Du lendemain 1.1

Arms in Cecchetti's Image via Wikipedia

Elle regardait par la fenêtre, les yeux portés loin sur l’horizon au delà de l’océan. Quelques minutes ainsi et une phrase :  » Tu sais, j’aimerais vraiment que nous fassions l’amour… »

Il était lui assis sur un canapé, la tête penchée, les mains soutenant ce chef qui se sentait chanceler, les instants se tassaient les uns après les autres, alourdissant l’atmosphère, il finit pourtant par la relever cette tête, et dit dans un souffle : « Crois-tu vraiment que ça vaille tout le mal qui va suivre ? Tant de joie poursuivit par tant de peine… Tout cela va te faire tant mal sais-tu ? »

Elle était maintenant face à lui regardant ses larmes couler en même temps que ces mots

-tu veux me faire du mal, me violenter ?

-Non, mais ce que je veux a-t-il vraiment de l’importance, ce qui arrivera est ce qui compte, les mots portent l’amour, nos gestes aussi, nos mains nos corps tout abrite l’amour, mais c’est cette joie qui porte en elle même tout le mal qui va nous poursuivre, un mal social, un mal humain, un mal d’honnêteté, un mal puissant couvert par tant de bel amour, mais un mal qui le fera ce malaise, cette douleur, effarant les couleurs de nos instants. Pour continuer il faudra franchir le mal, il faudra chasser la mélancolie, la douleur de l’instant, s’accrocher à la vie, à l’aspect unique de nos caresses et de nos baisers, oui s’accrocher l’un à coté de l’autre, l’un en face de l’autre, l’un avec l’autre.

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Comment se retourner sur le passé, faire le back, le return, le back to back, quand le moment fatal arrive, l’attaque, le clac, le tac tac, le claquement des talons sur le sol, un soir dans les couloirs de la boite, on nous présente, on se croise, on se regarde, on se croise ?

Histoire de corps oui, eux se croisent, se décroisent, se recroisent, mais mes yeux dans les tiens restent perdus, ou non, dans tes yeux mes yeux se sont retrouvés, en y restant, en s’y posant, s’y reposant, votant en même temps que toi le temps de tes nuits, la couleur de tes rêves uniques. Et le lendemain quand on se recroise fatalement tes mots se heurtent à mes lèvres, tu veux me dire quelque chose, tu me demandes mon mail, tu attends ma réponse, je ne sais pas, je m’étonne, je me cherche dans tes yeux, je m’étonne et je me trouve dans tes yeux, je te donne mon mail, tu me lisais, tu savais que j’écrivais sous pseudo sur le net, tu as lu ce que je cache de mon coeur, tu as lu tu es tombée en moi comme moi dans tes yeux, et voilà…

Tu me regardes pleurer, tu doutes, tu ne comprends pas ce que je dis, tu me fuis, tu me reviens, soudés déjà pour le meilleur et pour le pire, l’union avant la désunion, et tout se mélange entre deux pleurs, tu as compris, mes mots pulsés, ma main sur ton épaule, tu me refuses ta main, tu n’aimes pas que je te la prenne, tu es comme l’oiseau un peu vif, un peu timide même si son bec est dur, il a peur parfois, tu es forte et fragile, tu es reine et démone, tu es mon amour, et je suis ton valet de coeur, ton servant d’âme…

-tu veux me faire du mal, me violenter ?

-Non, mais ce que je veux a-t-il vraiment de l’importance, ce qui arrivera est ce qui compte, ce qui arrivera c’est le décompte des soirs, le moment où tu es toujours seul, toujours quand l’autre est loin, toujours…

3 réflexions sur « Du lendemain 1.1 »

  1. Plein d’émotions, et si vrai, pour l’écrire il faut l’avoir vécu, pour le sentir, il faut l’avoir vécu, ces pensées font partie de moi, elles remontent à fleur de peau sur un lit de muguet que j’aurais voulu avoir à vie

    “Crois-tu vraiment que ça vaille tout le mal qui va suivre ? Tant de joie poursuivit par tant de peine… Tout cela va te faire tant mal sais-tu ?”

  2. En pleurant … en doutant … en comprenant qu il faille refuser la main afin de la protéger du mal en soi d une peau contre peau d`eux … !!!

    En a(i)mant et acceptant … l Amour tout juste … !!!
    Tres fort en ressenti ce texte Pant … j aime …

    baiser

  3. texte très interpolé de ma situation de coeur, j’y ai juste remis les mouvements les humeurs, les pensées, les douleurs, en codant cette orchestration un peu lente.

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