ces gens complaisants qui doivent prouver leur Amour …??? ho que non … je n ai rien à prouver moi (sourire) et ce à qui que ce soit … !!!

    Déjà je l ai dit et tous et chacun savent tres bien que je ne suis pas poseuse de mots moi mais bien tout juste poseuse de couleurs … donc je ne fais toujours que poser mon ressenti … !!!
    Bien sur que l écriture se doit d être travaillé et re travaillé mais non être martelé (c est une image)tout comme les couleurs … et que chacun se l appropriera selon l instant de lecture … !!! Certains à la lecture au regard en verrons une histoire … un temps de vie … une envie … un rien du tout … !!!

    Baudelaire … Char et autres n étaient ils pas des petits avant de devenir grands (autres images) car pour moi il y a des mots qui sont chauds et d autres qui même en étant posés re posés resteront glacials … Que mon ressenti et mon humble avis …

    Est-ce de la complaisance de te dire Pant que lire chez toi j Aime … donc je passe et je repasserai …

    Sur ces quelques mots … je dis bon jour ici … et te souhaite Pant de tres jolies vacances … qu elles ne soient que de bonheur et d Amour pour toi … !!!

    baiser

  12. Je n avais aucun doutes Pant … déja je savais que tu ne juges personne et que tu apprécies tout autant les comm de chacun … (sourire) Que ton texte ne laisse pas insensible et que tu préfères au trône … cela t honore Poète … !!!

    Pour ce qui est de ta dernière vidéo … que dire de plus que touchant … quel talent … comme tu le désires j espère qu un jour un de tes textes si ce n est celui-ci soit vue en images …

    Et non je ne suis pas encore partie … disons que j ai fait … une crevaison (sourire) et que je quitte un peu plus tard que prévu … !!!

    baiser

  13. Un texte littéraire, quel qu’il soit, offre toujours la possibilité de plusieurs lectures. Ce sont les lecteurs qui ouvrent toutes les possibilités, l’auteur n’y est pour rien et parfois même il est surpris par les interprétations multiples.
    Alors, sincèrement et en toute amitié, je ne vois pas pourquoi Marlou cherche à imposer SA lecture. C’est une façon de réduire le texte, de l’appauvrir.
    Je pense que la richesse d’un blog est dans la diversité de ses lecteurs… si tous se ressemblaient, si tous avaient le même regard, quelle uniformité, quel ennui aussi !

    Ce serait bien si, au moins dans les blogs, les « amis » ne cherchaient à supplanter les autres, à rivaliser. Celui qui écrit offre, partage et ceux qui reçoivent devraient avoir le respect des autres. Ca s’appelle la tolérance et ça s’apprend, Marlou.
    Dans notre société -qui se tourne hélas vers la barbarie- ce serait bien qu’au moins la poésie en soit préservée.

    Bises Pant ! Tu vois, je m’exprime rarement, mais là ça chatouillait trop ! *MDR*

  14. Je ne cherche vraiment pas à imposer Ma lecture Agnes … car comme mes mots posés elle ne vaut que ce qu elle vaut … ce tout m appartient … !!!

     » Bien sur que l écriture se doit d être travaillé et re travaillé mais non être martelé (c est une image)tout comme les couleurs … et que chacun se l appropriera selon l instant de lecture … !!! Certains à la lecture au regard en verrons une histoire … un temps de vie … une envie … un rien du tout … !!!  »

    Là je suis d accord avec toi Agnes …  » la tolérance ça s’apprend  » j ai assurément des efforts à faire moi mais … je ne suis pas la seule … et  » ce serait bien si, au moins dans les blogs, les “amis” ne cherchaient à supplanter les autres!!!  »

    Donc par mon ressenti que j ai posé et que je continuerai de faire ici ou ailleurs … je ne crois pas avoir réduit le texte de Pant …

    j Aime ce texte voilà tout … !!!

    Bon retour à toi Pant … et un bon jour ici

    baiser

  15. « ” Bien sur que l écriture se doit d être travaillé et re travaillé mais non être martelé (c est une image)tout comme les couleurs… »

    Comprends pas ce passage de ta réponse, Marlou. C’est un hors sujet, non ? MDR MDR !

  16. Mais non ce n est pas hors sujet Agnes … tout juste qu il ne faut pas tout juste recopier une partie de ce que j ai cité de moi mais le tout … !!!

    Et si on reli le tout on verra que je ne faisais que répondre à tes mots  » Un texte littéraire, quel qu’il soit, offre toujours la possibilité de plusieurs lectures. Ce sont les lecteurs qui ouvrent toutes les possibilités  » donc que déjà avant que tu passes ici je comprenais tout ca (sourire)mais bon peut-être trouveras tu cela toujours hors sujet … m enfin … !!!

    Voilà … et là à l instant si je le pouvais je reposerais le texte et les images de cette histoire de courbes … et sans rien dire j en apprécierais tout juste le ressenti … sans vouloir te vexer bien sur … car j ai bien aimé cette petite discussion … !!!

    Bien le bonjour … et pour toi Pant un sourire

  17. eh bien…que d’éclats de mots. Que reste-t-il de mon histoire ? il y a certaines choses qui nous dépassent.

    peut être devrais je ne me consacrer qu’à la photo…moi qui voyait dans ce texte une scénarisation cohérente avec un style que je conservais à peu près mien, pas facile de dévier vers du scénarisé, avec l’envie d’attirer quelques voix, pas facile, mais je sais j’écris pas pour les commentaires, bien heureux, j’écris par besoin, par nécessité, comme le besoin d’air ou l’oxygénation de mon sang, alors profitez en bien !

  18. Belle histoire de courbes,
    et les draps…

  19. Merci pour la photo Michel,elle était parfaitement dans l’escalade des mots et de l’histoire, même si les draps ne sont pas cités…

  20. « il y a certaines choses qui nous dépassent. »

    Et oui, Pant ! Les mots sont comme les gosses : on les lâche dans la nature et ils nous échappent et ils n’en font qu’à leur tête 🙂

    Je ne t’ai pas « reconnu » dans ce texte… :-/

  21. Et alors ? en quoi cette non reconnaissance nécessite des mots contre des gens ? et je vise tout le monde là… des mots contre mon texte c’est de mise dans le jeu public mais là…

  22. Je crois que dire son ressenti à propos de commentaires n’est pas dire « contre » Pant. C’est dire « à côté », voire « avaec »…

    Ne t’emballe pas. Tu me connais, non ?

  23. Et puis, il faut accepter que parfois (rarement heureusement), les commentaires nous parlent davantage que le texte à commenter…

  24. « voire “avaec”… » hum… « voire avec » excuse.

  25. J’ai dit des mots contre des gens, pas contre moi, moi en tout qu’auteur du texte je les accepte! et si les commentaire servent de foire d’empoigne, faut aller voir ailleurs, c’est pas un espace ring !
    ils nous parlent de quoi là les commentaires ? juste de we can’t live together ! juste de ça ! pas de la colère, mais une forte amertume, tout le monde ne fait que se cogner dessus, et adieu la concorde.
    La vie c’est suffisament de la merde pour les corps, et on est plusieurs à le savoir ici, pour ne pas s’oblitérer nos coeurs, et ne pas leur cogner dessus à plus soif, oui à plus soif, car à trop frapper tout ce qu’on fait c’est assecher le lac.
    Le commentaire ici est libre, pas obligatoire, mais je ne veux plus qu’il soit contre le coeur de quelqu’un !!

  26. … je ne regarderai plus jamais débouler les trains de la même manière…

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