Théma : Le regard

Théma, une nouvelle catégorie sur ce site. Pourquoi donc ?

Disons que me penchant sur mes textes, je vois des thèmes principaux, des récurrences, et surtout, des récurrences loin d’être seulement personnelles, donc j’initie ici cette thématique par une petite sélection sur le regard, glanées dans un peu plus de six mois de textes, oui, la thématique du regard est imposante et importante pour moi, extrêmement.

Je ne peux que poser la question avec ce théma, je ne peux pas influer sur les possibles suites, mais sachez le, un théma est fait pour ouvrir la discussion…

ça commencerait par il était une fois, ça commence toujours par il était une fois quand tu racontes, une fois unique, une rencontre, une pause entre deux mondes, un temps ignoré du reste du monde, non ce n’est pas ça, pardon, cette pause entre deux mondes, c’est un spectacle magique que l’univers entier regarde retenant l’instant dans chacun de ses atomes, de ses grains de lumière. C’est comme ça des yeux dans ces yeux, mes yeux dans les siens, les siens retrouvant les miens, plus qu’un moment, plus qu’une rencontre, plus que nous deux, plus que et pourtant pas plus.

L’Espace qui Lie en action, l’amour de l’univers, la dynamique des ombres et des lumières, le chant des tigres, des aigles, des orques et des dragons.

Tu dois juste poser le regard, passer à coté, comme un pas de danse, un tango, tout s’illumine dans l’absence de contact physique, tout prend de la force, c’est un chant qui prend son souffle avant l’aria. Ou comme un flamenco d’Antonio Gades, tu vois dans le Carmen de Saura, tout s’enroule, s’engouffre entre deux, avant, oui avant tout, il y a Le Déjà. Le Déjà là qui est tempête, qui est feu, qui est le pas de coté, toi qui danses, tu vois ce que je veux dire, le pas de coté qui anticipe oui mais pas seulement, qui comprends, qui accompagne, qui désire, le pas de coté et mon coeur, le pas de coté et ton coeur, le pas de coté et peut être nous, un nous antique et dual, profond et léger, un pas de coté… mais ne laissant rien de coté, pas de coté pour toi, pas de coté pour moi…

L’intensité, être c’est l’intense, la tension dans le geste, dans le pas, dans le regard, l’intention dans l’attention, l’écoute en soi, le regard intentionnel, le geste se posant là dans le mouvement de l’infini

Dès le début j’ai su que la lumière c’était un feu qui devait se trouver en moi autant que dans ses yeux dans ces yeux qu’il me faudrait trouver, dans ce corps de douceur que je voudrai apprendre à adorer un peu plus encore

Comment se retourner sur le passé, faire le back, le return, le back to back, quand le moment fatal arrive, l’attaque, le clac, le tac tac, le claquement des talons sur le sol, un soir dans les couloirs de la boite, on nous présente, on se croise, on se regarde, on se croise ?

Histoire de corps oui, eux se croisent, se décroisent, se recroisent, mais mes yeux dans les tiens restent perdus, ou non, dans tes yeux mes yeux se sont retrouvés, en y restant, en s’y posant, s’y reposant, votant en même temps que toi le temps de tes nuits, la couleur de tes rêves uniques. Et le lendemain quand on se recroise fatalement tes mots se heurtent à mes lèvres, tu veux me dire quelque chose, tu me demandes mon mail, tu attends ma réponse, je ne sais pas, je m’étonne, je me cherche dans tes yeux, je m’étonne et je me trouve dans tes yeux, je te donne mon mail, tu me lisais, tu savais que j’écrivais sous pseudo sur le net, tu as lu ce que je cache de mon coeur, tu as lu tu es tombée en moi comme moi dans tes yeux, et voilà…

Le regard nu
solidement perlé
toutes les nuits sur la peau
parmi les traces quelques grains
de sable ou d’or
oui dort pendant que je te caresse

Le regard lu
parfaitement reposée
toute la journée t’enroulant autour de moi
liane d’acier à la charbonneuse douceur
m’offrant d’autres encore pensées

quelques peines et pleins de lueurs…

10 commentaires

  1. Marlou dit

    Si … des perles sur le regard et au regard Pant … par le ressenti de ces extraits de textes … !!!

    Regard extérieur imposant … du regard intérieur important … !!!

     » Quand je connaitrai ton Âme je peindrai tes yeux  » pas de moi ca … mais de  » Modigliani  » un de mes peintres chouchou (sourire)

    baiser

  2. Sun dit

    Ah bah voilà. Mieux présenté. 😉

    Il y a des regards qui sont insupportables. Des regards nus. En abyme sur le secret, le tu, la vérité de la personne. Des regards qui ne sont plus de complaisance, d’une eau si éclatante qu’on ne peut pas y échapper, se dérober. Ces regards je les ai croisé à l’hôpital. Ce sont non seulement les yeux des enfants, mais aussi ceux des parents. Ce sont des regards qui te mettent debout devant toi-même avec un grand coup de pied dans le cul. Au début, on ressens une vraie panique face à ce regard-là. Puis tu réalises que tu as probablement le même, que ton enfant a le même. Et tu as deux solutions, soit tu vas vers ce regard en te mettant nu toi aussi, en étant humblement humain, soit tu mets les voiles, tu dresses les barricades, tu joues encore un rôle comme la société te l’a si bien appris.Les soignants ont un autre regard, détaché parce que sous le masque. J’imagine qu’on ne peut pas vivre un métier semblable sans se protéger justement de ces regards nus.

    Enfin, voilà un autre point de « vue ». Tes textes étant surtout axés sur le regard du désir, de la séduction. Une « pénétration » comme une autre. Parce qu’au fond le regard c’est ça, une pénétration. Elle peut-être douce, chaude, ou violente, dure, froide. Il y a des tas de sociétés humaines dans lesquelles c’est très impoli de toiser l’autre en face, et pour cause…le regard est bavard et souvent impudique.

  3. pant dit

    oui, bien sur mon approche ici dans ses textes, est axée sur le regard/rencontre, rencontre plus que désir, plus que séduction, rencontre qui oblitère le temps, et te recentre sur toi, avec une terrible surprise.

    Ce qui rejoint tes propos par ailleurs, oui le regard/rencontre te renvoie terriblement à toi même, alors après oui les circonstances chargent la chose d’une puissance émotionnelle qui peut être terrible, tu te retournes vers toi en fait comme tu le dis, ce regard nu, c’est aussi le tien, et c’est toi le nu, en ceci je pense que dans l’imagerie symbolique le nu est aussi le souffrant, celui qui est dépouillé, offert, terrible condition de l’être.

    Une autre face du regard qui méritait d’être posé.

  4. Sun dit

    Je suis d’accord, il y a à la fois une plongée et un effet miroir dans le regard. Et cela reste toujours un échange troublant, au fond, le seul véritable échange?

    J’y reviendrai, je vais d’abord macérer…

  5. lutin dit

    Drôle ce que tu dis Pant dans ton commentaire, j’ai souvent été mal appréciée par les femmes, mon regard est profond me dit-on, mon regard toise, mon regard scrute, et les femmes m’ont souvent tourné le dos car elles s’imaginaient que je cherchais chez elles le défaut, bien entendu physique, non j’ai des yeux et je préfère mon regard expressif à celui flottant qui n’a pas vu l’autre. Etrange les gens portent de plus en plus des lunettes de soleil, même quand il n’y en a pas, se protégeant des autres et d’eux-mêmes.

  6. Marlou dit

    Je penses tout comme toi Lutin … J ai moi aussi un regard profond et on craint tres souvent de me regarder droit dans les yeux … !!! Je crois que mon regard est moi entière en dedans … le reflet de mon âme … !!!
    Pour moi le regard … est le sens le plus intense de l être … !!!

    Les lunettes de soleil permettent donc de cacher son soi des autres … en certaines occasions …

    Un bon week-end ici … baiser

  7. pant dit

    Je ne pense pas qu’on craigne le regard de l’autre autrement que parce qu’on craint personnellement quelque chose, c’est toujours soi la cible, et l’autre qui est le reflet inconnu. On retombe là dans l’existentialisme Sartrien, exister par par l’autre n’est pas la voix, exister pour soi voilà le vrai chemin, mais et oui il y a un mais, les autres sont là, et le regard est là, il est ce miroir de soi qu’on craint, la peur de l’autre finalement c’est la peur de soi même non ?
    toutefois je suis aussi un grand porteur de lunettes de soleil, par crainte de la lumière, mais prenons une star qui se cache derriere, tout ce qu’elle veut in fine c’est se nier elle même dans son role de star, apparaitre comme une inconnue autre. dispar-être, être épars, pour ne pas se voir tel que l’on est, tel que l’on est devenu, tel que l’on ne se supporte pas parfois, tel que soi, face à face, comme c’est dur, je me rappelle l’initiation en franc maçonnerie où l’on te montre ton plus profond ennemi, celui que tu dois craindre le plus, et tu te retournes, et c’est toi dans un miroir…

  8. Sun dit

    Et se vaincre ou simplement se comprendre, se travailler, se modeler, se polir, ce n’est pas le travail de toute une vie, c’est un travail pendant toute une vie…parce que je ne crois pas qu’un jour on puisse prétendre dire: voilà, j’y suis. La peur. Oui, évidemment. On le nie, mais quand on commence ce travail sur soi-même, on réalise que tout ou presque provient de là.

    Pour ce qui est des stars et des moins stars, au-delà du côté pratique des lunettes de soleil, comme tu le dis il y a une volonté de disparaître, de passer « incognito ». Mais les lunettes de soleil au contraire, bien souvent, « désignent », l’as-tu remarqué?

  9. Marlou dit

    Si … dispar-être … ne pas trans-par-être … !!!

    Me cacher … ne pas dévoiler mon moi aux autres cela moi aussi je fais par temps … avec les lunettes de soleil …!!!

    Tu as raison Pant … la peur que l on puisse lire dans mon regard ma tristesse … mon mal aise du moment … !!!

    baiser

  10. pant dit

    oui comme moi, je me dis souvent, pour pas que l’on voit mes larmes, mais bon je force un peu l’effet, mais vrai tout de même.

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