Quelle couleur ?

Edine Toilevisiter le site d’Edine

Y a comme des mots qui s’en vont par eux
des élémots qui montent sur leur cornac pour un chaleureux entre deux
du genre qu’on croise pas régulièrement un pas de jeu
inédit qui se voudrait langoureux
mais se rassurer à demi-mot je trouve ça plutôt inquiétant
alors repose ce crayon idiot si tu vois que je mens

Et revenons vers le mystère qui se veut la vie en prose
oh non
je vous regardais
et je vois ce que tu veux dire d’après moi
cette émotion qui se voile le coeur
ce drôle de rire qui se masque avec trop d’habits
oh non
te voilà nu et tu es un garçon
un rien t’habille et trop te rend animal

J’aurai aimé moi aussi m’accrocher aux branches
me prononcer contre tout badinage avec l’amour
ôter toute vilenie sur ce bord des lèvres où j’aime déposer les miennes
et que quand tu danses pour moi je ne tombe pas les bras en croix

La vie c’est une étrangère
qui t’ouvre le coeur ma chère
qui se prend pour un hameçon et étire un peu les chairs
et te rejette quand elle voit enfin que tu n’es pas un poisson
mais pour toi c’est trop tard tout venin laisse sa marque de poison

C’est trop tard je sais
je suis pas un poète
non
tout juste un crayon
qui ne se veut pas de bois

P.07

5 commentaires

  1. adeline dit

    holà !j’ai senti le déclic qui va m’obliger à revenir copier pour prendre le temps de lire et je vais aller voir le site car certaines images de ce style pourrait bien m’aider à illustrer des petites séries de haïku si j’ai le droit d’en emprunter
    c’est un poème humour tendresse comme je les aime
    tout à fait  » crayon qui ne se veut pas de bois  » (belle trouvaille)

  2. pant dit

    merci merci, demande à Edine pour les images
    moi c’était un peu convenu avec elle, car techniquement on peut pas prendre d’image en copie sur son site ( j’ai du user de mes connaissances pour le faire) oui ça irait bien sur du haïku, j’ai lu votre grande discussion entre lutin et toi sur ce thème 😉 moi aussi haïku rigide je suis.

  3. Cat dit

    Etre spectateur des é/mot/ions qui nous habitent …
    Savoir.
    sourire de soi, rire de ce qui n’est que trop pré-visible…
    L’illusion en lourd fardeau comme compagnon de route …
    Savoir.
    Et pourtant, rester là …
    N’être que crayon dans l’âme d’un poète … d’un Homme.
    Tu n’as pas idée à quel point cet écrit m’a parlée …
    Certainement n’y ai-je vu que ce que je ne voulais que lire.

    « mais pour toi c’est trop tard tout venin laisse sa marque de poison »
    J’aime

    Amitiés poétiquement déposées.

    Cat

  4. lise dest dit

    Pour bien connaître EDINE, je trouve cher Pant que ce texte est un collage subtil à la peinture de cette artiste très particulière.
    Merci pour elle et bravo tj renouvellés a toi qui en rien jamais ne me déçoit

    tendrement
    lisa / Lise Dest

  5. pant dit

    Merci Lise, toi qui la connait bien, ça me touche, j’ai reçu un petit mail d’Edine hier, émue, et voilà que mon « art » touche comme j’ai été touché, voilà la puissance de l’union des arts graphiques et textuels, tout se multiplie et rejaillit.

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