D’une photo…

Une photo, une image encore, un mouvement, et la lune qui ploit, mes sourires qui se cachent derrière la vitre et Livia qui court la pluie commençant à battre le haut de ses jambes nues. Paroles de fontaine, quand elle tombe sur ses pas, paroles de souvenirs enfuis comme cachés au loin, partants sans envie de revenir, et Livia qui pousse la porte, et moi qui tousse pour masquer mes presque pleurs, c’est presque la vie, c’est petit geste pour jour sans fièvre, sans caresse, sans baiser, sans…

Se revoir comme avant, dans un passé qui se projette demain, sur une autre vitre, ou sur un plafond blanc, cassé, blanc crème si c’est le bon jour, et que le matin arrive alors, la crème on la sent avant de la verser dans le café, avant d’arriver dans la cuisine, avant de poser le pied sur le sol froid, avant de lever la lourde couette de plumes d’oies, avant…

J’aimais les masques, j’aimais le carnaval de Venise, j’aimais le soleil qui venait après la pluie, et ce qui va avec, café con leche, j’aimais le ciel teinté de mauve, j’aimais sa robe au parfum de lavande, car elle la mettait à secher dans le champ derrière, et les brindilles, les vents, les senteurs du monde, tout y apposait sa marque de vie, le monde était à nous, à elle d’abord et elle à moi ensuite, et l’inverse, et l’envers, et le décor aussi, tout se cachait d’ombre pour mieux se montrer de lumière, tout jouait, et Mattéo…

Alors oui, je sais, je suis sec, si sec, que mes bras devraient se briser, comme mon coeur l’est déjà. Continue mon patient ami, continue de poser mes mots, nos mots, et si la vie ressurgit, ou pas, et si, déjà un merci te revient.

Amadéo Venturi

Photo Marc Binniger « Sonia & Marine » en Coll.avec Céline Chion

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