Archives de juin, 2008
Antonio Gades. Flamenco Carmen
L’intensité, être c’est l’intense, la tension dans le geste, dans le pas, dans le regard, l’intention dans l’attention, l’écoute en soi, le regard intentionnel, le geste se posant là dans le mouvement de l’infini
et l’amour, l’Espace qui Lie, le moteur unique de nos moments.
Il y a des douleurs, des colères, des incertitudes, des regrets, des erreurs, des volte-faces, mais l’amour réside dans l’intense de l’être, et flamboie. L’on dit parfois, l’étincelle de vie, oui, on le dit, mais la flamme de vie, l’incendie de vie, le soleil de vie, oui lui, réside en toi, dans l’intense de l’Espace qui Lie, dans l’intense de toutes lumières aux moeurs d’ombre comme d’âmes.
Refaites vos choix

Moon Kissed — Endymion by Arthur Wardle RBI RBA, 1864-1949.
Ce n’est pas facile de raconter de telles choses. De partager les moments les plus intimes, les plus sacrés. Mettre cela en mots ressemble à une espèce de viol. Ne pas le faire, c’est un mensonge.
Voir et sentir sa bien aimée nue pour la première fois, c’est l’une des épiphanies pures et irréductibles de la vie. S’il existe une véritable religion dans l’univers, elle doit englober ce contact vrai, ou rester vaine à jamais.
Faire l’amour avec l’être qui mérite cet amour est une des rares récompenses absolues de la condition humaine, qui compensent la douleur, les pertes, la balourdise, la solitude, la bêtise, les compromis, la lourdeur qui accompagne cette condition. Faire l’amour avec la bonne personne supplée à pas mal d’erreurs.
Dan SIMMONS, L’éveil d’Endymion.
Une femme innombrable.
Le Titien
Sarah avais des paroles étranges qui s’inscrivaient doucement dans le corps et le coeur de Myriam. S’il y a des guerres : c’est que les hommes et les femmes ne s’aiment pas. Nous les femmes, notre mission c’est de faire des hommes des dieux, sinon ils redeviennent des bêtes et se retournent contre nous, il nous faut donner de l’âme à leurs sens, de l’esprit à leur corps, sinon leur vie sera celle des brutes qui cherchent à dominer, se jalousent et se déchirent. [...]
“C’est avec des cris que les hommes commandent aux vaches et aux chevaux, c’est avec des caresses que les femmes commandent aux hommes, mais avant les caresses il y a l’huile et les parfums :
Tu dois envelopper l’homme de l’odeur de ton propre corps, qu’il te respire avant de te toucher, comme un vent tiède chargé de garrigues, sois comme une colline qui s’approche, comme un été … Qu’il ait le pressentiment de ton immensité; ce qu’il pourra connaitre de toi sera si peu de toi et pourtant il y trouvera une terre ferme entourée d’abîmes.
Puis s’il vient vers toi, déjà pressé de désir, tiens-le à distance, propose-lui l’onction par laquelle l’homme devient roi avant de se reconnaitre dieu. C’est ainsi que la grande prêtresse consacrait le prince qui devait prendre en charge la nation.
Qu’il s’allonge sur ton lit bordé d’aromates; avec la paume de ta main étends l’huile sur ton son corps et du bout de tes doigts cherche les lieux de tensions qui empêcheraient la libre circulation de la vie, ne touche pas son corps, touche son âme, peut-être captive, ou encombrée dans le réseau trop serré de ses muscles et ses nerfs.
N’entre pas dans son corps comme dans un moulin lourd de mémoires ou d’autres farines, entres-y comme dans un temple, avec ses différents seuils, ses différentes portes, ses chambres secrètes, ses autels sacrés.
Le corps est un mystère et tu es la gardienne et la révélation de ce mystère. Chaque être humain a plusieurs corps mais la plupart du temps nous ne fréquentons que les plus épais, nous ignorons l’étreinte de nos corps subtils, de nos corps de diamant…Tandis que tes doigts éveillent des zones plus sensibles, n’oublie pas de chanter ou plutôt de murmurer, chaque organe répond à un chant, à un son.
Le corps est une partition à déchiffrer, une musique à entendre et tu l’entends si tu l’appelles, chaque partie du corps à une intelligence et un nom propres qu’il faut harmoniser avec le tout : n’oublie pas les océans qui t’entourent, les étoiles qui te regardent, les animaux qui t’adorent. Ce ne sont pas seulement un homme et une femme qui vont se rencontrer, mais deux univers.”
Jean-Yves LELOUP, Une femme innombrable.
Light in night

D’autres lunes d’autres histoires
D’autres brumes d’autres espoirs
D’autres nuits pour se dire au revoir
De vilains temps pour un vilain temple mon corps
De mauvais coups de mains pour de meilleurs coups pour mes pieds
D’autres lunes pour d’autres brumes d’autres nuits sans infortune
D’une ombre la lumière
_______________________Le frein aux perles du chagrin
L’enfermement rage comme ce bel oiseau
__________Ma cage encagée
comme une aube plein cadre dans ma fenêtre aux volets bleutés
Comme un ciel peint et plaint
Digne d’un rite d’ouverture aux doigts de peinture tachés
Je boite je pleure je rampe je m’enfonce si c’est de l’eau là
Ma tendre Lola si c’est de l’eau là
c’est qu’ici je me ‘noya’
Eh, ce sourire éventré ce soupir inventorié
au coté du mien au près du sien au loin au loin éventé
D’autres lunes d’autres histoires
D’autres brumes d’autres espoirs
D’autres nuits pour se chanter nos mésespoirs.
huit cent quarante sept
Je me sentais nu je me sentais peau
courant sur le sable je m’adossai enfin
et les yeux fermés les deux mains posés sur une étagère
je me retrouvais seul
Je me sentais nu je me sentais peau
je cherchais vos coeurs à afficher comme des étoiles
et vous êtes venus sortant du fond de la rue
une deux trois quatre voilà le compte y est
Pourtant d’autres lueurs posaient leurs doigts sur ma toile
d’autres coeurs naissaient des bleus des rouges des orangés
L’espace Qui Lie s’était glissé derrière mes paupières
et je suçais ainsi la lumière de toute l’humanité
doux bonbon aux humeurs parfois acides
Je me sentais nu je me sentais peau
je savais que mon sang courait avec moi
et que toi l’ancien _ nu sur la croix _ aux audaces tu saignais
Oyez les ouragans oyez les fleurs sauvages
Je ne cours plus je rampe ainsi après la chute j’avance toujours
Oyez les matins bleus oyez les montagnes nuageuses
Je ne pleure plus je suinte
Masquant ainsi les larmes derrière oui derrière
Je rampe jusqu’à vous qui êtes au loin posant mes lèvres au bout
d’une rune déchaussée
Je rampe enfin debout pour atteindre vos mains les saisir de mes mots
de mon coeur de ma passion
Je rampe et me roule derrière vos pupilles habiter votre regard la nuit
comme un voeu songe
Oui un veut songe qui porte en attirail des espoirs sur la voix
des idées qui parlent bas mais
des idées qui parlent de toi
Comme donner un sens à la lumière qu’elle chasse l’ombre comme moi
comme passer la main avec fierté sur la nuit et l’encourager
“Allez, Allez, on se lève…l’espoir te rend marteau.”
Cendrars -Les paques à New York
Modigliani
J’adore cet auteur, qui porte plus d’une vie dans quelques milliers de mots, plus d’une vie et tant de sens.
Les Pâques à New York est un poème de Blaise Cendrars (1887-1961), publié en 1912 sous le titre Les Pâques aux Hommes nouveaux, une maison d’édition qu’il a créée la même année avec Emil Szittya. C’est en 1919 que le poème recevra son titre définitif.
C’est un des textes fondateurs de la poésie moderne. Il influence Apollinaire et tout le mouvement littéraire qui se crée autour de lui.—-Wikipédia
Dès
Dès le début jusqu’au matin une maltinée suave en apparence mais un jeune bébé nait seul et même si tombe comme la pluie pleure aussi comme la vie commence en apparence
Dès le matin une envie d’amour qui dure qui dure en ne s’adoucissant jamais une envie d’amour qui nait du vide d’un vide qui se plaint qui se veut exister autrement une envie d’amour pour pouvoir en donner un peu un peu ou plus encore une vie d’amour pour pouvoir donner toute une vie
D’amour
J’aurai aimé, j’aurai voulu aimer autant et
J’aurai aimé en écrire des fleuves, des torrents, des rivières en ces temps où l’eau commence à manquer et quand elle reste elle est empoisonnée par la mort et par les hommes
Dès le début j’ai su que la lumière c’était un feu qui devait se trouver en moi autant que dans ses yeux dans ces yeux qu’il me faudrait trouver, dans ce corps de douceur que je voudrai apprendre à adorer un peu plus encore
Dès le début j’ai vu que la fin c’était un autre début mais pourtant
La lune abrite bien plus d’âmes que de cendres et ton coeur Eli ton ombre abandonnée ton coeur ne mourra pas dans ma main je saurai te le redonner vite ou s’il le faut te donner le mien
Dès le début j’ai su que la fin… C’était peut être moi.
Que
Que pourrais tu écrire avec les cendres d’un poète ? un lai d’amour ou un calembour ? un refrain voire même une chanson ? un autre un autre qui sait même oui même qui sait un triste ou un gai mais un poème ? qui sait avec les cendres s’il y en a assez pourrait on écrire un autre monde, du moins ses quelques règles celles qui brisent le notre, conseillent le vent et les éclairs.
Que décrire en quelques cendres pour que cela n’ait pas le gout des larmes, non, pour que l’instant s’évade délibérément, pas dans un mensonge mais dans un monde de songes à réaffirmer, que puis je dire quand je ne serai plus là pour que les rires soient d’un brin fusants, d’une timide tempête bruissants.
Tout ce que je demande, hors la vie, oui hors, exorcisme à faire pour extraire le mal qui fait vie ou cette vie qui fait le mal, je ne sais, mais mes tempes grisonnent, mes mains frissonnent, et mes nuits tremblent de rêves maudits, mes mots désertent, mes tempes sans mots même grisâtres, alors oui alors je ne voudrais plus que de la neige, m’enfouir, m’enfouir puisque que fuir je ne peux hors de moi, que la nuit me refuse, que l’amour ne peut rien non plus sauf à être ce roc qui me retient, alors pourquoi l’amour ? si on finit, oui une fin, seul, seul, solitarisé alors là on peut partir, un départ malsain vers un ailleurs rien, mais un rien qui ne peut que clore un cycle vain, si vain que même boire ne m’apporte rien, pas plus d’envie d’alcool que de vie, pas plus envie de lui ou d’elle, pas plus envie de moi qui ne me supporte plus, ce moi infernal qui dose le mal pour ne pas briser le coeur tout de suite, salaud !
Pourtant le cerveau resiste, la raison du coeur aussi, et je lis, je lis, je relis, cette envie là est, de relire pour relier, de lire pour lier, rattacher la vie des mots, extraire d’une certaine histoire, cette pulsation de vie qui m’a poussé jusqu’au présent…
Quelques mots alors,
Extrait de Hypérion, de Dan Simmons, p254
“Elle seule [Béatrice] avait encore une réalité pour lui; elle seule donnait encore un sens au monde, et de la beauté. Sa nature devint un phare pour lui, ce que Melville devait appeler plus tard, avec plus de sobriété que nous ne pouvons le faire aujourd’hui, son “méridien de Greenwich”… [...] La plupart d’entre nous, je l’espère, ont une Béatrice dans leur vie, épouse, enfant ou amie, quelqu’un qui, par sa nature même, sa divinité innée ou son intelligence, nous rend inconfortablement conscient de nos mensonges lorsqu’il nous arrive d’en faire.”
La divinité n’est pour moi que dans le coeur de la femme, d’une femme, et son corps parle douceur…
Il y a ce qu’on oublie
Il y a ce qu’on oublie
et ceux qu’on oublie
il y a ce qui de nous fait mal
et ce qui fait mal
il y a l’envie
et ce qui tue l’envie
il y a le moment unique et fatal
tu disparais et tu tombes
tu disparais encore un peu
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Modigliani













