Quand je triche

Quand tu me lances comme un dé/s/-incarné j’aime pas ce trop de toi qui me lâche au devant par un sourire même pas de joie

Quand tu me danses comme indé-pendant sur le fil de tes proches
souvenirs
me voilà presque hissé tel
un drap de peau où tu orais teinté de ces lumières afin d’éclairer plus loin
voilà ce que je n’aime pas

Quand dans le sable tu crois trouver un grain qui se hausse et que d’un coup de main tous mes châteaux s’enfouissent

Que je gagne mon poids de chair contre quelques mots Que je pose ensuite à l’en-vers ce qui me donnait une nuit un jour à l’en-vie

Tu l’as su un soir lointain

dans tes mots
tu me tendais un plus une main
que je t’avais un peu retrouvé de ce passé seul où la solitude naît

Et si Dieu me voit qu’il referme peut-être les yeux
je triche je n’aime pas les règles
quand tout est trop droit on finit par ne rêver que de courbes
et dans ces sens à soi dans la chair la courbe se veut à ma main
je triche dans mes pensées dans mes mains fermées dans mes silences entre les mots dans cette musique que je transforme sans hâte mais
je triche

Ma porte au ciel…pourtant il pleut et je suis toujours mouillé.

P.07

ps: texte inspiré par celui-ci de Franck et ses commentaires y afférent. Et aussi par la musique de Lhasa de Sela. Merci.

Comme dans un film

Comme dans un film je reconnais que je porte mal la fourrure question d’usage je pense il me manque l’élégance du fauve n’ayant que le droit de porter la plume surtout si elle s’est usée comme dans un film au début je me sens bien le matin le soleil vert qui tisse sa toile et spiderman égaré ici qui finit sa journée en galette

Me laissez pas trop rêver je mélange et rien de bon ne sort je me perds dans un nuage disco et comme je ne sais pas danser voilà l’ombre qui va m’achever je sais je sais

On achève bien les chevaux

Et cette nuit qui trop enlace regarde cette urne poétique dit-elle bien qu’elle n’ait pas de langue pour gage que fais-je encore dans ce dancing où l’on monte à cru de pauvres pouliches pour quelques gars rudes qui se gavent de deux trois pourliches

Comme dans un film qui sort lui-même d’un livre qui naîtrait d’un poème venant d’une aube encrée par un pauvre idiot oui comme dans un livre qui gomme dans un film toute horizon qui n’est pas décor qui n’hait pas lumière et je ne parle pas des frères non mais des pauvres danseuses qui se croient actrices et se perdent dans une chambre nue

Comme dans un film

Au bout du texte.

P.07

Tes arbres

peinture de Marlen Guérin 

Tes arbres bougent comme l’aube les regarde
Aile ne s’habille guère au quart de la nage d’une fleur

Les arbres rouges comme l’aube aux renards
elle ne s’habille guère écartée au loin des élans

Pour un au-delà des crasses sombres
sur écran alter-posé

Tes charmes rougissent comme la soie que l’on garde
de vert soi selon ce vent qui allonge
tout

De parme teinte ruine de coton quenouille regarde
à fil blanc se tisser contre le temps
fin

Pour un autre pas encore de tendresse vive
sous papier pré-encollé

Tes reflets d’ombre en pratique
au lieu des prises automnales :
le soleil

À se nourrir encrassés de larmes
se pour lécher d’encre là
où l’ancre
causera plus de mal
sous les torrents la pleine lune
sous la soif l’enclosure d’une matinée de fauves

Ils te sauvent
rase la coupure du festin qui se finit vain
nul de lait à soutirer
ô tes pis
certes
longues à la détente prose à défendre
sans force
parmi mes monstres d’encre
où se plaint cette aiguille qui allume
mes heures
et nuit à mes secondes
en corps
sur…

Pant

C’est ivre

Je vois le ciel de l’autre coté du lit
aux heures malencontreuses j’ai au contour des yeux des nuages de cailloux
le cours de l’eau lui s’enfile vers l’horizon j’ai vu le jour reposer la nuit qui se terre
dans le coeur de mon amie si j’en crois son coeur meurtri

Je vois le ciel de l’autre coté d’ici
aux jours couchants des nuages vont la recouvrant
eux que les heures enterrent derrière des rideaux de néons viens là que je t’embrasse
à jamais mes mains dans tes mains serrées et que toujours laisse passer l’alentour

Je vois ce lieu où je n’ai jamais dormi
ivre dans le silence je l’ai toujours rêvé ce moment de mon errance à mille lieux pourtant si proche des limbes de mon enfance
on s’est toujours cherché mais les cailloux sont mal tombés encrant mes yeux afin de ne plus y reposer

Je vois des lieux où mes mains se tissent au lieu de se tenir et là pourtant de toute évidence
oui encore un cube un bout de coeur manqué habité par lui-même comme seul et seul ne font qu’un peu moins que rien
moi à des souvenirs dans des recoins recouvrants mille âmes pour mémoires et dentelle à se montrer jamais

nos plus belles années c’est ivre ou y vivre aussi en même temps
en même temps oui c’est ivre…

P.07

et la magicienne Adeline dépose ceci à la suite, merci tant à elle: 

C’est livre
ce ciel de lit
aux traits en camaïeux
en cailloux dans les yeux
en rivières de bleu

C’est livre cet autre ciel
Ici

Relecture en partage
Et se trace un rivage
de sable où espérer

C’est ivre
de saisir une main
surgie d’un océan
où flotte la tendresse
D’en assouvir sa soif
et puis
désaltéré
enfin

Vouloir tout partager

Abreuver les pinèdes
le désert
l’herbe sèche
la fleur qui va s’ouvrir
au parfum ” souvenirs”
Ou ” envie de construire”

Et toujours

Enfin

VIVRE
Adeline

Babet—Drôle d’oiseau

indispensable pour l’am… foi de Pant

j’ai pensé le voyage
d’un corsaire qui pour moi ferait naufrage,
en pleine nuit de ses mains coule son bateau.

Ses cheveux longs ondulés,
comme ses vagues qu’il a pour moi quitté,
ses tatouages de marin me racontent,
que sous les étoiles,
les algues s’amusent à imiter
les hommes et les femmes
qu’on retrouve noyés…

J’ai vomi toute la nuit
dans ses mains noires, un peu de mer,
un présage de marin qu’il a lu,
les coquillages hurlaient !
Le sable glissait pour s’échapper !
Le présage marin de mon naufrage !

Et sous les étoiles,
les algues s’amusent à imiter
les hommes et les femmes
qu’on retrouve noyés…

Et sous les étoiles,
les algues s’amusent à imiter
les hommes et les femmes
qui se sont aimés…

Na-na-na-na-na
Na-na-na-na-na-na-na-na-na
Na-na-na-na-na
Na-na-na-na-na

Na-na-na-na-na
Na-na-na-na-na-na-na-na-na
Na-na-na-na-na
Na-na-na-na-na

1472

Il pond des mots comme des braises
han ces années de fond
comme la nuit s’est épuisée même collée

1472 les murs et les flammes au trop peu d’écho si ce n’est
la pleine lune sur leurs mots
et la croix qui s’ankymose
des rimes de sang pour nuire l’oslose

il pond des mots même dans la mort
si j’en fais trop je me traîne ski
vers l’Italie
pauvre de nuit si le silence
si le silence si
un rien trop fort

P.07