Entretien avec Pant par Lise Dest

Lise de St Thibaut a eu la gentillesse de commencer ses entretiens d’artistes par moi, j’en suis flatté plus sûrement que je ne le devrai, et certains trouveront que c’est un motif pour encore hausser mon orgueil et mon odieux regard, m’en fous, là je parle franchement sans fard, sans haine, sans colère, oui je dis.

ici

première partie de l’entretien.

Merci Lise.

Cendres contre cendres

Chaque fois tu fermes les yeux
sans trembler
sans pleurer
quand je tombe tu ne fais que parier sur la lune de papier
que mes mots sont et las bien trempés
que d’autres astres aussi détrompés
vers la fin que rien ne tombe

Chaque fois tu fermes les yeux
que cela me rend envieux
sans rire
sans médire
et j’allume tous les fossés trop pleins de sang
je sais faut pas vraiment en parler
les couleurs ont beaucoup pâlies
plus que mes dents sur la pierre qui se mauve
vers l’infini

Chaque fois je dois temps parler que mes mots savent plus t’aimer
tu t’en souviens l’enclume trop lourde sur ma langue figée
comme si love été
de trop pour un pauvre clou à forger
la louve était de plaies sur mes chairs regrettées
que deux coeurs ne pourraient lécher
même à défis emmêlés

Tu t’en souviens ne dis plus que c’est vrai
love y passe sa vie à tu
et à toi les odeurs ou les parfums de ce tout qui n’est pas de bois
cendres contre cendres
noeuds font pas plus pleurer
pourraient d’autan le vendredi décorer
le samedi d’une lune décente et trop noire
nos passives idées

sordides détails s’il vaut mieux suivre
cendres contre cendres mots dites « fins de soirées »

stay clear tonight
one face of life…

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Climat

Il te dira que le climat c’est le poids du silence dans ses mots et que pour cela la lune en fait des flambeaux qu’elle lance comme les vents pour se briser en rideaux de pluie, il te dira que le soleil c’est un étang pour le rire et qu’a fin de se souvenir de tout il plie des papiers en papillons et replie ses papillons en d’autres revers de lys, et tout ça, oui, tout ça pour que la laine que tu portes se transforme en soie, oui, c’est pour toi qu’il rêve la soie qui te vêt.

Et elle sans glace pour maudire ses rides elle sourira peut-être, elle frissonnera sous la soie, et ses tétons se dresseront vers lui, ou envers lui, et que tout cela finisse avant de commencer, sous la lune, et elle chantera par ses cris la passion du matin qui s’endort.

Et son chant appellera le vent, pour faire danser les grains de sable, pour qu’une sarabande éternelle de beauté se saisisse du monde vif, et avec ça aussi, on les verra toutes les infantes se joindre en cercle elles et se chanter se joindre se danser avec oui et tout cela dans le climat qu’il aura pensé, sans saison, sans évitement.

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Osons !!

Le gris tourterelle pour parer au long de l’horizon
d’une lune sans caresse dont mes mains sont en approche
oui ciel tu es sans tristesse l’aube est encore loin
je sais encore que de nos corps l’advenir vient du mot « osons »!

 

Osons, tu le dis, comme lointain
de nos accords ? aurions nous préférés
le tendre ou la faux du désaccord
des corps ?
aux partitions limpides, osons la cacophonie
de nos envies

 

De deux lunes
l’autre ma mie me voilà accroché
j’en frôle la pointe d’un doigt demi plié
le froid te heurte je le sais glace est sous ma peau

 

La lune sais-tu anime, chacun de nos quartiers
et sait veille sur nos pas inversés

 

Le froid ne fait que garder ce qui me hante
la Douceur chère à mon coeur de louve
toujours là, fidèle à la meute, à la nuit

 

Fidèle au gris de qui pare ton horizon
masque une île, géographie d’un corps
et le temps marque le décor d’un senestre secret
le poids d’une marge sur une ombre portée
d’oublis te souvenir quand ton coeur est Lion

 

D’un corps en parturition, en collision
sommation de la nuit qui s’annonce
des noires des blanches en accroche
au revers des branches comme illusoire
un vilain regret ne pas sacrifier assez
pour d’autres que tes baisers

 

Quel est ce ciel qui portera cet opéra
cher à tes doigts, lent de certitude
sinon l’odeur de la fuite incertaine
dans une idée noire se noieront les fauves
au coeur d’un lit qui se dit
peut-être aussi libre que livre

 

Et

 

C’est par la fin que là tout débute…

 

Lise Dest & Pant.07

J’espère qu’il est assez beau

Oui si je pouvais comme les autres gnomes puiser au fond de mes émois faire de ma terre le plus grand des pavois que de cette fin je traine les lambeaux de mes chairs vers un puits de lumière s’il existe
Je caresserai les cendres car tout ici finit en noir surtout quand la chair brule de toute passion je caresserai mes cendres car je ne suis plus rien

Plus vite j’y connaitrai l’aube plus vite courir vers l’ivresse des hauts bouts de la foret celle qui me creuse quand elle se tisse vers le ciel de ses billions de feuilles et moi deux pauvres branches comme deux petites et fragiles bronches
Les amants d’Elysée peuvent toujours se chercher la nuit se fait fauve avant de se trouver une clairière ou un autre champ de clarté

Serre-moi si de tes bras je m’enferre serre-moi déjà là il fait trop froid la nuit n’est pas tombe et mais l’air s’y grise de cendres alors n’y joue pas pose moi ou toi fidèle car le coeur est entre tes bras
D’autres matins comme parures dans des ouragans à la traine quand leurs queues s’irisent de quelques tonnes de poussières

J’espère qu’il est assez beau comme transi celui qui se laisse tondre par le feu de ses rêves ou le froid de ses déraisons
Sur quelques désirs crèmes j’y marquerai ton nom celui là  idem finira dans la nuit tout au fond d’un rêve s’il doit se punir nous nous punirons ensemble nous n’aurons pas peur de creuser dans la mine tous les soubassements de la tendresse qui s’encave car elle est si fragile et pleine de peur que c’est con.

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