Il faut lui dire

Marc Binniger

Il faut lui dire. Je ne crois pas que la danse pourra nous sauver, il faut lui dire que l’espoir ça ne se trouve pas là-haut, l’envie de vivre non plus, ça se retrouve en-bas, ici-bas. Je sais pourtant, moi qui me promène parmi les fleurs, je sais que les parfums s’espacent, que la fleur se fane qu’ensuite les pétales tombent, tout devient las, tout finit en bas, tout repart au sol avant de revenir grâce aux larmes que la terre engrange.

Au petit matin j’ai droit à un sourire, le soir c’est un soupir; à l’aube ce sont des presque chants et au repas du midi j’ai le triste plaisir de voir perler ses larmes, que puis-je y faire ?

Il y a le silence, il y a la tendresse et le poids de mes baisers, mes yeux qui se ferment pour cacher ma tristesse, il y a le vent au dehors qui remplace tout nos mots, devient notre conversation , se meut entre nous deux, et finit par nous effacer, nous ne sommes plus là, nos âmes dans le vent se laissent traîner au loin, avec l’espoir de ne plus revenir dans ces instants là.

Il y a la prison dis-tu ? oui, peut-être, et si en quelque sorte deux cœurs même ensemble s’emprisonnait d’être unis ? Si l’un croit que la danse peut tout soigner, et l’autre que ses fleurs peuvent tout effacer ? Il y a du temps à faire pour ces deux êtres, du temps à refaire s’il est perdu pour l’un et pour l’autre.

Et c’est si facile pour toi mon ami qui pose les mots, toi qui sais écrire…Tu ne parles presque pas, tu n’as rien à dire, tu pleures parfois mais tu sais aussi rire, tu as la souplesse que t’accorde la phrase, tu vis tes colères en mots, tes peines avec mes mots, tes saignements avec mes mots, dans tous les espaces du non dit écrire n’est pas dire n’est ce pas ? Bien sur je sais que tu es mon ami, que tu as de la peine, que tu partages avec ce don notre douleur, bien sur excuse moi d’envier cette proche et intime distance moi qui suis dedans et ne peut pas en sortir…

Amadéo Venturi

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