Destin est-il Skuld ?

Tu parles de départ comme si tu étais le javelot à la pointe d’or qu’un ange mauvais voulait lancer loin de moi tu pares le départ après le sourire pour adoucir pour repousser mes craintes et les tiennes tu arrives là et tu parles de départ je n’ose pleurer le moment ou tu pleureras d’arrivée perdue dans ton départ je n’ose déjà pleurer moi encore que partir c’est mourir un peu combien de kilomètres pour disparaitre à tout plein ? Série noire pour une ile noire mon coeur qui se consume ou redevient cendres oui je l’avais noté dans cet arbre sur une feuille passante vers la branche du sud dans mon grand hêtre ou mon haut frêne, Yggdrasil axe vertical du monde quand le mien vacille au propre

Vers quoi, vers où, vais je tomber de l’amour vers l’abandon de l’abondance des mots vers la sècheresse de la vie vers la mort vous qui entrez ici laissez toute espérance dans la nuit qu’elle n’occupe pas tout devient rance

Comme le dit le Voluspa :

D’ici vinrent les filles
Savantes en toutes choses,
Trois, venant de la mer,
qui s’étend sous l’arbre;
L’une est appelée Urd,
Verdandi l’autre
– elles gravaient des bâtonnets –
La troisième est Skuld:
Elles ont fait les lois
Elles ont fixé les vies
Des fils des hommes

 

Quelle est la couleur de mon fil Urd ? Aurai-je le droit de mourir debout et droit où tomberai je comme Yggdrasil
Quelle est la douleur de mon fil Verdanti, arrives tu à tisser mes larmes ou font elles riper le tissage des destins, la grande toile fait elle se croiser quelques fils avec moi, de la couleur ? Du blanc ? Du noir ? Des bulles bleues des nuées de savoir ?

Skuld toi qui porte le devenir de tous, promets moi de le couper celui qui est mien quand la douleur sera trop forte, promets moi de regarder aussi avec un sourire les quelques moments d’avant, j’essaierai de rire, de faire rire, d’aimer passionnément jusqu’à la fin.

l’humain ne vit pas plus d’une fin de jour
après le verdict des Nornes.

Et un extrait du Kanteletar parole de fertilité qui est contrepoint par là on passe de la Série Noire à la Série Blanche

Elle arracha un bâton de la lande,
Une branche de pin tordue de la colline,
Et abaissa le fruit avec ce bâton;
Le fruit toucha terre.
La plante s’éleva alors de la terre
Vers ses chevilles
Et de ses chevilles
Vers ses genoux purs
Et de ses genoux purs
Vers les brillants ourlets de ses jupes,
S’éleva de là vers la boucle de sa ceinture
De sa ceinture vers ses seins,
De ses seins vers son menton,
De son menton vers ses lèvres;
Sur ses lèvres, elle s’arrêta
Puis vrilla dans sa bouche,
Oscilla sur sa langue
De sa langue au fond de sa gorge,
Enfin le fruit tomba dans son ventre.

De la fin nait tout un commencement.

P.07

1 pensée sur “Destin est-il Skuld ?”

  1. les départs d’amour ne sont ils pas qu’abandon au fond et la nuit alors semble se refermer sur une lumière qui ne brillera que faiblement et loin … mais elle brillera encore …
    merci à toi
    Cat

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