Et il pleut quand il, peu si peu…

Si tu me vois je le sais aussi, le manque, d’images comme de rage, si tu me vois et moi quoi alors, tes yeux, ta peau qui se froisse, et le vent délasse, si tu me vois, moi rien, si la vie d’image c’est naitre dans son cœur à l’autre part oui une part s’en fuit

Si tu me choix l’oreille vagabonde vague à bonde qui s’emplit et oui sent ce parfum de ta peau encore que je ne sais voir car si tu ma loi se gâche encore, il est loin ce corps qui s’agite car sans sage il est pourtant caché toujours, l’imagine dit-elle, l’image in, qui se dort inside heart sans dommage

Mais là je cherche l’hommage qui se niche à l’aube derrière son dernier cri, pourtant sa nuit est décade ou décale ou décembre car je fuis janvier sans les flocons

Mes mains sur quelques fenêtres, à s’ouvrir à se refermer, les battants de mes mains sans calme le sang qui là point fait se dresser les longues oreilles, et loin le coeur bat sans battre, bat comme mise bas, au fin de hauteur en fin d’auteur si dans le mot si sans le mot je sad au message comme mensonge loin se coupe l’eau quand elle se fait glace

Mes doigts qui se valent ou dévalent dès l’autre le nuage des poisons saisis par l’objectif décidément ombres comme moi, décide oui les ombres à se faire à moi à moi de se faire à tes nombres images d’images en cadres noir et eux dans le bleu car oui aussi bleu ses doigts dans ma glace

Mais las car de son image ne nait que des reflux des refus des nombres qui se dressent loin debout, et déboutent quand ma main tend son coeur celle si gauche qui se mettait droite pour plaire ou pour croire, et non, le rideau ne le lève pas.

Et il pleut quand il, peu si peu… se trempe.

P.07

Ludolf Backhuysen.

Fuite, d’un goutte à goûte qui n’a jamais eu d’eau qu’un o incipide, une épine plongée dans ma nervure serpentine qui lézarde ma p’eau froissée, tu sais bien les rides du lac quand le vent souffle, les vaguelettes de frissons et la seringue de venin qui nage comme poison dans l’o. Je fuis, je m’en fuis, je m’enfouis, ffft.

La bonde éructe dans ses tuyaux de rouille et d’algues putréfiées, non oui ca non, on ne peut plus se fier à rien quand tout s’écoule en tourbillon dans les entrailles métalliques, quand tout fuit vers une autre mer rouge aux reflets verts ou bleus selon les nuages. Mes veines au confluent de la vie et de la mort. Tu vois, ce corps qui s’agite là-bas, échoué sur un écueil, le vois-tu hoqueter et vomir une écume d’encre? C’est mon écriture empalée sur le (r)ecueil.

Le dernier cri n’est autre que la vieille mouette qui me prend pour un gros poisson visqueux en train de battre de l’écaille. Ma chair se nichera dans son bec. Il ne restera que du sel.

Parce que l’océan se videra aussi dans la bonde géante, la bouche assoiffée. Tu verras les coeurs se sécher, se dessécher, se lézarder, se briser pour finir en poussière. Tu auras beau courir, la tempête de sable te rattrapera pour étouffer tes mots parce que c’est tout ce qu’il te restera, fait comme un rat.

Tes doigts se crisperont sur le sable pour gratter encore des eaux secours alors que le désert ne rêve plus de rosée depuis des lunes calcaires. Tu t’accrocheras à l’horizon comme une pince à linge oubliée en pleine bourrasque. Tu n’écriras plus, c’est toi qu’on écrira, toi la tablette de chair fouettée par les rafales.

Une aube silencieuse lèvera son voile de brumes. Un coeur fendu se fontainera en crue de dire.

Et le ciel sourira à la terre en pluie.

Féludorée, live

Merci à Emilie pour cette sublime conclusion.

8 commentaires

  1. amel dit

    Incises insight the text : picture sans portrait port sans traits sages, image lointaine et s’éloignant entre les doigts aux yeux de rêve… Guido Monte n’est pas loin!
    Bonne soirée ou jour né.

  2. pant dit

    oui l’image comme rime de la raison ou trait ultime de l’oraison
    l’image charnelle est un coeur pour nos regards
    ou l’envers du tout.

    Je ne connais pas Guido Monte mais s’il approche je suis là 🙂 Merci Amel.

  3. mikel dit

    Magnifique, je vais le relire de ce pas.
    Quand à moi, ma poésie se fait de plus en plus « mignonne allons voir si la rose… ».
    Me voilà trinquant avec Ronsard !

  4. pant dit

    Oui de temps en temps replonger dans nos classiques, Ronsard a un humour grinçant, et pas mal de mélancolie aussi. merci pour le qualificatif.

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