Nouvelle Année…Nouvelles des damnés…

Alors on se met à table et sur celle là des mots plus que des bouteilles des bouts de papiers et loin d’eux nos amours j’y pense encore à quoi se gâche le silence entre nous quand des millions de kilomètres se dosent à la limite chère de nos pauvres coeurs.

Alors on se saigne aussi et même mon cher Anatoly si le silence en toi c’est un violon qui le tente laisse moi te dire toutes les rigueurs de nos soupirs je le sais tu dis « ment » pendant que ta moustache ou ta barbe se tendent vers les cieux et qu’enfin tout cela tombe avant oui avant que le linceul nous recouvre et que toi ou elle sur les bords du Bab El Oued on se cache oui aussi on se tasse remplis en au delà des sables j’y pense et voilà j’y pense ce pensement qui flingue ma limite et toi qui tovaritch lève vite cette bouteille haute idée la vodka pour y fêter mieux que moi non peut être car c’est presque demain maintenant et je ne suis pas ivre.

Alors il faut que je te lise plutôt:

« С Новым Годом 1» et si encore je l’ajoute en buvant tout le verre et maudit si je te le dis « Boldog uj evet! 2» alors le sais tu où je cache ma langue où je penche ma fête quand ma Sara se cache si loin quoi de nouveau cet an m’offre même si on le dit souvent ça rend pas plus grand.

À l’heure où s’abreuvent nos limites assemblées en légions de dix mille pieds et que la comptabilité une fois de plus étrangère en tant de caisses s’est livrée tout un entrepôt j’y pense encore à l’heure où s’abreuve ma limite.

Que coule-t-il encore sous l’entrepont sinon d’autres larmes en cadences pour tant de jeunes femmes qui dansent seules il y reste tant d’hommes à boire aussi seuls à l’heure où s’abreuvent nos limites nos destins se déchirent et pourtant et pourtant Anatoly, loin ou ici près, c’est une putain de nouvelle année…

Carl Jusek

« Et si tu vois bien, mes bouts de doigts sont bleus alors où s’abreuvent comme tu le dis nos limites, qui tiendra le col et moi la corde et qui restera alors pour chanter l’ode si trop s’en va d’ancien et qu’alors rien de neuf ne se pose sur le violon de mon coeur. »

Anatoly Tchervenko

 

1-Bonne Année en russe

2-Bonne Année en Hongrois

10 pensées sur “Nouvelle Année…Nouvelles des damnés…”

  1. Au bout de nos doigts, des franges de lumière d’Anatoly irriguent nos pensées d’hier : ce sont des entreponts qu’il nous faut emprunter comme des ongles sur la corde du ciel.
    Do not leave but reply, reply the exodus of words behind, just reply but do not leave the words behind, exodus is still behind.
    What does Anatoly reply ?
    Au passage clouté, une ombre s’arrête, elle hésite mais traverse pour rejoindre le corps qui l’attend de l’autre côté : promesse d’une année qui n’en finit pas de commencer.
    Amel sur le toit en maintenance.
    Merci pour ses bô textes, ses liens qui méritent que l’on s’arrête plus longtemps qu’une simple ombre…

  2. Merci.

    Au bout de nos doigts
    la couronne des Rois
    qui s’efface car elle ne doit
    pas rester là

    Au bout de nos « vois ! »
    des lunes qui elles s’espacent entre « tu vois »

    Les ombres ne sont hélas jamais simples mais parfois sauvages et encore moins souvent elles promènent avec elles dans leur coeur comme une atmosphère délètère… Je ne vous vois bien sur pas comme une ombre, ou si pâle…la lumière réelle soigne bien ces ombres là.

    Merci à la maintenance de canalblog de vous avoir fait passer par là 🙂
    c’est un plaisir pour moi de découvrir de nouvelles âmes.

  3. Les franges de lumière se fraient un passage entre des forêts d’ombres, l’ombre ne peut être ignorée mais il est recommandé de ne pas marcher sur son dos, elle pourrait nous happer. Les ombres ne font jamais halos, elles avalent ces « lunes qui s’espacent entre « tu vois » », nous ote le voir et le tu, laissons-les là où elles doivent être, peu importe où. Et soignons la lumière, autant que possible. Je me suis laissée gagnée par l’une d’elles sur la crête d’un mot « damné » que « je » n’a jamais pu prononcer, (il appartient pour moi à l’imprononçable) et vous m’en avez dégagée. Merci chère âme.
    Amel

  4. « Ombres qui peignent l’espoir sur un vaste espace » c’est pour moi l’intitulé d’une toile à laquelle je pense déjà.
    C’est un titre qui parle avec le monde d’un Juan Miro.
    Amel

  5. Merci, si ma pauvre âme et mes quelques mots ont pu vous aider m’en voilà comblé. C’est un bien grand plaisir que vous me faites là pour cette année commençante.

    Les ombres se pressent souvent trop et laissent des traces de suie
    sur les toiles
    Les vrais artistes comme vous savent prendre ces pigments pour en faire naitre
    des plans du réels baignés dans l’aube. J’aime bien vos peintures aussi, elles sont « inspirantes ».

  6. Avec de la suie au bout des doigts on peut faire de bien belles choses, faire de la suie une trace de soie sur la feuille… mon ancien site de peinture est http://www.zmerli.com
    j(e suis en train d’en remonter un avec des nouveautés), qui fut mon premier essai et les photos ne sont pas toujours de d’égale qualité. c’est une petite fenêtre sur la peinture telle que je la vis. René Char aimait la compagnie des peintres par dessus tout et les peintres se fréquentent assez peu, ils préfèrent s’entretenir avec des écrivains ou des poètes (?). Je ne fais pas exeption… Enfin tout ceci ouvre un grand débat…
    Merci pour votre mot. Il en devrait toujours en être ainsi de la peinture.(inspiratice)
    Très bonne nuit inspiratice.

  7. Novovoi godà !! ma douceur, spassiba ! pour ce texte qui a déjà été bien commenté je n’ajouterais rien… pas peur ne pas en dire assez

    Lisa

    ps: qui n’a rien avoir ! je t’ai volé tes photo pour mettre sur mon blog hé hé 🙂

  8. Jolie dame voleuse, prenez prenez, et spassiba aussi, vos mots portent le coeur et l’émotion au même titre oui au même titre.

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