Archives de septembre, 2007
Poiein
“La poésie est marquée par l’oralité et la musique de ses origines puisque la recherche de rythmes particuliers, comme l’utilisation des vers, et d’effets sonores, comme les rimes, avait une fonction mnémotechnique pour la transmission orale primitive. Cette facture propre au texte poétique fait que celui-ci est d’abord destiné à être entendu plutôt qu’abordé par la lecture silencieuse.
Placées sous l’égide d’Orphée et d’Apollon musagète, dieu de la beauté et des arts, et associées à la muse Erato, musique et poésie sont également étroitement liées par la recherche de l’harmonie et de la beauté, par le Charme, au sens fort de chant magique. La création poétique hésitera cependant constamment entre l’ordre et l’apaisement apolliniens qu’explicite Euripide dans Alceste : ” Ce qui est sauvage, plein de désordre et de querelle, la lyre d’Apollon l’adoucit et l’apaise ” et la ” fureur dionysiaque ” qui renvoie au dieu des extases, des mystères, des dérèglements et des rythmes des forces naturelles que l’on découvre par exemple dans le Dithyrambe de l’Antiquité grecque.
En linguistique, la poésie est décrite comme un énoncé centré sur la forme du message donc où la fonction poétique est prédominante. Dans la prose l’important est le “signifié”, elle a un but ” extérieur ” (la transmission d’informations) et se définit comme une marche en avant que peut symboliser une flèche et que révèle la racine latine du mot qui signifie ” avancer “. En revanche, pour la poésie, l’importance est orientée vers la ” forme “, vers le signifiant, dans une démarche ” réflexive “, symbolisée par le ” vers ” qui montre une progression dans la reprise avec le principe du retour en arrière (le vers se ” renverse “) que l’on peut représenter par une spirale.
La poésie ne se définit donc pas par des thèmes particuliers mais par le soin majeur apporté au signifiant pour qu’il démultiplie le signifié : l’enrichissement du matériau linguistique prend en effet en compte autant le travail sur les aspects formels que le poids des mots, allant bien au delà du sens courant du terme ” poésie ” qui renvoie simplement à la beauté harmonieuse associée à une certaine sentimentalité. L’expression poétique offre cependant au cours de l’Histoire des orientations variées selon la dominante retenue par le poète.
L’invention poétique produite par le jaillissement de l’inspiration et la connexion privilégiée du poète avec l’indicible qui le conduit au delà du prosaïque repose également sur la maîtrise technique des formes savantes, et les poètes ne cesseront de débattre de l’importance relative de ces deux composantes. De fait, l’écriture poétique réside dans l’enrichissement du matériau linguistique complet, en prenant en compte à la fois le sens et le son, d’où une mise en page spécifique (le plus souvent), une densité particulière des mots avec des procédés de mise en valeur et d’expressivité, et une prise en compte des rythmes et des sonorités. “ wikipédia
Le Charme, alliant langue et musique, scandant, arrangeant l’ordre naturel pour poiein un autre articulé du regard et du coeur, car ce n’est qu’une vision du coeur, un voyage intérieur qui surgit. La magie primitive vient toujours du voyage, puisant dans ces racines chamaniques, l’ultime ailleurs qui est soi, l’ultime dit qui est à dire, à poiein.
Le soin au signifiant oui bien sur, car c’est lui qui fera le signifié, “manipulez vous dans la haine, dépecez vous dans la joie” ce vers de Thiéphaine, s’exerce d’abord sur soi dans tout processus créatif. la création c’est d’abord un rapport charnel, carné même avec soi, pour hameçonner une part vive, ou encore vive un peu, et la mener au monde. Jaillissement ? oui là cette chair devient pensée rivière onde fluide et se pare au contact de l’air de la magie du Charme. et ceci je suis plus dionysiaque qu’appolinien, j’apporte le chaos intérieur, tentant d’y mener un ordre, mais ne sacrifiant jamais le chaos, non, il a sa raison d’être, plus que la Raison n’a d’êtres qui la portent.
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Débuter, commencer, et par d’autres…
Débuter pour commencer, que diable !
Débucher, autre genre d’embuche quand la buche est demandée, souhaitée, désirée, quand le point dubesoin se fait double, que l’astérisque s’oublie, que l’accent s’efface, donc que la virgule disparait suite, et le diable là dedans, brulant, consumant, chaud comme l’enfer, enflammé, enfourné que sais-je encore moi, qui ne me souviens de rien de mes voyages en dessous…
Débucher pour déboucher, pour faire ouvrir les bouches, celles d’incendies à venir, comme la votre qui se prend de feu, de passion, qui carnation majestueuse publie des tomes, des épisodes, des suites fantasques, des paragraphes en formes d’ode à l’amour.
Débuter pour finir en fait, car c’est dans la fin, dans la terminaison que le mot se fait, se défait, se refait, se conclut sur tes lèvres, dit oui prononcé, c’est finir ou commencer ? c’est devenir ou avoir été ? c’est rire ou pleurer? débuter c’est en finir, de quoi de qui d’où ?
Oui parfois c’est doux, et on va là en finir comme ça, en douceur, car c’est vous, c’est toi, c’est Elle, c’est d’âme. Et ça c’est si doux.
que la meilleure manière de finir, c’est par des baisers. Doux.
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ce fut une suite involontaire mais déposée sur le magnifique site de Viviane, et sur ce texte ci
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Ma Ligne d’Or
Cette nuit
qui finit là
elle va être
trop courte de deux jours
Toi ma ligne de vie
délicate
pliée sur le drap mouillé
dédicace
touchée sur une peau teintée
D’or mon oiseau vaincu
dors
les ailes pliées
Toutes nos plumes nous les avons lissées
d’une nuit sur le sable
dansant la sarabande des chansons à lire
avec les doigts les mains
et nos bouches
à l’embouchure et à l’isthme
loin dehors qui s’en pointe là dedans
sacrifiant le divin met dans ce fol mouvement
Tout ce que tu donnes porte à l’ocre les lunes de ton corps
Elles qui sont ailes qui sont pleines
à nos errements
resserrant à tout murmure ce qui vient de notre sang
ce qui se boit se savoure se chante à gorge profonde
mon coeur est un oiseau qui se d’or et d’yeux
si je voulais d’une vie en plus j’en remangerai
plus qu’elle ne croît car elle est si grande qu’elle est vaste comme le sommet
des astres où par foi on se promène
loin si loin que nous on s’approche on s’accole on se tourne au bord du fleuve
Je connais ces heures noires et les porte aux brumes
là j’enserre ses bras d’une lune chocolat
pour y poser mes lèvres ou mes désirs l’un avant l’autre après
libère encore ces paumes que je veux doucher
chaque nuit elle en fait mon malheur quand elle ne cesse de se retourner
la jambe pliée qui me pleure
me crie me croie encore
si je peux je puis je pluie sur ton corps
des ocres nus
par fleurs maintenus
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O bleue
Tu fuyais parmi les gouttes d’eau
et là te posais nue
voilà l’ivresse vers l’inconnue
me voulais-tu ? je suis un idiot
je niche dans le bleu
de ta peau de ta chair et d’un peu
de tes yeux.
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Dans 24 heures…Marc et Pant
Tu voyais là cette atteinte, tu sentais dans cette tasse la douce odeur
que le temps
voulait voir advenir là dans ce gris
de ton regard mais
tu ne seras jamais la victime d’un au delà de neige, non

Quoi que tu veuilles
c’est de marc et de perle tout cela dissout dans une tasse de porcelaine
harmonie d’un destin que l’on trace de l’ouverture au déclin
quoi que tu tisses te voilà

Nue comme celle que je vois ici demain
cela comme instant reconductible
d’un amour que tu veux incombustible
de ces millions de tonnes de deuils que je croise en douceur pourtant
sur cette peau
ne dis plus rien
me voilà saisi
oui et toi aussi à pleines mains
soit que cela conserve soit que cela dirige
pourtant j’erre et toi tu voyages

Tendue sur le bout de tes pieds pour que je ne vois pas tomber
trop de larmes trop de larmes trop de larmes
toi et moi pourquoi dis le moi
est ce si dur à voir dur à vivre dur à suivre dis le moi
J’aurai oui là entendu ce que tu tais car tu chantes dévêtue c’est une voix nue
qui se tend qui se rend vers l’inconnu et c’est moi cette fois l’imprévu
ce drôle de type qui se voue qui se tue qui se noue
qui se tisse aussi afin de t’habiller pour la vie pour la vie
même si cela se finit
oui même cette nuit

Dis moi encore
pourquoi tu me crois mort
je suis toujours là et cette vie je te suis
je te es toi tu me j’haie-te
cherche mon corps je te crois vue
si je j’ai-me dans la peau juste ce pincement tendu
dans ton coeur sans m’enfuir
dis moi alors
si c’est trop fort
cherche mon corps si cela te répond

Si je t’entre
toit tu sors
drôle de chance qui me vient
si d’une nuit tu me reviens l’été lui me soutient
il y a d’autres faces à ceci
tu me ris tu me dis tu me pars
et toi dehors sans quel état de drame
dois je porter mon coeur

Résolue mais ment
tu te fuis tu te tires tu t’empires
qui me chasse en me laissant là
oui las
sans rempart
car tu pars
car tu pars
car tu pars
il y a aussi un lendemain pour les au revoir
mais là
oui las

car tu pars sans me dire au revoir
Tu t’assois et
loin de là je suis oui loin de toi
alors toi qui pense toi qui chance pour moi
transe parfois qui porte ma foi
c’est comme ça qu’elle ruissèle oui
sous toute cette pression oui
le long de tes jambes
Es-tu encore la princesse qui s’en va loin ?
De toi le prince valet ou roi ne peut que pleurer
non
tout est encore sous passion
non
under the pressure
quoi que tu sentes maintenant

Que te reste-t-il encore ? Pour terminer cette nuit
tu te noies dans la foule mais tu ne trouveras que le froid
je ne suis plus dans tes veines
Et ceux qui t’entourent oui ceux là
sens la pression, ignore là
ce n’est pas leur faute ni à toi mais ils tentent
oui ils t’entrent tout autour
et toi là enfermée
où
où
est donc cette liberté
qui t’a fait fuir
où ?

Tout est obscur je pense si demain tu croises
peut être
la chance
sauras tu que c’est moi
que c’est toi
que c’est nous deux dans les bras
qu’aucune nuit ne vaudra ta fuite
même tes beaux retours rien ne rattrapera
Tout ce fuit de là
tout ce qui fut de là

Marc & Pant 07
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Viens
Viens là où l’impensable est jeu avec mots
là où le rêve croise la chair
là où les maux rivages d’une multiple rivière croisent tant de navires qu’ils chantent
là où parler ne fait que fermer les yeux des autres
là où un coeur sait que les cendres, la brume, ça rime aussi avec le désir et l’amour, oui
Viens
Et dans le feu les larmes aussi pour à la fin
en rire ou presque espérer
Comme si tout errait dans un film muet et que l’on soit la presque musique qui avance, le mouvement de la lumière vers les ombres et la chanson des ténèbres vers d’autres coeurs qui sombrent.
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ps: ce texte comme humble suite à celui de Cat
site à suivre de près.
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Dune
Une partie de la pyramide
c’est toi
Le regard du Sphinx
c’est toi
Et moi
le grain de sable qui passe
P.07
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Vers les yeux de ton miroir…

Chris
« Longue est la route vers un jour sans lui
sur le chemin quand tu te brûles c’est d’une seule main
levée vers un ciel bleu ou nuit
qui s’enroule autour de tes reins
Long le mirage vers les yeux de ton miroir
quand dans l’orage ton rire se finit d’espoir
j’y retrouve un peu de ton enfance
quand tes cheveux eux dansent »
tout ça s’entoure de nuages de couleurs
j’ai tant rêvé du bleu de l’océan que tu le portes si élégant
marine dans le port et l’attitude
si le flux en toi nous pousse encore plus loin
longue est la route vers un jour sans toi
sur le chemin la lande la croix et nos nuits sans calvaire
tout ce que je chante c’est toi qui l’écrit
avec des traits sur les ombres de ton corps
des émotions qui plantent plus d’un décor
la passion qui s’en va vers les reviens-moi encore…
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Mon blues
L’horloge indique vingt deux heures trente, mais elle est en avance. Elle s’erre, elle pointe l’aiguille vers l’au delà, coincée sur un peut-être, un soupir, une envie, d’être là bas avant de partir, d’abandonner, de poser les mains pour ne plus les reprendre, de se savoir nue pour se vouloir encore plus.
Le chien aboie et on laisse, on laisse cette chaîne accrochée pour ne pas avoir envie de pardonner le geste, une morsure, vrai que souvent on l’abat ce chien, vrai que souvent on le méprise, on le hait, on le maudit, on le guide même de soi vers un ailleurs sanglant, on oublie la juste dose, à moins que non, souvent celle-ci prend la forme du poison, et là au moins on est quitte, on se quitte, on se lâche, on saborde et on tonne moins, un orage qui a pris la fuite, un autre oui, tempêtera ailleurs sans toi, laisse en un peu d’être aux autres, laisse.
L’écrit comme colère, ça a souvent de la saveur oui, mais perd tant en sens, perd tant pour ne rester que salive au bord des lèvres, et au bord des mots ça brûle, alors que moi je préfère que ça brume, oui sûrement une autre mode pour les cendres, mais ça reste encore dans la grisaille. L’écrit sans saveur devient-il sans valeur ? Peut-être pas à moi de le dire, je ne sais, et puis ça donnerait encore une autre vision sur mes mots, à juste titre, encore que je vois pas quel titre poser sur ces mots, mots supposés, mots dits, mots qu’on respire ou qu’on souffle, mots qu’on délire ou qu’on souffre, on se dédie, on se précise, on se vaut, on se prépare à la dédicace, souvent dans les larmes, mais pardonne-t-on un jour ? Une heure ? Une minute ? Non je ne pense pas, je suis au bord des sens là, au bord de ce qui secoue, sous la coiffe, dans le silence qui exhale plus que les cris, une mauvaise haleine, une mauvaise histoire, une mauvaiseté, mais non. Que des mots, sans coeur, sans méfiance, sans vérité, mais aussi avec, avec et sans, comme si c’était parfois la même chose, cette chose qui tient le moment, ce souffle qui guette à coeur, qui ne se prend pas à pleins poumons, et croyez moi le souffle c’est une affaire sérieuse.
Elle s’erre, et me fait toujours mal, cette respiration, cette histoire, ces mots, qu’on reprend sans cesse, pour la finir, la terminer, mais terminer doit-il faire du terminator à tout point ? Semble que je ne peux changer, que je sois figé dans un malaise, dans une pénible erreur, que le temps se soit arrêté un soir, et que plus rien ne me soit possible.
Étrange et froid, si froid, trop trop froid, que ça me gèle encore par moment. Mais en outre à écouter Ben Harper et les Blind Boys of Alabama, je ne peux que porter moi aussi mon blues, mes chaînes et rêver tant et tant à un avenir où je serai libre, enfin.
Et là je retourne chanter avec eux, l’ailleurs vers le ciel, libre.
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