Jean-Michel Berts

clair-obscur

Si vous ne connaissez pas encore Jean-Michel Berts

Se penchant
se pliant
deux fontaines de lumière
en clair
oui mes mots sont obscurs

J’aime le dos j’en ai un aussi qui se veut lissé de muscles ou de chair
j’ai aussi du gris et du noir qui se penche sur moi mais plus d’air

Ce penchant
ce pliant
deux êtres de lumière
en clair
non mes mots ne sont pas qu’obscurs

J’y vois le désir qui se plie qui s’ôte tout est une question de mains
oui demain une question se posera aussi
sur un papier mat au dehors des lumières

Alors est-ce que tu viens quand c’est sombre
me porter un peu de tes mains et de ta lumière
enflammer ici mon désir…

P.

Un des sens

Si je veux encore poser quelques toi d’images
j’y vais j’y cours
plus
sur que mon coeur est en panne d’essence

Comme d’autres rêves vêtus comme des tapis de soirée
je suis en manque des sens
pourtant si j’en avais encore je brûle rai

Si tu l-m-e veux encore dessines moi toi nous sur des r-images
des mots que l’on trace du bout des doigts
que des quelques perles plus que d’une funeste bombe
pour faire explorer les coeurs au néant des restes de pleurs j’abonde

Qu’on soie aussi des mâles haut lieu d’être des fleurs
des histoires du mâle brûleuse de mémoires
qu’on soit des lendemains de lune putain de soleil
pourquoi des larmes sur ma peau de Rimmel c’est ivoire

On a besoin de la chair comme mélange pour s’incruster
ou si tu veux préfères inchrister de beaux mensonges tout ça tout ça
c’est aussi un si beau terreau d’où la puissance des mots qui se vident
s’arrachant à des coeurs livides aux besoins de lumière
se hausse se tisse en Ispahan pour des palais de Roses

Tout est si gris au point des défauts de l’histoire
mais dans le gris se tisse quelques fois des marques de fêtes
si cela n’est pas le chemin c’en est une grande trace et pas l’injuste place
que tu veux Yvoire et là je suis c-Léman

Putain ça finit encore par une histoire d’Ô
ma princesse va prendre ses griffes pour me pousser
je sais ça fait mal mais elle le fée si bien
que j’avance encore pour Elle j’irai plus loin.

P.06

Don et perles.

Don

Marlen Guérin pour la sublime illustration, merci à elle.

Et des rives du Don hivers celles de l’Amour
à l’est Asie comme l’émotion se mêle d’encres
et de pigments crus

De celles de l’âme à celle d’Our oui ce qui est faîte de l’amour
lieu où l’on se vide à se remplir de joie où l’on se vide
à l’acide des mots que l’on pose sur nos lèvres

Lieu de la traque et que nos peaux aiment
et craquent à se coller l’une à l’une
dévastant le ciel pour se poser entre les étoiles

Oui car nos peaux aiment les mots qui se brillent dans nos coeurs
qui se vrillent dans nos vies
emmêlant l’aube à la nuit dans ses pointes de lumière

Et quand je te vois/verrai de la péninsule du soir
à la haute teneur de nos lumières du jour
et quand… Je le sais déjà mon corps se tendre et se mélanger avec mes mots comme dans le sang l’oxyde gène je le sens ainsi que demain mon corps éclatera à tes pieds en millions de perles pour te parer de toutes les irisations de la lumière oui je le sais que demain moi mon âme ou mon coeur à défaut oui mon corps nous saluerons ta beauté en amour de nos missions en odes et en colliers.

P.06

J’essaie

Est ce que je reviendrai
de l’aube même en portrait
de l’eau pure contre un pauvre balai
je sais

est ce que je reviendrai
sur le sol juste imparfait
quelques mots presque vrais
des ruines d’un temps défait

Est ce que ça vous a plu
C’est larme ou l’art de trop parler de laisser les armes aux bordures d’encre
laisser les morts se retourner faut bien un peu se consumer jusqu’à avoir trop la nausée

Est ce que ça vous a plu
de l’autre coté on se mouche trop sur des miroirs à carreaux
ah si j’étais né en Russie j’aurai le nez sur une tour et je te regagnerai cavalière
mais d’ici rien d’autre à faire que pousser les lettres l’une avec l’autre

Tu as mis une tenue de soirée une robe de mariée
un noeud pap’ un foulard de soie
mais tu auras trop chaud sous la lune grège et les montagnes en morceaux

Tu auras trop froid ici derrière les sommets des glaces de mes himala-hyènes où les cris se targuent d’isoler l’os du front d’un mage non pas d’un sage il n’y en a pas là que parfois des impalas qui courent au trot lointaines pour les poursuivre d’un flambeau

Et quand tu te crois sur Trafalgar square c’est que le jazz de là-bas s’écrase sur le Hoggar
alors comment veux-tu trouver l’espoir ce dernier train dans cette putain d’aérogare
tu te croiras libre d’y chercher l’amour d’un bleu grand ou d’un petit beige tu te sentiras ivre
au terme d’un labour tu te verras seule car je sais que tu es une femme et pas ma moitié dune se sable en mille portraits tu me fracasses nuit et jour toi qui te fais pas l’amour d’un triste troubadour

Est-ce que tu reviendras ?

À des années lumière de ce qu’on voulait dire tue le courrier que tu m’as assommé
drôle de drame pour se mettre à parler même pas sur ta tombe même pas sûr que ça tombe
juste

P.06

Souffle 2

Comment je sais que pleurer c’est un moment triste oui comme je le respire si peu au soir ce moment qui des larmes se pare la tempête veut aussi parfois le calme le plat des vagues étale oui étale pour une fois un peu plus d’air que son manque ne soit pas létal si je ne suis timide l’air l’est pour moi ne se paraissant pas non toujours à se danser en cassant le rythme

El ritmo della noche qui n’est que de nuit pas de noce quand tu perds les mots comme l’émotion qu’il ne te reste que le oui/non l’affreux défi binaire oui ça suffit non je veux plus

Comme l’enfant que j’ai porté d’une lune à une étoile tango rançonné pauvre danse macabre qui se meurt de moi en temps de foi et ceux qui croix que l’innocence n’est pas une errance au milieu du vide ont encore un peu plus d’air que de mots en eux l’enfant qui se meut au fond de la pièce lui c’est dans les larmes qu’il se tend à vivre

Et je m’en fous si ce n’est pas de la poésie que je pose c’est encore ce qui me reste de vie en sens que je colle dans un peu d’espace en manque ou en vide mais le vide n’est pas que manque il est aussi destin de mes pensées alors je dépose devant un greffier aux griffes longues qui a oublié sa patte de velours dans une prison lointaine je dépose ce qui doit et ensuite repose en paix nuisible à mon ego

Et des émotions en reste île creuse où le vent ne passe qu’à demi n’osant pas sauf pour combler le bruit qui enfle le corps et le pousse en dépression hâtant le reflux le flux chasse l’espoir de respir et ne reste pas d’autres que quelques mots oui que je grave en boucle dans les remugles de ma mémoire acquise de force

C’est alors un point nodal de moi qui se comprime dans la réalité poussant d’un coté à s’anéantir et de l’autre à réprimer le besoin à se refermer non pas se renfermer car là tu n’y es plus dans le rang ferme non le corps s’espace s’expose se brille fugace un instant et cogne de multiples fois sur les murs du réel mais c’est pas grave que la mort vienne même si je ne suis pas à Vienne mais que quelque chose advienne de ce corps qui se bat dans le front du refus et c’est à l’heure que je déprime hors qu’en fuite je comprime sans jamais que rien ne comprenne ce jet de dé foireux ce jeu où ne s’affronte aucun génie mais que les miasmes de vie qui se battent à l’infini s’échappant loin d’être pour ne pas être

Et encore à se perdre qui se hait soi-même après ces moments las que peu importe oui autant lui qu’elle que moi que l’autre que le repose tout se pose tout se repose exténué voilà exténué la nuée est sortie est partie et ni de poussière ni de reste rien qu’un corps vide qui se recherche totalement là ou ici ou encore il ne peut ni ne sait alors il se pose se dépose ni déprime ni comprime l’instant a fui lui aussi il n’est plus de temps il n’est plus temps ni tentation que retour à la vie que retour pas heureux non pas plus que ça car oui car il y a toujours une suite une suite pas une rechute pas une rémission pas une autre émission non pas d’analyses juste un état normal d’âtre qui ne pleut jamais et se brûle vite avant d’aller loin et alors oui ne cultive pas non pas plus la honte que l’intelligence tu n’as pas le temps juste un saut vers le néant qui se pointe face à la vie juste.

P.06

Souffle 1

Non j’veux pas
me coucher
insinuer
que tu vois que mes mots… non je sais tout le monde s’en fout
mais vois-tu
non je vais pas hurler
non je vais pas pleurer
non plus que te tuer

Mais j’veux pas
oublier ton sourire
qu’il ait été factice peut être
mais porteur de lettres et de mises sous plis
mais sais-tu
non je peux plus te parler
non j’ai plus rien à te dire

Pourtant
avec tes lèvres
avec tes mains qui claquaient loin
avec tes illusions tu m’as perdu
rassure toi j’en ai d’autres à retrouver
dans celle vie oui cette qui pique avec ses baisers
ah si je pouvais me faire taire
mes mots non n’ont pas d’odeur
mais oui non de l’humeur

Tout est une histoire de souffle non que je ne puisse plus parler mais si j’ai les mots qui se coincent se tentent et se montent c’est que de mes mains c’est mon souffle que je retiens non oui s’il te plait je le sais oui parfois mais quand je pleure oui aussi mes mots s’en empalent de nos vies oui comme enfin des remparts pour nos nuits alors oui se savoir loin mais pourquoi le retour est toujours incertain tu es une flamme dangereuse vraiment qui se veut explosive mais comme quoi je le sais le chien c’est pas moi même si j’en ai la queue mais c’est juste un souvenir qui pourrait certes me rendre heureux quelques croquettes une caresse et un au-revoir au panier oui aussi ce ne sont que des larmes sur papier mais rien ne se gondole sauf que tu penses encore à l’Italie ou à Venise alors il est sur que je serre les poings et que voilà moi à genoux ça le fait pas trop j’arrive plus à atteindre le clavier et mes mains en l’air c’est un mat de cocagne.

Oublie je vais me le paver en rues croisées un jour c’est clair
on aura sous les mots des boulevards
Oublie ! Ces moments où je ne peux respirer…

P.06


Merci à Adrienne Pauly dont les mots m’ont inspirés et sa si belle voix.

Aqua-rêve

Aqua-rêve Marlen Guérin

http://www.mille-poetes.com/Librairie_Livres-Art-001.html

J’aime menthe quand tu tends vers le ciel
mais ta main s’emportant vers le ô
tout autour de toi c’est du bleu
quand d’une aile noire tu surplombes les murs
te juchant la main au coté je ne le sais où
ce regard déjà ne peut se poser

Tout autour de nous c’est de l’air
qui grave ici où toute la lumière
lentille message qui s’y ajoute ma Chimène

Tu me doses ici par l’aiguille du cerf volant
ce monstre bien vivant qui se vivait parapluie
tu me poses comme en mains des traits de délices
marqués de parfums même si tu ne bouges plus
le mouvement est là avant d’être las

Tu me poses en pigments les impressions du vent
dans un ciel trop clair pour être de l’eau
oui trop pour être de l’autre coté là-bas

Sur cette peau par foi de papier
tendre
oui si t’étendre mes mots avec toi
Nil est si beau ce livre dard
et si la lune y tombe il n’y est pas question
de tant t’errer crois-moi mon amour

Viens avec moi remonter les grattes au ciel
pour la faire s’envoler loin de nous

Et de ceux qui dansent babillant d’encres aux multiples lueurs
rien ne se quittera vraiment en nous marions les douceurs
les douleurs parmi les couleurs

P.06