Rouge

Le rouge a gagné dans ces lieux où ma chair se tisse en mots.

Le rouge est mis, car il est de mise, la chair c’est le geste de la passion qui se dépose, c’est la fin de l’horizon, qui, de loin se porte en près de soi, et qui tissé par deux vers soie devient l’aube, lieu de lumière naissante, troublante, mais lieu d’obscurité qui résiste. Le rouge de l’amour puissant comme puisant en soi, entre deux. Ce de moi que je pose et ce de toi qui le prend.

Le rouge de la carnation sauvage, oui, l’incarnation est sauvage dans mon cas, non désirée par ceux qui furent les miens. Le rouge est de mise, car on naît malgré tout dans ce sang et l’on mourra avec avant de se désêcher au lointain du temps qui passera sur nous.

Le rouge et partout entre, du noir, oui par tour, posé, en lots, en mots lui aussi, du noir de la suie qui se vient des larmes, les mains ne sont pas sales à la base, non, seules les larmes…

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7 réflexions sur « Rouge »

  1. Les larmes de sang sont rouges mais sont-elles si sales qu’il faille ne point les verser ? tout est rouge et noir, l’amour comme la guerre, la mort comme la vie … et pourtant tout est là …
    merci à toi
    cat

  2. le rouge est noir parfois
    le noir jamais ne se rougit
    non sauf si de sang doté par corps

    noir et rouge les douleurs de la vie et de l’enfer-mement comme ils me mentent parfois eux deux comme à nous.

  3. C’est à l’aube que je vous découvre, site et mots.
    Rouge incarnat sauvage, incarné dans cette prose qui n’en finit pas de s’accoupler avec la poésie…

  4. Un poème qui me parle profond
    jusqu’à cette béance qui me jeta en ce monde pour ne m’y reconnaître
    jusqu’à cette haine bouche ouverte langue bleutée
    de mots effraies
    et frai
    interdit
    dont je suis née
    puinée
    puits nié
    une valise de poèmes incendiée par la mère à mes seize ans
    oui, ce rouge
    c’est le sang qui ne m’a pas reconnu ce sont toutes les aubes perdues

  5. Oui Viviane…L’enfance j’en parle assez peu mais j’ai quelques autres textes où je l’évoque…donc je peux entendre vos échos.

    Merci de votre doux passage.

  6. « c’est la fin de l’horizon »… je reviendrai re(re)lire une autre fois. Merci… Pant, pour ce qui pourrait être un nouvel horizon ?

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