J’ai juste mes deux mains à tordre

As tu vu souvent un matin suivant un autre demain
un courage certain poursuivre un autre par malaise

J’ai juste mes deux mains à tordre
Jusqu’à demain

Comme domicile c’est vrai j’ai tes baisers
à fin de lire j’aurai plus rien à dire
mais des tonnes de vies à écrire
celles qui m’ont brisé
celles qui m’ont ébloui

Et recracher le tout pour en faire des vagues qui reviennent à la mer
Dessiner des idées de plages plantées de chateaux de sable
Y vivre de palmiers car eux aussi ont un coeur
Et te laisser manger le mien s’il est bon à prendre

Devant nos habitudes qui se retournent sans fin
il faudrait c’est sur trouver le sens
et en sortir pour de vrai de cette souffrance

J’ai juste mes deux mains à tordre
Et te laisser manger le mien
Et te laisser manger le mien

Peut-être si tu as faim

5 commentaires

  1. cat dit

    Et ces matins mornes qui suivent d’autres hiers sombres,
    Où le malaise se collait à un autre lui-même si mal à l’aise,
    Pour ne plus être seul, pour être bien comme le dit le grand Jacques
    Et pleurer sur quatre mains à se tordre du désespoir
    De l’absence à soi même domicilié à ses baisers.
    Et puis un matin clair suivant un hier morne,
    Le rire s’impose, le rire à ses brisures comme à ses éblouissements,
    Et puis écrire encore à l’encre rouge de ses souffrances
    Presque passées … et les recracher pour y dessiner
    De vraies belles plages au sable si fin
    Et y construire un château non pas en Espagne ni même de sable,
    Y vivre libre, y inventer de nouvelles belles habitudes,
    Juste pour sortir de la souffrance, enfin et
    Se consumer d’amour vrai
    A deux mains ouvertes !
    🙂 Cat

  2. lutin dit

    Main en éventail, le bras tendu

    plombée par un ciel trop bas, je me cogne la tête

    les arbres comme des sabres lancent leurs tiges amaigries

    un parterre de feuilles mortes

    coupées de la sève se souvient

    courent les mots sortis de ma bouche

    des lettres de sang forment une épitaphe

    il était là, c’était sa destinée

    il a marché à reculons pour effacer ses pas

    un saut de l’ange, auréolé de lumière

    c’était son cri

    et reste l’empreinte à jamais

    une flèche de glace vue du ciel

    vers la fenêtre accrochée au balcon le noir s’est installé

    les ombres dansent à mon chevet

    en requiem la musique tourne en boucle

  3. pant dit

    merci Dames pour ces mots inspirés de ce que j’expire. Belle épitaphe que je prendrais bien pour moi…Jolie Lutin serait il mon Bossuet un rien plus esthète ?

    j’exhale si peu de lumière en ces temps où le mal me ronge les nerfs.

  4. Et te laisser manger le mien…
    Cette phrase m’éblouit.


    Cadeau en vous souhaitant de beaux moments encore d’écriture car si je ne commente pas, je viens lire souvent (sourire), enfin autant que me le permettent mes obligations
    *****
    Mains
    je vous aime.

    Vos silencieux ballets
    bibliothèques mouvantes
    paysages de chair carrefours étoilés
    géographie écrite en alphabet d’histoires

    Sur les paumes rugueuses
    j’entends les bouts d’écorce enfouis dans le terreau
    les outils du jardin
    les peines minuscules rouillées sous l’établi les herbes arrachées
    quand le sol est trop sec à s’écorcher la peau

    Je ne saurai jamais pourquoi les mains fines et longues m’invitent au voyage
    on devine autour d’elles d’invisibles présences
    silence de l’étude vieux livres parfumés aux pages écornées
    ou jamais déflorées
    l’exercice du rêve
    léger
    dans la pénombre.

    Celles toutes tachées de soleil des très vieilles personnes
    assises sur un banc
    dehors
    à voir passer le temps
    posées à plat elles lissent le tablier de mouvements sages
    réguliers
    imperceptibles
    elles sont comme des racines à l’embouchure des fleuves
    elles ont la douceur des caresses anciennes et cette précaution surgie de la blessure
    la lenteur qui désigne sans montrer du doigt juste avant que la fatigue l’emporte et incline la tête
    alors les mains reposent sur leur tranchant
    pas tout à fait fermées l’index comme un crochet

    Même la moiteur de mains qui refusent l’étreinte
    le geste déplié sans élan sans ferveur cette sueur malgré elle
    jamais je ne la fuis tant elle me suggère
    ce qui n’ose
    autrement

    Dis…
    Que ressentaient-ils touchant du bout des doigts
    l’énigme de la pierre plus rouge après l’ondée
    les lieux modestes et gris où la mousse se prend pour un immense pré
    et ses troupeaux d’insectes
    affolés
    besogneux
    qui courent vers plus tard ?

    Connaissaient-ils la bouche sèche des commencements
    le ventre qui pressent les puissances obscures ?
    et les mains
    et les mains
    et leurs mains disaient-elles
    avec leurs mots à elles
    la volupté du corps à corps découverte infinie de la courbe des hanches et du dessin des lèvres
    la douceur de l’argile qui portera les eaux et les grains et les signes ?

  5. pant dit

    Que de beauté vous m’offrez

    que de mains, là où les miennes faillissent ou vont vers la faillite, voilà que de choses belles à faire avec

    merci

    Bonnes Fêtes à toutes et tous.

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