Peut-être ?

 

Je sais la nuit, je sais.

Le matin quand j’y arrive c’est tenu, pressé, exprimé, plus rien de soi, tout contre à refaire.

 

Le matin c’est l’après noir, l’après soir, l’après d’hier, l’après. Et pour recommencer il faut encore ouvrir les yeux, encore mettre les mains devant soi, qu’elles ne tremblent pas trop, autrement refermer les yeux très fort pour que cela ne soit qu’un mauvais réveil, mais.

Se redresser ensuite, se redresser car couché c’est le chien redevenu sauvage qui gît, redresser celui qui a oublié ce qu’il est, même s’il tremble, surtout s’il tremble, c’est bien qu’il faille le redresser, le contraindre ce fou, le poser sur le sol, par le pied, par les pieds, le poser après qu’il se soit reposé, le poser, qu’il reprenne la pause devant son miroir dans la salle de bains, oui il aime pauser, se calmer le sourire, s’éclaircir le regard, et agréablement se laver, se parfumer, se prêt parer comme un fauve revêtu d’un costume de laine, ridicule.

Et il se hâte, le soleil lui n’est pas encore levé, lui. Chacun son rôle, le lever de rideau c’est d’abord pour lui, et qu’importe ses tremblements, ses douleurs, il fait face, il fait face et il  pile, et parfois c’est la tranche qui sort, la tranche du nerf qui sur l’acier rippe et plié mentalement de douleur, il se contraint, droit, droit comme il le doit, continuer, et le soleil se lèvera ensuite, et ensuite oui…

 

Amadeo Venturi et moi

 

photo de Guerm

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