Nico ! écoute donc un peu…

Et si nous vivions nu dans un vieux rêve. Le message est plus sociétal que langoureux, le message est funeste au regard du monde tel qu’il est, de cette France salie, de son peuple ignoré, « indifféré », où se posera le puits de la révolte quand dans nos coeurs on ne pourra plus creuser ? Je ne fais que rajouter quelques mots à ce qui se dit ailleurs, si beaucoup de sites, et sur de plus en plus de sites d’artistes, de littéraires, comme Viviane.

Oui je fais sociétal, car la France a mal, mal dans son peuple, même s’il est nié, je garde encore quelques larmes quand je lis ce petit portrait d’ élève quand je lis les gens qui professent avec amour, avec passion cette vigueur à nos âmes d’enfants, et voilà ! On abandonne, on relâche, on lâche encore un peu plus, on sauvera qui ? Hein Nico qui vas tu sauver ? Nico, tu parles ça rime presque avec niquer, et dans les flon-flon des bling-bling, regardez à qui profite le crime ? regardez à qui va l’argent ?

Travailler plus pour gagner plus, ah oui, mais on précise pas qui gagne plus, habile mélange du propos, travailler plus, toujours plus, pour celui qui a déjà du travail, qui va en avoir jusqu’ à l’étouffement, qui ne connait souvent plus que l’aspect le plus mat ou le plus dol .

Où se pose encore le peuple ? Est-il encore dans les bras de Marianne ? Notre Femme a-t-elle de la place dans le coeur ? n’est-il pas trop meurtri ? 60 millions d’âmes, d’amants ou d’amantes, combien de rejetés à cette heure ? et demain ? quand l’hiver finira et que l’on recommencera à expulser ? Encore qu’on expulse toujours l’homme, tous les jours, eh oui, y a aussi des quotas, comme dans les usines, comme dans l’industrie, on chasse, on pousse, on exploite, on produit du média, du sale média, de la pensée vile, on chasse oui monsieur, on chasse aux pieds de madame qui vient de l’épouser son amant malien, on chasse aussi nos pensées, nos espoirs, ainsi que reste-t-il dans un monde de violence comme réponse ?

Reste-t-il une action directe qui contrera la peur avant que la peur nous conte, nous recompte dans les perdus ? les perdus de vie, les perclus du salaire, comme du plaisir.

Et que va-t-il rester comme Art dans ces demains qui ne chantent pas encore ? sera ce un chant au bruit des bottes ?

Et pourtant, écoute, oui, écoute seulement, pour entendre c’est la suite, écoute le pas de nos coeurs sur le chemin de la France, sur la voie de l’Europe, sur l’autostrade du monde créé, écoute et parvient ensuite à poser les mots comme tu poseras les lèvres sur cet enfant qui t’attend au bord du chemin/voie/autostrade. Il n’y a pas d’autre pas plus juste que celui de l’amour, celui de la raison est bien gauche sans sa droite, il file en courbes délirantes, celui de droite n’a plus que des larmes sans sa gauche et claudique sur un autre chemin, mais c’est un mur de défaites qui est derrière cet horizon, un mur de défaites après trop de guerres, des guerres que l’on ne veut pas voir, car nous sommes quelques uns, quelques unes, à penser à cet enfant sur le chemin, à cet enfant réel, et à celui qui est encore dans nos coeurs, et qui ne veut pas mourir non plus, qui ne veut pas plus se perdre que se gagner, qui veut de la vie, de la joie, du travail, un avenir, la paix, et être, être dans un avenir qui se constitue par un vrai présent, comme un vrai présent, un cadeau éternellement renouvelé, jour après jour.

Et s’il te plait, tu peux me confier toutes les mémoires que tu veux, j’ai assez de place justement, comme j’ai déjà des problèmes de mémoire, je peux en prendre, mais s’il te plait j’ai quarante ans, j’ai mille ans, j’ai assez de vent en moi, assez de trous sauvages, et de pénitents blancs et noirs, alors épargne ceux que tu veux charger, la charge est trop lourde, la charge peut être facilement une surcharge, crois moi, je lis en ce moment les bienveillantes, j’ai lu la mort est mon métier, j’ai lu le tunnel. J’ai des problèmes de mémoire, mais là bon c’est mon enfance, je la fais pas porter mon histoire, je la garde, je la pose un peu en mots, mais je ne la fais pas porter…

10 commentaires

  1. Viviane dit

    c’est magnifique Pant
    je voudrais que ce pauvre type reçoive cette harangue
    elle part du coeur
    elle est d’âme
    elle dit ce que chacun de nous pense et a envie de hurler
    quelle enfance ne parvient-il pas à porter, lui?
    pour nous faire supporter tout ça?

  2. pant dit

    Merci Viviane, ce n’est qu’un pâle écho à ton texte sur Montaigne, mais je me suis permis aussi de l’envoyer à notre hôte Elyséen…j’attends la réponse type ou la police ? vont ils vérifier ma qualité avant ? expulsable ou pas ? nanti ou travailleur ?

  3. marlou dit

    Tu sais Pant … ici je n ai pu être aussi rapide que l éclair de mes pinceaux (sourire) … La cause … ce trop plein de ressenti … de tristesse et plus … !!!

    J ai prit le temps de lire et relire … aussi les liens … ces mots tes mots … qui pourraient facilement être postés à tous les dirigeants de tous pays … car peu importe l endroit dans ce monde … il y a que quelques différences certes … mais si peu … !!!

    La présence du coeur n est que trop absente … !!! Et que pourait faire la Police … quand il n y a que le tiens qui a parlé ici … !!!

    Voilà … issus du miens … triste et touché … !!!

    Baiser

  4. cat...2 dit

    Je n’aime pas parler politique … peut-être parce que je la trouve bien trop  » sur terre » et que je me préfère en d’autres lieux souvent ….
    Cet écrit est fort … partagé.
    Personnellement, ce serait long à expliquer, mais ça ne m’étonne pas le moins du monde.
    Pourquoi mémoires d’enfants « juifs » … combien d’enfants d’autres religions ont-ils été tués sous les bombes de différents gouvernements ou au nom de différents Dieux ? Et nos livres d’Histoire ne sont-ils pas déjà faits pour « rappeler » à nos enfants ce qu’est et surtout « est resté » l’Homme ?
    On aurait bien plus à apprendre à nos enfants ce que d’autres enfants de leur âge vivent en même « Temps » qu’eux.
    Bref … j’ai dit, j’aime pas parler politique.
    Que je partage ton écrit Patrick… Et donne nous des nouvelles de la suite hein ?
    Bisous
    Cat…2

  5. Pascale dit

    Très beau tout ça, très sincère,venu droit du coeur, mais …crois-tu vraiment que ce monsieur a assez d’intelligence – du coeur sinon de l’intellect, encore que, là aussi le doute est permis… – pour comprendre ces humbles mots ? Et même qu’il aura le temps de les lire ? Que ça l’intéresse de savoir ce que pensent les manants que nous sommes ? Et pourtant….

  6. pant dit

    Pascale merci de ton passage, l’intelligence ne lui manque pas à Nico, mais c’est un regard du coeur qui lui manque, un oeil persistant sur un aspect tellement ancien, le rapport intime à l’autre et à soi, je voyais encore il y a peu cet homme dans la foule, et le regard fuit, il regarde par dessous, rapidement, mal à l’aise. Souvenons nous de Chirac dans la foule, ou de VGE, ou de Mitterand, ces hommes regardaient en face, pour le reste…

  7. Ange dit

    Comment le dire (je sens que je vais encore rater cette copie) que je vois une chose qui ne semble pas être vu par d’autres !(Enfin, ici on le voit dirait-on) Par exemple, concernant un des derniers événements en date, Louis XIV, heu ! Pardon. Sarkosado l’incontrôlé, arrive avec sa tête des mauvais jours au salon de l’agriculture. Il décide de serrer la main à un type qui, lui, ne lui tend même pas la sienne et ne le regarde pas plus. M’enfin ! Sieur Président qui trône sur la France et prône partout le respect (à sens unique), les devoirs et les droits(les siens surtout), dans son langage bling-bling que seul il a le droit d’employer sans en être blâmer, (sens unique encore), vexé du refus de ce visiteur qui daignait caresser les bovins mais pas lui : Sarkosuprême, se vit envoyer faire foutre.
    Je me souviens d’une autre époque, qui me parait si lointaine à présent, où un autre Président s’était entendu dire dans le public qu’il approchait, « Connard !!! » Et il avait, avec beaucoup d’humour et un large sourire, rétorqué : « Enchanté, moi c’est Chirac »… (Je prenais cet exemple pour comparer deux hommes du même bord politique. Décidément la classe est injustement répartie). Mais c’était en d’autres tps. Un temps où l’éducation n’était pas réservée qu’aux vilains habitants du dit 9.3 ! (http://www.appeldes93.fr/spip.php?article348vo). Faut croire que dans le 9.2 il y a des ratés. Je n’aime pas non plus les hypocrites, les menteurs, les corrompus, et tous ceux qui s’octroient le droit de tromper les braves gens tout en prétendant qu’ils font le contraire, mais je suis capable de distinguer qui des deux, dans la situation que je viens de décrire, est la victime et par déduction, qui est le voyou. D’avance je m’excuse auprès de ceux qui se sentiraient blessés dans leurs convictions par mes propos et les petits noms dont j’ose (on est encore en démocratie, enfin je crois) affubler notre cher président. Il faut dire qui est le roi de la perche tendu.

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