Fin de l’entretien avec Pant par Lise Dest

Site à ne pas ignorer ! http://lisa.savarts.com

Lise Dest : Pant bonsoir, nous revoilà ensemble
Il était grand de terminer cet entretien !
Pant : Oui, le temps passe et pourtant les choses restent à dire,
donc me revoilà
LD : Nous allons terminer notre conversation sur une note musicale
plongeons dans un de tes univers de prédilection, musique toujours !
P : Bonne idée, d’ailleurs en ce moment j’en écoute en te parlant, «magie moderne»
LD : Peux tu m’en dire deux mots ?
P : Le dernier album d’Eiffel, tandoori,
une belle plume et des mélodies cinglantes et rock élégantes
LD : Lorsque tu écris, la musique est là très présente.
Source d’inspiration ? ou compagne inspiratrice ?
P : Pour faire une métaphore je dirai, mes mots sont collés à moi
comme le sable sur un tambour, quand il bat en rythme, le sable saute, se décolle, prend forme, change…
LD : Voilà ! je crois que nous te retrouvons dés le début de cet entretien,
merci
P : Pour illustrer voilà ce que j’écoute, Eiffel Ma part d’ombre
LD : Tout tes choix sont incroyablement éclectiques de Bowie à Mozart,
Ben Harper à AC/DC , en fait tout comme tes références littéraires
P : Peut-être est ce là, le lien, l’éclectisme de la vie porte en elle aussi toutes les mélodies et tous les rythmes,
et pour paraphraser je dirai «rien de la musique ne m’est étranger»
toute envie porte le rythme en elle, toute émotion se tisse en notes incarnés
LD : toute vie également
P : Et toute mort aussi d’ailleurs
LD : Très vite dans les profondeurs de ton âme ?
P : On ne change pas sa nature selon le sujet
LD : C’est ainsi que nous te connaissons, et que je souhaite te faire connaître
vibrant à fleur d’âme…
Où que tu sois on retrouve un homme curieux et réceptif
P : Je reste moi, curieux, parce je veux « connaître » avant tout.
Après la sensibilité, c’est une autre histoire, c’est très subjectif
LD : Justement, y a-t-il avant que nous abordions le fond de notre sujet
un univers musical auquel tu n’accordes pas d’intérêt ?
P : Bonne question ! mais je ne vois pas, dans tout style il y a du bon,
et tout peut être à soi bon dans un moment de vie
LD : A chaque instant, sa mélodie, à chaque moment sa mélopée…
P : oui, voilà bien résumé
LD : Ben Harper, une actualité impressionnante tout comme l’artiste
quelle émotion supplémentaire t’apporte t-il ?
P : Je ne parlerai pas de supplément d’émotion, ce que je retrouve dans certains morceaux
de Ben Harper et d’autres auteurs, c’est le frisson qui prend les os
et cette sorte de transe qui permet la mise bas des mots, la « résonnance» est le mot
LD : du classique au haevy métal en passant par le jazz.
Ce qui l’emporte c’est le frisson profond qui guette et répond a une quête de plaisir
P : Ce mouvement qui nous vient tout droit du chamanisme ancien
LD : Pant où que tu sois écriture écoute musicale, ou découverte picturale
ton monde est forcément artistique et très intérieur
P : Oui tout se relie en fait, et oui aussi bien vu l’image qu’elle soit peinture
ou photographie prend de plus en plus d’importance avec le temps
LD : j’oubliais la photographie qui te passionne aussi
P : j’en fait un peu oui, alors que la peinture est un amour lointain qui se rapproche
LD : En peinture comme en musique tu es spectateur,
alors qu’en écriture et vers la photo tu te trouves au cœur de chacun de ces univers
P : En toute logique de faiseur ! Mais la musique et la peinture portent beaucoup d’écho en moi,
alors simple spectateur je ne sais, observant activé pourrait être la désignation juste
LD : C’est une expression, qui te va, et qui reflète plus que parfaitement tes « états »
si je puis le dire ainsi. Tenter d’être « l’acteur-activé » en toute situation,
même si ce n’est pas souvent possible ou simple, mais voilà, c’est à quoi tu nous as habitué
P : Disons vous ne voyez que les restes après un « Cut up » assez radical
LD : Tes deux compagnons de voyage d’âmes, Bowie et Gainsbourg ?
P : Ces deux là oui sont des princes en mon coeur à la fois pour leur vie et pour leur art qui pour moi sont indissociables
LD : Mozart un prince aussi ?
P : Oui, et pour les titrer ainsi je pense que le point d’orgue est la souffrance, le mal être
LD : Tes écoutes, te ressemblent
P : Oui, ainsi à chaque départ en vacances je prend avec moi la biographie de Serge Gainsbourg
LD : Pourtant ce soir une infidélité à tes idoles? Vanessa Paradis
P : Oui excellent , avec une belle collaboration avec M (Mathieu Chedid)
elle fut une égérie Gainsbourienne, la dernière, donc pas tout à fait infidèlité
LD : Sans oublié sa collaboration avec Etienne Roda Gil
P : Voilà qui nous rejoint donc
LD : Oui je ne peux que m’en réjouir. Comment se présente cet album selon toi ?
un CD qui va faire vibrer réellement ?
P : Une pop session où pulse mélodie et coeur dans un nuage étiré
http://www.vanessaparadis.fr/ une très belle vidéo sur son dernier album
LD : Selon toi Vanessa Paradis réussi t-elle un retour plus qu’honorable
surprenant peut être ? La presse « l’attend un peu au tournant » comme l’on dit
P : Eh bien, je dirai qu’enfin c’est l’album post Gainsbourg.
Libre et cruellement créatif tout en laissant paraître le jeu derrière la session
LD : Pourquoi ce terme « cruellement créatif »
P : Cruellement, car pour moi si ça touche, c’est par petits coups sur le coeur
les tam tam et les clap clap, ça fouette le sang et sa circulation prend du rythme
LD : Conquis alors ?
P : J’avoue même, que là je me suis dis dans mon for intérieur:
« pourquoi tu n’enverrais pas ton recueil à Vanessa, en espérant lui donner moi un peu de plaisir en retour »
ce fut une fugace pensée mais bien née de l’instant
LD : C’est une excellente et belle idée. Laisserais tu ton agent s’en charger ?
sourire
P : bien sur !
LD : Merci
P : Elle (Vanessa Paradis) est un élégant point de jonction entre nous à ce que j’ai compris
LD : Oui de ces point qui sont plus que liaison sans danger
P : De ces points qui sont dans la trame du tissu
LD : Des point accentués, exactement. Un bâti de bohème, et de poème
P : Un bâti en cristal de Bohème
LD : OUI
LD : Toi qui aimes l’image au beau sens du mot,
comment trouves-tu la pochette de cet album ?
P : Ah, je dirai, naïvement et nativement chamanique
LD : Tu emploies souvent cette expression, que transporte t-elle pour toi ?
P : Quand elle pousse l’âme au voyage vers un Avant tout ou un ‘en’ avant Toute
LD : Toujours ce voyage entre « là » et « ailleurs » entre toi et les ombres ;
la lumière et le fond de la nuit
P : oui, tout ce qui vaut se doit d’être au voyage
LD : Là nous faisons une sorte de voyage, cet entretien n’est que voyage
P : oui comme une « pour-suite »
LD : Tu me voles mes mots, Pant as tu conscience que beaucoup
attendenr la suite de cet entretien commencé il y a déjà longtemps
P : Non tu me l’as dit et ça m’étonne encore
LD : Pourtant c’est ainsi, étonné tu ne devrais pas l’être
P : Si tu le dis, mais pourrais tu me dire qui ?
LD : Tous ceux qui « vagabondent » d’un site à l’autre qui connaissent tes écrits
tu es de ces hommes bâtisseurs, fédérateurs
P : Peut être, mais alors sans conscience de soi, du moins sur ce sujet
et pourtant on me dit élitiste ! J’ai bien sur quelques fidèles.
LD : plus que cela, ils ont été touché, par la première partie de l’entretien
par ta sincérité, les accents extrêmement singuliers sur la vie, ta vie.
P : Ne pas dire vrai serait pire que tout quand une demande est franche
du moins à mon sens
LD : Je te l’accorde, mais c’est un jeu curieux que celui d’un entretien
tu t’es confié sans détour
P : Disons que j’ai pas peur de mettre à nu devant toi !
LD : Notre complicité, me permet de prendre dans mes filets tes mots
les plus sincères.
P : Ce n’est pas de la poésie pourtant
LD : La vie est poésie, violente ou douce elle l’est non ?
P : Oui pour ceux qui savent regarder avec le coeur
Lise Dest : Come back music ?
Pant : yes
LD : Gainsbourg for ever
P :oui
LD : Cette bio que tu lis et relis, ton livre de coeur et d’âme ?
P : Que je relis à chaque vacances, et chaque voyage donc
Comme Adrienne Pauly,
LD : Cette toute jeune chanteuse , voyage elle aussi avec cette biographie ,
« Gainsbourg vue par Gilles Verlant »
P : Oui, belle découverte là encore, elle aussi est une « reliseuse »
http://www.myspace.com/adriennepauly
LD : Quel lien ferais-tu avec cette jeune chanteuse et toi ?
P : Une fausse désinvolture, (elle lit Cioran) et une élégance presque british,
un chant qui vient de l’arrachement
LD : En résumé, tout ce qui est , caché, secret ce qui est à découvrir, c’est là
ou se trouve ton repère à émotions
P : Il faut creuser pour voir l’être et pas seulement le « part-être »
LD : Le « part-être » la part de l’être


Pant


LD : les médias, nous annoncent la publication des lettres et carnets de Soeur Thérésa
ses doutes sont au cœur, de plusieurs articles et parution, qu’en penses tu ?
LD : Oui je sais nous faisons un bond curieux!!!
P : je n’ai pas suivi cette news, doutes sur sa foi ?
LD : Oui, plus elle avançait dans la vie, sa vie en fait voué plus à l’humain qu’à Dieu, plus elle doutait
Elle finissait même par exprimer qu’elle perdait la foi.
P : normal, le sage ne se complait pas dans la Vérité, mais voit les vérités
LD : Donc les doutes de Sœur Thérésa sont plutôt réconfortants
P : oui, plus que rassurants même
LD : le doute est en fait la vérité qui devrait nous tenir ?
Ou exprimerais tu cela autrement
P : Descartes a déjà tout dit là-dessus,  » le doute est fondateur »
un doute disparaît, un autre est là qui apparait et tous les autres sont encore là, construit des murs plus solides avec pleins de briques (les doutes), qu’avec une seule (la vérité), mais revenons à l’Art
LD : d’accord
LD : un concert en vue ?
P : moi ? non je vais plus aux concerts, mais un concert où j’aimerai aller ?
LD : Merci Pant, je vois que tu ne perds pas ton humour! Oui c’est ce que je voulais dire
P : Mademoiselle K, écouter Jalouse
la seule vraie voix rock féminine française, il y a du Patty Smith chez cette demoiselle,
intensité, désir, pulsative, et cette émergence de la folie qui se fait rock, pulsatile, encore que je sais pas si ça existe ce mot, et aussi encore ça
LD : Peu importe il est ! et je crois qu’il convient,merci pour tous ces liens. Pant si tu devais conclure par un mot, car il va falloir le faire, lequel poserais tu sur notre entretien
P : Un mot ? désir
LD : DESIR ?
P : Tout en vient, et tout y mène, chaque mot, chaque chanson, chaque geste
donc désir ! Et merci pour avoir comblé le mien avec cet entretien
LD : C’est moi qui te remercie.
P : et pour finir
P : Mais la clôture, nous l’avons passé avant l’interview, quand je dis qu’on commence toujours par la fin…
LD : OK sourires
LD : Mais ne crois que nous en ayons terminé pour autant

Lise dest & Pant /07-09-2007

3 réflexions sur « Fin de l’entretien avec Pant par Lise Dest »

  1. Tout simplement … !!!

    J ai bien aimé votre entretien … si vrai que la musik fait grand bien … et est un besoin (…) !!!

    Des mots vrais que j aime chez toi Pant … tant sur ceux posés dans tes écrits … qu ici … !!!

    Merci à vous deux …

  2. Merci à Lisa oui d’avoir eu patience de me décortiquer, et de trouver un peu de saveur dans les quelques coins de moi pas trop engouffrés sous les ombres. Et merci à toi Marlen.

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