Heart shaped glasses

D’une pointe perle la goutte comme un nuage

celle qui délivre son atteinte

donne aussi celle qui d’éteinte

parvient au sommeil

 

Du soleil

comme une évidence la pointe du rayon qui criminalise

la chair qu’elle apure

en la sommant de s’épurer

 

Ce souvenir du rire comme

des larmes comme une évidence

une tentative du vide

qui se veut friable dans une valse

 

Ce n’est qu’une autre chanson de Noël, des gendarmes patrouillent la ville n’est plus sure, le matin peine à se lever, le soleil refuse la pointe, mon corps se lèche sans y rêver même à la langue

J’ai même des trêves des entraves qui gelées se collent aux mains missels que des pages se détournent si elles ne songent plus guère à la prière

Alors à la caresse si j’y trouve en corps un coeur oui peut-être si la vie me relâche comme tous les mots que je rabâche en douleurs ou en souffrance ? j’avoue que là je fais plus la différence, c’est étranger et c’est moi, c’est en ma chair en mes os et c’est ailleurs, quand dire ? quel est le moment qui se présentera ? et son nom ?

Eli, comme celui redoublé qui abandonne, Eli Eli lama sabachtani,

Abandonne donne moi  sur un banc quoi donc si non des baisers ou un espoir de toi

D’autres peinent plus loin et s’enveloppent de sang et si j’entends ton cri ta larme je n’ai aucun espoir si je me  joue encore avec cette pointe, gratter comme graver ne me laissera pas plus de traces dans ce temps fugace

Et là comme la main se coince encore une fois ça finira dans la douleur d’un doigt qui flambe avant de plier ou qui se gèle avant de pleurer et comment va-t-il à la fin pouvoir te toucher ?

you as an

heart shaped glasses

Des aiguilles

Le jour demeure crème, tout s’assemble dans une sorte de brume les lunes les illusions les vies, tout se ressemble et tout est si près de la différence, tout est moi et tout porte vers toi, tel un balancier d’horloge mais cette horloge est ici un coeur, un coeur autre ou un coeur soi, qui s’effeuille et se parle peu, qui se ment dans chaque regard porté, comme une autre main que soi posée sur une autre main que soi, je ne suis plus nul part là.

Assis contre soi les mains saccageant chaque geste, où tout se bloque, où tout se gène, se gèle si c’est de saison, un temps pour un lieu, pour d’autres lieux, et je pose peu, j’ai peur en fait, oui peur en cette période de fêtes, ces mains qui m’abandonnent comme ma vie change, comme mes sentiments divergent, se chassent ils d’un corps ce coeur et ces mots ? Se hantent-ils ailleurs, dans un fantôme d’âme, une étoile noire qui brille au fond de mon coeur en compagnie de mon propre fantôme d’or terni ?

Je viens de finir la relecture de Vie secrète de Quignard et tout depuis que je le lis me porte ailleurs, me transporte dans un monde je qui est si loin du monde moi, et que je désire ce Sire de Se pour être ou pour avoir, et que je devienne enfin ce que je dois en perdant tout de moi, et tout autour.

Il faut se parler mais faut-il communiquer à tout prix, alors que quelque part on a toujours fait chemin sur un équilibre quasi parfait de nos incapacités, peut-on se construire comme on se donne, à petit peu, en avançant en douceur ?

Et comment lors que la violence s’encre dans mon corps, maculant les nerfs d’une écriture runique qui vainc chaque de mes espoirs, comment lors qu’une âme autre s’est permis la naissance à mes yeux, comment continuer sans se mentir ? Continuer sans fuir, conti-muer sang fuir ?

Oui comment sur les aiguilles plantées dans ma moelle épinière voir autre chose qu’un signe pointu du destin, qui force le changement dans la pensée autant qu’il frappe le corps, c’est fuir le mal qu’y faire face, repenser chaque minute, chaque seconde d’une mémoire en fuite comme une rivière fuyante dans une grotte souterraine, mais j’épluche tout ce que j’y trouve et si un bout de ce Sire de Se y figure sur une page j’arracherai moi-même l’os sur lequel il est gravé.

J’ai un devoir d’être, j’ai un devoir d’amour pour me pousser à tout cela.

J’ai juste mes deux mains à tordre

As tu vu souvent un matin suivant un autre demain
un courage certain poursuivre un autre par malaise

J’ai juste mes deux mains à tordre
Jusqu’à demain

Comme domicile c’est vrai j’ai tes baisers
à fin de lire j’aurai plus rien à dire
mais des tonnes de vies à écrire
celles qui m’ont brisé
celles qui m’ont ébloui

Et recracher le tout pour en faire des vagues qui reviennent à la mer
Dessiner des idées de plages plantées de chateaux de sable
Y vivre de palmiers car eux aussi ont un coeur
Et te laisser manger le mien s’il est bon à prendre

Devant nos habitudes qui se retournent sans fin
il faudrait c’est sur trouver le sens
et en sortir pour de vrai de cette souffrance

J’ai juste mes deux mains à tordre
Et te laisser manger le mien
Et te laisser manger le mien

Peut-être si tu as faim

Bowie / The heart’s filthy lesson

Bowie est un de ceux qui m’inspirent le plus sur la scène mondiale, pour une carrière d’une vraie créativité, et c’est rare sur la durée pour tout artiste, et cette video là, sur cet album là, préfigurant un ton industriel type NIN, ou Marilyn Manson. Tout ce qui est noir dans mon coeur est dans ce clip, la baignoire que vous voyez ressurgir dans ma mi-nuit à l’école des fous, et d’autres choses aussi. Bowie, un maitre comme l’est pour moi Gainsbourg. Tant à inspirer les autres, ce ne sont que les génies qui peuvent le faire, merci à eux de me permettre de créer un peu mieux.