Lettre à Amadéo

Rassure-toi P. tes mains sont noires d’encre, mais aucun sang n’y affleure. Tu t’es pris nos cœurs en pleine poire, tu voulais mourir avec moi tout à l’heure, tu voulais pleurer avec moi tout à l’heure, tu ne voulais pas être moi, mais tu voulais souffrir comme moi. Voilà qui est fait, et maintenant ? Heureux ?

Mon cher Amadéo, je comprends ta peine, ta souffrance, et si j’ai choisi de raconter ton histoire c’est justement pour cela. Tu m’accuses de complaisance dans la souffrance, c’est peut être un peu fort. Vrai que mes textes, mon style, et mes habitudes me portent vers des ambiances assez sombres, mais pas seulement surtout récemment dans mes derniers textes. Livia, Mattéo, et toi c’est très particulier, c’est une histoire qui me touche par plus d’un coté, qui me colle presque à la peau. Et ces mots que tu m’as jeté à la gueule, je les ai reçu comme tels, et ça m’a fait réfléchir depuis lors.

Je voulais donc souffrir comme toi dis-tu, c’est possible que la souffrance en effet me colle un peu, le tragique dirai je me va bien au teint, et je retombe assez souvent dedans, alors oui cette forme d’empathie n’est-elle pas un peu glauque, je ne sais, je l’ai d’abord écrite pour toi cette histoire, pour toi et Livia. Je ne pouvais plus me taire sachant ce que je sais, c’est triste, c’est désespérant, mais j’espère arriver à transcrire votre sortie des ténèbres, et quand à moi, je ne veux jamais vivre ça, perdre un enfant, perdre presque la raison, et son amour, je ne sais pas, non, je ne sais pas où s’arrête le terrible et où commence la terreur, et j’avoue que je ne préfère pas le savoir, que je suis juste là pour écrire, et pour souffrir en silence, et dans de bien moindres proportions, mais oui je suis humain et il y a des choses qui me minent, et c’est pour ça que je suis ce que je suis.

Heureux, me demandes tu ? comment donc le pourrai je sachant ce que je sais, mais en tout cas assez fier de pouvoir poser les sentiments avec les mots, dans une histoire qui mérite écho, un écho de cœur, un écho d’âme, un véritable écho de vie, car tout ça peut nous arriver, et le comprendre, et le vivre un peu, si peu mais un peu, c’est tout ce que nous pouvons faire pour mieux vivre tout simplement. Donc merci à toi Amadeo de m’avoir permis d’écrire ceci, et embrasse Livia avant qu’elle parte danser…

2 réflexions sur « Lettre à Amadéo »

  1. Certes je suis une lectrice assidue chez toi Pant … ce texte et le précédent « Je me suis demandé » je ne sais plus combien de fois j ai du le lire(sourire)avant de poser mes mots ici … !!! Ces mots entre toi et Amadéo sont bouleversants en soi car comme tu le dis si bien  » tout ça peut nous arriver  » j espère tout simplement en lire une suite heureuse ici Poète … et bravo à toi car même si moi je ne sais poser les mots j imagine que de tel textes doivent être tres difficiles à écrire …
    Voilà … pour mes blablasss (sourire)

    baiser

  2. Des textes qui bouleversent quand on sait que ce n’est pas une histoire imaginée, en lisant je pensais au bouquin « Tom est mort », et j’ai appris plus tard que ce n’était qu’une histoire inventée et cela a enlevé du poids au roman.

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