huit cent quarante sept

Je me sentais nu je me sentais peau
courant sur le sable je m’adossai enfin
et les yeux fermés les deux mains posés sur une étagère
je me retrouvais seul

Je me sentais nu je me sentais peau
je cherchais vos coeurs à afficher comme des étoiles
et vous êtes venus sortant du fond de la rue
une deux trois quatre voilà le compte y est

Pourtant d’autres lueurs posaient leurs doigts sur ma toile
d’autres coeurs naissaient des bleus des rouges des orangés

L’espace Qui Lie s’était glissé derrière mes paupières
et je suçais ainsi la lumière de toute l’humanité
doux bonbon aux humeurs parfois acides

Je me sentais nu je me sentais peau
je savais que mon sang courait avec moi
et que toi l’ancien _ nu sur la croix _ aux audaces tu saignais

Oyez les ouragans oyez les fleurs sauvages
Je ne cours plus je rampe ainsi après la chute j’avance toujours
Oyez les matins bleus oyez les montagnes nuageuses
Je ne pleure plus je suinte
Masquant ainsi les larmes derrière oui derrière

Je rampe jusqu’à vous qui êtes au loin posant mes lèvres au bout
d’une rune déchaussée
Je rampe enfin debout pour atteindre vos mains les saisir de mes mots
de mon coeur de ma passion
Je rampe et me roule derrière vos pupilles habiter votre regard la nuit
comme un voeu songe

Oui un veut songe qui porte en attirail des espoirs sur la voix
des idées qui parlent bas mais
des idées qui parlent de toi

Comme donner un sens à la lumière qu’elle chasse l’ombre comme moi
comme passer la main avec fierté sur la nuit et l’encourager

« Allez, Allez, on se lève…l’espoir te rend marteau. »

9 pensées sur “huit cent quarante sept”

  1. Voilà Pant … tout fonctionne donc je peux dire (sourire)… !!!

    Pour moi ce texte est pure et sain … se sentir nu et peau c est d être en parfaite alliance avec la base de tout soit la nature … dans ce sable et ces couleurs entre paupières et yeux qui sont le reflet de l`Âme … !!!
    J espère que vais pas te vexer si je te dis que ce tout est pour moi comme une image de Modigliani … donc j adore tes mots ici qui sont tout Toi … chapeau Poète …

    baiser

  2. Trop merci, Modigliani, non je ne pense pas, je suis trop loin de l’image, même si j’ai puisé dans cette pâques à NY, si j’ai puisé dans ce coeur pulsant que nous montre Cendrars, je n’ai fait qu’adjoindre mes émotions, mes espoirs, mes infinitudes imagées, mes désirs, et mon ressenti après quelques autres lectures.

  3. As-tu vu le film de Gibson (Mel pour les intimes) sur la passion du Christ?

    J’ai plaisir à lire et à mesurer à quel point les mots nous trahissent. A quel point ils crèvent les écrans de fumée, les craintes, les pudeurs. A quel point ils révèlent ce qu’on veut cacher.

    J’aime bien la manière dont tu as rangé tes vers, imprimé un rythme. La musicalité c’est tout à fait primordial. Puisque tu as mon amie Danielle dans tes liens va donc voir, si tu as le temps, son texte du jour à propos de ponctuation.

  4. Oui bien sur, j’ai vu la passion du Christ, d’abord pour Monica Belluci dans le rôle de Maria de Magdala, et je me suis laissé prendre par le film, terrible de souffrance, terribles images, et précises du rôle de chacun…

    Les mots nous trahissent ? non, ils nous révèlent, alors oui pas toujours comme on le voudrait mais ils sont nous tout vrai, tout réel, toute expression.

    La ponctuation pour moi ne s’impose pas sur tout texte, désolé, je suis de ces écrivants qui cherche le rythme dans l’agencement des mots, et dans l’agencement dans l’espace, surtout depuis mon expérience parts-semées, je sens que l’espace, la maitrise de l’espace, est essentiel, peut être aussi depuis que je joue beaucoup plus le texte au coté de l’image.

  5. Si … tout à fait en accord avec toi Pant pour ce qui est de la ponctuation … l esthétique de tout juste tes mots qui prennent place dans l espace permet de lire … de ressentir sans aucune barrière que sont à mon sens les points … virgules etc … qui eux nous obligent à faire des pauses à prendre le texte tout juste comme l écrivain le veut alors qu ici c est libre et tout vole comme bon nous semble … !!!
    Ton retour avec les parts-semées … j aimerais bien moi … Cela me permettait de pouvoir poser mes mots (sourire)

    De mon Québec en fête se jour …

    baiser

  6. « Les mots nous trahissent ? non, ils nous révèlent »

    C’est bien évidemment dans ce sens que je l’ai écrit.

  7. Voilà que ici j ai fait un peu plus que relire ce texte … qui touche tant Pant … !!!

    Sisi … je n ai pu me retenir (sourire)… j ai donc emprunté ce texte … en ce temps je suis à y poser mes couleurs … !!!

    Espérant donné autant de ressenti avec mon aqua qu il y en a dans ton texte … !!!

    Belle journée à toi

    baiser

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