Antonio Gades. Flamenco Carmen

L’intensité, être c’est l’intense, la tension dans le geste, dans le pas, dans le regard, l’intention dans l’attention, l’écoute en soi, le regard intentionnel, le geste se posant là dans le mouvement de l’infini

et l’amour, l’Espace qui Lie, le moteur unique de nos moments.

Il y a des douleurs, des colères, des incertitudes, des regrets, des erreurs, des volte-faces, mais l’amour réside dans l’intense de l’être, et flamboie. L’on dit parfois, l’étincelle de vie, oui, on le dit, mais la flamme de vie, l’incendie de vie, le soleil de vie, oui lui, réside en toi, dans l’intense de l’Espace qui Lie, dans l’intense de toutes lumières aux moeurs d’ombre comme d’âmes.

Refaites vos choix

Moon Kissed — Endymion by Arthur Wardle RBI RBA, 1864-1949.

 

 

Ce n’est pas facile de raconter de telles choses. De partager les moments les plus intimes, les plus sacrés. Mettre cela en mots ressemble à une espèce de viol. Ne pas le faire, c’est un mensonge.

Voir et sentir sa bien aimée nue pour la première fois, c’est l’une des épiphanies pures et irréductibles de la vie. S’il existe une véritable religion dans l’univers, elle doit englober ce contact vrai, ou rester vaine à jamais.

Faire l’amour avec l’être qui mérite cet amour est une des rares récompenses absolues de la condition humaine, qui compensent la douleur, les pertes, la balourdise, la solitude, la bêtise, les compromis, la lourdeur qui accompagne cette condition. Faire l’amour avec la bonne personne supplée à pas mal d’erreurs.

Dan SIMMONS, L’éveil d’Endymion.

Une femme innombrable.

Le Titien

Sarah avais des paroles étranges qui s’inscrivaient doucement dans le corps et le coeur de Myriam. S’il y a des guerres : c’est que les hommes et les femmes ne s’aiment pas. Nous les femmes, notre mission c’est de faire des hommes des dieux, sinon ils redeviennent des bêtes et se retournent contre nous, il nous faut donner de l’âme à leurs sens, de l’esprit à leur corps, sinon leur vie sera celle des brutes qui cherchent à dominer, se jalousent et se déchirent. […]

« C’est avec des cris que les hommes commandent aux vaches et aux chevaux, c’est avec des caresses que les femmes commandent aux hommes, mais avant les caresses il y a l’huile et les parfums :

Tu dois envelopper l’homme de l’odeur de ton propre corps, qu’il te respire avant de te toucher, comme un vent tiède chargé de garrigues, sois comme une colline qui s’approche, comme un été … Qu’il ait le pressentiment de ton immensité; ce qu’il pourra connaitre de toi sera si peu de toi et pourtant il y trouvera une terre ferme entourée d’abîmes.

Puis s’il vient vers toi, déjà pressé de désir, tiens-le à distance, propose-lui l’onction par laquelle l’homme devient roi avant de se reconnaitre dieu. C’est ainsi que la grande prêtresse consacrait le prince qui devait prendre en charge la nation.

Qu’il s’allonge sur ton lit bordé d’aromates; avec la paume de ta main étends l’huile sur ton son corps et du bout de tes doigts cherche les lieux de tensions qui empêcheraient la libre circulation de la vie, ne touche pas son corps, touche son âme, peut-être captive, ou encombrée dans le réseau trop serré de ses muscles et ses nerfs.

N’entre pas dans son corps comme dans un moulin lourd de mémoires ou d’autres farines, entres-y comme dans un temple, avec ses différents seuils, ses différentes portes, ses chambres secrètes, ses autels sacrés.

Le corps est un mystère et tu es la gardienne et la révélation de ce mystère. Chaque être humain a plusieurs corps mais la plupart du temps nous ne fréquentons que les plus épais, nous ignorons l’étreinte de nos corps subtils, de nos corps de diamant…Tandis que tes doigts éveillent des zones plus sensibles, n’oublie pas de chanter ou plutôt de murmurer, chaque organe répond à un chant, à un son.

Le corps est une partition à déchiffrer, une musique à entendre et tu l’entends si tu l’appelles, chaque partie du corps à une intelligence et un nom propres qu’il faut harmoniser avec le tout : n’oublie pas les océans qui t’entourent, les étoiles qui te regardent, les animaux qui t’adorent. Ce ne sont pas seulement un homme et une femme qui vont se rencontrer, mais deux univers. »

Jean-Yves LELOUP, Une femme innombrable.

Light in night

Bildsym

D’autres lunes d’autres histoires
D’autres brumes d’autres espoirs
D’autres nuits pour se dire au revoir

De vilains temps pour un vilain temple mon corps
De mauvais coups de mains pour de meilleurs coups pour mes pieds

D’autres lunes pour d’autres brumes d’autres nuits sans infortune

D’une ombre la lumière
_______________________Le frein aux perles du chagrin
L’enfermement rage comme ce bel oiseau

__________Ma cage encagée
comme une aube plein cadre dans ma fenêtre aux volets bleutés
Comme un ciel peint et plaint
Digne d’un rite d’ouverture aux doigts de peinture tachés
Je boite je pleure je rampe je m’enfonce si c’est de l’eau là

Ma tendre Lola si c’est de l’eau là
c’est qu’ici je me ‘noya’

Eh, ce sourire éventré ce soupir inventorié
au coté du mien au près du sien au loin au loin éventé

D’autres lunes d’autres histoires
D’autres brumes d’autres espoirs
D’autres nuits pour se chanter nos mésespoirs.

huit cent quarante sept

Je me sentais nu je me sentais peau
courant sur le sable je m’adossai enfin
et les yeux fermés les deux mains posés sur une étagère
je me retrouvais seul

Je me sentais nu je me sentais peau
je cherchais vos coeurs à afficher comme des étoiles
et vous êtes venus sortant du fond de la rue
une deux trois quatre voilà le compte y est

Pourtant d’autres lueurs posaient leurs doigts sur ma toile
d’autres coeurs naissaient des bleus des rouges des orangés

L’espace Qui Lie s’était glissé derrière mes paupières
et je suçais ainsi la lumière de toute l’humanité
doux bonbon aux humeurs parfois acides

Je me sentais nu je me sentais peau
je savais que mon sang courait avec moi
et que toi l’ancien _ nu sur la croix _ aux audaces tu saignais

Oyez les ouragans oyez les fleurs sauvages
Je ne cours plus je rampe ainsi après la chute j’avance toujours
Oyez les matins bleus oyez les montagnes nuageuses
Je ne pleure plus je suinte
Masquant ainsi les larmes derrière oui derrière

Je rampe jusqu’à vous qui êtes au loin posant mes lèvres au bout
d’une rune déchaussée
Je rampe enfin debout pour atteindre vos mains les saisir de mes mots
de mon coeur de ma passion
Je rampe et me roule derrière vos pupilles habiter votre regard la nuit
comme un voeu songe

Oui un veut songe qui porte en attirail des espoirs sur la voix
des idées qui parlent bas mais
des idées qui parlent de toi

Comme donner un sens à la lumière qu’elle chasse l’ombre comme moi
comme passer la main avec fierté sur la nuit et l’encourager

« Allez, Allez, on se lève…l’espoir te rend marteau. »

Cendrars -Les paques à New York

Modigliani

J’adore cet auteur, qui porte plus d’une vie dans quelques milliers de mots, plus d’une vie et tant de sens.

Les Pâques à New York est un poème de Blaise Cendrars (1887-1961), publié en 1912 sous le titre Les Pâques aux Hommes nouveaux, une maison d’édition qu’il a créée la même année avec Emil Szittya. C’est en 1919 que le poème recevra son titre définitif.

C’est un des textes fondateurs de la poésie moderne. Il influence Apollinaire et tout le mouvement littéraire qui se crée autour de lui.—-Wikipédia

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Dès

Dès le début jusqu’au matin une maltinée suave en apparence mais un jeune bébé nait seul et même si tombe comme la pluie pleure aussi comme la vie commence en apparence

Dès le matin une envie d’amour qui dure qui dure en ne s’adoucissant jamais une envie d’amour qui nait du vide d’un vide qui se plaint qui se veut exister autrement une envie d’amour pour pouvoir en donner un peu un peu ou plus encore une vie d’amour pour pouvoir donner toute une vie

D’amour

J’aurai aimé, j’aurai voulu aimer autant et

J’aurai aimé en écrire des fleuves, des torrents, des rivières en ces temps où l’eau commence à manquer et quand elle reste elle est empoisonnée par la mort et par les hommes

Dès le début j’ai su que la lumière c’était un feu qui devait se trouver en moi autant que dans ses yeux dans ces yeux qu’il me faudrait trouver, dans ce corps de douceur que je voudrai apprendre à adorer un peu plus encore

Dès le début j’ai vu que la fin c’était un autre début mais pourtant

La lune abrite bien plus d’âmes que de cendres et ton coeur Eli ton ombre abandonnée ton coeur ne mourra pas dans ma main je saurai te le redonner vite ou s’il le faut te donner le mien

Dès le début j’ai su que la fin… C’était peut être moi.