Gauche tremblements

Et si elle me sonne là
je viens et si elle me sonne là je
reviens

de face et deux reports quand j’arrive si je repose là
deux pièces pour décroiser les mots
oui dans la mémoire quand elle se croise à ses pieds
c’est en posant par la gauche que la main tremble ou commence
à pâlir sur le chemin de la vive vie

et elle me somme là
je viens et si tentant le trouble je me tente alors à poser les mots dans un avenir où je le sens cette main ne me conduira pas
oui c’est gauche
latéral
il est des mots qui se couchent seuls sur le papier
de peur qu’ils ne s’envolent plus de nos vies
et là sclérose oui la tentative de cette vie qui dans le tremblement s’ankylose
se ruine se virevolte sur deux même moi face au trouble du malenconfort le trop des ecchymoses mères si amères dans le trou des mémoires il est le signe le cil déclencheur et Léon ferme l’oeil en fin

Et si elle me sonne là
je viens et si elle me sonne là je
reviens me relève marchant sans vers mais vers un
l’endroit se dit le but se construit sauf
quand le coeur le corps se refuse à l’envie

P.07

Violence par Rose Kemp

à cette heure tardive, quand la fatigue de la raison laisse passer les ombres, voilà l’état de mon intérieur nuit. ce coeur que l’aube brûlera une fois de plus… de ce primordial instant de chaos, j’extrais quelques mots loin des images, et j’en baptise la phrase, le vers ou le ce qu’en dira je, rumeur d’une âme, parabole funeste, sarabande dérobante, ou violence d’un destin qui se brise en tessons de mémoires… vivre alors oui mais quand ce pour quoi rime avec ce qui ? pourquoi tant ?

à cette heure tardive, quand la fatigue me fait trembler et que je continue à taper… là oui, ce soir j’en secoue trop de mes os de cette pluie de sensations, j’en tombe trop des limbes, que je le sais aussi, je vais, oui, je vais encore une fois retourner dans le trou, en faire ma nuit, comme on dit quand en « joue » avec les mots… feu…feu…ô feu.

Lignes de Failles

C’est la fin. Oui.

C’est la fin dans un dé bu, surtout sans soif, et pourtant

Sans soif il y a toujours toi, comme

Une faiture*

si tendre et forte à en recouvrir de tous temps

la fêlure

Des airs détends tu tes airs à les charmer de nos derniers souvenirs de la Terre, même si dans les temps passés des mousquets encore il faudrait enfouir nos malaises sous une rune d’océan, oui j’ai lancé les dés, ou un seul, en fête. S’oublier c’est se retenir, des fois c’est la peur d’en finir, et l’on prend les armes.

« Des armes , des chouettes, des brillantes
Des qu’il faut nettoyer souvent pour le plaisir
Et qu’il faut caresser comme pour le plaisir
L’autre, celui qui fait rêver les communiantes … » **

Je me méfie des détails qui se tirent de ces canons lourds de papier, je me défie, tu défailles, tu te retournes, tu dérailles, dans un nuage de tempête, au coeur du givre, c’est ça la ruine sur le transsibérien ou dire Транссибирская магистраль *** quand dans l’Orient tu t’ex-presses à me fuir.

Emmène moi danser au fond des limbes dortoirs, toi qui longe les fumées des trottoirs, allez me laisse ton corps, ton coeur, et tous ces mots ces morts à l’intérieur, à l’entier-rieur.

Dans tous les coins d’aucun quai métallique dans tous ces coins gravés loin tu brailles à relire les dentures du monde, tancées par les craquements des glaces de l’Ob. Et si tu glisses encore on t’imagine en Chine, noyée dans un ressac de l’Amour, encore une fois, jamais la dernière.

Sans aller un retour moi, un aller sans retour toi, et on s’enferme dans nos folies, le désert ne connaît pas de ports pas plus que de spores, pourtant tu en aimes la peau qui hâle tes silences, toi qui n’avais que les murs pour écrire, tu as les purs pour t’écrier de ces m-hauts de Silence à tendre vers le Hoggar

Qu’on me lève vers la ville même si c’est ton désert, balance moi dans les eaux du Fleuve amazone toi qui se rêve dans mes nuits de stances dans les tourbillons d’écarts de mes défauts. Qu’un me saigne à te saisir, cuite à ma chair que tes mots tanière des ombres me laissent encore un goût de toi amer cil est de l’intérieur, sucré cil est maquillé de Tendre. Et ne confonds pas la carte elle comme toi n’hait pas ce territoire, non, à se guérir, peut-être, encore y réussir, une fête, des espérances voilà oui aussi des désirs, à se guérir, et quoi…que d’autre toi comme moi des armes qu’il faut nettoyer pour ton plaisir.

Carl Jusek

« à l’instant damné des velours/ c’est l’enfer qui nous tiraille/ nous sommes trop près des fours/ et boum à nos coeurs qui déraillent/ signe de failles qui défaillent » Anatoly Tchervenko

* Chanson de Roland

** Léo Ferré

** * Transsibirskaya magistral